CORINNE — CORJO
grand nombre de légendes religieuses : « 11 faut,
dit la Muse de Tanagre, semer à la main, et non pas répandre à plein sac. » Corinne et Sapbo sont placées par Tzetzès, dans ses Prolégomènes sur Lycophron, au rang des poètes lyriques, et il les regarde comme les rivales de Stésichore, de Pindare et de Bacchylide. Tanagre s'enorgueillit de posséder le tombeau de Corinne, sur lequel le statuaire Silanion l'avait représentée la tête ceinte d'une bandelette, symbole de ses victoires poétiques et du culte qu'elle avait rendu aux Muses. Il ne nous reste de cette femme célèbre qu'un petit nombre de fragments, recueillis par Fulvjus Ursinus et Chrétien Wolf. Peu d'écrivains ont cependant fait preuve de plus de fécondité littéraire; elle avait composé cinq livres de poésies épiques, dont faisait partie une épopée sur Iolas et une autre sur les sept chejs devant Thèbes ; des chants lyriques intitulés : "Affûta, N6>oi et Ilapôévia, des Bpigrammes, plusieurs livres de Métamorphoses et une autre composition poétique sur le Bouclier de Polios ; ce dernier ouvrage ne nous est connu que par l'épigramme suivante , dans laquelle Antipater le Thessahen dit, en parlant des femmes poètes de la Grèce :
Ce sont Myro, Myrtla, l'illostre Télésuie, Erinne ans chants guerrier», et Nossls et Praxllle ; Anyta, dont Homère eût aimé les accents ; Sapho, chère à Lesbos, qu'Illustrèrent ses chants ; . Et tôt, Corinne, et toi, dont la Terré Intrépide, Célébra dans ses vers Pallas et son égide. SI le ciel a voulu donner Jadis le Jour Aux Muses, qnl des dieux ont reçu les hommages. Pins tard, pour nous charmer, naquirent à leur tour Neuf terrestres beautés aux Immortels ouvrages.
Le nom de Corinne rat encore illustré par deux femmes, également poètes, qui brillèrent dans le genre lyrique ; l'une; contemporaine de l'élève de Myrtis, naquit à Thesptes ouàCorinthe, et l'autre vit le jour à Tbèbes, dans un temps un peu moins éloigné ; cette dernière était surnommée la Mouche (Muïa), à cause de la finesse de son esprit, et c'est d'elle que Stacc a dit :
Tenuteqne arcana CorJnna.
Alph. Fresse-Montval.
Pausanlas, Ub. IX, cap. ». — Suidas, voce Kôpiwot. — Plutarque, de Gloria Mhcnarum. — Lucien, Demotth. Bnctm.— Élien, Uistor. var., llb.XIII, cap. ss. — Bphestio, Enckiridion. - Stace, Sytv., { S, 158. - Wolf, Octo Poet. grme. fragm. et encom. — Fabriclas, Bibl. gr.t t. H, p. 89, 64, 118, 119, édlt. Harles. — Bustath., //., Il, p. 9t7. édlt. Rom. — Mém. de l'Jcad. det inscr. et be'lle»-lettr., t. XIII , p. îM et sulv. - Pierre do Faux, Jgonist., lib. III, c p. M, pag. CU, édlt *».— Colomlès, Opusc., p. M, édlt. Par. — Alph. Fresse-Montval, dans le Journal/* Génie de» femme», p. 86.
corinncs, poète fabuleux. Selon Suidas, quelques auteurs anciens le faisaient vivre du temps de la guerre de Troie , et lui attribuaient une Iliade, modèle de celle d'Homère, et un poème sur la guerre de Dardanus contre les Paphlagoniens.
