‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 73 sur 133 · T. XI · texte numérisé non relu

T. XI

per par les promesses artificieuses de Constance, et se mit en route pour Milan. Arrêté à Petovio, dans la Pannonie, il fut conduit à Flânons ( Fianone), dans llstrie, et eut la tête tranchée dans sa prison. Julien , frère de Gallus, fut arrêté en même temps que son frère ; mais après un an de détention et d'exil, il obtint sa grâce, par l'intercession de l'impératrice Eusebia. Nommé césar au .mois de novembre 355, Julien reçut le commandement de la Gaule, encore agitée par les suites de la révolte de Sylvanus. Ce rebelle , tombé dans un piège que lui avait tendu Ursicin , général envoyé par Constance, venait d'être massacré dans l'église de Saint-Séverin à Cologne, an mois de septembre 355.

Constance visita l'ancienne capitale de l'empire. H entra dans Rome le 28 avril 357, dans tout l'appareil d'un triomphe. Imitant l'exemple d'Auguste, il fit transporter à Rome le grand obélisque placé devant le temple du Soleil à Héliopolis, et le fit ériger dans le grand cirque. Cet obélisque ayant été renversé, fut relevé par l'ordre de Sixte-Quint, et dressé devant le portail de l'église de Saint-Jean de Latran; il est connu sous le nom d'obélisque de Latran. De Rome Constance se rendit en Illyrie, où ses généraux firent une heureuse campagne contre les Quades et les Saunâtes; il partit ensuite pour l'Asie en 359. Sapor, qui venait d'envahir encore une fois la Mésopotamie, s'était emparé d'Amida (maintenant Diarbekr) et des petites forteresses de Singara et de Begabde. Antérieurement à cette guerre, la Gaule avaitété envahie parles Aie mans et les Francs; ces barbares furent vaincus par Julien, qui les soumit dans trois campagnes et fit prisonnier Chnodomar, roi des Alemans. Ces exploits, et plus encore l'excellente administration établie en Gaule par le jeune césar, excitèrent la jalousie de Constance. D'après les ordres de l'empereur, les légions de la Gaule durent quitter ce pays pour marcher à la défense de l'Orient Constance motivait cet ordre sur la tranquillité de la Gaule, qui permettait de dégarnir cette province; mais il ne voulait au fond qu'affaiblir Julien et l'empêcher de prendre la pourpre. Au lieu de prévenir cette usurpation, l'ordre imprudent de Constance ne fit que la hâter. Les troupes refusèrent de marcher, et proclamèrent Julien empereur, en 360. Ce prince essaya vainement de se justifier auprès de Constance: ses protestations d'innocence furent mal accueillies, ses ambassadeurs renvoyés avec mépris, et la guerre fut déclarée. Constance marcha vers l'Occident avec la plus grande partie de ses troupes. L'empire allait être déchiré par la guerre civile, lorsque Constance mourut, à Mopsocrène. Julien se trouva ainsi seul maître de l'héritage de Constantin. Constance s'occupa beaucoup pendant son règne de querelles théologiques, et mourut dans l'hérésie arienne. Il laissa de sa troisième femme, Maxima Faustina, une fille, qui épousa plus tard l'empereur Gratien,

CONSTANCE

Ammlen MareeUln. XIV- XXI. - ZotUne, II, 111. - AgatLlai, IV. - Eutèlrc, rita ConttantH, IV. - Eutrope, X, 8. - Julien, Orot, I, il. - Ubantiw, Oral., III, X. — Zonarai, X11I. — TUlenont, Histoire dnempéreun, t. IV. ~ Ltbeau, Histoire du Bw-Empure, LU. -Smith, Dictionary of greek and roman biography.

