C. Princes russes
Constantin (Vsevolodowitch), tsar rosse, né vers 1186, mort le 2 février 1219. Fus de Vsevolod ITJ, grand-prince de Vladimir, il fut nommé, par son père, prince de Novogorod à Tage de vingt ans. Cette ville, qui avait formé longtemps une république indépendante, avait reconnu récemment la suprématie de Vsevolud, et accepté pour prince son jeune fils, Sviatoslaf Gabriel. Bientôt Vsevolod, trouvant cet calant trop jeune pour ses projets, et trop malhabiles
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ou trop peu entreprenants les conseillers qu'il lui avait donnés, prit pour prétexte une guerre de Novogorod contre les Lithuaniens pour déclarer aux magistrats de cette Tille qu'il leur accordait son fils aîné Constantin, prince d'une grande espérance, au lieu de Sriatoslaf, trop faible, disait-il, pour les défendre. Instrument passif des volontés tyranniques de son père , le jeune prince se fit détester de ses nouveaux sujets ; et Vse- ▼olod, craignant le ressentiment des Novogorodiens, rappela son fils. Il déclara même anx habitants de NoTogorod « qu'il leur rendait tous les droits qui appartiennent à des hommes libres , toutes les institutions de leurs anciens princes, et que désormais ils pourraient se gouverner seuls ». Tout en taisant cette belle déclaration, Vsevolod gardait pour otages plusieurs Novogorodiens, et il ne tarda pas à leur imposer de nouveau Sviatoslaf. Constantin reçut en échange de Novogorod la souveraineté de Rostof. Vsevolod, quelque temps avant de mourir, désigna Constantin pour son successeur, à condition que celui-ci céderait Rostof avec cinq autres villes à son frère George. Constantin, qui prétendait hériter de tous les États de son père, refusa de sortir de Rostof. Indigné d'une pareille désobéissance, le prince moribond convoqua les boyards de toutes les rilles , le clergé, les marchands, et devant cette assemblée il déclara George pour son successeur. 11 expira bientôt après cette cérémonie, le 15 avril 1212. Constantin, se voyant déshérité, résolut de faire valoir ses droits par les armes, li s'unit au prince Mstislaf, qui avait aussi des préteulions a faire valoir sur Novogorod , alors gouvernée par Yaroslaf. Les deux armées se rencontrèrent près dlfourief. Après deux jours de lutte, la victoire se déclara pour Mstislaf et Constantin contre George et Yaroslaf, qui furent forcés d'abandonner leurs apanages. Constantin fut reconnu grand-prince de Vladimir en 1216. Peu après il rappela son frère auprès de lui, le déclara héritier de la grawle-priiicipauté, et lui donna Souzdal. Doux, dévot et malade, il occupa sans gloire le trône qu'il devait à Mstislaf. H ne trouva pas même assez d'énergie pour punir Gleb et son frère, princes de Resan, qui venaient d'assassiner six de leurs parents, n mourut à l'âge de trente-trois ans.
KarauMtD, Histoire de Russie. •- B»ne«ux. Histoire philosophique et politique de la Russie.
cossTANTiK PATLOTiTCH , grand-duc de .
Russie et césarévitch, second fils de l'empereur Paul Y* et de Marie Fœdorovna , princesse de Wurtemberg, naquit le 8 mai 1779, et mourut le 27 juin 1831. Son aïeule Catherine II lui fit donner, dit-on,;ie nom de Constantin par suite de ses projets ambitieux sur l'Orient; elle veilla a son éducation , et la confia, en morne temps que celle de son frère Alexandre, au comte Soltykof et à M. César Laharpe. A la différence de celui d'Alexandre , le caractère du grand-duc ne Présentait que des contrastes. Le 26 février 1790,
Constantin épousa Julie-Henrique-Ulrique, fille de François, duc de Saxe-Cotourg, née le 23 septembre 1781. Cette union fut malheureuse, et de peu de durée. La princesse, qui reçut en se mariant le nomd'Anne-Fœdorovna, retourna bientôt dans sa famille, et fixa ensuite son séjour en Suisse. Constantin , comme tous les princes de Russie, occupa dès son berceau une place dans l'armée. Ses goûts militaires se manifestèrent cependant bien plus dans les détails minutieux que dans la partie stratégique de l'art; dans les campagnes il n'est pas sorti des rangs secondaires de l'armée. Il fit sous les ordres de Souvaroff , la campagne d'Italie en 1799; sous Benningsen, celle d'Aosteriitz en 1805. De 1812 à 1814 il n'eut aucun commandement de quelque importance. Profondément attaché à sa mère , il n'eut pas moins de respect pour son père, dont il n'oublia ni ne pardonna la mort. Alexandre, qui savait le désir de vengeance qui animait à cet égard le coeur de son frère, le tint autant que possible éloigné de Saint-Pétersbourg. Il lui fit passer plusieurs années en Volhynie et dans d'autres provinces éloignées , chargé du commandement de quelques régiments. C'était une espèce d'exil, qu'il fit cesser en lui faisant accepter le gouvernement des provinces lithuaniennes. Plus tard , la Pologne lui fut abandonnée, et Constantin arriva à Varsovie en novembre 1815, «avec le titre de généralissime des années polonaises ; celui de gouverneur militaire, dont il remplit aussi les fonctions, ne lui fut jamais officiellement déféré. Le 11 décembre de la même année, il adressa sa première proclamation aux troupes, et le 24 il assista à la séance du sénat dans laquelle fut proclamée la nouvelle constitution du royaume octroyée par l'empereur. Conformément à cette charte, le grand-dnc de Russie prit la première place parmi les sénateurs polonais , à la droite du trône. Il donna alors son premier soin à l'organisation de l'armée. On créa à cet effet un comité composé d'anciens généraux polonais , présidé par le grand-duc. Le code militaire de Napoléon, alors en vigueur dans l'armée polonaise, fut refondu. Tous les changements, toutes les innovations qu'y proposait le prince tendaient si visiblement à abâtardir le soldat polonais, à lui faire abjurer toute idée d'honneur, que les membres du comité crurent de leur devoir d'y opposer une ferme résistance. Cette conduite des généraux polonais irrita le frère de l'autocrate. H s'en plaignit à Saint-Pétersbourg, et menaça de se démettre du commandement si cet état de choses devait durer. L'empereur écrivit en recommandant beaucoup la modération , et garda le silence sur les officiers accusés. C'est alors que chez Constantin ces accès de colère , auxquels on n'avait cru qu'à demi à Varsovie, éclatèrent dans toute leur violence. L'on vit (des officiers supérieurs injuriés devant la ligne pour une manœuvre mal exécutée , d'autres envoyés au corps de garde pour un
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bouton ou la cravate mal mise d'un soldat de leur brigade. Chacun alors ne songea qu'à sa retraite, et tous les jours on entendait parler de (suicides dans Tannée. Les vieux soldats mêmes préféraient la charme à leur arme humiliée. Les vides ainsi faits dans l'armée furent remplis par de nouvelles levées. Constantin en fut d'autant plus heureux qu'il pouvait donner libre carrière à sa passion pour les exercices militaires. Les officiers nouveaux furent dressés à supporter les bourrasques du martre sans sourciller, à s'occuper de tous les détails, et bientôt l'armée polonaise fut amenée à un état d'ordre, de propreté et de belle tenue qui défiait toute rivalité. Alors l'attention du prince se porta ailleurs avec la même inquiétude. U vit avec déplaisir une multitude de jeunes gens qui mettaient à profit la liberté de la presse, garantie par la charte, pour essayer leurs talents littéraires; l'idée seule de la possibilité de l'abus de 1a presse irritait le grand -duc. Les ouvrages périodiques furent les premiers poursuivis; des ouvrages on en vint aux auteurs, jusqu'à ce qu'enfin une censure sévère, créée au mépris de la charte, les força de quitter la plume. Alors, descendant d'un degré, l'humeur inquiète du prince rencontra les étudiants : ceux de Varsovie furent punis, fustigés, incarcérés à la moindre apparence de faute. Le ministre de l'instruction, homme très-respectable , rut remplacé par un autre, qu'on espérait trouver plus maniable. C'est dans cette occasion» et dans d'autres pareilles, que le grand-duc fit preuve d'une rare insensibilité; on le vit repousser du pied les mères qui venaient le baigner de larmes en redemandant leurs fils. Satisfait d'avoir introduit la discipline militaire jusque dans les écoles, le général en chef s'occupa de la prospérité matérielle du royaume et surtout de sa capitale. De beaux édifices vinrent l'embellir ; un camp de manœuvres, établi à ses portes, présenta bientôt l'aspect d'un jardin anglais, et offrit un but de promenade fort agréable. De magnifiques chaussées dans toutes les directions, et plus tard un superbe canal, facilitèrent le commerce. L'industrie, l'agriculture, tout prospéra; la Pologne était devenue florissante, et cette belle esclave, muette, mais riche et parée, couvrant de fleurs ses chaînes, remplit complètement le but que s'était proposé l'empereur en l'offrant en 1816 à son frère.