Suidas, au mot Képiwos.
corio {Bernardin ), historien italien , ué à Milan, le S mars 1459, mort en 1519. 11 nous
apprend lui-même qu'il eut sept parrains, choisis parmi les plus grands seigneurs de Milan, ce qui nous donne une haute idée de sa naissance. Il acquit debonne heure une grande réputation d'éloquence et de savoir, et fut chargé par Ludovic le More d'écrire l'histoire du Milanais. On croit qu'il remplit auprès de ce prince la place de chambellan ; il fut en 1513 un des décurions de la ville. On a de lui : Utile dialogo amoroso : ce poème, aujourd'hui perdu, était probablement en vers latins, comme on le voit par ce vers final, cité par Argelati :
Ore Venus, Pallas manlbns, Diana pudore; —Vitx CxsarumconHnenter descriptx, a Julio adFrederieum Œnobardum. Ces vies, écrites en italien, ont été jointes aux premières éditions de l'ouvrage suivant du même auteur : Bernardini Corii, viri clarissimi, Mediolanen sis historia; Milan, 1503, in-fol. : composé par l'ordre de Ludovic le More, ce livre, malgré son titre latin , est écrit en langue italienne. Cest moins une histoire qu'une compilation des anciennes chroniques milanaises; le style en est peu élégant ; — Bernardini CorU, Marcifiliï, De Viris illustrions libri duo : le manuscrit de cet ouvrage; resté inédit, se trouvait entre les mains de Jean- Ange de Custodibus , ami d'Argelati.
Argelati, Bibllotheca teriptorum medioianentium. — Tiraboschl, Storia délia letteratmra italiana, i. vi. ît.
* corio ( Haymo ), théologien et moraliste italien, natif de Milan , mort le 17 septembre 1679. Il se distingua comme prédicateur, et fut nommé consulteur de l'inquisition par Clément IX On lui offrit plusieurs (bis, mais en vain, de le nommer évoque. On a de lui : SpUome deeretorum omnium conciliorum provùiciaUum S. Mediolanensis EcclesiX) ordinealphabetico digestœ; Milan, 1640, in -4° ; — Monnaie regularis disciplina; ibid., 1650, in-4°; — Funebris pompa Ursinx Sjortiœ; ibid., 1655, in-fol.; — ConcordantisB morales in Bxodum ; ibid., 1 655, in-fol. ; — Rhetoris Vïncentii Galli compendium; ibid., 1656, in- 12 ; — Nox atra in exequUscard. Theod. Trivultii;\ïÀà.., 1657, in-fol.;
— ConcordantUe morales in Numéros; ibid., 1659, in-fol.; — Pharao flagellatus; ibid., 1660-1677, 3 vol., in-fol.; — Promptuaritm episcoporum; ibid., 1668, in-fol; — Concordantise morales in Genesin;'ùM.t 1671, in-fol.;
— in Leviticum; ibid., 1677, in-fol. ; — in Deuteronomium;Md., 1681, in-fol.; — Vitmsanctorum Haymonis et Vermundi de Corus; ibid., in-8°.
Argelati, Mol. mediol.
* cobio (Jean- Jacques), jurisconsulte italien, né à Milan, en 1653, mort dans la même ville, en 1704. Ses connaissances en jurisprudence lui valurent de remplir plusieurs emplois considérables. On a de lui : Lucerna ad rite judicandum in civilibus, seu praxis judieiaria fori mediolanensis ; Milan ,1691, in-4*.
Argelati, 0iM. medioL
CORIO — CORIOLAH
* couo ( Vermundus), savant italien, frère d'ilaymo Cerio, mort en 1687. il devint successivement visiteur général, provincial et consutteor de l'inquisition à Parie. On a de loi : In horologia solaria usus et compendium ad syraàola Chris ti commendata ; Milan. 1638, infoi. ; — Palm» de actions internis virtvtum (en espagnol) ;ibid., 1669.
