‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 11 sur 133 · COETLOGON — COEUR · texte numérisé non relu

COETLOGON — COEUR

déennes , poème qui pourrait Mai être celui que le Moniteur* voulu désigner. P. Levot.

Moniteur (psstim). - Qnénrdj la France littéraire, t. n, p. m.

coêtlo8QITBT (Charles-Ives-César Cva, comte de), général français, né à Moriaix, le 21 juillet 1783, mort à Paris, en 1836. Il entra fort jeune au service , se distingua en Italie, à Aostertitz, à Iéna, en Espagne, à Esaling, et dans la campagne de Bnssie. Il obtint en 1813 le commandement du 8* hussards, devint général de brigade dans la même année, et assista a la bataille de Monterean. Chargé pendant la première restauration du commandement du département de la Nièvre, il fit lors du retour de Napoléon quelques tentatives en faveur de l'autorité royale, et resta sans emploi pendant les ont jours. Aussitôt après la seconde restauraboa, fl fut chargé d'une mission dans l'ouest, se rendit ensuite a Bordeaux, auprès du général Clause! , et fut nommé aide-major général de la garde royale. Élevé en 1821 au grade de lieutenant général, il fut appelé à la direction da personnel du ministère de la guerre. 11 était conseiller d'État lors de la révolution de 1830, après laquelle il se retira des affaires.

Le Bu, Diction, encwcl. de la France, — Moniteur «rie. - notoire» et conquêtes. — Arasait, Jooj, etc.,

coBTLOOQinRT (Jean-GUtes de), prélat français, né à Samt-Pol-de-Léon, le 15 septembre 1700, mort à Paris, le 21 mars 1784. Il fut ehaiieeher de Bourges, et devint évoque de Limoges en 1739. H n'a d'autre titre à la célébrité que d'avoir été le précepteur du duc de Berry, depuis Louis XVI, et de ses frères; fonctions qui, suivant l'usage, le firent entrer à l'Académie française, en 1761.

Le Bas. DUL eneucL de te France. — Histoire des frosfsfc, XXX.lt.

* cobtmaji (JacqnelinehE. Voter, dite db ), aventurière française, vivait dans la première jmoitiédu dix-septième siècle. « Six mois,dit Tallemant, après la mort de Henri IV, une certaine demoiselle Coëtman, une petite bossue, qui se fourroit partout et qui se faisoit toujours de fête, accusa mademoiselle du Tillet d'avoir été d'intelligence avec M. d'Espemon pour faire assassiner Henri IV. Ravaillac, qui étoit d'Angouléme, dont M. d'Espemon étoit gouverneur, fut six mois chez elle, comme chez la bonne amie du duc, mais quelques aînées avant que de faire le coup. La Coëtman dnoitque la reine mère étoit du complot , mais queRavaillac ne le savoit pas ; faute de preuves, et pour assoupir une affaire qui n'étoit pas bonne a ébruiter, la Coëtman fut condamnée à mourir entre quatre murailles; elle fut mise aux Filles repenties, où on lui fit une petite logettegrilléedans la cour. Ole y est morte quelques années après. »

Talteiaaot des Réant. Historiettes (édtUon Montmerqué et Paulin Parts). — Le Bas, Dictionn. encwclop. de la

cœu* (Jacques) y célèbre commerçant du quinzième siècle et argentier du roi Charles VII,

né à Bourges, vers la fin du Quatorzième siècle v et mort à CbJo, lie de l'archipel grec, le 25 novembre 1456. Pierre Cœur, père de Jacques, était un marchand Pelletier venu de Samt-Pourçain à Bourges, où Fopulence de la cour du duc Jean de Berry promettait un bon débit de pelleteries. L'énonce de Jacques Cœur ne parait pas avoir été studieuse, au dire d'un contetnporain, qui le représente comme étant sans littérature» sine litteris; mais en revanche il fut de bonne heure initié par son père à la vie pratique des affaires, et ses qualités personneUes suppléèrent à son défaut destruction. « ... Homme des plus industrieux et des plus ingénieux, doué d'un esprit persévérant et d'une prudence rare, » dit de lui l'historien Ametgard.

Jacques Cœur se maria jeune encore, vers 1418. H épousa Maeée de Léodepart, fille d'un ancien valet de chambre du duc de Berry, devenu prévôt de Bourges. La belle-mère de Jacques Cœur était fille d'un maître des monnaies de Bourges, et ce fut sans doute cette circonstance qui détermina le choix de la première entreprise où s'engagea le futur argentier. En 1427, associé avec un sieur Pierre Godait, changeur, il avait affermé la monnaie de Bourges, et fabriquait au nom de Ravau le Danois, maître titulaire de ladite monnaie. Deux ans après il fut accusé d'avoir fait affiner trois cents marcs d'argent audessous du titre, ce qui lui aurait procuré un bénéfice de six à sept vingt écus. Ravau le Danois sollicita en 1429 des lettres de rémission pour ce fait, et le roi les accorda moyennant une amende de 1,000 écus d'or. Alors Jacques Cœur dirigea ses vues vers le commerce, et forma une société en tout fait de marchandise. Ses associes étaient les frères Pierre et Barthomié Godait. Cette association dura jusqu'à la mort des frères Godart, en 1439. Le détail des opérations successives auxquelles se livra Jacques Cœur est absolument inconnu; mais il est certain que l'activité de son esprit se trouva promptement à l'étroit dans le cercle des transactions ordinaires des négociants de l'époque. D conçut un plan grandiose, plein d'audace, et d'une exécution difficile , mais qui montrait en perspective gloire et profit. Il ne s'agissait de rien moins que de se porter rival des Vénitiens, des Pisans et des Génois pour le commerce du Levant Afin de poser les bases de ses relations futures avec les nations orientales, Jacques Cœur se rendit en Egypte et en Syrie dans le courant de l'année 1432. Un écuyerde Philippe le Bon, duc de Bourgogne , dans le récit d'un pèlerinage qu'il fit à cette époque, dit avoir rencontré à Damas, entre autres commerçants européens, Jacques Cœur, qui fut depuis argentier de Charles VIL Il devait se rendre ensuite à Beyrouth , et s'y embarquer sur une galère de Narbonne. De retour en France, Jacques Cœur établit des comptoirs à Montpellier, qui jouissait de privilèges spéciaux pour commercer avec les infidèles;