Ainsi se passèrent les premières années de la domination du grand-duc Constantin en Pologne. La nomination d'un lieutenant du roi, en diminuant les ennuis administratifs , ne porta nulle atteinte à sa puissance. Le lieutenant, homme vieux et faible, ne fut jamais que l'organe docile de la volonté du prince. Dans les séances du conseil des ministres, on rédigeait un procès-verbal en français pour le grand-duc. Cependant, son vrai règne ne commença que depuis son second mariage , et cette union avec une Polonaise ne fut pour le pays qu'une disgrâce
de plus. Déjà dans sa jeunesse legrand-duc avait eu une passion pour une Polonaise, M«* Jeanne Czetwertynska, à laquelle il dut renoncer, ne pouvant l'épouser. Une liaison avec une Française, femme très-commune, qu'un officier subalterne russe, envoyé en courrier à Paris, avait emmenée avec lui, donna le change à la passion du prince. Cette liaison dura treize ans.
Les difficultés qui s'opposaient au mariage de Constantin avec une sujette , du vivant de sa première femme, étaient grandes." Outre l'obstacle que Ton rencontrait dans l'ambition démesurée de l'impératrice mère, il fallait dissoudre le mariage avec la princesse de Cobonrg, et les dogmes de la religion russe n'admettent point le divorce. Cependant le saint synode reçut ordre de le prononcer, et le frère de l'autocrate épousa sans mystère la belle Polonaise, dans le château royal de Varsovie , le 24 mai 1820, d'abord selon le rite grec, pois selon le rite catholique romain. Constantin avait cessé d'être l'héritier présomptif du trône ; il promit de renoncer à la couronne , en se réservant seulement le titre de césarévitoh. Dix-huit mois plus tard, il se rendit en effet à Saiut-Pétersbonrg, où, le 14 janvier 1822, il fit un acte, en forme de lettre adressée à son frèro , dont voici la teneur : « Enhardi par les preuves maltiiiiiéf» de la bienveillance de Votre Majesté Impériale, j'ose la réclamer encore une fois et mettre à ses pieds une très-humble prière. Ne me croyant ni l'esprit, ni la capacité, ni la force nécessaire, si jamais j'étais Tevêtu de la haute dignité à laquelle je suis appelé par ma naissance , je supplie Votre Majesté Impériale de transférer ce droit sur celui qui me suit immédiatement et d'assurer à jamais la stabilité de l'empire. Quant à ce qui me concerne, je donnerai, par cette renonciation, une nouvelle garantie et une nouvelle force à celle à laquelle j'ai librement et volontairement consenti à l'époque de mon divorce avec ma première épouse, etc. Puisse Votre Majesté Impériale accueillir mes vœux avec bonté; puisse t-elle déterminer notre auguste mère à les accueillir et à les sanctifier par son consentement impérial, etc. »
L'empereur fit ajouter aux réglementa de la famille impériale un article qui dit « que dans le cas où un de ses membres contracterait un mariage avec une personne d'un rang inférieur, t il perdrait ses prérogatives, et les enfants issus 1 de ce mariage n'auraient aucun droit au trône ». La reine douairière de Saxe, dans une conversation confidentielle, demanda un jour à Constantin comment il avait pu renoncera une couronne aussi belle que celle de Russie : « C'est que, répondit-il, en Russie il faut avoir le col fort, et moi j'y suis un peu chatouilleux. » Jamais le grand-duc ne tenta d'obtenir pour sa femme le titre de grande-duchesse ; seulement elle fut créée princesse de Lowia, mais le titre d'Altesse lut fut longtemps contesté ; elle n'eut point de daine
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d'honneur, et sa livrée et «on équipage étaient exactement semblables à tons ceux îles femmes des généraux russes. Le eésarévHcb lui-même n'avait ni uqueur ni cosaque, pas même un valet de pied pour ouvrir sa calèche lorsqu'il sortait; il allait seul ou accompagné de l'aide de camp de service. Aussitôt après le départ de sa maîtresse française, Constantin quitta son palais de Varsovie pour aller habiter le Belvédère, que cette dernière avait fait bâtir pour elle, aux portes de la ville, dans un site charmant, comme son nom l'indique. Alors le prince se retira du monde de plus en plus, et le public ne le vit plus que dans les cireonstanees indispensables. A quatre heures du matin on introduisait successivement dans son cabinet les trois chefs des trois polices secrètes qu'il avait établies en Pologne; après quil avait travaillé avec eux comme un souverain avec ses trois ministres, les officiers généraux et d'autres nnlitairee étaient admis. Dès quil avait expédié ce service, le césarévitch montait en calèche pour assister à la parade, aux manœuvres, visiter les casernes, etc. Rentré à trois heures, il se mettait aolit, et tout le inonde, à l'instar du prince, se livrait, au Belvédère, au plus profond sommeil jusqu'à l'heure du dîner. Les soirées étaient passées auprès de la princesse, et il employait une partie de la nuit à lire dans son lit Jamais on ne vit chez lui ni bals, ni cercles , ni réunions quelconques.
Lorsque, après l'acte de renonciation, le grand-duc lit sa puissance s'étendre, ses occupations du matin devinrent plus longues et empiétèrent plus tard sur les exercices militaires, devenus moins fréquents. L'empereur lui avait accordé un pouvoir discrétionnaire sur plusieurs provinces lithuaniennes, que cette fois il ne refusa plus; il reçut aussi l'autorisation d'entrer en relations diplomatiques avec les cours étrangère» pour tout ce qui avait rapport aux affaires intérieures du royaume. 8a franchise militaire céda alors souvent à des considérations diplomatiques auxquelles il ne pouvait se dispenser d'avoir égard ; il devint plus que jamais soupçonneux et défiant, craignant de se compromettre avec la Sainte-Alliance, qui , comme il le supposait, l'avait chargé de la responsabilité de la Pologne. Dès qu'un voyageur un peu important arrivait de l'étranger, avant de descendre de voiture, il était conduit, un gendarme sur le siège , jusqu'au Belvédère , où le prince lui-même lui taisait subir le plus rigoureux examen. Les trois polices répandues dans tout le pays avaient mission de l'instruire de ce qui se passait jusque dans les intérieurs les plus intimes. Tantôt il faisait recommencer un procès qui avait eu une issue différente de celle qu'il avait désirée, et dictait aux juges l'arrêt qu'ils devaient prononcer; tantôt il faisait mander un mari pour l'instruire des imprudences de sa femme et faisait mettre au* arrêts l'amant favorisé. Enfin, cet espion-
nage inouï était devenu la terreur de la Pologne. Forcés de présenter chaque matin un rapport nouveau, les chefs de police allaient jusqu'à inventer des faits qui n'avaient jamais existé. De le un redoublement de persécutions, des pères, des fils enlevés à leur famille sans qu'on eut pu en deviner le motif. Les loges maçonniques furent fermées en Pologne, les associations les plus inoffensives y furent défendues. Le grandduc pressentant que, malgré toute Pmdulgence de son frère, ses mesures rigoureuses pourraient n'avoir pas toujours son approbation, lui faisait de temps à autre des rapports sur de prétendues conspirations découvertes parmi les étudiants ou ailleurs ; il tâchait de lui persuader que la Pologne était un foyer révolutkmaaire , que ses habitants étaient faux et ingrats. Le césarévitch était ainsi à l'apogée de sa puissance, lorsque les habitants de Praga, faubourg de Varsovie , qui depuis longtemps essayaient vainement d'obtenir une indemnité pour leurs propriétés converties en fortifications , iinaginèrent d'aller le supplier d'être leur protecteur, leur représentant à la diète; il accepta le mandat, et la Pologne eut le spectacle, unique dans l'histoire, d'un autocrate présidant par voie [de délégation à ses délibérations parlementaires, tandis que son vrai maître, maître absolu et dur, siégeait parmi les défenseurs de ses libertés. Le député de Praga présenta la pétition, et obtint tout ce que ses protégés avaient désiré; mais bientôt cette comédie, perdant le piquant d'une nouveauté , l'ennuya : on ne le revit plus que fort rarement , toujours de mauvaise humeur, «'occupant uniquement de l'ordre des places et nullement dn sujet de la discussion. H ne parla qu'une seule fois sur la liquidation des fourrages, et quoiqu'il sût le polonais, c'est en français quil s'exprima.