AT9ti*tl,BibLmedioL
coemmjlh (C. Marous), célèbre patricien romain, Tirait vers 480 ayant J.-C. Bien qoe te personnage appartienne moins à l'histoire qu'à la légende et à la poésie, nous ferons connaître, d'après Tite-Live et Plutarque, les principaux événements de son existence. Il descendait d'Ancus Martras.. Ayant perdu son père en bas âge, il fut élevé par sa mère, Yéturie, femme d'une austère vertu. Il avait une fermeté et une constance de caractère qui dégénéraient souvent en obstination. Courageux, inaccessible aux attraits de la volupté, invincible aux plus durs travaux, le jeune Marcius était intraitable, altier et d'un commerce difficile. Il mérita une couronne civique à la bataille du lac de Régille. Au siège de Gorioles il acquit le surnom de Coriolanus , parce que l'armée, lenlbrcée des Antiates, ayant fait une vigoureuse sortie, et les Romains étant déjà en faite, il rallia quelques braves et se jeta dans la place pèle-môle avec la garnison qu'il avait repoussée. De là il vint au camp du consul Cominius, annonça la prise de Corioles , et combattit les Antiates avec une nouvelle ardeur. La victoire fut complète, et le consul lui décerna une chaîne d'or, le meilleur cheval de bataille et des prisonniers a son choix ; mais il n'accepta que le cheval et un des prison* niera, qui était son ami. Malheureusement il dédaigna l'amour du peuple , et, poussé par l'orgueil patricien, il voulut profiter d'une disette pour mettre à une distribution de grains la condition de l'abolition du tribunat N'ayant point obtenu le consulat qu'il demandait, ce refus l'irrita; et il éclata en plaintes et en reproches, surtout contre les magistratures plébéiennes. Les tribuns , qui avaient assisté au sénat, en instruisirent le peuple, puis voulurent faire juger Coriolan par les édiles; mais les patriciens accoururent, et la nuit seule fit cesser la mêlée. Sicinius, tribun très-emporté, prononça contre Coriolan une sentence de mort, en punition de linsuite laite la veille aux édiles. U voulait que surle-champ on le précipitât dujiaut de la roche Tarpéienne; mais les tribuns f après plusieurs délibérations, se bornèrent à le citer devant le peuple. Coriolan reçut cette citation avec dédain et mépris, disant que les tribuns n'avaient aucune juridiction sur un sénateur. Vainement le sénat, intimidé, rendit un décret favorable au peuple; quant aux blés, il ue' put détourner l'effet de l'action intentée contre Coriolan. On n'obtint que des délais ; encore fut-ce à la faveur d'une guerre de courte durée contre les Antiates, qui s'étaient
emparés du blé venant de Sicile, et le sénat fut forcé d'autoriser la poursuite des tribuns, qui accusèrent Coriolan de tyrannie et d'avoir voulu se faire roi. Celui-ci répondit par le simple récit de ses actions, découvrit sa poitrine, et montra les cicatrices des blessures qu'il avait reçues en combattant pour la patrie ; mais, malgré l'émotion qu'il produisit, les tribuns parvinrent à le faire exiler, au moyen de l'accusation d'un nouveau crime qu'ils lui imputèrent, celui d'avoir partagé le butin aux soldats au lieu de l'avoir remis aux questeurs du trésor. Coriolan , troublé , répondit mal à cette imputation, à laquelle il ne s'attendait pas. Douce tribus furent pour la condamnation , neuf pour l'absolution. Le banni se rendit au pays des Volsques, chez Tullus. Enflammé de colère , il engagea ce peuple à faire la guerre à Rome ; et il partagea le commandement avec Tullus. Pour déterminer les Volsques à la guerre, il avait donné aux magistrats de Rome un faux avia, en leur faisant dire que la jeunesse volsque était venue aux grands jeux pour exécuter un complot. Sur l'ordre qui fut donné aux Volsques de sortir de la ville , la nation tout entière se trouva offensée, et prit les armes alors. Coriolan s'empara de Circée , ravagea les terres des Latins et prit plusieurs places fortes, puis il s'avança vers Rome, et