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Marseille n'appartenait pu encore à la France. Le début des opérations du hardi négociant fut presque instantanément couronné de succès inouïs. 11 serait curieux de connaître comment l'obscur citoyen de Bourges organisa et porta aussi rapidement son œuvre à ce degré de prospérité ; mais c'est là un mystère qu'aucun document historique ne permet de pénétrer, et qui , du reste, intrigua fort les contemporains de Jacques eux-mêmes ; si bien que plus d'un inclinait à penser que Jacques Cœur avait le secret de la pierre philosophai©, secret que lui aurait communiqué le fameux alchimistoRaimond Lulle, dont il avait fait la connaissance à Montpellier. De fait, Jacques avait plus de doute navires sillonnant la Méditerranée en tous sens» et à lui seul, dit le chroniqueur Matthieu de Coucy, «il gagnoît chacun an plus que ne faisoient ensemble tous les autres marchands du royaume ». Ses facteurs étaient répandus au nombre de trois cents dans tous les ports et dans les villes principales de l'intérieur. Il avait su les choisir intelligents et habiles , et avait le talent de les stimuler et de les intéresser à la prospérité de son commerce. Au surplus, il mettait une grande loyauté et une extrême bonne foi dans ses transactions ; et des témoignages de générosité habilement répandus auprès des princes d'Orient lui donnaient autorité et un grand crédit auprès d'eux.

L'attention du roi Ait naturellement attirée sur l'heureux commerçant; et malgré les abus qui lui avaient été reprochés antérieurement , on le retrouve maître des monnaies à Bourges en 1435. C'est alors qu'il fit frapper les gros d'argent que l'on appela les gros de Jacques Cœur. L'année suivante, après la reddition de Paris, l'hôtel des monnaies de cette ville lui Ait également conûé , et il y fit fabriquer les écus d'or à la couronne et les blancs à l'écu, dont la valeur réelle ne tarda pas* à décrier les monnaies anglaises. Charles VII crut pouvoir demander plus encore à l'activité du maître des monnoies : il rétablit la charge d'argentier, et la lui conféra. Cette charge consistait à recevoir tous tes ans des trésoriers généraux une certaine somme affectée aux dépenses de la maison du roi, et dont il devait faire connaître l'emploi à la chambre des comptes. Entre les mains de Jacques Cœur ces fonctions prirent un caractère d'une utilité beaucoup plus générale. En régularisant l'emploi des finances du roi, livrées au désordre, et par la création de ressources nouvelles, il contribua puissamment à fournir les moyens dont Charles VÎT avait besoin pour délivrer la France du joug anglais. «Cet homme intelligent, dit M. Michelet, rétablit les monnaies, inventa en finances la chose inouïe, la justice, et crut que pour le roi , comme pour tout le monde , le moyen d'être riche, était de payer. » Il comprit les bienfaits de la statistique pour établir l'assiette de l'impôt et l'évaluation des ressources , et présenta au roi un

dénombrement sommaire de la population et du revenu du royaume ; de plu6, des instructions pour policer V Estât et la maison du roi, ensemble le royaume de France. — Ces services signalés méritaient un témoignage de reconnaissance. Au mois d'avril 1440, Charles VII accorda à son argentier des lettres d'anoblissement pour lui, sa femme et ses descendants. Le marchand était devenu homme d'État, le roturier devint noble , et prit armoiries d'aaur à la fasce d'or, chargées de trois coquilles de sable , allusion à saint Jacques, et accompagnées de trois cœurs de gueules, avec cette devise : A voilions cuers riens impossible. Mais le noble argentier ne nuisait pas au marchand , et tout en administrant les monnaies et les finances du roi , Jacques Cœur dirigeait son commerce avec les ports du Levant et de l'Italie, exportant draps, fers, toiles, vins et cuivre, et prenant en échange soieries , draps d'or, fourrures, maroquins, tapis etpierres précieuses. Il faisaitvendre même en Vostel du roy les marchandises de luxe venues des pays lointains. Ainsi il se trouvait parvenu à la plus haute position de considération et de fortune qu'un homme pût envier à cette époque. 11 était l'intime conseiller du roi, qui lui donna de nombreuses marques de confiance. En 1444 il le chargea, avec l'archevêque de Toulouse, de procéder à l'installation du nouveau parlement du Languedoc. La même année, en septembre, Jacques, Cœur figurait au nombre des commissaires chaigés de présider au nom du roi les états généraux do cette province ; il remplit chaque année ces fonctions jusqu'à sa disgrâce. Ces états de Languedoc votèrent à diverses reprises des sommes importantes pour Jacques Cœur, en témoignage de reconnaissance pour les services qu'il rendait au pays. En 1446 l'argentier fut chargé d'une mission à Gênes, où s'était formé un parti qui demandait l'annexion de cette ville à la France; l'année suivante il Ait envoyée Rome, h l'occasion du schisme que menaçait d'introduire dans l'Église l'élection par le concile de Baie' d'Amédée de Savoie , contre Eugène IV, pour qui tenait la France. Dans toutes ces occasions il fit preuve de grande habileté.