A l'avènement de l'empereur Nicolas on remarqua quelques changements dans les rapports des cabinets du Belvédère et de Saint-Pétersbourg. Dans la conjuration qui éclata à cette époque, il y eut quelques Polonais inculpés. On fit d'abord comparaître les prévenue devant une commission d'enquête, dont les membres, tant polonais que russes, furent désignés par ; Constantin. Pendant toute la durée des enquêtes, le césarévitch se montra plus que sévère envers les détenus. Enfin, une haute cour nationale fut convoquée pour juger les coupables. Le peu de part qu'ils avaient pris à la conspiration ne lui permit pas de prononcer un arrêt de mort ; le césarévitch cria hautement que les sénateurs polonais tendaient visiblement à encourager le crime d'État et à séparer leur cause d'avec celle de la Russie. C'est dans les mômes termes quil écrivit à Saint-Pétersbourg en priant l'empereur de faire recommencer le procès. Nicolas se contenta de demander à ses ministres de Pologne leur opinion par écrit sur cette affaire. Chacun d'eux la lui soumit, et les prévenus furent ac-
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quittés. La colère du grand-duc s'exhala alors contre les sénateurs qui avaient composé la haute cour et surtout contre le ministre des finances, prince Lubecki, que Nicolas ne consentit pas à éloigner des affaires. Constantin s'aperçut qu'on avait posé des digues aux débordements de sa puissance en Pologne : ses sentiments de Russe s'en altérèrent. 11 devint dans ses discours à Saint-Pétersbourg plus que jamais Polonais. H fit à cette époque plusieurs longues absences de Varsovie pour accompagner sa femme aux eaux d'En™. Au retour de son dernier voyage, il apprit qu'une de ses polices avait découvert une association secrète entre les porte-enseigne ou cadets et les étudiants. Il fit arrêter plusieurs jeune» gens, nomma une commission d'enquête, et tacha de donnera cette affaire toute l'importance et la publicité possibles.
Depuis longtemps on avait représenté au césarévitch que l'école militaire qu'il avait établie à Varsovie finirait par devenir une pépinière de conspirateurs. Il y avait fait successivement admettre jusqu'à trois cents élèves, tandis que l'armée ne pouvait en absorber que trente par an ; si bien qu'on en voyait qui avaient gagné des chevrons sans être sortis de l'école. Ces jeunes gens, condamnés à une vie presque monacale, ne connaissant de leur art que les premiers éléments et les manœuvres, devaieut nécessairement chercher un aliment à leur imagination comprimée dans des rêves de liberté, la maladie du siècle. Aux observations qu'on lui présentait, le césarévitch ne fit que redoubler de sévérité envers eux et leur donner un nouveau commandant, sur la vigilance duquel il croyait pouvoir compter. Ce qu'on avait prévu arriva. Les porte-enseigne formèrent une association dont les ramifications s'étendirent dans les écoles et jusque dans quelques régiments. L'une des polices avait gagné un faux frère, qui se fit délateur à raison de sept ducats par criminel dénoncé ; voulant se faire un mérite, elle l'engageait à pousser les recherches, et lui promettait une forte récompense s'il parvenait à amener un résultat. Tous les matins l'on voyait des placards révolutionnaires aux coins des rues. Le prince commençait à s'en effrayer sérieusement; mais les deux autres polices , qui n'étaient pas du complot, découvrirent bientôt les menées de l'autre, et tachèrent de le rassurer. En attendant, toutes ces provocations révolutionnaires, quelle qu'en fût la source, faisaient fermenter les esprits; elles arrivaient dans un moment où l'exemple de la France et de la Belgique rendait aux Polonais leur joug plus difficile à porter. Bientôt on vit différents signes précurseurs d'une révolution. L'espion, toujours stimulé, voyant que ses jeunes victimes remettaient de jour en jour le moment d'agir, imagina d'aller leur dire qu'il avait appris 'd'une très-bonne source que le grand-duc se proposait de les faire juger par une commission de «généraux russes.
Il leur conseilla de prévenir ses projets, et leur apporta la poudre qu'il avait achetée à- cet effet. Ces malheureux, voyant devant eux une mort certaine, se décidèrent à en chercher une mains ignominieuse : ils se concertèrent avec ceux sur qui ils croyaient pouvoir compter, et le 29 novembre fut le jour choisi pour l'exécution. Le 29 tout le monde à Varsovie s'entretenait de l'émeute qui allait avoir lieu ; on citait l'heure et l'endroit où elle devait commencer; chacun s'empressait d'en avertir le grand-duc, et ne pouvait se rendre compte du calme avec lequel il l'attendait. Instruit des intrigues de l'espion Petrykowski, il croyait avoir le mot de l'énigme; mais ce qu'il ignorait, c'est que cette révolution avait son vrai foyer dans tous les cœurs polonais, qui saignaient depuis longtemps de l'abaissement de la patrie , de l'abrutissement où l'on s'efforçait d'amener la nation ; ce dont il ne se doutait pas non plus, c'est que cette étincelle, destinée seulement à servir de feu d'artifice pour Saint- Pétersbourg, allumerait un incendie menaçant', terrible, qui déjà alors aurait pu consumer le voile prestigieux qui couvrait le colosse du Nord aux yeux de l'Europe et le faisait croire inébranlable.
Le 29 novembre , aucun ordre ne fnt donné , aucune précaution ne fut prise. Le grand-duc , comme de coutume , alla faire sa méridienne ; et lorsque le vice-président Lubowicki (lisez Loubovitzki) vint l'avertir des troubles de la ville, le valet de chambre déclara avoir reçu ordre de faire respecter son sommefl. Pendant ce temps les insurgés, après avoir tué les factionnaires du guichet, se précipitèrent dans le salon du prince. Le vice-président reçut un coup de feu; un général russe fut tué en s'enfuyant à travers la cour. Le valet de chambre, se doutant qu'il n'y avait plus de sommeil à respecter, força la consigne, affubla son maître du premier vêtement qui lui tomba sous la main, et le fit disparaître par un escalier dérobé. Les conjurés trouvèrent son lit tout chaud , mais ne purent s'emparer de sa personne. A la vérité ils ne poussèrent pas leur recherche bien loin, puisqu'ils n'entrèrent pas dans l'appartement de la princesse, et s'en allèrent poursuivre leur plan , ou, pour parler plus juste, s'abandonner à leur étoile. Dès qu'Ut furent parvenus, à travers mille dangers, dans le centre de la ville, la sympathie secrète de tout le peuple se réveilla spontanément. Au cri de « Mort aux Russes! » tout le monde courut aux armes. Cependant les gardes polonaises et une grande partie des troupes restèrent fidèles à leur chef. Tous les officiers généraux prirent le chemin du Belvédère, et ceux qui n'y rencontrèrent pas la mort vinrent demander les ordres du grand-duc. Ils le trouvèrent à cheval, à quelques centaines de pas du château, entouré de ses aides de camp, décontenancé, consterné et ne sachant que faire. Il commençait à s'effrayer de son propre ouvrage; et !orsque,
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à foree de le supplier, on parvenait à lui arracher un ordre, il le révoquait aussitôt en disant : « Non, je ne veux pas me mêler de cette querelle polonaise; les Polonais ont commencé. Ils n'ont qu'à (finir eux-mêmes ! » Il passa ainsi la nuit entière dans la plus complète inactivité. Les troupes, ne recevant pas d'ordres d'une part, soffiatées de l'autre, finirent par céder à leur vœu secret Les gardes crurent de leur devoir de donner l'exemple d'une fidélité à toute épreuve, et se rendirent auprès de leur commandant. Le prince , ainsi entouré de l'élite de l'armée polonaise et de ses gardes russes, qui montaient à 8,000 hommes, tut encore sourd à toute représentation, répétant constamment sa phrase frvorite : « Je ne veux pas me mêler de cette que* relie polonaise! » Le seul vœu qu'il ait exprimé à la pointe du jour , c'est que le conseil des ministres s'assemblât pour délibérer sur les mesures à prendre. Mais lorsque les ministres, après leur conférence, envoyèrent lui faire part de ce qu'ils avaient résolu et rai demander, comme d'habitude, son avis, ils n'obtinrent encore pour toute réponse que la phrase déjà citée. Le lendemain matin il se relira hors de la ville , fit bivouaquer ses troupes, malgré la rigueur de l'hiver, et commença à traiter de puissance à puissance avec les autorités, devenues révolutionnaires par son abandon même. C'est ainsi qu'après avoir poussé à l'insurrection, an heu de la traiter de rébellion tft de la comprimer, comme on aurait dû s'y attendre , il fut le premier à lui apposer, pour ainsi dire, un cachet de légalité et à lui donner par là une consistance qu'elle n'avait pas encore. Le 2 décembre il reçut dans son quartier'général une députation du gouvernement provisoire : cette députation, personne n'aurait osé la hn envoyer, s'il n'avait demandé à savoir le vœu de la nation, langage jusque alors inconnu & un prince russe. Lui-même, feignant d'ignorer que le conseil des ministres se fut métamorphosé en gouvernement provisoire révolutionnaire, lui envoya son aide de camp, et ce ftit ainsi encore quH fit la première démarche pour se mettre en relation avec une puissance que, dans ses intérêts, il aurait dû méconnaître, et il traita avec elle alors qu'il ne pouvait plus en ignorer l'autorité. La députation lui demanda : « T que la charte cessât d'être un mot vide de sens; 2° que la Lithuanie fut réunie à la Pologne; 3° qu'il empêchât que le corps russe cantonné sur les frontières du royaume ne vint l'envahira l'iraproviste et attaquer Varsovie. Voici la réponse que le césarévitch donna par écrit : « 1° Son Altesse Impériale déclare qu'elle n'a jamais eu l'intention d'attaquer Varsovie : si ses intentions devaient changer, elle promet d'en avertir le conseil quarante-huit heures d'avance; 2° S. A. I. promet d'intercéder auprès de Sa Majesté afin que dans sa grâce elle daigne oublier tout le passé ; 3° S. A. I. assure que jusque ici elle n'a point donné d'ordre à aucun corps russe d'entrer en Pologne;
4° S. A. I. promet de faire mettre en liberté tous les prisonniers polonais, tant civils que militaires, et somme les Polonais d'en faire autant envers les prisonniers russes.