le sénat- fut contraint par le peuple à lui envoyer des ambassadeurs. U les reçut avec hauteur et dureté, et exigea qu'on rendit aux Volsques toutes les villes conquises et qu'on leur donnât droit de bourgeoisie. Une seconde ambassade fut aussi repoussée. Les pontifes, les augures et les prêtres ne furent pas plus heureux. Alors les dames romaines, sur U proposition de Vaieria, une d'elles, s'assemblèrent chez la mère de Coriolan. Véturiene se refusa point à la patrie : elle sortit accompagnée de Volumnie, femme de Coriolan, qui conduisait l'un des enfants qu'elle avait eus de loi et portait l'autre dans aes bras. Beaucoup de dames romaines les suivaient Coriolan courut se précipiter dans le sein de sa mère , ordonnant aux licteurs d'abaisser leurs faisceaux devant elle. Mais Véturie, après un accueil sévère , voulut savoir avant de l'embrasser s'il se présentait en fils ou en ennemi, lui annonçant qu'il ne franchirait les portes de Rome qu'en passant sur son corps. Coriolan ne put résister : « Véturie, s'écria-t-il, vous remportez sur moi une cruelle victoire, qui bientôt me sera fatale! » et il fit retirer son armée. Les uns disent qu'à son retour, ayant voulu se justifier, il fut tué dans une émeute que Tullus suscita par jalousie; les autres, et c'est le sentiment de Fabius Pictor, veulent qu'il ait vécu jusque dans un âge fort avancé. Le sénat fit élever sur le lieu même où Véturie avait fléchi le courroux de son fils un temple à là For tune féminine, dont Vaieria fut la première prêtresse. On place ordinairement l'exil de Coriolan et le siège de Rome parles Volsques vers 490. Ces deux événements seraient plus vraisemblables si on les repor-
C0R10LAN — œRlOLIS
tait, le premier à 470 , le second à 460 on 456. On doit à Niebuhr une excellente critique historique de la tradition sur Coriolan; 11 fait remarquer que ton camp fut établi feUr le lieu même où les Iîoraces avaient jadis combattu les Curiaces , là où passait la procession des Ambarvalcs, à cinq milles de la porta Capcna. Après cette remarqué, pins topographique qu'historique, Niebuhr avance, d'après Zooaras, que le sénat décréta la réintégration de Coriolan dans ses droite de citoyen romain et que tes curies l'approuvèrent. Cinq consulaires se présentèrent à lai munis de cette proposition «mais Coriolan, ne songeant pas uniquement à lui, stipula des avantages pour les voisques, et demanda le rappel des bannis. 11 donna trente-trois jours pour en délibérer; c'était le délai des féciaux. Niebuhr se déclare aussi pour l'opinion qui fait vivre Coriolan jusque dans un âge avancé; il rappelle que souvent on l'entendit répéter que le vieillard sentait plus que tout autre le malheur de vivre à l'étranger. Après sa mort les matrones portèrent Son deuil utt an entier, comme pour Brutus, comme pour Publicola. Niebuhr ne croit pas que Coriolan ait sacrifié les prétentions des Voisques aux gémissements des femmes; d'ailleurs, ils n'eussent pas obéi à l'ordre de se retirer. H croit que le récit de la mort de Thémlstoele a jeté quelque reflet sur cette partie de l'histoire romaine ; enfin, il veut bannir ce récit des annales ; même il croit que le surnom de Coriolan vient d'un droit plutôt que d'un exploit, et que ce droit est celui â'isopolitie ou de tnunicipiutn exercé à Corioles ; tout le reste serait invention du création poétique. [ P. de Golbért dans VEnc. d. g. d. m. ]
TUe-Uvc, 11,84-10. - Deuyi tf'HalItaruAMe, JntifiHt. roman., VII , to ; vin, «». Pluferque, Corioianuê. — Niebuhr, Histoire romaine, traduite par M. de Golbery,
coriolan, en allemand Licnttltfcfc ( Chrisiophe), graveur italien, d'origine allemande, né à Nuremberg, vers 1540 selon les uns, en 1560 selon d'autres, mort à Bologne , vers 1600. Il se rendit de Nuremberg à Venise ; on ignore à quelle époque il composa de nombreuses gravures pour les ouvages de "Vasari , d'Aldrovande, de Jérôme Mercuriale, d'André Vésal.