Le roi entretenait souvent son argentier avec abandon et intimité , ainsi que le dit plus tard ce dernier dans le cours de son procès. Jacques Cœur aimait sincèrement Charles VII, et ce fut dans une de ces conversations intimes que l'argentier, énumérant ses richesses, et en reportant l'origine plutôt à la protection royale qu'à son propre mérite et à son travail, dit : « sire, sous ombre de vous, je reconnois que j'ai de grands biens, profits et honneurs... » Et puis, il ajouta ces nobles et simples paroles : « Sire , ce que foi est voslre. » Alors le roi exposa son désir de reconquérir la Normandie sur les Anglais. Jacques avança aussitôt deux cent mille écus, et grâce à lui la Normandie fut conquise. Aussi, lors de l'entrée du roi à Rouen, le lundi

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20 novembre 1449» l'argentier avait une place d'honneur dans le cortège» marchant cote à côte du fier Danois et vêtu comme lui.

Les plus hauts de la noblesse et du clergé étaient les obligés de Jacques Cœur; car tous avaient recours à la bourse de l'argentier. Une circonstance peint la détresse de ces temps : au nombre des débiteurs de Jacques Cœur était madame Aragonde de France, fille du roi, qui en 1 440 emprunta quatre-vingts livres pariais pour avoir une robe. Le légitime orgueil de l'argentier parut se complaire particulièrement dans la possession de biens immobiliers considérables. 11 acheta des terres et des maisons sur tous les points de la France. Les seigneurs ruinés faisaient argent de leur patrimoine, et les seigneuries et chàteUeoies passaient entre les mains de Jacques (Veot; il en eut plus de vingt, comprenant au moins quarante paroisses. Il avait en outre des habitations dans un grand nombre de villes; deux bfldsà finis, ou il fonda aussi le collège des Bons- Enfants; deux hôtels encore à Montpellier, dont l'un, construit à l'italienne, était recouvert d'une tarasse d'où Ton apercevait la mer , et d'où Jacques aimait à signaler l'arrivée de ses navires ; cet htie) a été plus tard la loge aux marchands. L'arêtier avait encore des maisons à Lyon, Marseille, Béziers, Saint-Pourçain, Sanoerre ; mais la plus remarquable de ses habitations était l'hôtel qu'il fit construire à Bourges, et qui est aujourd'hui le siège de le municipalité de cette ville. Ce fut mus la direction de Jaquelin Culonet de Gutt- !t)t Terpaut que les travaux furent exécutés» Cet httel, l'un dM plus curieux monuments d'architecture civile que nous ait laissés cette époque, est surtout remarquable par le luxe de ses sculptures, au milieu desquelles on retrouve sans cesse les coquilles et les coeurs ainsi que le navire » source de la fortune de Jacques Coeur. Les devises, telles que, Dire, faire, taire; en bouché dose n'entre mousche, abondent dans les basreliefs. Antoine Asti, poète contemporain, qui Tint à Bourges en 1461 , dit que l'édifice avait déjà coûté cent nulle écus <for. H n'était cependant pas terminé encore.

Enfin, en dehors des soins que réclamaient ses affaires privées et son commerce, ses fonctions financières et ses missions politiques, Jacques Cfeor trouvait encore moyen de se livrer à l'exploitation des mines d'argent, de plomb et de cuivre qu'il possédait aux environs de Lyon et de Tarare. Il paraît aussi avoir établi une fcbrique de papier.

La famille de l'argentier eut sa part dans la faveur dont jouissait son chef. Nicolas Coeur, frère de Jacques , devint évoque de Luçon en 1441; sa sœur épousa Jean Bochetel, secrétaire du roi L'argentier eut cinq enfants, quatre fils et une fille. Deux de ses fils , Henri et Jean , entrèrent dans les ordres; le premier devint chanoine en l'église de la sainte chapelle de Bourges ; Jean, même avant d'avoir atteint l'âge

canonique, tut élu par le chapitre de cette Tille pour succéder à l'archevêque Henri d'Avaugour; et le 5 septembre 1450 Jacques Cœur eut la satisfaction d'assister à l'entrée solennelle à Bourges de son fils , porté dans sa chaise épiscopale par les plus grands seigneurs de la province. Les deux autres fils de l'argentier, Ravau et Geoffroi , étaient mineurs alors; sa fille Perrette épousa Jaquelin Trousseau, vicomte de Bourges, seigneur de lUrviUe. Quant à la femme de Cœur, Macéede Léodepart, elle parait avoir été la moins heureuse au sein des prospérités dont jouissait la famille. Elle avait un goût très-prononcé pour la dépense et la prodigalité; mais Jacques, qui tout en faisant largement les chose* quand il était besoin , aimait l'économie, la tenait dans une dépendance complète. Elle vécut presque constamment à Bourges , et môme son mari ne la laissait en sa maison que le moins qu'il pouvait, afin qu'elle ne fût point tentée de dissiper son bien. Cette contrainte humiliait et affligeait Macée.

