‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 72 sur 133 · CONSTABLE · texte numérisé non relu

CONSTABLE

devant le vieux monde, ou le vivant devant les morts; 1849; — la Dernière guerre et la paix définitive de VEurope; Bruxelles, 1850.

Monit. vnto. - Blanqui, Hist de Véeon. voltt. - JHet. de Pécon. poliL- Reybiud. Etudes sur Ut réformu contemporains.

*consilicm (Jacques), compositeur français, vivait en 1537. Best connu par des Chansons et des Motets .parmi ces derniers on cite In illa Die;Cuminducerunt; Adjuva me,Domine. Tous trois sont à cinq voix, et se trouvent dans les tomes VII, Vm et XI de la Collection de Motets de Haignant ; Paris, 1529-1537, in-4° obi.

Fétlt, Biographie des musiciens.

* gohstablb (Archibald), célèbre libraire écossais, mort à Edimbourg, en 1824, a un âge avancé. Il attacha son nom à quelques-unes des publications les plus importantes de l'époque. En 1803 il mit au jour le premier numéro de YBdinburgh review, revue qui s'empara aussttot de l'opinion publique, et dont les arrêts en matière littéraire obtinrent force de loi. Rédigée par les hommes les plus éminents de la Grande-Bretagne, YBdinburgh review a vu, après de longs combats, triompher le système politique qu'elle a toujours brillamment défendu, et elle continue une carrière éclatante, qui sans doute durera longtemps. Constante entreprit, entre autres ouvrages importants, une édition nouvelle de YEncyclopxdia britannica et un recueil de livres instructifs, de résumés scientifiques qui obtint un juste succès sous le nom de Constable Miscellany. 11 fut l'éditeur des œuvres de Dugald Stewart et d'une partie des écrits de Walter Scott. Les prix qu'il accordait aux auteurs pour devenir propriétaire de leurs manuscrits dépassaient tout ce qu'en ce genre on avait vu jusque alors. Malheureusement la fortune se lassa de couronner des spéculations qui avaient d'abord paru fort brillantes, et Constable finit par tomber en faillite. VG .B.

Bioçraphicai dictUmarg . - Gentleman' t magazine. — New MorUMg magazine •— LocUiart, Memoirt o/the Hfe o/ sir trotter ScoU.

constable ( Henry ), poète anglais, né vers 1560, dans le comté d'York, mort dans la première moitié du dix-septième siècle. Il passa quelque temps à Oxford, et fut reçu bachelier au collège Saint-Jean à Cambridge, en 1579. Il appartenait à l'Église catholique romaine. Enfermé à la Tour, à cause de sa croyance, il fut mis en liberté en 1604. On a de lui : Diana, or the excellent conceitful sonnets of H. C. , augmented with divers Quatorzains of honorable and learned personages, divided into eight decads; 1594, in-8*. Le plus remarquable des morceaux de ce recueil est intitulé : the Shepheard song of Venus and Adonis. Malone Ta réimprimé dans les notes du dixième volume de son Shakspears.

| Warton. Hlstory of english poetry.

| * gohstablb ( Jean ), paysagiste anglais , né ' en 1776, près de Woodbridge, dans le comté de

CONSTÀBLE -r-

Suffolk, mort eu 1837. Il était fils 4'un meunier. Élève de l'Académie royale en 1800, il Ait choisi pour associé de cette compagnie en 1820, et il en devint membre en 1829. On lui a reproché l'abus des masses de lumière et l'abseuce.d'idéal. Ses paysages sont d'ailleurs pleins de naturel et de finesse.

Rote, New bioçraphical dicHonare.

* constablb ( Jean ), poète anglais du seizième siècle. Reçu maître es arts en 1516, il passa dans son temps pour an très-bon poète et rhéteur. On a de lui un recueil de poésies latines intitulé : Querela veritatis, et Bpigrammata; 1520, in-4».

Rose, New bioeraphicaî dictionary.

* constablb (Paul), théologien italien, né A Ferrare, mort à Venise, le 17 septembre 1582. H entra dans l'ordre de Saint-Dominique, et devint professeur de philosophie. Grégoire xm le nomma inquisiteur de Ferrare et maître du sacré palais. L'an 1580 Oonstable rat élu général de son ordre. On a de lui : de Cousis in saneto ojficio cognoscendis.