Tlcoul, Dttionarlo drtjlt artisll.
cORtOLAH (Barthélémy), graveur italien, fils àlné du précédent, né à Bologne, en 1590, mort en 1654. 11 travailla à Bologne de 1630 à 1647, comme en témoignent tes dates que portent ses œuvres. Il a souvent été confondu avec Jean-Baptiste Coriolan ; il grava sur bois plusieurs ouvrages du Guide , des Carrache et de Vanni. Les plus estimés sont : Jupiter lançant sa foudre sur les géants, d'après le Guide; 1638; et 1641, avec des améliorations. La première édition de cette gravure porte l'inscription suivante : Guido Rcni Bononiensis fecit; Barthotomœus Coriolanus eques sculpsitj 1638 ; et on lit au bas de la seconde : Guido
Bhenus iterum auxit; Barth. CoriolOktu àcidit et iterum evulgavit; ~ Herodia et h tête de saint Jean , d'apte* le Guide! 1631 ; la Paix et l'Abondance, d'après le même; 1642; — Saint Jérôme se Meurtrissant k poitrine avec une pierre, d'après le mêfne; 1637; — la Vierge et t Enfant assis sur uttt pierre, avec cette légende : Effigies B. Mari* Paradisi, in ecclesia D. Thom& Bonon.; 1636; — le Buste de F Amour, d'après le Guide.
Huber, Manuel âtt gravent.
COtttOLA* (Jean-Baptiste), frère do précédent, né à Bologne, en 1595 , mort est 1649. Élève de Jean-Louis Valesfo, il composa qttdqties tableaux pouf les églises de Sainte* Anne et de l'Annonciade, à Bologne; mais il est phis connu par ses gravures sur bois, d'après 16 Guide et Louis Carrache ; ses gravures an burin mot moins estimées. Ses productions dignes d'être mentionnées sont : le Christ couronné d'épines, d'après Louis Carrache; ~ la Vierge au chapelet, d'après Augustin Carrache; — Dieu guidant du haut d'une colonne dé feu tes Israélites dans le désert; 1038} — Grégoire XV; 1621; — Urbain VUÏ; 1630; — ta Vierge à r enfant, d'après TiftHnl , gravée sur bois.
Huber, Manuel du ymtêur.
GOftioui (Oaspnrd-Bohoré m), tMotorfa français * né à Ait» vers 1735, mort à Paris , le 14 mai 1824. Ancien Clerc au parlement de Provence, il devint chanoine de Notre-Dame et vicaire général de Monde. On a de lui : Traité de ^administration du comté de Provence ; Ah, 1788, 3 vol. in-4* ; — Exercices de piété pour chaque jour, chaque semaine, chaque mois et chaque année; Paris, 1816* ta-iî; —des Chapitres et des Dignitaires, par un ancien grand-vicaire; Paris, 1822,ln-8p; — Observations d'un bachelier en droit canon; Paris, 1 822, in-8° : ces deux articles ont rapport au nouveau Bréviaire de Paris. L'abbé de Corioiis a laissé plusieurs manuscrits, notamment on Abrégé de Vhistoire ecclésiastique, qu'il était au moment de mettre sous presse lorsque la mort le surprit.
Ooérard, la Frûhct Mtêrair*.
COàlOLls D'E9t»l*OifggB (Chartes- Louis- Alexandre, marquis de), littérateur français, neveu du précédent, né à Marseille, en 1772, mort à Paris, en 1841. On a de lui : le Tyran, les Alliés et te Hoi; Paris, 1814 ; in-8»; — un Mot sur les circonstances actuelles; Paris, 1818, h>6°; — à l'Ombre de Jacques Delille, dithyrambe, suivi de recherches sur la poésie dithyrambique, et de la Messe de Minuit, avec deux notices de MM. de Peletz et Michaud; Paris, 1818, in- 18 ; — la Mort du duc de Berry, poème à S. A. R. madame la duchesse de Berry; Paris, 1820, in-8-; — Songe du roi Charles X à Reims; Paris, 1825, in-*'. On a encore du marquis de Corioiis des poésies insérées dans divers journaux ou recueils. II est
CORIOLIS — œRIPFUS
WJ
tin des onze auteur* de M. de Bièvre, ou Vabus de l'esprit, et de Christophe Mutin, autre petite pièce dent les auteurs ne sont pas en moins grand nombre.