Vint l'année 1460, qui fut la dernière de la prospérité de Jacques Cœur. Tant de richesses , tant d'honneurs accumulés sur la tête d'un seul homme devaient exciter la jalousie contre l'argentier. Roturier et marchand , par son génie et sa haute fortune il exaltait la bourgeoisie et le commerce à l'égal de la noblesse et du métier des armes, jusque alors exclusivement en honneur, et cela aux dépens même des seigneurs, dont les biens passaient dans ses mains. En un temps de détresse, seul il faisait fortune, et, préteur uni» versel, il tenait chacun , même le roi de France, sous sa dépendance. Son nom, à l'égal des noms des plus illustres capitaines, remplissait l'Europe, l'Asie et l'Afrique. D'autre part, les marchands du royaume le naissaient pour la ooncuxrence redoutable qu'il leur faisait. Ils l'appelaient Jacquet par dérision, et accréditaient, en les répandant, tous les bruits capables de lui nuire. Cette jalousie haineuse des nobles et des marchands se personnifiait particulièrement en deux individus, ennemis acharnés de l'argentier; c'étaient Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, ancien capitaine des Écorcheurs, et Otto Castellain, Florentin enrichi en France et employé! dans les finances de Charles VII.

L'orage amassé par l'envie éclata en 1460, à l'occasion de la mort d'Agnès Sorel. La maîtresse • du roi était née sur les confins du Berry et de la Touraine. Depuis longtemps elle connaissait Jacques Cœur, et l'avait choisi pour l'un de ses exécuteurs testamentaires. Néanmoins , Jeanne de Vendôme, épouse du seigneur de Mortagne,. accusa publiquement l'argentier d'avoir fait mourir Agnès Sorel par empoisonnement. Malgré l'invraisemblance du crime, et bien que le passé . du prétendu criminel, ses services rendus, dussent vis-à-vis du roi sinon faire foi de son innocence , au moins lui assurer les garanties de la plus stricte justice, il rut arrêté le 31 juillet

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1451, à Taillebourg, sans aucune information préalable. En même temps ses biens furent saisis et mis à la disposition du roi, qui y prit aussitôt cent mille écus pour la guerre de Guyenne. Le partage des terres de Jacques Cœur fut promis à Chabannes et autres, et le Florentin Otto Castellain eut pour sa part les fonctions d'argentier; mais ce qui fut particulièrement odieux, c'est que ceux même qui s'enrichissaient des dépouilles de l'inculpé furent ses geohers, les commissaires de son procès et ses juges.

L'accusation d'empoisonnement tombait d'ellemême. Agnes Sorel était morte en couches, et son enfant avait vécu six mois. Aussi, Jeanne de Vendôme, convaincue de calomnie, Ait condamnée à faire amende honorable. Mais les ennemis de Cœur, qui ne voulaient pas lâcher leur proie, firent successivement surgir divers autres chefs d'accusation. Ce fut d'abord qu'il était d'intelligence avec le dauphin contre le roi ; c'était faux , on ne put le prouver. Puis il lut accusé d'avoir fourni aux Sarrasins des armes et de l'argent, et d'avoir renvoyé an Soudan un esclave chrétien revenu en France sur une de ses galères. 11 fut accusé encore de s'être enrichi par concussion en Languedoc et d'avoir poursuivi les sujets du roi. A tout il répondit avec simplicité et précision; il expliqua et justifia tout, protestant qu'il avait servi constamment le roi « sans lui avoir fait aucune faute d'avoir pris larcineusement aucun de ses deniers ». On lui demanda ses preuves, et on le mit dans l'impossibilité de les fournir. On éloigna de lui tous ceux qui pouvaient lui être utiles, et on n'accueillit que les dépositions de ses ennemis, « gens paillards , perdus , infâmes, accusés de meurtre et décriés par leurs crimes, » disaient dans leurs plaintes les enfants de Jacques Cœur. Ceux-ci firent mémoire sur mémoire, et n'obtinrent rien. L'évêque de Poitiers, Jacques Juvénal des Ursins, et l'archevêque de Bourges réclamèrent l'argentier, comme clerc tonsuré, au nom de la juridiction ecclésiastique. Le pape lui-même écrivit à Charles VII en faveur de l'argentier, et envoya un ambassadeur ; tout fut inutile. Le procès traînait en longueur, pendant que le prisonnier était conduit de château en château , de Taillebourg à Lusignan , de Lnsignan à Maillé, puis à Tours et à Poitiers. La commission dont Castellain faisait partie décida de faire donner la question à Jacques Cœur. Celui-ci, dépouillé de ses vêtements et garrotté, sentit son cœur faiblir à l'aspect de la torture. Une vie tonte de bonheur et de luxe n'avait pas affermi son aine contre les souffrances. Il renonça à son appel à la juridiction ecclésiastique, et s'en rapporta au témoignage de qui l'on voulut. Cest an milieu de ces peines de corps et d'esprit que Jacques apprit que sa femme venait de mourir, à Bourges.

Cependant, l'arrêt fut prononcé le 29 mai 1453, au château de Lusignan. Jacques Cœur était reconnu coupable sur tous les chefs, flétri, con-

damné à quatre cent mille écus d'amende et à la confiscation du reste de ses biens an profit du roi. Il devait rester en prison jusqu'au payement de l'amende et ensuite être banni hors du royaume. Sur le fait seul de l'empoisonnement d'Agnès . Sorel, l'arrêt ne reconnut pas la culpabilité de Jacques, mais aussi il ne proclama pas son innocence, disant simplement : « pour ce que le procès n'est pas en état de juger pour le moment, fl n'est fait aucun jugement, et pour cause. » Or déjà Jeanne de Vendôme avait été condamnée comme calomniatrice. Ce trait peint la bonne foi des juges et du roi.