Lopet. Historia ordinis S.DômMM, llb. III. m». I. - Monument. Dominic., MB. — Thtat. Dominic., 44t. — Ann. Dominic., 17 septembre. — Ecbard, Scriptoru ord. Prsedicatorum.

cohstablb ( Thomas- Bugues Cliffobd), savant anglais, né le 4 décembre 1762, mort A Gand, le 25 février 1825. H était petit-fils de Hugues, troisième lord de Cliflbrd, et ses parents étaient catholiques. Il fut élevé d'abord à Liège, ensuite à Paris, au collège de Navarre. Au sortir de ses études, il fit à pied un voyage en Suisse; et à son retour il se livra à la culture des branches les plus importantes des connaissances humaines. A la fin de sa vie , il s'adonna particulièrement à l'étude de la théologie et des livres saints. H n'adopta qu'en 1821 le nom de Constante. On a de lui : Flora Tixalliana; Paris, 1818, in-4° (flore des environs de Tixall) : ouvrage écrit en collaboration avec son frère Arthur, à l'exception de la monographie pathologique qui se trouve à la fin ; — V Evangile médité, publié en français ; — Forty méditations, etc. (Quarante méditations). Clffiord traduisit aussi en anglais les fiables de La Fontaine.

Animal obituury.

* constance, aventurier d'origine gauloise, vivait dans le cinquième siècle de l'ère chrétienne. Sur la recommandation d'Aetius, il devint le secrétaire privé d'Attila et de son frère Bleda. Envoyé à la cour de Théodose II , pour négocier la paix, il promit de se montrer favorable aux intérêts de l'empire s'il recevait en mariage une des riches héritières de la cour. Le faible Théodose offrit en effet à Constance la main de la fille de Saturninus, préfet des domestiques ; mais il ne put ou ne voulut pas tenir sa parole, et ce manque de foi fut une des causes ou plutôt un des pré* textes de la première guerre qu'Attila fit à l'empire d'Orient, en 441. Pendant le siège de Sirmium, l'évèque de cette ville remit au secrétaire

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d'Attila, pour lui servir de rançon si la ville était prise, les vases sacrés de son église. Biais après la prise de.Sinniuin, le rapace aventurier ne racheta pas l'évèque captif, et garda les vases sacrés, qu'il engagea à un banquier nommé Sylvain. Informé de ce vol, Attila réclama, comme sa propriété, Sylvain et les vases sacrés ; Théodose refusa, et ce fut un motif pour le roi des Huns de continuer la guerre. Constance, accusé quelque temps après de haute trahison, fut mis en croix.

Prlaciu, BxcerpL de loçat., p. m, n, es.

'constance ( Saint), martyr, né à Pérouse. Ses vertus le firent nommer évêque de sa ville natale. Quelques années après, il fut arrêté, conduit à Assise, et décapité prèsl d'Yypsello ou de Foligno. Suivant la Bibliothèque sacrée, les trois vies de ce saint publiées par les BoUandistea, ainsi que tous les actes de sa vie et son martyre, méritent peu de croyance. Ce qu'on rapporte dee diverses translations de ses reliques n'est naa plus vraisemblable. Ce qui est certain, c'est que le culte de saint Constance est très-ancien ea Italie, qu'il y a encore une église qui porte son nom près de Pérouse, qu'il y a même un canton du pays de Foligno qui s'appelle contrée de saint Constance. Ce martyr a donc existé : on l'honore le 29 janvier.

Juillet, Vie* du saints, - TtUamoot, Mémoires pour servir à F histoire ecclésiastique. — Morèrt, Grand dictionnaire historique. — Richard et Otraud, Bibliothèque sactée.

* constance (Saint) (vivait vers 550. t était sacristain de San-Stefano, près d'Ancone. Sa pauvreté était grande, et profonde son humilité ; saint Grégoire en cite une preuve. « Un paysan étant venu de loin pour voir Constance : il le trouva monté sur une échelle , accommodant ses lampes, dans une apparence fort humble. Ce paysan, regrettant son voyage, commença A se moquer de lui et]à l'injurier. Constance descendit aussitôt de son échelle, embrassa celui qui l*hsultalt, et le remercia du jugement qu'il portait de lui. » C'est par ses actes d'humilité qu'il mérite d'être canonisé, n est honoré le 23 septembre.