Quérard, ta Franc* tUtérain.
comWMn (easpard*ëUstove)t mécanicien, membre de l'Institut, né à Paris» en 1791» mort dans là même tille, en septembre 1843. Élève distingué de l'École polytechnique, il rat d'abord Ingénieur dn gouvernement , et fit en cette qualité le pont de Cboisy-le-Roi ; mais n'ayant pU suivre cette carrière, il rentra » en iilft, à l'École polytechnique comme répétiteur d'analyse et de mécanique. Nommé à osttechaire en 1 830, il refusa d'accepter, et continua se* premières fonctions jusqu'en 1838, époque où la mort de Dulong vint lui léguer l'emploi de recteur des études. Indépendaimnentde nombreux articles insérés dans le Dictionnaire de ("industrie^ on doit à ce savant modeste, dont les œuvres se recommandent |»r des vues ingénieuses : ke calcul de l'effet des machines; Paris, 1819, hv**) ouvrage réimprimé après la mort de l'auteur sous le titre de : Traité de la mécanique des corps solides et du calcul de V effet des machines; Paris, 1844, irt-4°j - Théorie mathématique des effet» du jeu de billard; Paris, 1836, itt-§* , avec planches; — Mémoire sur rétablissement de Us formule qui donne la figure des remouê, mémoire publié dans les Annales des ponts et chaussées pour Tannée 1840. Jarnb-Lafosse.
MohUeerûu M septembre îsu. - Met. de ta conversation. - Feller, Biographie univerteiie, édlt Wefcs. — Louaadrc et Boarquclot, suppl. à la France litlf raire de Onérard. — J&urn. dé CÊcole polytechnique.
contPPtm (Flavius Cresconius), poète latin, vivait dans le sixième siècle de l'ère chrétienne. L'Individualité, longtemps douteuse, de ce personnage ayant été pour ainsi dire constituée au moyen de découvertes successives, il convient, avant de commencer sa biographie, de donner imprécis de ces découvertes. En 1581 un livre sortit des presses de Plantin , publié par Michel Ruh, Espagnol, et portant le titre de : Corippi Aflricani grammatici Fragmentum carminis in laudem imperatoris Jus Uni minoris; carmen panegyricum in laudem Anustasii, quxstoris et magistri; de laudibus Justini Augustiminoris, heroico carminé, libri IV. Les deux premiers ouvrages de ce recueil sont très-courts, et ne sont, à vrai dire, que la préface ctt'épttredédicatoiredu troisième, qui comprend 1 600 vers hexamètres. Ce dernier est un panégyrique en forme, conçu dans toute l'hyperbolique extravagance de l'école byzantine, en l'honneur de Justin le jeune , qui gouverna l'Empire d'Orient de 565 à 578. Ruiz assure que ces trois pièces Ottt été consciencieusement copiées sur un manuscrit ; mais il ne donne aucune description de ce document, ne dit pas comment il est venu en sa possession, et n'indique pas où il est déposé ; il n'a jamais été retrouvé ; et comme on ne connaît aucun autre manuscrit de cet ou-
vnae, seule.
le texte dépend jle l'édition prinœps
Gorippns, dans la préface citée pins haut, renvoie à un poème qu'il avait déjà composé sur les guerres africaines :
Qald Ubycas sentes, qald syrtles prftlti dteani,
Jtm UM conplels neis»
Jean Cuspian, qui se trouvait à Bude entre 1510 et 1513, déclare avoir vu à la Bibliothèque royale de Bude un poème en huit livres intitulé Johannis, par Flavius Cresconius Corippus. Le sujet de ce poème était la guerre soutenue contre les Africains par Jeatt Patricius; Cuspian en dte le premier vers !
Signa, doees geatesqut feras, MarUsque initias.