Jacques Cœur reçut, le 2 juin, à Poitiers, commandementde payer la somme de quatre cent mille écus ; trois jours après un échafaud était dressé sur la grande place de cette ville ; et, en présence d'une foule immense , Jacques à genoux , sans ceinture ni chaperon, une torche de dix livres de cire au poing, dnt faire amende honorable. Le procureur général Jean Dauvet mit incontinent l'arrêt à exécution , quant aux biens. Maisons, châteaux, seigneuries, mines, marchandises, galères, tout fut saisi. Quant aux créances des tiers sur les biens , on refusa, par ordre du roi , d'en reconnaître aucune. Tout ce que la reconnaissance put inspirer à Charles VII fut d'accorder cinq cents livres aux enfants de l'argentier; et nous voyons l'état de détresse de l'un d'eux, Ravau, peint dans ce fait que le procureur général dut lui faire faire deux robes noires fourrées d'agneau, un chaperon et un pourpoint, « le font jusqu'à vingt-huit livres tournois en déduction des cinq cents livres ». Ensuite on remit à Ravau vingt-cinq livres, mais seulement après qu'il eut juré qu'il n'avait pas un seul denier pour vivre. L'arrêt qui frappait Cœur était si évidemment inique, qu'il ne trouva pas un seul panégyriste parmi les gens désintéressés. Les dires de tous les chroniqueurs sont unanimes à ce sujet et conformes à l'opinion de La Thaumassière, qui écrivait : « Ses richesses furent le plus grand de ses crimes, et donnèrent envie à des vautours de cour d'en poursuivre la confiscation. » Et en effet, ces vautours se les partagèrent, avec autorisation dn roi, moyennant des simulacres d'enchères. Cependant Jacques Cœur se trouva transféré au mois de janvier 1455 dans le couvent des cordelière de Beaueaire. Il n'y était ni libre ni à l'abri des atteintes de ses ennemis ; car il fit parvenir à l'un de ses facteurs, Jean de Village, réfugié à Marseille, une lettre où il lui disait que, « pour Dieu , il eust pitié de lui en trouvant moyen de le tirer hors de là, et de lui sauver la vie ».

H faut savoir que ce Jean de Village était neveu de Jacques Cœur, ayant épousé sa nièce; et lors de la condamnation de son oncle, il s'était, ainsi que plusieurs autres facteurs , conduit noblement et courageusement. H avait sauvé une partie des biens de l'argentier par l'énergique opposition qu'il fit lors de la saisie; ensuite pour

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«e soustraire à là vengeance des gens do roi , il s'était retirt à Marseille. Au reçu de te lettre de Jacques Cœur, il prit la résolution de le sauver. Il se rendit d'abord à Taraacon, ville qui n'est séparée fe Beancaire que par le Rhône. Ose logea cha les cordelière de Taraacon, et gagna Ton de cesreligieox ; celn-d alla visiter ses confrères de Beancaire , pot Toir le prisonnier, et établit des rotations entre hd et son neveu. Jean de Village fit dire à son oncle quil eût espoir et courage, et ensuite revint à Marseille pour y faire les préparatifs de l'enlèvement II s'adjoignit Gmuaume Gimart et Gaillard, antres (acteurs de Jacques Cœor , et de plus ses compatriotes; il choisit encore vingt marins, hommes de confanee et déterminés, et tons ces gens , armés et munis des objets nécessaires, se rendirent à Tarasoon. Dès le jour de leur arrivée, Jacque» Cœur fut averti qo'H eût à sortir do couvent de Beancaire aussitôt après les matines qui se disaient à minuit. L'un des compagnons de Jean de Viuagecomiaissaitnne brèche dans les hantes murailles qui entouraient Beancaire. A l'heure convenable, une barque traversait le Rhône en rience, portant les libérateurs de Jacques Cœur. La troupe aborda, élargit et escalada la brèche, et rejoignit le prisonnier, qui avait franchi renceutte du couvent On reprit ensuite le même chemin, à travers les rues silencieuses , et peu après Ton traversa de nouveau le fleuve sans encombre. Le plus périlleux était fait; mais Jacques et son escorte ne s'arrêtèrent pas à Tarascon.Tis gagnèrent, à travers la Cran, le petit port de Boue, ou une embarcation les attendait On navigua Jusque auprès de Marseille, et de là Jacques Cœur se rendit à Nice, par la route de terre. Une de ses galères le transporta de Nice à Pise, d'où il parvint heureusement à Rome.

Le pape Nicolas V, qui aimait Jacques Cœur depuis le voyage diplomatique que cetuM avait ait à Rome, en 1 447, voulut qu'il demeurât en son propre palais, et le fit soigner par ses médeciiis dans une maladie qu'il fit à la suite de tant d'émotions. Jacques Cœur passa l'année 1455 à Rome, occupé à recueillir les débris de sa fortune, ear tout n'était pas en France; nombre de galères se trouvaient en mer pendant son procès, et il avait des valeurs entre les mains de ses correspondants d'Italie et du Levant ; de plus, il reçut ce que ses facteurs demeurés fidèles avaient pu hri roettre.à l'abri. Jean de Village vint lui rendre ses comptes.

