COETLOGON
Philippe au combat de Beveriers , et le Grand à celui de La Hougue. H seconda efficacement TourviUe dans ces deux combats, notamment dans le second, où il dégagea le général en chef, cerné par trois forts vaisseaux ennemis. Il fat, en 1693, l'un des officiers généraux de la marine qui se renfermèrent dans Saint-Malo, assiégé par les Anglais , et il contribua puissamment à les faire s'éloigner. La même année, commandant une division dans la Méditerranée, il brûla deux vaisseaux de guerre dans le port de Gibraltar, et s'empara de plusieurs bâtiments qui se trouvaient sous cette forteresse. Promu lieutenant général, le 29 mai 1701, il rat envoyé en Espagne, où Philippe V le nomma capitaine général, et lui confia le commandement spécial d'une division de six vaisseaux, faisant partie des dix-huit placés sous les ordres supérieurs de Château-Renault. Cette armée accomplit heureusement sa mission, ayant pour objet de ravitailler l'Amérique espagnole et d'en ramener un riche convoi. Nommé , au mois de mai 1703, commandant d'un vaisseau de l'armée navale dn comte de Toulouse , il arbora son pavillon sur le Monarque, et partit de Brest , le 15 mai, dans le but de précéder l'armée dans la Méditerranée. Le 22, devant Lisbonne, il rencontra cinq vaisseaux anglais et hollandais escortant un nombreux convoi. Rangeant sa division en bataille, Coëtiogon eut bientôt pris ces cinq adversaires et le convoi. Au combat de Malaga, le 24 août 1704 , il remplit sur le Tennant les fonctions de vice-amiral du corps de bataille. En 1706 le roi ordonna d'amener tant à Brest qn'àRochefort une escadre de dix-huit vaisseaux, avec laquelle Coëtiogon devait taire une diversion dans l'Océan, pour empêcher les ennemis de concentrer leurs forces dans la Méditerranée. Bloqué dans Brest par des forces infiniment supérieures , il ne put malheureusement sortir. Décoré du cordon rouge depuis 1705, Coëtiogon fut nommé en 1715 membre du conseil de marine, et pourvu, deux ans après , de la charge de vice-amiral du Levant et de la grand'-croix de Saint-Louis , vacante par la mort de Château- Renault, dont les héritiers surprirent au ministre une retenue de 12,000 livres que devait payer Coëtiogon ; mais ce dernier s'y rerasa avec une telle énergie que le ministre dut rapporter sa décision. Il reçut le collier des Ordres duroi en 1724, et le bâton de maréchal de France, à son lit de mort, le 1er juin 1730. H accueillit cette distinction méritée en disant : Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo, da gloriam. Six jours après il mourut, âgé de quatre-vingt-trois ans six mois , dans la maison professe des jésuites, où il s'était retiré par dégoût du monde.
P. Levot.
M. Lcrot. Biographie bretonne.
* cobtlogon (Denis), encyclopédiste anglais, mort à Londres, en 1749. On a de lui : Treatise on the stone and analyste o/Stephen's méde-
cines; Londres, 1739, in-8°; — Unèoersal dietionary oj the arts and sciences; ibid., 1745, 2 vol. in-fol. ; — a Tour through the animal worta; ibid., 1746,in-8°;— Diogenesat court; ibid., 1747.
AdelQOK . «nppl. à JOcber, AUgem. GeWurtoirlMcUm.
* COETLOGON (Jean-Baptiste- Félicité, comte db) , littérateur français, né à Versailles, le 22 août 1773, mort à Rambouillet, le 27 septembre 1827. 11 entrad'abord au service militaire, émigra fort jeune, et fit la campagne des princes. Après le licenciement de son corps d'armée, il alla rejoindre sa mère, dame de compagnie de Madame, comtesse d'Artois, et la seule qui ait constamment suivi cette princesse dans son exil. Rentré en France en 1807, avec l'agrément des princes, il trouva dans la culture des lettres un honorable emploi de ses loisirs. Nommé en 1820 sous-gouverneur de Rambouillet , il en remplit les fonctions jusqu'à sa mort. 11 est auteur des ouvrages suivants : Ode sur la mort de S. A. S. monseigneur le prince de Condé (Moniteur du 28 mai 1818) : cette ode, écrite avec verve et d'inspiration, contenait quelques erreurs de style, qui disparurent dans l'édition publiée avec augmentations; Paris, Demonville , in-8° de 8 pag. ; — Ode sur le rétablissement de la statue équestre de Henri IV, le 25 août 1818; Paris, Delaunay , 1818, in-8° de 16 pag. ; — le Missionnaire, ode ; Paris, Petit, 1819,in-8° de 16 p. ; — David, poème; Paris, Le Dentu, 1820, in-8°; 2*édit, Paris, Painparré, 1822, in-8°, fig. : le merveilleux est banni de cette épopée, où l'auteur, s'appuyant scrupuleusement sur le texe sacré, a trouvé dans le caractère et les actes du roi-prophète des éléments suffisants d'intérêt, et a justifié l'honneur qu'avait obtenu son livre d'être désigné, par le conseil royal de l'instruction publique, comme digne d'être donné en prix dans les lycées ; — Boyard amoureux, ou les lutins de Rambouillet ; Paris, Delaforest, 1825, 2 vol. in- 18 : prenant l'Arioste pour modèle, sans toutefois l'imiter dans ses écarts , il fait un judicieux emploi du merveilleux emprunté aux rêverie? cabalistiques , et mis en action dans une fouk d'incidente d'autant phis piquants que le vers de dix syllabes, adopté par l'auteur, se prête parfaitement au mouvement qu'il veut donner à son sujet; — un Éloge de monseigneur Jér.- Mar. Champion de Cicé, archevêque d'Aix et d'Arles, et quelques Poésies dans les deux premiers volumes des Mémoires de la Société académique d'Aix; — Trois tragédies inédites, dont une avait été reçue avec distinction par le Théâtre-Français : le Moniteur du 18 octobre 1827, qui mentionne ces trois tragédies (sans en donner les titres), attribue en outre à Coëtiogon un poème en quatre chants sur la Restauration, intitulé : Le 21 janvier. Nous le croyons égalelement inédit; car aucun bibliographe ne l'a mentionné. Nous savons aussi qu'il a laissé en manuscrit un poème intitulé : les Nuits ven-