« Signé : Constantin. »
Les gardes polonaises, d'après la tournure que prenaient les choses, prièrent le grand-duc de leur accorder l'autorisation de se réunir au reste de l'armée. Le prince, avec son indécision habituelle, consentait à demi, allait ensuite consulter sa femme, qui était devenue son oracle , et revenait aussitôt révoquer ce qu'il venait d'accorder. Ce ne fut que lorsqu'on lui annonça que le soldat murmurait hautement et qu'un moment de retard le déterminerait à la révolte, qu'on parvint à lui arracher la permission sollicitée. Dès qu'il se vit abandonné par ses gardes polonaises, le prince déclara qu'il voulait quitter le pays. Il disait dans sa proclamation qu'il se confiait à la bonne foi et à l'honneur des Polonais, pour n'être pas inquiété dans sa marche. En conséquence les gardes russes se mirent en mouvement, et le grand-duc, qui aurait pu mille fois être fait prisonnier, arriva sain et sauf jusqu'aux frontières. Son abattement était tel, qu'il n'avait pas pensé à envoyer en avant pour rassembler des fourrages et des vivres, en sorte que ses troupes et même ses équipages en manquèrent souvent. Sa marche fut lente; il faisait de fréquentes haltes. A était évident qu'il avait regret de quitter la Pologne, et qu'il ne savait que devenir après l'avoir quittée. Lorsqu'il rencontrait en chemin quelques bataillons polonais qui obéissaient déjà au nouveau généralissime, il les passait en revue, examinait, comme autrefois, jusqu'aux moindres détails de leur uniforme, puis leur faisait ses adieux et les quittait les larmes aux yeux. Souvent il lui arrivait de soutenir, dans ses conversations, que personne n'était dévoué à la Pologne comme lui, qu'il était le meilleur des Polonais. Cependant, malgré cet état d'attendrissement presque constant, et par une de ces contradictions dont il donna tant de preuves, il n'avait pas oublié, au milieu de ses embarras, un malheureux officier nommé Lukasinski, qui pour avoir appartenu à une société secrète gémissait depuis nombre d'années au fond d'un cachot; malgré sa promesse du 2 décembre, il le fit emmener avec lui, chargé de fers et attaché à un canon.
Le césarévitch passa dans la Lithuanie les deux mois qui précédèrent la guerre. A l'ouverture de la campagne, il eut le commandement de l'arrière-garde. A la bataille de Grochow, la première où ce corps fut engagé, il ne se posséda pas de joie en voyant combien ses troupes polonaises se battaient bien. Vers la fin de la bataille, les équipages du grand-duc, on ne sait pour quelle raison et en vertu d* quels ordres, se mirent à fuir à travers la chaussée. Les fourgons et bagages crurent devoir les imiter. Ce mouvement répandit dans la ligne russe une terreur
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panique , très-défavorable dans un moment aussi décisif. Le lendemain de ce jour mémorable, le prince vint 8e moquer du maréchal de n'avoir pu prendre Varsovie avec des forces aussi supérieures, et passant plusieurs fois sous ses fenêtres, il fredonna la chanson du soldat polonais : « La Pologne ne peut périr tant que nous vivons. »
Peu de temps après, le commandement lui fut retiré, et il reçut ordre de s'éloigner de l'armée. Vainement il sollicita la permission d'aller habiter son palais de Strelna, près de Saint-Pétersbourg : son frère se souciant peu de sa présence, la petite ville de Bialystok, située sur les confins de la Pologne et de la Lithuanie, fut désignée pour le séjour du prince. Accompagné de sa femme, de quelques-uns de ses aides de camp , et de quelques centaines d'hommes de sa garde russe, il y passa une vie triste et silencieuse. Le général Chlapowski, envoyé avec un petit détache-, ment en Lithuanie pour y protéger rinsurrection, proclama que si le grand-duc ne quittait Bialystok, il serait forcé de s'emparer de lui. Dans le fait, il eût été très«embarrassé du césarévitch, ayant trèspeu de troupes à sa disposition et au moment d'entreprendre une guerre de partisan. Quoi qu'il en soit, le prince crut devoir céder le terrain à un ennemi aussi prévenant. Le chemin delà Russie était le seul qui lui restât dans ce moment : il le prit, en expédiant un courrier à son frère. Arrivé à Vitebsk, pour attendre sa réponse et prendre quelques jours de repos, le 27 juin, après avoir déjeûné, comme d'habitude, avec une tasse de thé, il fut saisi de violentes crampes, d'estomac, et huit heures après il n'était plus. Les journaux russes , en annonçant très-brièvement sa mort, ne s'expliquent pas sur le genre de maladie qui l'enleva aussi subitement. Le choléra, auquel on l'attribue, ne régnait pas alors à Vitebsk , et les personnes qui assistèrent à ses derniers moments assurent que le grandduc n'en avait aucun symptôme. L'une d'elles, pressée pai de nombreuses questions qu'elle voulait éluder, finit par dire que c'était un cœur brisé.
Le grand-duc mourut à cinquante-deux ans. Son corps fut embaumé et conduit à Saint Pétersbourg, où il fut déposé à coté de celui de son frère Alexandre. Toute la famille impériale, ainsi que la princesse de Lowicz, assistèrent à ses funérailles. Le grand-duo étant mort sans testament et sans laisser d'enfants légitimes, l'empereur Nicolas se déclara son héritier. Il assigna un revenu de 60,000 roubles au jeune fils de la Française; on ignore ce qu'il avait l'intention de faire pour la princesse de Lowicz, dont la mort suivit de près celle de son mari.
Le prince Constantin était très-laid de figure. Il avait de son frère aîné les poses, les gestes, et la mémo roideur allemande, qu'ils tenaient tous deux de leur père. Des sourcils énormes , hérissés, une voieranque et d'un timbre singulier, le rendaient hideux dans ses accès de colère. Sa laideur faisait souvent l'objet de ses propres
railleries. Lorsqu'il était de bonne humeur, t* conversation était instruite et fort enjouée, ti s'exprimait facilement en français, et lorsqu'il était en train de causer, il n'y avait plus nmea de placer un mot ; il fallait se contenter d'écouter. La grande partie de tes nuits, qu'il coasserait à la lecture, le mettait au courant de tout *- on ne peut s'empêcher d'être étonné et peut-être édifié de l'humilité avec, laquelle il (ait l'aveu de son incapacité et de son manque d'esprit, dans son acte de renonciation au Mue, acte qu'il savait destiné à être publié, et qui devait arrêter l'opinion de l'Europe sur son compte. [M0*,!*, de iUuirEm^rGAccinGnuuioYG , dans ï£nc. des g. du m.}
H«to Harriaff, <br Grottfûrst ConitanK» wém er tcan Ulpzlg, 1881. — Conversations- Lcxicon. — Lesur, Jn*. hist. univ. — CntUD», Lett. tur ta Ruuie.