Ce que devint ensuite Jacques Cœur a été l'objet de récits erronés de la part de plusieurs écrivains. La vérité est qu'en 1456 il s'embarqua sur une flotte armée par le pape Caliite m, successeur de Nicolas Y, pour porter secours aux (les grecques, nienacées par les Turcs, alors maîtres de Ctastautinopiei Jacques Cœur avait le titre de capitaine général de l'Église contre les infidèles, et commandait la flotte sous la direo tiondnptfrûuxhed'Aqnue&Onw^

poison aborda à Chio. Pendant son séjour dans cette lie, le capitaine général tomba malade, et mourut, le 25 novembre. Il fut enseveli au milieu dolchosor de l'église des Cordelière. Avant d'expirer il avait écrit an roi Charles VU pour l'implorer en faveur de ceux de ses entants qui étaient séculiers, afin qu'ils « pussent vivre ho* nestement, sans nécessité ». Charles VTJ, par lettres patentes datées du 5 août 1457, restitua à Ravau et à Geoffroy Cœur une faible partie des biens de leur père. Sous Louis XI , Geoffroy , qui ratmattrecThôtelde ce roi, obtmt te réhabilitation delà mémoire de son père et des lettres de restitution plus complètes; mais les contestations qui s'élevèrent à ce sujet entre la famille Cœur et le comte de Chabannes ne prirent fin quesous Charles Vif!, au moyen d'une transaction entre la veuve de Geoffroy et le fils de Chabannes. La lignée directe de Cœur s'éteignit dans la personne du fils de Geoffroy, qui s'appelait Jacques, comme son grand-père. Louis Fdrtoul.

Booamy. Mewtoires sur les dernières années 4e la vie de Jacques Camr: — Loafe Raynal, Histoire du Berre.- Le baron Trarré, Histoire de Jacques Cvur.— Pierre Clément, Jacques Camr et Charles m.

I cœur (Pierre- Louis), éveque français, né à Tarare (Rhône), le 14 mars 1805. On le croit de la famille du fameux argentier de Charles VII. Élève de la maison de L'Àrgentière au moment où un grand concours eut lieu entre tous les séminaires du diocèse de Lyon, le jeune Coeur y remporta le prix d'honneur. Entré aux Chartreux en 1820, il y fit plusieurs années de théologie. En 1824 il fut chargé de remplacer un des professeurs au séminaire de L'Argentière. Des Chartreux il s'en alla au grand séminaire de Saint-Irénée. Après avoir terminé sa théologie, il devint professeur de philosophie, et dans un petit ouvrage qu'il écrivit alors contre l'auteur de V Essai sur Vindifférence en matière religieuse, M. Cœur réfuta la doctrine du sens commun. Sous-diacre en 1825, diacre en 1826, il reçut la prêtrise en 1829. En 1827 il vint à Paris, pour y entendre les cours publics de la Sorbonne et du Collège de France. II fréquenta particulièrement ceux de MM. Guizot et Villemain. L'abbé Cœur, doué de facultés oratoires très-remarquables, se livra à la prédication pendant plusieurs années. Plusieurs villes de province reçurent d'abord les inspirations de son éloquence : il eut des triomphes , et fit des conversions. Sa prédication à Clermont-Ferrand lui valut même une place de membre de l'Aicadémie de cette ville» Ce n'est qu'en 1835 qu'il vint prêcher à Paris, où l'avait appelé le curé de Saint-Roch, M. Olivier. Comme Massillon, il devint à la mode; la haute société parisienne se pressait à ses sermons. Chanoine de Nantes en 1834, de Bordeaux en

1838, il fut nommé vicaire général d'Arras en

1839. En 1841 Mgr Aflre le nomma chanoine titulaire de la métropole. M. Cœur a été chargé depuis de l'enseignement de l'éloquence sacrée à la Faculté de théologie de Paris, et, se son*

COEUR — COFFIJNHÀL

venant dM succès qu'il avait obtenus dans ta chaire, il assista à la récente inauguration de cette Faculté, qu'on a modifiée et dont on Tondrait faire une institution canonique. Aujourd'hui M. Cceur occupe le siège épiscopal de Troyes, auquel il aété nommé le 16 octobre 1848. U Ait sacré le 26 février 1849. La réforme pédagogique proposée par l'abbé Gaume trouva en lui un adversaire. Plusieurs de ses sermons ont été publiés dans les recueils fondés pour la reproduction de ces morceaux religieux. L'abbé Cœur a été l'un des collaborateur» de la Revue reU> çieusê et édifiante. A. R.

Biographie du clergé contemporain — . L'Univen. - La.France littéraire, supplément.

coffet (Charles ), acteur et auteur dramatique irlandais, mort en 1745. Des neuf comédies qu'il fit représenter, de 1729 à 1745, une seule a échappé & l'oubli, the Devil to pay, or the voir ves metamorphosed. Comme acteur, il eut l'art de savoir être laid.