constance m, empereur d'Occident, né en Illyrie, d'une famille noble, dan» la seconde moitié du quatrième siècle après J. • C, mort à Ravenne, le 11 septembre 421. Doué d'une beauté mâle, de grands talents, d'un caractère aimable et énergique, il se distingua de bonne heure par ses succès militaires, et se fit également aimer de l'empereur Honorius, du peuple et de l'armée. Lorsque leltyran Constantin fut assiégé dans Arles, en 410, par son propre lieutenant Gerontius, Ho» norius voulut profiter de la division qui éclatait entre les rebelles pour recouvrer la Gaule et l'Espagne, n confia cette mission à Constance, en lui donnant pour collègue le Goth Ulphilas. Cet officier fut assez sensé pour reconnaître dans Constance un talent supérieur, et assez généreux pour sacrifier au bien publie tout sentiment de jalousie, en se comportant comme lieutenant de celui dont il était le collègue. Dès que Constance parut de* vaut Arles, la plupart des soldats de Gerontius abandonnèrent celui-ci pour passer du coté du lieutenant d'Honorras. Le général rebelle se hâta de lever le siège d'Arles , et de s'enfuir en Espa» gne, où il périt bientôt. Après la fuite de Gerontius, Constantin, assiégé par Constance, se défendait, dans l'espérance du secours qu'un de ses lieutenants, Edobic ou Edovinch, devait lui amener de Germanie. On apprit bientôt que celuici approchait avec des troupes nombreuses de Francs et d'Alemans. Mais au lieu de surprendre Constance , Edovinch fut surpris lui-même par l'arrivée subite du lieutenant d'Honorius. Constance et Ulphilas passèrent le Rhône. Tandis que le premier s'arrêtait avec l'infanterie pour attendre l'ennemi , Ulphilas prit les devants avec la cavalerie, et s'étant mis en embuscade, il laissa passer les barbares. Mais lorsque le combat fut engagé entre l'armée d 'Edovinch et celle de Constance, Ulphilas vint tout à coup charger l'ennemi par derrière. Cette attaque imprévue mit les barbares dans une déroute complète. Edovinch se sauva à toute bride chez un de ses clients nommé Ecdiciu8 , qui lui avait les plus grandes obligations. Ce traître lui ayant coupé la tète, l'apporta aux pieds de Constance, dans l'espérance d'être récompensé. Constance, avec la vertu d'un ancien Romain, refusa d'accepter oe hideux présent, et ordonna au meurtrier de s'éloigner 2>ur-le-champ. Constance revint ensuite devant Arles, et pressa vivement la ville. Constantin se rendit à des conditions acceptées par Constance , mais indignement violées par Honorius. Pour prix de sa victoire, Constance obtint le consulat en 4 14, avec les titres de comte et de patriee. La même année il marcha contre Ataulph, roi des Visigoths, qui venait de faire reprendre la pourpre à Attale. Ce fantôme d'empereur, instrument et

jouet des Visigoths, tomba aux mains de Constance, qui l'envoya à Honorius. L'heureux général fut récompensé de cette nouvelle victoire par la main de Placidie, sœur d'Honorius, qui après avoir été la captive d'Ataulph, qu'elle épousa, de Sigeric et de Wallia, venait d'être rendue en 417 à son frère par Wallia, devenu l'allié des Romains. Constance persuada à ce prince d'abandonner à Honorius Jes conquêtes des Visigoths en Espagne et de recevoir en échange la deuxième Aquitaine et probablement aussi la Novempopulanie. A partir de ce moment, Toulouse devint la capitale du royaume des Visigoths.- Le 8 février 421, Honorius conféra à Constance la dignité d'auguste, avec l'autorité de co-empereur d'Occident TbéudoseH, empereur d'Orient, ayant refusé de reconnaître le nouvel auguste, Constance se préparait à lui faire la guerre ; mais il mourut luimême avant le commencement des hostilités, après un règne de sept mois. On remarqua de grands changements dans le caractère de Constance depuis son mariage avec Placidie, et surtout depuis son avènement au troue. Désintéressé, généreux, noble, avant que d'entrer dan* la Camille impériale, il devint après cette alliance, avide, injuste, oppresseur. Il montra d'ailleurs beaucoup de zèle pour l'orthodoxie, et persécuta avec une égale ardeur l'hérésie de Pelage et les restes du paganisme. D laissa de Placidie deux enfants, Flavius Placidius Valentûuauua, depuis Valentinien m, et Justa Grata Honoria, depuis fiancée a Attila. On n'a de Constance que des médailles d'or , fort rares d'ailleurs.

Zodiac. V, VI. - Sazomèae. IX, tt-te. - Orose, VII, M, «. - Pbllostorgue, XII , 4, if . - Thtopbane, p. w- 7*. éd. de Part*. - Ltbaan, Hittoire ém Bmê-Bmpir*, t. VI. - TMeroont, Histoir* d* «mjMTivrf, L VI.

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