D. Particuliers du nom de Constantin, par ordre chronologique.
* CONSTANTIN DK SJG1MI ( Kuv<rratvxîvo; à SixsXôç), petit poète grec, d'une époque incertaine. On a de lui une épigramme sur la chaire (Ôfovoc) où il enseignait. Cette épigramroo est suivie dans le manuscrit du Vatican d'une réponse de Théopbane. 1 Comme les noms des deux poètes sont suivis de l'épitbète de bienheureux (iwraptoO, il est évident qu'ils vivaient l'un et l'autre avant l'époque à laquelle Y Anthologie palatine fut compilée, au commencement du dixième siècle. De répigruninc citée plus haut, on peut induire que Constantin était professeur de rhétorique ou de philosophie. 11 existe en manuscrit un poème anacréoniique d'un Constantin philosophe sicilien (KarwrçoyxCvou çtXoaofou xoù EiwXcw), qui parait être le même personnage que le précédent.
Lambèce," Bibliothcça caetar^ l V. - Jsçota, JmthoL çrœc.t X1I1. — Fabrlcius, Biblioth. graee., IV.
«Constantin d'antiocbb, théologien grec, appelé aussi Constantiusf mort vers 410 de l'ère chrétienne. Prêtre de l'église métropolitaine d'Antioche, il était destiné à succéder à Havien, évèque de cette ville. Porphyre, qui désirait obtenir ce siège épiscopal , intrigua à la coor de Constantinople , et obtint d'Areadius un ordre d'exil contre Constantin, qui, avec l'aide de quelques amis, parvint à s'échapper, et s'enfuit à Chypre, où il semble avoir passé le reste de sa vie. D mit en ordre et publia les trente-quatre Homélies de saint Jean Chrysostome sur Y Épitre aux Hébreux. Parmi les lettres de saint Chrysostome , il en est deux ( 221* et 226* ) qui sont adressées à Constantin ; et celui-ci parait être l'auteur de deux autres lettres ( 237* et 23S*), attribuées généralement à saint Chrysostome.
Cave, Hist. W„ H. - smltli, Dictionary of ^rm* <md roman biography.
* Constantin , jurisconsulte greeoHroroain , vivait au commencement du sixième siècle. Il fut en 628 un de ceux que Justinien chargea de rédiger le premier code; et en 529, 1ers de la sanction de ce recueil législatif, il fut récompensé
CONSTANTIN
I>ar plusieurs titres honorifiques : Vir illwtrti, cornes sacrarnm largilionum inter agent es, et magister scrinii libellorum et sacrarnm cogniiionum. Ainsi le qualifie l'empereur. Un homonyme de ce jurisconsulte prit part à la compilation du Digeste en 530 , en même temps qu'il contribua à la nouvelle édition du code qui fait aujourd'hui partie du Corpus juris. On trouve dans les Édita des préfets du prétoire (E die ta prssjectorum prxtorio), publiés par Zachariœ, d'après un manuscrit bodléien, trois édite d'un Constantin. Selon Zachariss ces trois édite étaient l'œuvre du préfet du prétoire.
Smith, Dict. of grée* and rom. biogr.
* Constantin, diacre et chartophylax de l'église métropolitaine de Constantinople, vivait avant le huitième siècle. H existe en manuscrit, dans la bibliothèque de l'Escurial, un discours grec sur les saints martyrs (Oratio encomiastica inomnes sanctos martyres). Ce discours est souvent cité dans les Actes du second concile de Nicée ; ce qui prouve que Constautin vivait avant la tenue de ce conçue, c'estè-diré avant le huitième siècle.
Care, HUtor. Mer. - Fabridnt, Bibl. çrvea, X, p. 188; XI, p. 170; XII, p.».
* Constantin, chef de» iconoclastes , vivait en 723. Il était évéque de Nacone (Phrygie ), et encouragea par son exemple les Juife et les Arabes a briser tes images des chrétiens. Son impiété et ses débauches le firent chasser de son siège; il se rendit à Constantinople, et persuada à l'empereur Léon llsaurien d'ordonner la destruction des images. Il devint alors l'un des principaux icondastes, et se fit remarquer par les dégâts qu'il commit.
Seriptoret Met. byxant. — Lebaan , HUL dm Doê-Bmfin, annotée par Saint-Martin.
* Constantin db E MODES, poète grec, vivait au commencement du dixième siècle de notre ère. Ou a de lui trois épigramraes dans Y Anthologie grecque. Quoique écrites dans un style barbare, elles offrent quelque intérêt, parce qu'elles nous font connaître l'époque, la filiation et la patrie du poète. 11 nous apprend qu'il était fils de Jean Constantin et d'Eudoxie, et qu'il naquit à Linde, une des villes de 111e de Rhodes , tous le règne de l'empereur Léon, de son frère Alexandre et de son fils Constantin, c'est-à-dire au commencement du dixième siècle. Selon la conjecture probable de Reiske, Constantin de Rhodes est le même personnage que Constantin Céphalas (voy. ce nom), compilateur de V Anthologie palatine.
Jacob*, Jnthoi. créa, XIII, p. 874, SIS. — Fabriclus, Bibl. grec., IV, 469.
* Constantin , biographe lorrain , mort à Mets, le 10 septembre 1024. Il succéda à Siriaude, comme abbé de Saint-Symphorien de Metz.
« C'était, dit le père Labbe, un homme d'esprit, de mérite et de savoir. » Albert ou Alpert, un de ses religieux, lui dédia son ouvrage de SHver-
sitate temporum. Constantin est auteur de la Vie d'Adalbéran IJ, évèque de Metz, imprimée dans le tome Ier de la Bibliotheca manuscriptorum do père Labbe. Les traits d'histoire générale qui sont contenus dans cette biographie la rendent intéressante.
MabUJon, Jnnate» ord. Sonet^Jtovd., LU. n« 4L - Balazc, Mlsceltan., IV, 114. - Dom Calmet, BM. ter., 19». - Hist. litt. de la France, Vil, t47.
* Constantin (Uchudes), théologien grec, mort en 1060. D'abord proto vestiaire, il fut nommé patriarche de Constantiaople, en 1058. On a de lui deux décrets synodaux, l'un sur un esclave coupable, l'autre sur un prêtre arrête pour meurtre. Ces deux décrets se trouvent avec une traduction latine dans le Jus grxcoromanum de Léonclave.
Cave, llitt. lit.
Constantin surnommé l'Africain, savant médecin, né à Carthage, mort au Mont-Cassin, en 1087. « Ayant quitté Carthage, dit Léon d'Ostie, il passa à Babylone, où il se rendit très-fameux dans la connaissance des langues arabe , chaldéenne, persane, égyptienne et indienne. Il apprit aussi la médecine et les autres sciences pendant le séjour de trente-neuf ans qu'il fit à Babylone. II revint de là à Carthage; mais, ayant appris que ses concitoyens voulaient le faire mourir, parce que sa science l'avait rendu l'objet de leur jalousie, il se cacha dans un navire qui passait en Sicile, et arriva à Salerne. La crainte qu'il avait d'être reconnu l'obligea de passer quelques jours en habit de mendiant, jusqu'à ce que le frère du roi de Babylone, qui était à Salerne, l'ayant rencontré, le recommanda au duc Robert Guiscard comme un personnage de très-grand mérite et qui était digne de sa protection. Constantin préféra la solitude aux faveurs de ce prince, et se fit religieux de l'ordre de Saint-Benott au monastère de Sainte- Agathe d'A versa, où il écrivit de très-beaux ouvrages de médecine. » Constantin dédia la plupart de ses ouvrages à Didier, abbé du Mont-Cassin, depuis Victor m. Constantin n'est point un auteur original; mais il doit tenir une des premières places parmi les compilateurs. Il s'est principalement attaché à Hippocrate, à Galien, à Aly- Abbas. Il réveilla l'étude de la médecine grecque en Italie, et y introduisit celle des Arabes. H y a deux Recueils de ses ouvrages; le premier contient : de Morborum cognitione etcuratiane; de Remediorum et sEgritudimim cognitione; de Urinis; deStomachi affectionibus naturalibus etprœter naturam; dédié à Alfanus, archevêque de Salerne, en 1070; de y ictus ratione variorum morborum; de Melancholia; de Coïlu; de Animx et spiritus discrimine; de Incantatione et adjuratione; de collis suspensione ; de Passionibus mulicrum et matricis; de Chirurgica : l'auteur s'y étend principalement sur la saignée et les accidents qui peuvent survenir à la suite de cette opération ; de Gradibus
CONSTANTIN
simpHcium; Bêle, 1536, ut-fol. — Le second Recueil porte le titre d'Opéra reliqua, in quibus omnes loci communes gui proprie theorices sunt, ita explicantur et tractantur ut medicum futurum optime formate etperficere possint; Baie, 1539, in-fol. H contient : de Febribus; de Animalibus, ad Octavianum; de Humana natura ; de Elephantia ; de Remédierum ex animalibus materia.