Mariyroloçus tomanus , 13 septembre. — Saint Grégoire le Grand, ÔuUog., Ub. I, cap. V.- BaUlet, Vies dm saints. — Richard et Glraud, Bibliothèque sacrée.

constance, en latin cohstantutb, biographe latin, vivait vers la fin du cinquième siècle. H était prêtre à Lyon. On l'a appelé lo Mécène et l'Aristarque de cette époque barbare. Dans le recueil des lettres de Sidoine Apollinaire, nous en trouvons quatre adreeaéeo à Constance, La première nous apprend que te recueil avait été fait sur la demande de celui-ci, et avait été soumis, avant d'être publié, A sa critique et à ses corrections. Constance , à la requête de Patient, évêque de Lyon, écrivit une biographie de saint Germain, évêque d'Auxerre, mort en 444. Cet ouvrage intitulé : Vitasancti Germani,episcopi Autissiodorensis, semble avoir été terminé vers 4M. On le trouve dans les compilations de Sunus et des BoUandistes , parmi les sainte dp

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mois de juillet. D fut mi* en vers par Erkas, moine bénédictin d'Auxerre, qui Tirait vers 9*9, • et traduit eu français par Arnauld d'Andflfy. « Constance, disent les bénédictins, paraît è quelques écrivains avoir on pou empltté les miracles qu'A rapporte et avoir transposé quelques laits contre Tordre des temps. Mais, outre que les endroits où cela loi est antre sont de peu dinnortance, on remarque qull est exact «tons le reste;, et qui) règne dans tout son ouvrage on caractère de sincérité qui le met à couvert de toute suspicion. »

TfUemont croit que Oonstanee est aussi auteur de la Vie de saint Just, mort en 390 ( Vita sanrti Justi, Lugéunensis episcopi ). Cet ouvrage a été inséré par Surins dans sa coUeetion , an 2 septembre ; il a été traduit en français par Lemaistre de Sacy, dam ses Vies des Pères du Désert. « Cette vie, disent les bénédictins, contient plus d'éloges généraux que de laits particuliers; mais le style en est grave, saint, majestueux, plein d'élégance, en un mot, digne de ce célèbre prêtre de Lyon; les faits que contient la pièce, quoique peu nombreux, font supposer son auteur asses bien Instruit de l'histoire de cette église. »

BWoir* Httérair* éiUt FntnM, t. II. - tnrittw Metom*rto/çr$ià as* roman btofrmtki-

consTAMcn Chlore ( lAssoéc, le pâle ), ( Flavius Valeriuê), empereur romain, père de Constantin le Grano>é vers 260,mortle 26 juillet 300. U était fils d'Entame, d'une Annale noble de Dardante, et de Claudia, flllede Crispus, frère de l'empereur Claude IL Distingué par son habileté, sa valeur, ses vertus, Constance devint gouverneur de la DaJmatie, sous te règne de l'empereur Carus. Ce prince, dégoûté de la conduite extravagante de son fils Carin, voulait le priver du trône pour y appeler Constance. La mort empêcha Carus de réaliser ce projet , et laissa le soin de récompenser Constance à Dioctétien et à Maximitri, qui trouvèrent que le gouvernement de Hminense empire romain et le soin de le défendre contre les barbares étaient une charge trop lourde même pour deux empereurs. Us résolurent de mire part de leur pouvoir à deux césars. Leur choix tomba sur Constance, qui fut adopté par Maximien, et sur Galerius, qui fut adopté par Dioctétien. Les deux nouveaux césars furent forcés de répudier leurs femmes, et Galerius épousa Valeria, fille de Dioctétien , pendant que Constance recevait la main de Théodore , fille d'une femme de Maximien. La proclamation des deux césars eut Heu à Nicomédie, le 1" mars 292. L'empire fut partagé entre les quatre princes de la manière suivante. Constance eut les provinces situées au delà des Alpes : la Gaule, la Bretagne et l'Espagne; Galerius reçut les deux Myrte*, la Mette, et en général tous les pays compris entre llnn et le mont Athos, entre la mer Adriatique et Fembouchure du Danube. Maximien gouverna l'Italie et l'Afrique; la