Baker, Biographia dramaiica.

coffin ( Charles ), littérateur et poète français, né en 1676, à Busancy, mort a Paris, le 20 juin 1749. Ce fut un des nommes qui cultivèrent en France avec le plus de succès les lettres latines. Après de brillantes études, qu'il termina à Paris, au collège Duplessis, il lut, en 1701, nommé par RoHin régent de seconde dans celui de Dormans-Beauvais, où il lui succéda comme principal, en 1713. L'habileté dont il fit preuve dans ses nouvelles fonctions le fit revêtir en 1718 de la première dignité universitaire. 11 contribua alors à faire décréter l'établissement de l'enseignement gratuit dans les collèges ; puis, à l'expiration des trois années de son rectorat, il redevint principal du collège de Beauvais, place qu'il occupa jusqu'à sa mort. (1 fit paraître en 1727 un volume de poésies latines , où l'on trouve autant de grâce que de facilité. On y admire surtout une charmante ode au vin de Champagne, qui valut à l'auteur, de la part des Rémois reconnaissants, l'envoi annuel d'un panier de leurs meilleurs produits. L'heureux disciple d'Horace et d'Ovide s'éleva plus tard à des citants plus sérieux. Ses belles hymnes enrichissent le bréviaire de Paris, et la touche de sa plume se reconnaît dans divers passages de î'Anti-Lucrèce, qu'il revit avec Crevier et Lebeau.

Les œuvres de Coffin ont été recueillies par Lcnglet ; Paris, 1755, 2 vol., in- 12.

le Bas, DUt. oœyc. de la France. — Lcnglet, Éloge de Coffin, en tête de tes OBwres. — Morért, Met. Mit.

copnnhal (Jean-Baptiste), révolutionnaire français, né à AuriUac, en 1764, mort en août 1794. Il embrassa avec ardeur la cause de la révolution, et prit malheureusement une grande part à ses excès. 11 avait commencé par étudier la médecine; mais il abandonna bientôt cette carrière pour suivre celle du barreau. Dans ce but, il vint à Paris, où 11 acheta une charge de procureur au Chatelet. On le distinguait habituellement de ses deux frères par le surnom de

Dubail, Homme turbulent, doué d'un caractère énergique et d'une grande force corporelle, il figura dès le commencement de la révolution dans tons les mouvements populaires et parmi les combattants dans la journée du 10 août Quelques jours après, dès que la révolution éclata, la commune le nomma vice-président du tribunal du 17 août, qui prononça des jugements rigoureux contre les royalistes traduits devant lui. Les suffrages de la majorité le portèrent an fauteuil de la présidence, dans le sein du club des Jacobins. Loi» de la création du tribunal rëvolutioiinaire, en 1702» il accepta les fonctions de juge, puis celles de vice-président de ce tribunal terrible. Il prit part en cette qualité à un grand nombre de ses condamnations sanguinaires; on lui reproche d'avoir traité quelques accusés avec une dureté inhumaine. Lorsque Lavoisier demanda un sursis de quinze jours pour mettre la dernière main à une découverte qu'il croyait utile, Ooffinhal s'y opposa, et s'oublia jusqu'à dire : « La république n'a plus besoin de chimistes ; » paroles odieuses et cruelles, qui ont irnprimé une flétrissure ineffaçable à sa mémoire, et dont la farouche absurdité était d'autant plus étrange dans sa bouche, que lui-même ne manquait pas d'instruction.

Ooffinhal émit un révolutionnaire fanatique. Lié partfctdièrement avec Robespierre, dont il était partisan enthousiaste, il demeura fidèle à sa cause jusqu'au dernier moment. Il partageait son aversion pour ceux des révolutionnaires qui s'étaient signalés par leur malversation et leur immoralité, et sa probité, du reste, n'a jamais été attaquée. Les écrivains qui ont prétendu que Robespierre, à l'époque où il se sépara de ses collègues formant la majorité du comité de salut public, avait conçu le dessein d'apporter quelques adoucissements au système de la Terreur, attribuent les mêmes intentions à Coflinhal. Il aurait même engagé Robespierre à se saisir de la dictature pour mettre à exécution ses projets de réforme, et celui-ci s'y serait refusé, dans l'espoir d'arriver autrement au même but. Mais au 9 thermidor Coffinhal, ne comptant plus que sur la force, voulut tout enlever par un audacieux coup de main. Ce fut lui qui, dans la soirée du 8 thermidor, offrit d'aller à la tète de quelques hommes déterminés s'emparer des membres des comités de saint public et de sa r été générale. Robespierre s'opposa fortement à ce projet; il aurait peut-être décidé le succès en sa faveur. Le 9 , après la séance de la Convention , ce fut encore Coffinhal qui alla délivrer Henriot, retenu prisonnier au comité de sûreté générale, et même à ce moment, si Robespierre avait voulu suivre ses conseils et ceux de Saint- Just, la victoire pouvait revenir du côté de la Commune. Les troupes de la Convention, sans avoir éprouvé la moindre résistance sur leur route, entrèrent de même sans coup férir dans la sallede l'hôtel de ville , où était assemblé le

COFFINHÀL — GOGELS

eonwa a/ncral de la Commune. Coffinhal parvint à Réchapper, après avoir exhalé sa forour contre Benriot , qoi avait contribué à la défaite de sod parti. L'ayant rencontré dans un corridor de IMftel de Tille, il s'élança sur tari et le précipita dn haut d'âne fenêtre dans une des cours intérieures , en lui disant : « Tiens, misérable, voila le prix de tes lâchetés. »

La lin de Coffinhal rat tragique. Étant par- Tenu à s'ouvrir, sabre en main , un passage à travers la foule des sections armées, il erra quelque tempe à l'aventure, et finit par aller chercher un refuge dans Vile des Cygnes. La, il endura pendant quelques Jours les souffrances «eh solitude au milieu des privations les plus émettes, sans consolations, mus nouvelles des sens, sans vivres. Mourant d'inanition, il se décida enfin à quitter cette retraite et à aller demander lhospitah» à un ami auquel il avait rendu dTmportants services et sur le dévouement duquel il comptait : cet ami le livra à la gendarme™. Comme tous les autres vaincus, Coffinhal avait été mis hors la loi par le décret du 9 thermidor; le tribunal n'eut donc qu'a constater son Identité pour l'envoyer à l'éehabod.