Léon d'Ortie, Chron.. 11b. III, cap. 14. - Trithème , de Scriptoribm ecclesiasticis ordinis Sancti-Benedicti. — Morért, Grand dtcL hist. - Éioy , Dictionnaire hitt. de la médecine.
* Constantin i»B nicéb, jurisconsulte gréco-romain, vivait vers la fin du onzième siècle. 11 fut postérieur à Garidas, jurisconsulte de la seconde moitié du onzième siècle, dont il cite le 2/cotxefov dans les Basiliques. Il commenta ce monument de législation ainsi que les NoveUes de Juatinien, et Nie. Comnène cite le préambule du livre de Constantin sur cette partie des lois justiniennes. On trouve jointes aux scolies de Constantin de Nicée sur les Basiliques des citations des jurisconsultes Cyrille, ÉtiennetetThaleteus, dont il fait d'ailleurs peu de cas, du Digeste, des Institutes, des Novelles de Léon et des Basiliques même. Constantin de Nicée était un jurisconsulte judicieux; il travailla avec activité à éclaircir les difficultés du droit en vigueur à cette époque. Ses commentaires ont été publiés dans les éditions des Basiliques de Fabrot, 1647, etHeimbach, 1833. V. R.
Aaaemanl. Bibl. jur. orient., II, 10. — Helmbacb, de Basil, orig. - MontreuU, Hist. du droit taxant in, III.
CONSTANTIN MBL1TKNIOTA , théologien
arec, vivait vers 1276. Partisan de l'union des Eglises grecque et latine, il fut exilé en Bitbynie, où il mourut. On a de lui les deux traités suivants : de Ecclesiastica unione Latinorum et Grxcorum ; — de Processione Spiritus Sancti. Os ont été imprimés avec une traduction latine dans la Grxcia orthodoxa de Léo Âllatius. Cave, Hitt. Ut., I. - Fabrlclut, Bibl. grssc., XI.
E. Constantin, par ordre de prénoms.
Constantin (Antoine), médecin français, né a Senès (Provence) , mort à Lambesc, le 18 novembre 1016. Il étudia la médecine à Ah, et examina si la Provence ne pourrait pas suppléer par ses productions aux remèdes que Ton faisait venir du Levant. En 1604 Constantin se retira a Lambesc. On a de lui : Brie/traité de la Pharmacie provençale et familière, dans lequel on fait voir que la Provence porte dans son sein tous les remèdes qui sont nécessaires pour la guérison des maladies; Lyon, 1597, in-8° ; — Opus medicx prognoseos, in quo omnium qux possunt in «gris animadverti eymptomatum , in omnibus morbis, causœ et eventus, copiose et luculenter exponuntur; omnia a Galeno, HolleriO, Dureto et Jacotiô; fldelissimis summi Hippocratis interpretibus7deprompta; Lyon, 1613, in-8°; — Traité
sur les altérants, les diurétiques, etc.; resté en manuscrit.
Éloy, Dictionnaire historique de la médecine. - Dictionnaire de la Provence.
Constantin ( Boniface ) , théologien français, mort à Vienne (Daupbiné),le8 nov. 16a 1. 11 appartenait à la Compagnie de Jésus. On a de lui : Vie de Cl. de Granyer, évéque et prince de Genève ; Lyon, 1640 ; — UistorUc sanclorum Angelorum epitome; Lyon, 1652, in-4° : c'est un ouvrage singulier sur l'histoire des anges;— et quelques autres ouvrages de théologie.
Lclong, Biblioth. hlst. de la France, édlt Footette.
♦CONSTANTIN (Pulvius), jurisconsulte italien, né à Pérouse, mort en 1596. 11 était disciple deTobie Nonius, et professa avec un certain éclat dans sa ville natale. Il a laissé : CommeniarU in Institut.; "Venise, 1566, et Consilia.
Oldoin, Mhenmum ttgustteum. — Norért, Grand dietionnaire historique. — Richard et Glraud, Bibliothèque sacrée,
* Constantin (Harmenopule). Voy. Hah-
MENOPULE.
CONSTANTIN (MonOSSès). Voy. NàlfASSCS.
«CONSTANTIN DE NBDICIS. Voy. MéDICIS.
CONSTANTIN (Robert), érudit français, né à Caen, mort le 27 décembre 1605. H fut ITélève de Jules-César Scaliger, qui en mourant le pria de se charger de la publication de quelques ouvrages laissés inachevés. Ce legs littéraire valut à Constantin la haine de Joseph Scaliger. O se rendit ensuite en Allemagne, y séjourna quelques années et visita les écoles les plus célèbres. De retour à Caen, il obtint le grade de docteur en médecine, en 1664 , ce que Nicéron, contrairement à l'assertion de M. de Thou, semble révoquer en doute. On l'accusa d'insinuer, dans ses explications du texte grec des Épttres de saint Paul , des opinions favorables au protestantisme ; il eut alors à souffrir de l'esprit d'intolérance, et il fut forcéde se retirer à Montaub&ti. 11 y exerça quelque temps la médecine; mais bientôt, ne s'y croyant plus en sûreté, il se réfugia en Allemagne , où il parvint à un Age très-avancé. Ses principaux ouvrages sont : Lexicon grxco-latinum; Genève, 1562,2vol. in-folio, et Genève, 1592,2 vol. in-fol.: ouvrage estimé et que des savants, à tort cependant, ont mis sur la même ligne que celui d'Henri Ksoeone. On a fait un abrégé de l'ouvrage de Constantin, sous ce titre : Lexicon grâxo-latù num, ex Roberti Constantini et aliorumscriptiscollectum; Genève, 1566,in-4°; *- Supplementum latin» linguse, seu dictionarium abstrusorum vocabulorum; Genève, 1673, in-4° ; —A Corn. Celsi De re medica Ubri, Sereni Poema médicinale et Rhemnii Poema de Pondérions et mensuris, cum annotât.; Lyon, 1543, 1664,in-16; — AnnotaUones eteorrectiones Lemmatum in Dioscoridem ; Lyon, 1 588, in-8°; — Theophrasti De historia plant arum, cum annotât. J.-C. ScaHgeri; Lyon, 1584, in-4° ; — Nomenclator insignium scriptorum quorum Ubri exstant vel manuscripti, vel iw-
CONSTANTIN — CONSTÀNTINI
pressiez bibliotheeis Anglix et Gallix; indexque tvtius bibliothecse atque Pandectarujn Conrad. Gesneri; Paris, 1555, in-8°.
tikérub. Méat., XXVII. - Tetarier, Éloges. - Éloy, Dict. detawtcd. — fluet, les Orig. de Caen.— DeTbou, Étage*.
I Constantin (Abraham), peintre suisse, né à Genève, en 1 785. £1 vint se perfectionner à Paris. Il a exécuté sur porcelaine V Entrée de Henri IV à Paris, d'après Gérard j la Fornarina, d'après Raphaël. 11 avait entrepris la reproduction des fresques du Vatican, n a peint aussi sur émail le Bélisaire et la Psyché de Gérard , les portraits de la reine de Westphatie, du prince et de la princesse Eugène, des rois de Rome, d'Espagne et de Naples, de mademoiselle Mars, de Louis XVm et d'Alexandre Ier, d'après Gérard. On peut voir au musée de Sèvres les œuvres de cet artiste, auquel on doit aussi quelques productions originales, par exemple une Prise du Trocadero par les Français en 1823. Elle se trouve au musée de Turin.
Le Bas, Dictionnaire encfdop. de la France. — Kagter. Nettes AU*. KQnstUrLexicon.