Ihfaee, l'Egypte et tontes les provinces asiatiques lestèrout placées ions l'autorité de Diociétien. Le premier soin de Constance fut de reconquérir la Bretagne, ou Caransius s'était rendu indépendant de Diociétien et de Maximien. Après le meurtre de. Caraushw par AHectus, en 298, ce dernier s'en»-. para du pouvoir; mais il ne le garda que trois ans, et Constance rétablit en Bretagne l'autorité impériale. Peu de temps après, les Alemcmni envahirent la Gaule. Constance les vainquit dans une sanglante bataille, à Lugonee ( maintenant Langres ),dans la première Lyonnaise. Les barbares perdirent 60,000 tm 6,000 hommes, car on trouve ces deux chiffres chez les historiens. Les Alemanni furent encore battus à Vindorissa, (aujourd'hui Winthah), en Suisse. Après l'abdication de Diociétien et de Maximien, en 306, Constance et Galerius prirent le titre et la dignité d'auguste. Constance ne survécut que quinze mois à cet événement , et mourut à Eboracum (maintenant York), dans une expédition contre les Pietés. Il avait alors auprès de lui son fils Oonstantm, né de sa première femme', Hélène, qull avait répudiée en prenant le titre de césar. Ce prince, qui devait s'appeler plus tard ConstanlmleGinnd,sncceda sans opposition è son père. --Constance fut un des plus beaux caractères de son temps, et on regrette de n'avoir sur lui que très-peu de renseignements. Dans l'administration des provinces, il s'inquiéta surtout du bien-être du peuple. Bien tyin dliniter la rapacité des autres gouverneurs, il ne daignait pas même s'entourer du luxe convenable à ses dignités ;peut-etiepo«8sa-t41 trop loin ce méprw du luxe, et mhVil un peu d'affectation dans sasimpfr dté. Les païens louaient son humanité , les chrétiens son impartialité et sa tolérance. Théophane l'appelle xpoTtavéepcov , homme qui pense en chrétien. Constance montra en effet si non des croyances chrétiennes, du moins la plus grande tolérance pendant la persécution des chrétiens par Diociétien. On ignore d'où lui vient le surnom de Chlore (le pale), que lui donnent seulement les derniers écrivains byzantins. Gibbon fait observer que cette pâleur ne s'accorde pas avec la rougeur (rubor) dont parle un des panégyristes de Constance. Outre son fils et successeur Constantin, Constance eut de sa seconde femme Théodore trois fils et trois filles.

Sntrope, IX, t*-tJ. - Anrattu Victor, Csnarst, 89; Epitome, W. - Zezlœe, II, 1. — Tnéophanc, p. 4-8, édit. de Parla. — Panegfric. vettr.t IV, S ; VI, *, «. — Itusêbe, nta ConstantM, 1, îs-ti. -Treb. Foltto, CUsudkts, S, ts. — Stérile*. jEL Penu, s. — Voplteiu, Cartnvt, îf-iT ; Jurelianus, U ; Protms, M. - Ammlen Marcellln, XIX, s. — Smith, Dictionary ofgreek and roman bioffraph*.

constance ( Constantin* Flavius Ju* lius) (1), empereur romain, né à Sirmium, dans la Pannonie , le 6 août 317, sous le consulat d'Ovidios Gellicanus et de Septimins Bossus,

U) On loi donne mmI quelquefois les noms de /'tevit» Claudius Constantin*; Flavius Valerhu Conttan- Constantinms Constatai**.

