COQUEBERT
peine âgé de cinq ans, il tomba d'une voiture, qui lui passa sur le corps. Cet accident lui causa une surdité absolue, qui entraîna la perte de l'usage de la parole. Il savait déjà lire, et doué d'une grande intelligence, d'une prodigieuse mémoire, il apprit sans maître le français, le latin, le grec, et la plupart des langues vivantes de l'Europe. Jourdain lui enseigna les éléments de la langue arabe , dans laquelle il se perfectionna seul. 11 savait même le malais , langue à peine connue à Paris. En 1816 il fut attaché au bureau de statistique du ministère de Tintérieur, dont il devint sous-chef. De là il passa au bureau de l'agriculture. En 1806 il fut nommé secrétaire interprète au ministère des affaires étrangères, emploi qu'il occupa longtemps. On a de lui : Notice sur Vétat des Israélites en France ; Paris, 1821, in-8°; — Extrait des prolégomènes historiques d'Ibn-Khaldoun, trad. de l'arabe (avec l'original à la suite) ; 1824 ; — de l'Art de V architecture; de 16 p. in-8*. Il a donné quelques notices au Journal des mines, au Bulletin de la Société philomathique et au Journal de la Société asiatique de Paris. Il a légué sa bibliothèque à la ville de Rouen. Guyot de Père.
Renseignements par&eulien.
goqubbbbt db TflAKY (Le chevalier André-Jean-Baptiste) , littérateur français, né à Reims, le 15 janvier 1758, mort dans la même ville, le 8 octobre 1815. Il était capitaine au moment où commença la révolution, et émigra avec presque tous les officiers de son régiment. Il rentra en France sous le consulat, et se consacra entièrement à la littérature. On lui doit plusieurs articles littéraires dans le Dictionnaire des ouvrages anonymes de Barbier et dans la Biographie universelle des frères Mîchaud.
Quérard, la France littéraire.
coquelet (Louis ), écrivain facétieux, né à Péronne, en 1676, mort le 26 mars 1754. On a de lui : Éloge de la goutte; Paris, 1727, in-12; — la Méchante femme; Paris, 1728, \iiri2; — VAsne; Paris, 1729, in-12; — T Éloge de quelque chose, dédié à quelqu'un, avec une préface chantante; Paris, 1730, in-12 ; — V Éloge de rien , dédié à personne, avec une post-face, troisième édition, peu revue, nullement corrigée et augmentée de plusieurs riens; Paris, 1730, in-12 : la première édition avait paru la même année. Cet opuscule a été réimprimé, ainsi que l' Éloge de quelque chose, en 1793 et 1795. Les Éloges de quelque chose et de rien font aussi partie d'un volume in-48, imprimé sous le titre d' Encyclopédie liliputienne ; — Éloge des paysans aux paysans ; Paris et La Haye, 1731, in-12; publié sous le pseudonyme deGay-MathurinD... ; — le Triomphe de la charlatanerie ; 1730, in-12; — Y Almanach burlesque, et pourtant véridique , contenant maintes joyeuses prédictions ; 1733, in-16; — Mmanach des dames savantes fran-
— COQUELEY 7«
çaises, pour l'année 1736; Paris, 1735, io-18;
— Calendrier des fous et stultomanie; chet Maturin Petit-Maître, imprimeur et libraire privé des Petites-Maisons , dans la rue des Écervelés,à l'enseigne de la Femme sans tite, Van depuis qu'il y a des fous; 1737, m- 18;
— l'Olympe en belle humeur; 1750, in-12 : c'est le même ouvrage que les Amusements de toilette , ou le quart d'heure perdu. Coquelet a eu part aux Mémoires historiques d'Amek* de La Uoussaye, 1742, 3 vol. in-12.
Desessarts, les Siècles litt. — Quérard , la France littéraire.