Constantin* ( Flavia-Julia ) , nommée aussi Constantia, fille de Constantin le Grand et de Fausta, morte en 354. Elle épousa d'abord Hannibahen , et reçut de Constantin le titre d'augusta. Trompée dans ses projets ambitieux par la mort de son mari, elle encouragea la révolte de Vétranion, et lui plaça, dit-on, elle-même le diadème sur la tète. Elle épousa Gallus, en 351 , et rot l'instigatrice des excès par lesquels ce prince se perdit. Lorsque l'empereur Constance rappela Gallus en Italie, il pria en même temps Constantina d'accompagner son mari.n voulait, disait-il, embrasser sa sœur; mais son but réel était d'écarter Constantina des provinces qu'elle aurait pu soulever contre l'autorité impériale. Constantina connaissait trop bien son frère Constance, et savait trop ce qu'elle méritait pour se laisser tromper par ses caresses. Cependant, ne voyant pas de meilleur parti à prendre, et espérant encore quelque grâce pour elle et pour son mari, elle prit les devants. Comme elle marchait à grandes journées, la fatigue du voyage, jointe aux alarmes dont elle était agitée, la fit tomber malade. Elle mourut à l'entrée de la BHbynie, dans un village de la Galatie, nommé par Ammien Marcellin Cctnae Gallicans. Elle laissa de Gallus une fille, dont l'histoire ne dit plus rien. Son corps fut porté en Italie, et enterré près de Rome, sur le chemin de Nomente, dans l'église de Sainte-Agnès, que son père avait fait bâtira sa prière. Constantina, si on en croit l'affreux portrait tracé par Ammien MarcelHn, était un démon sous une forme humaine, une furie altérée de sang, excitant à de perpétuelles violences et aux plus horriMesatrodtés le tempérament, naturellement cruel, de Gallus.
Aaarieo MarcelHn, XIV, i. - Aurellua Victor, 41,
4s. - JnUen/ffjHff. ad Atkrn. - rhllottorgue, //Ut. «cf., III, M; IV. l. - Théopbaoe, Chronog.
constantini (Angelo), acteur italien, né à Vérone, vers 1655, mort en 1730. H prit fort jeune la profession de comédien, et joua avec succès le rôled' Arlichino, qu'il avait adopté en montant sur le théâtre, n vint en France en 1681, et débuta à Paris dans l'ancienne troupe italienne, pour y doubler Dominique ; mais comme.ee dernier permettait peu au nouveau venu d'aborder son emploi, Constantini comprit qu'il serait bientôt jugé inutile, s'il ne se chargeait de toutes espèces de rôles. Il fit mieux encore : il imagina un personnage, moitié aventurier, moitié valet , qu'il nomma Mezzetin; c'est dans ce dernier caractère qu'il parut pour la première fois, le il octobre 1683, dans] la pièce àf Arlequin Protêt, de Fatouville. A la mort de Dominique, en 1684, qui faisait un vide immense dans leur spectacle, les comédiens italiens fermèrent leur salle, afin d'aviser entre eux aux moyens de remplacer cet excellent acteur. Au bout d'un mois, le théâtre fut rouvert, et Angelo Constantini, dans une scène préparée, reçut des mains de Ctatombine le masque et l'habit d'Arlequin. Mais une particularité remarquable, en ce qu'elle allait contre la tradition, c'est qu'il joua toujours ce rôle à visage découvert, parce qu'il était doué, dit-on, d'une figure gracieuse et que le public avait pris goût à son jeu de physionomie. Il continua de remplir cet emploi jusqu'à l'admission d*Évariste Gherardi, son successeur (1689). H reprit alors la casaque de Mezzetin, qu'il ne dépouilla qu'à la suppression de la Comédie-Italienne, qui eut lien le 4 mai 1697. A la dispersion de la troupe, Constantini se rendit à Brunswick, et de là auprèsde l'électeur de Saxe, qui l'attacha à son service comme comédien. Ce prince fut tellement satisfait de la manière dont il s'acquittait de son emploi, qu'il ne craignit pas de lui accorder des titres de noblesse, ainsi que la charge de trésorier de ses menus plaisirs et la garde des /bijoux de sa chambre. Ces faveurs, si peu réfléchies , tournèrent la tète au pauvre Mezzetin, au point qu'il ne recula pas devant l'idée d'élever ses vo3ux jusqu'à la favorite de l'électeur. Celle-ci, irritée de tant d'insolence, se plaignit, et le prince, s'étant mis aux aguets, surprit le coupable, qu'il fit arrêter et conduire au château de Kônigstein, où il demeura enfermé pendant plus de vingt années. Après une aussi longue captivité, il obtint enfin sa liberté, et fift expulsé des États de Saxe. Constantini revint a Vérone ; mais il y séjourna peu de temps. Le désir de revoir Paris le ramena dans cette vjlle, vers la fin de 1728. Accueilli comme un ancien camarade par les nouveaux comédiens italiens, qui avaient été rétablis en France en 1716 , Constantini , plus que septuagénaire, reparut sur la scène, le 5 février 1729, dans la Faire Saint-Germain , que Riccoboni fils avait fait précéder d'un prologue de circonstance. Il y obtint un succès pro-
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digieux, quoique le prix des places eût été double. Cependant, l'accueil du public n'ayant pâB toujours répondu par la suite à son attente, H résolut de quitter le théâtre, et Vannée suivante il retourna dans sa patrie, où il mourut quelques mois après.
Son portrait a été gravé par Vermeolen, et ce qui lui doue surtout du prix, c'est le sixain de La Fontaine placé au-dessous, et que voici :
Ict de Mezxetln, rare et nouveau Protée, ta figure ett représentée.
La nature l'ayant pourvu Des doua de la métamorphose, Qui ne le rott pas n'a rien vu, Qui le toit a tu tonte choie.
* coflSTAjmni ( Constantin ), fils d'un riche négociant de Vérone, et probablement de la même famille que le précédent, s'essaya sur le théâtre deUComédie-Italieane, en 1687. H ne manquait pas d'intelligence, et s'y fat sans doute maintenu j mais une chanson satirique qu'il fit contre la nation française indisposa le public, et le contraignit de partir. Ed. Di Manne.
jhmaUt dm 7h.-lftten> «a D*Orlfoy. - 0** <*» Th - Italien, de Deshoulmfers. - Mercure de France, ann. im
*cohstantim (Antoine), poète italien, vivait dans la seconde moitié du dix-septième jiècle. D était de l'ordre de Saint-François. On a de lui : Vienna liberata et VOttomanna superbia abbatuta,poema eroico; Rome, 1690, 2 vol. in-12.
Adehn* , anppl. à Jocber, AUgem, Gelehrten-lAilco*.
* GOHSTAHTiiri (Joseph- Antoine), jurisconsulte italien, vivait dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. On a de lui : la Verita dal Diluvio ftnivenaie vindicata da i dubbj; Venise, 1747, ù*4°.
Adeteng, supaiém. à Joeher, AUeem. CeUhrten-Lexic.
* coHSTAHTltro (D. J9rooimce),TJce-roides Indes portugaises, vers 1560. C'était le quatrième fils de D. Jaime de Bragance et de Joana, fille de l'alcaide de Mouréo. Après avoir terminé ses études, il vint à Lisbonne, où il se lia avec Camoëns, probablement bien avant son ambassade en France, qui eut lieu vers 1542. Les Indes portugaises se trouvaient dans une voie de décadence visible , lorsque la régente de Portugal , Catherine, songea à envoyer un membre de la famille royale à Goa en qualité de vice-roi : elle fit choix de Constantino, et celui-ci parvint aux Indes en 1558. Dès le début son administration fut vigoureuse. Entre autres exploits accomplis sous son gouvernement, H fout citer la reddition de la place de Damào, sur les confins du royaume de Camboya. H s'empara ensuite de Jefanapatnam , dont la capitale était située non loin des embouchures du Gange. Pour effectuer cette conquête, dont le Portugal devait tirer de si grands avantages, il arma une^otte considérable, et planta son pavillon sur l'un des vaisseaux qui allaient être le plus exposés; malgré une vive
— CON8TAHTINO
résistance , il entra dans le port, et contraignit bientôt le radjah à prendre la mite. Le butin fut considérable ; mais la perte la plus vivementseD ne parmi les populations hindoues fut cette de la prétendue dent de Bouddha, que l'on conservait dans cette cité , et qui y attirait une foule considérable. Le souverain qui commandait alors dans le Pégu lui en fit offrir une somme immense f néanmoins , il la fit brûler et après qu'on l'eut broyée , ordonna qu'on en jetât les cendres au vent (l).
Constantino avait connu Camoèns en Europe, et il lui prêta généreusement son appui dans l'Inde; ce fut après le départ du noble ^vice-rot que le poète fut emprisonné. Constantino mit l'Europe, en 1561, et dès lors on perd sa trace. Diogo de Couto affirme qu'il était réellement pauvre lorsqu'il retourna en Portugal, et qu'il ne voulut jamais accepter de nouveau les fonctions qu'il venait de remplir avec éclat. 11 se retira à Villa de Estremoz avec sa femme, et mourut sans postérité. Ferdinand Denis.