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mort à Mopsocrène, près de Tarse en Cilicie, le 3 novembre 361. 11 était le troisième enfant de Constantin le Grand et le deuxième que ce prince eut de Fausta, sa seconde femme. Élevé avec ses frères , il leur resta inférieur pour ia culture littéraire , mais il les surpassa dans les exercices gymnastiques et militaires. H fut créé consul en 326, ou peut-être dès 324, et fut chargé par son père de l'administration des provinces orientales. A la mort de Constantin ( 337 ), Constance, qui se trouvait en Asie, accourut aussitôt à Byzance. Déjà les soldats de cette ville avaient adjugé tout l'héritage de Constantin à ses fils, à l'exclusion de* ses neveux Dalmace et Hannibalien, malgré le testament de l'empereur, qui assignait à Dalmace la Grèce, la Macédoine, la Thrace et une partie de l'Illyrie ; à Hannibalien , le Pont, la Cappadoce et la Petite Arménie, avec Césarée pour capitale* La déclaration des soldats, probablement concertée avec les fils de Constantin , fut adoptée avec empressement par Constance, et devint le signal du plus affreux massacre. Tous les descendants mâles de Constance Chlore par sa seconde femme furent égorgés', à l'exception de Flavius Julius Gallus et de Flavius Claudius Julien, fils de Flavius Jnlien Constance, le plus jeune fils de Constance Chlore et qui fut une des victimes du massacre. Les meurtriers épargnèrent Gallus parce qu'il semblait mourant. Marc, évèque d'Aréthuse, sauva Julien. Constance, qui n'avait point d'enfants, prit le parti de laisser vivre ses deux jeunes cousins. Parmi les victimes de cette sanglante exécution, on compte aussi le patrice Optatus et Atdasius, préfet du prétoire. Bien qu'il soit impossible de préciser la part que prit Constance à tous ces meurtres, on ne saurait l'absoudre. S'il ne commanda pas le massacre, il en fut le froid spectateur, et ne fit rien pour l'empêcher.

Les trois fils de Constantin le Grand eurent une entrevue à Sirmium dans la Pannonie, et firent une nouvelle division de l'empire au mois de septembre 337. Constantin l'aîné eut pour sa part la Gaule, l'Espagne , la Bretagne et une partie de l'Afrique. Constance obtint la Thrace, la Macédoine, la Grèce, les provinces asiatiques et l'Egypte. Constant, le plus jeune des trois frères eut l'Italie, l'Illyrie, et le reste de l'Afrique. Le monde fut gouverné par trois jeunes gens dont le plus âgé avait vingt-et-un ans. Aussitôt après la mort de Constantin le Grand, Sapor n , roi de Perse, commença en Mésopotamie et sur les frontières de la Syrie une guerre qui, avec des interruptions, se prolongea pendant tout le règne de Constance. Cette guerre ne tourna pas à l'avantage des Romains, qui furent vaincus dans plusieurs rencontres et particulièrement à gingara, en 343. Constance, qui commandait en personne dans cette bataille, fut forcé de s'enfuir après avoir perdu une grande partie de ses troupes. D'un autre côté, les Perses attaquèrent sans succès la place forte de Nieibe , clef de la

Mésopotamie; ils ne furent pas plus heureux devant d'autres villes de cette province et de l'Arménie. Sapor gagna des victoires, mais ne fit pas de conquêtes. Cette guerre n'en fat pas moins funeste aux Romains. Constance, retenu dans l'Orient, ne put donner une attention suffisante aux affaires d'Occident, et fut forcé de rester simple spectateur de la guerre civile qui éclata entre Constantin et Constant. Le premier fut tué à Aquilée, en 340, et sa part d'héritage passa à Constant Celui-ci, à son tour, tomba, en 360, sous les coups des soldats de Magnence, qui prit la pourpre et fit reconnaître son autorité par la Bretagne, la Gaule et l'Espagne; vers le même temps Vétranion, commandant des légions en Illyrie, fut forcé par ses troupes d'imiter l'exemple de Magnence, et prit aussi la pourpre. Constance, pour n'avoir pas à combattre les deux usurpateurs à la fois» sembla reconnaître comme légitime l'élévation de Vétranion, au trône; il fit ensuitedevastes préparatifs contre Magnence. Celui-ci envoya à Constance, alors à Antioche, une ambassadequi n'eut aucun effet, et l'empereur se mit en marche pour passer en Europe. Alors les deux usurpateurs se liguèrent, et envoyèrent de concert une nouvelle députation. Constance était à Héraclée en Thrace, lorsqu'il reçut les ambassadeurs de Magnence et de Vétranion. Us apportaient à Constance des paroles de paix, à condition qu'il abandonnerait aux deux nouveaux empereurs les pays dont ils étaient en possession, et qu'il se contenterait du premier rang entre les trois augustes. Magnence offrait de cimenter la paix en donnant sa fille à Constance et en recevant des mains de celui-ci Constantine, sa sœur. Ces propositions, mêlées de menaces, embarrassaient l'empereur; mais un songe le décida à la résistance. 11 commanda à son réveil d'arrêter les députés comme des rebelles. H ne renvoya qu'un d'eux, Rufin, préfet du prétoire; mais bientôt après il relâcha aussi les autres , et sans perdre de temps il arriva à Sardique (aujourd'hui Sophia). Vétranion, ne secroyantpas en état de tenir tète à Constance, prit le parti de traiter avec lui. H consentit même à réunir les deux armées et à tenir un conseil de guerre en présence des officiers et des soldats, pour délibérer sur les mesures à prendre- contre Magnence. Constance profita de cette réunion pour gagner les soldats de Vétranion. Le 25 décembre 350, les deux armées se rendirent dans la plaine de Naisse, près de Sardique. Les deux empereurs, sans armes et sans gardes, prirent place au milieu des soldats, sur un tribunal élevé. Constance se leva, et prit la parole le premier, en considération de sa naissance. Son discours ne répondit pas à J'espoir de Vétranion, et enflamma tellement les deux armées, que celles-ci, comme de concert, proclamèrent Constance seul auguste, seul empereur. Les soldais allaient même fondre sur Vétranion, qui se hâta de déposer le diadème et de se jeter aux genoux de Constance.