On sait, d'un autre bote, que jusqu'en 1532, pour le moins, un poème de Bellis Libycis, portant le nom de Cresconius et commençant par le mot vidons , était conservé dans le monastère du mont Cassin. Ce début. Il est vrai, ne s'accordait pas avec le vers initial cité par Cusbian; mais la différence, comme nous le verrons bientôt, n'était qu'apparente. Le manuscrit de Bude et celui du mont Cassin ont disparu sans laisser de traces. Enfin , dans la Bibliothèque vallicellane à Rome se trouve un manuscrit du dixième siècle, contenant une collection d'anciens canons, avec cette note du copiste : Concordia cahonum a Cresconio, Africano épistopo, digesta sub titutis trecentis : tste nimirutn Cresconius bella et victorias quas Johannés Patricius apud Africam de Saracenis oessit, hexametris versions descripsit, etc. Rapprochant cette note et le fait suivant rapporté par Cédrène, savoir qu'en 697 les Arabes envahirent l'Afrique et en furent chassés par un certain Jeatt Patricius, envoyé dans ce pays par l'empereur LeontiUs, plusieurs critiques en inférèrent que Cresconius florissait à la fin du septième siècle, et distinguèrent celui-ci, auteur de la Concoraid canonutn et du poème De Bellis Libycis > de Corippus, contemporain et panégyriste de Justin. D'autres conjectures, plus ou moins ingénieuses, furent mises en avant; mais Mazuchelli les rendit inutiles en découvrant, en 1814, à Milan, dans la bibliothèque du marquis de Trivulzi, la Johannis, longtemps perdue. Cet ouvrage avait été négligé jusque là, parce qu'il était inséré sur te catalogue comme une production de Johannes de Aretio, qui vivait vers la . fin du quatorzième siècle, et qui semble avoir transcrit dans le même volume ses barbares inspirations et la Johannis. La préface de ce poème commence par ce vers.
Victoris, proceres, prcsumsl dleere laona. Mais le poème même débute par le vers cité par Cuspian. Il est donc démontré que le manuscrit de Bude et celui du mont Cassin contenaient le même ouvrage , et que cet ouvrage est la Johannis découverte par Mazuchelli en 1814. Nous sommes donc autorisé à donner à l'auteur de ce poème le nom de Coniiws Fîavics Chesoo-
C0R1PPUS
mus. Le sujet de cet ouvrage est la guerre entreprise en Afrique contre les Maures et les Vandales, sous le règne de Justinien, Vers 550, par un proconsul ou magister militiœ, roromé Jean Troglita. Procope et Paul Diacre font mention de cette campagne. Quant à ce qui concerne Jeanlui-méme,nous ne savons que ce qu'en disent Procope et l'auteur de la Johannis. Frère de Pappus, il avait déjà servi avec lui en Afrique sous Béusaire, en 533, et sous Germanus en 537; son père s'appelait Evantus, sa femme était fille d'un roi; son fils se nommait Peter. Après avoir été employé en Orient contre les Perses, il fut mis à la tète d'une expédition contre les Maures révoltés.
L'âge et le nom de Corippus sont donc fixés d'une manière satisfaisante, et l'auteur de la Johannis est bien le même que le panégyriste du neveu de Justinien; mais nous ne pouvons décider avec une égale certitude si Corippus doit être identifié avec l'évéque africain Cresconius,qui compila un Canonum breviariumetime Concordia canonum. Le premier de ces ouvrages est une sorte de table des matières du second, qui comprend une importante collection des lois de l'Église, arrangées, non pas chronologiquement suivant la date des conciles, mais systématiquement suivant la nature des sujets, et distribuées sous trois cents titres. Saxius et plusieurs historiens ecclésiastiques placent ce prélat sous Tibère m, vers 698 de J.-C. Cette date lui était assignée dans la double supposition qu'il était l'auteur d'un poème sur une guerre de Libye, et que cette guerre était celle de Leontius; mais il est maintenant prouvé que cette dernière hypothèse était fausse, et l'identité de l'auteur de la Johannis et du compilateur de la Concordia canonum n'offre aucune difficulté chronolo*
Les épithètes à'africani et de grammatici sont, comme nous l'avons vu, attachées au nom de Corippus dans l'édition princeps ; la première indique la patrie de ce poète , la seconde indique moins sa profession que ses connaissances philologiques, et semble équivaloir au mot de savant. Son poème est dédié aux sénateurs de Carthage, ad proceres carthaginienses , et on a conclu de cette dédicace que Corippus lui-môme vivaità Carthage. Nous ne possédons pointeur lui d'autres renseignements.