Dtogo de Couto, Décodas. - La Clede, Hist. de Par tugai. — Pedro Barreto dl Rezende, Tratado dot tézoreis, ma. de la Blbl. Imp..
* cOMSTAJiTiflO (François- Marie), jurisconsulte italien, vivait à Rome en 1701. On a de lui : Obseivationes/orenses practicabiUs , swe commentaria ad varia capUa Statutorum almœ %rbis,quibv* multa nedum ipsis Sto* tutis, verum eliamjuri eommuni , accommadata, ezplanantur et dilucidantur ; Rome, 1701 , 2 vol. in -fol. Cet ouvrage est une sorte de code où l'auteur traite successivement des statuts en général, des devoirs des juges, de leur incorruptibilité , de l'obligation imposée aux magistrats sortant de charge de comparaître pendant dix jours devant les syndics de la ville pour y répondre de leurs actes. Les autres parties de l'ouvrage portent sur des matières spéciales du droit, telles que les rescisions ou restitutions en entier, les compensations, les interrogatoires sur faits etartioles, les enquètes,|les péremptions, etc. Le tome II a trait aux droits pécuniaires des femmes et aux matières testamentaires, fin même temps, l'auteur y discute d'autres questions de législation, telles que les prescriptions , les tutelles, etc.
Journal de* Savent*, itot. - Adètanf, supot i Mener, AOgem.. GeUMrten-Lexicon.
(l) Dtogo de Couto raconte alnaile tait* qui est ordinairement défigure dans le« narration* historiques relatives à l'Iode, où on lai donne toujours use certaine Importance. « Le vice-rat ordonna que la dent ffftl apportée; 11 la remit a l'archevêque, qui en présence de toute l'assistance la posa dans nn mortier, et la pila de sa propre main Jusqu'à ee qu'elle lût réduite en poudre. Ensuite, le prélat Jeta cette poussière dans un braeelro «joli irait lait apporter .tout exprès. Les cendres les charbons, tout fut répandu dans la fleuve à la vue des population*. Mais on murmura beaucoup à ce propos contre le tlce-rol, eo dkant que Jamais les Idoles ne pouvaient attaquer en idolâtrée lorsqu'ils voulaient ae livrer à lent culte ». Un dépit des précautions de O. Constantino, la dent de Bouddha est aujourd'hui à Ceylaft.
COWSTÀNTINO — CONTAMINE
* cwwtAHnmi {Manoel) , littérateur portugais, né à Fdnchal (Madère), mort à Rome, en 1614. Il tint s'établir à Rome, et y professa la philosophie an collège de la Sapience. Plus tard il fat nommé clerc du sacré collège et professeur de théologie au gymnase romani, H avait acquis une rare facilité à écrire en latin, sans toutefois négliger l'étude de l'histoire, à laquelle il se livra enfin exclusivement. Ce fut à Rome même qu'il poblia un travail remarquable sur l'origine et les faits les plus importants des rois de Portugal. Les ouvrages de Manoel Constantino ont pour titres : rnsute Materix historia , suivie de Oraftoaes dttx habit» coram Clémente Vllïet Greçwio Xîfï; Rome , i 599 , m-4° ; — Historia de origine atque vita regum LusitanUs; Rome, 1601, ia-4°h, — Carmina varia; Rome, in-4° : ces poésies ont été Imprimées séparément, à diverses dates.
Aotoolo., IHbL Mspana nova» — Barbosa Macbad», MM. lusitùna.
COB6T4MTINVS (Emmanuel) > théologien portugais. Voyex GoiisTAirrmo(Afaitoei).
COH8TAHT1NUS ( Juliu* Oeltus). Voget Celsus.
coHBTAimiTS ou c#MgTAHZio. Voyez Constant!.
coîTTiDïs (LoHis-George-Èrasme , marquis ») , maréchal de France, né le 1 1 octobre 1704, mort le 19 janvier 1793. Entré au service en qualité de second enseigne au régiment des gardes françaises (1er janvier 1720), il parvint, après avoir passé par les grades inférieurs, à celui de colonel du régiment d'infanterie de Flandre, le 10 mars 1734. Envoyé a l'armée d'Italie, il se distingua à la défense du château de Colorno, où Mec 400 hommes il sut contenir 14,000 ennemis. Blessé à la bataille de Parme ( 29 juin 1734 ), il rejoignit l'armée sur la Secchia, combattit à Goastalla à la tète du régiment d'Auvergne, dont il était devenu colonel , et fut créé brigadier par ***** du 18 octobre suivant. Envoyé en Corse, il abtiat la souimssion de tout le pays, ainsi qm le désarmement des liaMtants de la mon- «•«, et fut nommé maréchal de camp le 1er janvier 1740. De retour en Fnance (juin 1741 ), il fat employé aux armées de Westphalie ( 1741 ), <*o Rhin (1743), combattit a Ettfngen , puis H pa«a en Flandre ( 1744), où H servit aux sièges <ie Menin, d*Y)prss et de Fumes. Lieutenant fftoéral (i« avril 1745), il continua le siège de Touraay, et servit activement à ceux d'Ostende <* de Nieuport , fit prisonnière la garnison du chtfcau de VHvurde , et se trouva à la tète de la "berve à la bataille de Raucoux. La paix conclue a Ah-to-GhapeiOe ayant été rompue par les An* gbtt ( 1756), le marquis de Oontades fut employé à l'armée amûlaire d'Allemagne , s'empara de la fesse, combattit à Hastembeck, à Crevé! t, et obligea le prince Ferdinand de Brunswick do «■Maer à U droite cm Rnm.^ammé maréchal de
France (24 août 1758), il surprit le camp que le prince de HoJstein-Gottorp commandait à fiork , le poursuivit jusqu'à Flartéren , dégagea le corps de troupes du duc de Chevreuse, qui se trouvait assailli par des forces disproportionnées, et força l'ennemi d'abandonner Werie. Chargé du commandement en chef de l'armée d'Allemagne (18 février 1759), il s'empara de la Hesse , de Paderborn, de Minden, d'Osnabruck, d'une partie de l'électorat de Hanovre, ainsi que de Munster et de sa citadelle. Défait à Minden (1er août) par le prince de Brunswick, le marquis de Oontades , qui rejetait cette défaite sur ce que le duc de Brogiie n'avait point pris l'ennemi en flanc , ainsi qu'il le lui avait ordonné, abandonna l'armée ( 1er novembre), et revint en France, où il obtint (1762) le couiittafidement de la province d'Alsace. Doyen des maréchaux de France, il mourut à Lhrry, à l'âge de quatrevingt-hnit-ans.
Il existe plusieurs descendants du maréchal.
Son fils, le marquis de Coiytades, brigadier des armées du roi, fut tué dans la Vendée, en 1794 ; il laissa trois fils :
L'aîné, Érasme-Gaspard, comte de Oontades, fut nommé sous la Restauration lieutenant général et commandeur de Saint-Louis. Appelé à la pairie en 1815, il siégea à la chambre des pairs jusqu'à sa mort, en 1834.
Le second fils, Louis-Gabriel-Marie, marquis de Contadbs-Giseux, aussi lieutenant général, mourut en 1825.
Le dentier, Gaspard- Jules- François, vicomte de CoOTABBS, mourut en 1811, général-major au service de l'Autriche.
L'alné de ces trois frères eut trois fils : l'an , officier supérieur de cuirassiers , fut mortellement blessé à la bataille d'Esslingen ; il était le père du marquis de Contades actuel.
Le second, Mery, fut, sous l'empire, intendant d'une province illyrienne et préfet du Puyde-Dôme.
Et le troisième, Érasme, aide de camp du générai Lauristota, fut tué à la bataille de Dresde.
Enfin, leur oncle, le vicomte fuie* db Contades, était gentilhomme honoraire de la chambre du roi Charles X.
Ifiograph. des contemporains. — Pinard, Chronol, milita t. III, p. «4<. — De Goarcelles, Dict. des généraux français.
* gohtaminb (Théodore, vicomte or), général français , né à Givet ( Ardennes), le 4 mai 1773, mort vers 1845. 11 montra dès sa première jeunesse beaucoup d'aptitude pour les mathématiques. Entré au service de Hollande comme souslieutenant dans un régiment allemand levé pour les colonies, il s'embarqua, le 8 mai 1787, pour le cap de Bonne-Espérance , ou il aborda le 29 novembre suivant Deux ans après, il fut envoyé à Batavia, puis à Ceylan. De cette île il fit une