CONSTANCE

« Les orateurs de ce temps-là, dit Lebeau, purlent avec emphase du succès merveilleux de cette éloquence, qui, produisant l'effet d'une grande victoire sans verser de sang, conquit au prince toute l'Jttyne et fît passer sous ses drapeaux une nombreuse infanterie, vingt mule chevaux, et les troupes auxiliaires de plusieurs nations belliqueuses. Mais nous savons que l'argent de Constance partage au moins avec-son éloquence la gloire de l'événement, et que Gumoarius, capitaine des [gardes de Vétranion, avait d'avance ménagé cette résolution. » Constance releva l'usurpateur, tremblant de peur et de vieillesse, l'embrassa, le préserva des insultes delà soldatesque, et, après lui avoir assuré des revenus considérables, renvoya finir ses jours à Pruse, en Bithynie.

Constance confia à Gallus le commandement de l'armée opposée aux Perses, et ne songea plus qu'à combattre Magnence. Ses troupes rencontrèrent celles de l'usurpateur à Mursa (aujourd'hui Essek), sur la Drave, le 28 septembre 351. La fleur des deux armées périt dans cette sanglante bataille , et la victoire resta à Constance, qui, pour ne pas exposer sa personne, s'était enfermé dans une église avec Valens , évéque arien de Mursa. L'Italie tomba aussitôt au pouvoir du vainqueur, et Magnence s'enfuit en Gaule, H y fut attaqué à l'est par l'armée que conduisait Constance, à l'ouest par une autre armée, qui, après avoir conquis l'Afrique et l'Espagne, traversa les Pyrénées et entra en Gaule. Après avoir essuyé une nouvelle et complète défaite au mont Seleucus dans les Alpes Cottiennes, Magnence, trouvant les principales cités gauloises révoltées contre lui , et se voyant réduit à l'extrémité, se tua. Son frère Decentius imita son exemple.

Devenu maître de tout l'Occident, Constance vengea le meurtre de son frère , et rétablit l'autorité impériale par de cruelles exécutions. Les innocents et les coupables furent également victimes de ses implacables ressentiments.

Une fois encore l'immense empire romain fut réuni sous la main d'un seul homme. Le gouvernement de Constance , sa vie publique et privée se rapprochaient de plus en plus des monarchies asiatiques. Les eunuques dominaient à la cour; des meurtres, dictés par la jalousie ou les soupçons de l'empereur, s'accomplissaient sans aucune formalité judiciaire. Gallus fut lapins illustre victime des jugements arbitraires de Constance. Coupablede négligence, de désobéissance et de cruauté, Gallus aggrava encore toutes ses fautes en commandant ou en permettant le meurtre des deux commissaires impériaux, Domitien, préfet du prétoire de l'Orient, et Montius, préfet du palais, envoyés à Antioche pour faire une enquête sur sa conduite. Us furent mis en pièces par la populace, que souleva le Jeune césar. Celui-ci ne pouvait plus trouver son salut que dans une révolte ouverte ; mais il se laissa trom-

HOUV. BIOGR. GÉHSB.

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