Quant an mérite de ses ouvrages , il est assez mince , au jugement de Baillet. « L'idée, dit-il , que les critiques nous donnent de cet homme est celle d'un grand flatteur et d'un petit poète. Tout ce qu'on dit de plus à son sujet se peut rapporter à quelqu'une de ces deux méchantes qualités. La première rend assez croyable tout ce qu'on a publié de sa légèreté , de sa vanité , de sa passion aveugle et de son indiscrétion dans la distribution du blâme et des louanges. La seconde n'a pas besoin d'autres preuves que celles que nous en donnent ses méchants vers, sa du-
reté , son obscurité, sa prosodie vicieuse et sa mauvaise latinité. »
Bien qull ne s'agisse ici que du plus médiocre des ouvrages de Corippus, c'est-à-dire du Panégyrique de Justin le jeune, le jugement de Baillet est trop sévère. Gibbon, dans le quarante-cinquième chapitre de son Histoire de la décadence et delà chute de V Empire Romain , ayant à décrire l'avènement de Justin, a beaucoup emprunté à Corippus , et n'a guère fait qoe mettre en prose simple et concise les vers pompeux de ce poète. On peut dire que si le Panégyrique de Justin est insignifiant au point de vue littéraire, il a une assez grande valeur historique. On peut en dire autant de la Johannis. Saint-Martin, qui s'en est servi pour retracer les guerres arrivées en Afrique à la fin du règne de Justinien , guerres racontées trop brièvement par Procope , et qui a rempli ainsi une lacune laissée par Lebeau dans le XLVI"« livre de son Histoire du Bas-Empire, a jugé Corippus moins durement que Baillet : « Mieux soutenu sans doute par son sujet, dit-il, il se montre moins médiocre dans la Johannide que dans ses autres productions. Pâle , timide imitateur, ou plutôt servile copiste de Virgile, sa composition obscure rappelle continuellement les vers (1), mais non le génie du chantre d'Énée. Quoi qu'il en soit, la Johannide est un monument unique et intéressant : ce poème jette de grandes lumières sur les révolutions arrivées en Afrique; il forme un utile supplément à la Byzantine. » En somme, malgré tous ses défauts, Corippus tient une place assez distinguée dans la misérable littérature latine de son temps; on peut le regarder comme le Claudien du sixième siècle , un Claudien plus près de la barbarie, et dont le style, plus déclamatoire encore, est moins pur et moins harmonieux.
Les bibliographes citent généralement comme édition princeps du Panégyrique celle de Plantin, Anvers, 1581, in-8°; mais Funcciiis semble indiquer une édition précédente, donnée par Ruiz, Madrid, 1579; les éditions postérieures sont celles de Thomas Dempster, Paris, 1610, in~8°;de Ri vin, Leipzig, 1663. m-8°;de Ritterhusius , Altdorf, 1664, in-4°; de Goetzira, Altdorf, 1743, in-8°; de Foggini, Rome, 1777, in-4°; de Jdger, dans ses Panegyrid veteres, Nuremberg, 1779, in-8°.
La Johannis fut publiée pour la première fois par Mazuchelli, sous ce titre : Flavii Cresconii Corippi Johannidos, seu de Bellis Ubycis, libri Vil; Milan , 1820. Malgré tous les soins de Mazuchelli, cette édition, faite sur un mauvais manuscrit du quatorzième siècle, laisse beaucoup à désirer. Les deux poèmes de Corippus font partie du nouveau Corpus scriptorum historix byzantinx, en cours de publication à Bonn.
(1) Corippus se borne souvent à reproduire arec de léger* changements les vers de Virgile.