COQUELET DE CHAUSSE-PI ERES {Char-
les-George), jurisconsulte et littérateur français, naquit à Paris, en 1 7 1 1 , et mourut dans la même ville, en 1790. Reçu avocat au parlement de Paris dès l'année 1736, il devint censeur royal pour les livres de jurisprudence, et fit partie da conseil de la Comédie-Française. Cette circonstance fortifia son goût pour les jeux de la scène ; il parut comme acteur sur plusieurs théâtres de so ciété, et ses progrès furent tels, que Collé, dans ses Mémoires, n'hésite pas à déclarer « qu'il le « regarde comme un des meilleurs comédiens « qu'il ait jamais connus. Il a un masque exceft- « lent, une intelligence supérieure, un comique « et un naturel que je n'ai vus qu'à lui. Je ne « crains pas de dire qu'il est au-dessus et fort « au-dessus de Préville. » Il est bon d'observer que Coqueley jouait les rôles de ce dernier dans les comédies de Collé, et que la reconnaissance de l'auteur a pu exagérer à ses yeux le mérite d'un tel interprète. Au reste, Collé-, qui n'était rien moins que bienveillant , blâme dans Coqueley son amour désordonné du plaisir, et va jusqu'à lui reprocher de vivre àpot et àrét avec les comédiens et les comédiennes, singulier grief de la part d'un homme qui passait sa vie dans les coulisses ! Cette existence joyeuse n'empêchait pas Coqueley de remplir les devoirs de sa profession. Sa signature se lit à la lin de plusieurs facturas judiciaires, dans des causes peu importantes à la vérité, mais qui empruntaient du nom des parties plus d'importance qu'elles n'en avaient par elles-mêmes. C'est ainsi qu'à l'occasion d'une montre à répétition déposée à titre de nantissement entre les mains de Poinsinet , auteur de la comédie du Cercle, et dont une de ses clientes demandait la restitution, l'avocat se livre à un persiflage continuel, qui fend à rabaisser le mérite littéraire et, ce qui est plus grave , à inculper la délicatesse de la partie adverse , qui gagna cependant son procès et fît prononcer la suppression du factum, qu'on a reproduit depuis, avec plusieurs autres du même avocat , dans le recueil intitulé : Causes amusantes et connues. Ils portent l'empreinte du caractère naturellement facétieux de Coqueley (1);
(0 Un autre factum tris-plaisant de Coqueley encourut aussi la peine de la suppression. Il s'agissait d'au chat trouvé mort dans la cave du sieur Guy, libraire*
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mais , ainsi que tons le* bons ou mauvais plaisants de profession, il subit lui-même a son tour des représailles, qui égayèrent le public à ses dépens. On connaît assez généralement la riposte piquante qull essuya de son confrère Linguet. L'ayant rencontré un jour, il lui dit : Bonjour, monsieur Lin-gu-et , en affectant de détacher chaque syllabe, de manière à changer la prononciation de ce nom ; Serviteur, monsieur Coq-u e~ley ( Cocu et laid) , repartît le vindicatif confrère; à-propos d'autant plus décisif que, s'il mut en croire la chronique charitable du temps, Coqueley méritait Tune et l'autre épithète. Ce nom malencontreux lui attira un autre persiflage, Tenant encore de plus haut. Mécontent de l'approbation que Coqueley, en sa qualité de censeur royal, avait donnée à V Année littéraire , Voltaire lit exprès d'estropier son nom. Le malavisé censeur eut l'imprudence de s'en plaindre à Voltaire lui-même, en lui écrivant que ce nom était mieux orthographié dans l'histoire du président de Thou. Le malin vieillard lui répondit : « Comme je n'ai cette histoire qu'en latin, et que « de Thou a défiguré tous les noms propres , je « n'ai point consulté ses dix gros volumes , et « je n'ai pu vous donner un nom en us. Si votre « nom se trouve dans cette histoire , il ne doit « pas certainement être au bas des feuilles de * Fréron. »
On attribue à Coqueley quelques chansons burlesques, et entre autres le Cantique de Virginie, qui a été inséré dans plusieurs recueils, et deux pièces facétieuses destinées à verser le ridicule sur ce qu'on appelait alors la tragédie bourgeoise ; l'une a pour titre le Roué vertueux, poème en quatre chants et en prose ; Paris , 1769, et Lausanne, 1770, in-8° : c'est- une parodie de V Honnête criminel de Fenouillot de Falbaire; l'antre est: M. Cassandre , ou les effets de Vamour et du verd-de-gris , en deux actes et en, vers, par M. Doucet; Amsterdam et Paris, 1775, in-8°. Coqueley de Chausse-Pierre redevenait sérieux quand il le fallait : c'est à cette disposition, plus conforme à la gravité de son état, qu'on dut la publication d'un ouvrage utile lorsqu'il parut : le Code Louis XV, ou recueil des principaux édits , déclarations, ordonnances depuis 1722 ; Paris, 1758 et années suivantes, 12 v. in-12. 11 fut un des rédacteurs du Journal des savants, depuis le mois d'août 1752 jusqu'en juin 1789. Desessarts et M. Quérard, d'après la France littéraire d'Ersch, mettent au nombre de ses ouvrages des Études de droit civil et coutumier français ; Paris, 1 789, in-4*. J. Lamouregx.
Collé. Journal historique* ou mémoires critiqua et littéraire*, tome III, etMémotres pour servir à t histoire de ta république de$ lettres, t IV. — Voltaire, Cotres-
associé de Dacbesne, et qu'an «leur Boycr aecnsalt madame Guy d'avoir toé. Le parlement Maupeou décida que la Justice était une chose trop grave pour qu'on se permit de rire , même a propos d'un chat mort ( w août