Thtert, MU. Ja la r*»./r. — MlffKt. Jbrégé de fhut. de la rév./r. — ArBMrtt, Jouy, ttc*,Bioa.nouv. de* canton*. - Le Bas, Dict encye. de la Franc*. — VlUaumé, Hist. de la révolution fr*

coraifHAL-DinfOYEB (Joseph), magistrat français, frère du précédent, né à Auriliac, en 1737, mort en 1832. Il rat conseiller d'État et conseiller à la cour de cassation. H ne partagea point les opinions politiques de son frère, dont il répudia même le nom, et sut se maintenir constamment dans une ligne de modération qui rai permit de conserver ses hautes fonctions sous tuos les gouvernements. C'était un magistrat instruit et considéré.

Le Bm, Dmt. aacae. de la fronce.— ktnuAt, Joay, etc. , Biog. n<M9. des coatmnp.

icoFPiMifcftBS (Antoine-Simon-Gabriel), jurisconsulte français , né à Castelnaudary, le S janvier 1786. Avocat à la cour de Paris depuis 1806, il a publié : Analyse des NoveUes de l'empereur Justinien, conférées avec F ancien fooUfraneaUetUCodeNapoléon; Paris, 1806, in-12 ; — de la Bourse et des spéculations sur Us ejjets publics; Paris, 1824, in«8° ;— le Code ïïapoléon exphquépar les décision* suprêmes de la cour de cassation et du conseil d'État; Paris, 1809, in-4° ; — Jurisprudence des cours souveraines sur la procédure; 1812, 5 vol., m-8% ouvrage servant de complément au Journal du amou es, rédigé par Gofbnières ;— Traité de la liberté individuelle, à rasage de toutes les datée* de citoyens; Paris, 1838, 2 vol., «-12, Coffinières a concouru à la rédaction de la plupart des recueils judiciaires, tels que ceux de Sirey, de MM. Sebire et Carteret ( Bncgel. du droit >. Ou ai doit aussi des brochures de droonslance, entre autres : Bxamen d'un projet

de foi fier la presse périodique ;1828; —06sorvations sur le rétablissement du divorce; 1831 ; — Rapport sur le système cellulaire; 1844. — Étude sur le budget, et spécialement sur r impôt foncier; Paria, 1848.

Diêt. de féeem. peOL — OjBéMN, le Fr. UU.\ tnppl. M »*»e ravr«ge. - U Barreau madame. — Arasait, Jouy, etc., Biog. noup. det conUmp.

COGAN (Thomas), médecin anglais, né à RoweU, dans le Northamptonshire, le 8 février 1736, mort à Londres , le 2 février 1818. Il embrassa d'abord l'état ecclésiastique, et fut chargé de la direction de la congrégation presbytérienne à Amsterdam. Il se rendit de là à Leyde, pour y étudier la médecine. Plus tard, il revint à Londres , où il fonda , avec le docteur Hawes, la Société royale d'humanité. 11 retourna ensuite en Hollande, et y resta jusqu'à ce que la révolution française le força à repasser en Angleterre, où il se livra à des travaux agricoles. Ses principaux ouvrages sont : JHssertatiode pathematum animi vi et modo agendi ; Leyde, 1767, n>40 ; — Mémoires de la Société instituée à Amsterdam pour rendre à la vie de* personnes gui semblent nouées , pour les années 1767, 1768, 1769, 1770 et 1771, traduits du hollandais; Londres, 1774,in-8°; — Œuvres de Camper sur les liaisons entre Fanât omit et les beaux-arts, etc., traduites du hollandais; ibid., 1794; — Relation d'un voyage fait en grande partie le long du Rhin, cVVtrecht à Francfort, en 1791 et 1792; ibid., 1794, 2 vol. in-8°; — Traité philosophique sur les passions; ibid., 1800, in-8°; — Traité moral sur les passions; ibid., 1807, 2 vol. in-8°; — Recherches théologiques, ou examen des principes religieux qui influent le plus sur la direction des passions et des affections intellectuelles; ibid., 1812 ,:in-8°; — Dissertations théologiques sur la supériorité morale qui caractérise le christianisme, etc.; ibid., 1813, in-8°; réimprimées avec les Recherches théologiques ; 5 vol. in-8° ; — Vie et opinions de John Buncle junior y sous le voile de l'anonyme; — lettres à Wilberforce sur la doctrine de la dépravation héréditaire; 1815, in-8°; — Questions d'éthique, ou méditations sur les principaux sujets de controverse de la philosophie morale ; Londres , 1817, in-8°.

Wood, jéthm. 0*on.

* cogels (Joseph-Charles), peintre belge, né à Bruxelles, en 1785, mort en 1831, à Leithcin. près de Donauwerth. En 1802 il alla suivre les cours de peinture à Dusseldorf, fut nommé trois ans après membre de l'Académie de Gand, fit deux voyages à Paris, et vint se fixer a Munich. En 1825 l'Académie de cette dernière ville le reçut dans son sein. Les tableaux de Cogels se distinguent par une vive intelligence de la nature. On y remarque surtout des effets d'air et de lumière tout à fait surprenants.

Ifagler, News Aîlg. KnnsIter.-lAxic. - Convertat-

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