CUVE — CLODION
le mois de mai 1766, au plos fort de sa lutte «1TCC les ofifidersy il écrivait au gouverneur de Madras : « Pensez-vous que l'histoire fournisse un autre exonple d'un homme ayant40,000 livres sterling de rente, une femme, une famille, un père, une mère, des frères et des sœurs, et abandonnant sa patrie et toutes les jouissances de la vie pour prendre la charge d'un gouvernement aussi corrompu , aussi insensé, aussi dénué que l'est celui-ci de tout principe de raison et d'honneur ? u  la fin de janvier 1667, Clive quitta le Bengale, pour n'y plus revenir. £n Angleterre il devait encore rencontrer des luttes.
En 1773' le parlement chargea deux commissions de faire une enquête sur les affaires de la Compagnie. A la session suivante, en 1774, te colonel Burgoyne présenta le rapport des- commissions , et provoqua un débat à jamais mémorabledans les annales parlementaires de la Grande- Bretagne. Après avoh* tracé l'histoire du Bengale depuis U prise de Chandemagor sur les Français, le rapporteur, s'attaquant à Clive luimême, le montrait profitant, pour s'enrichir, des désordres de l'administration, recevant pour plus de 2,080,000 roupies de présents; il concluait en demandant un grand acte de justice nationale, qui imposât une restitution générale de tant de millions indûment perças, afin que la Compagnie, frustrée par ces concussions, pût les appliquer à payer ses dettes. Si les concussions de Clive étaient incontcstaliles, ses services l'étaient plus encore. Les uns firent oublier les autres, et la chambre, tout en constatant la véracité des conip tes présentés par Burgoyne, refusa d'admettre ses conclusions, et déclara à l'unanimité que lord Clive avait rendu à son pays de grands et méri toires services. Ce débat causa à lord Clive une irritation profonde, et lui laissa une mélancolie sombre dont rien ne pouvait le distraire. Cette idée que lui , le conquérant et pendant quelques années le souverain absolu du Bengale, lui qui avait élevé et renversé des trônes, avait été forcé de s'asseoir sur la sellette de l'accusé , cette idée Tobsédait, et finit par troubler sa raison. Il avait rapporté du Bengale une maladie de foie. Le seul remède qu'il voulut employer fut un usage immodéré de l'opium. Bientôt lî augmenta tellement les doses, que sa mort tut un véritable suicide.
Telle fut la fin d'un des hommes qui ont le plus fait pour la grandeur de l'Angleterre. Malgré ses brusqueries et ses violences, Clive était dans la vie privée bon et aimable; 11 fiûsait te plus libéral usage de son immense fortune. Il donna 70,000 livres sterling ( 1,780,000 fr.) pour constituer un fonds dont la rente serait employée en pensions pour les officiers et les sous-officiers infirmes par suite de blessures reçues au service delà Compagnie. Il représenta le bourg de Shrewsbury depuis 1760 jusqu'à sa mort; mais il parla rarement. Cependant, lorsqu'il fut attaqué en 1774, il déploya dans sa défense une éloquence
très-remarquable. En politique, il a p partani au parti des whigs modétés.
Blographla brttanniea. — lloae , Jfetr ftfogropMcaf dtctlonanf. — HM. Dnbols de /andgny et Xarler •a|^ mond, Jnée, dans l'Vniven pittore$fue,
CLIVE (Catherine) 9 achrice anglaise, née ci 1711, morte en 1785. Elle s'appelait Rqftor de son nom de famille. Elle montra de bonoe heuie du goût et du talent pour le théâtre. Ayant été recommandée à Cibber, elle fut aussitôt enf^agée^ et débuta sur le théâtre de Drury-Lane, dans le rôle d'Isroérie, page de Zéphores, de la pièce de Mithridate, En 1731, la manière dont elle jon le rôle de Nell, dans le Diable à pager (VevU to pap ), la fit regarder comme la première actrice anglaise dans son genre. En 1732 elle épousa un homme de loi, nommé (George Clive.
Ce mariage ne fut heureux pour aucun des deux époux, et aboutit bientôt aune séparation. En 1761 mistriss Clive quitta te théâtre. Peu d'actrioet ont possédé un talent aussi étenda et aussi flexible. Elle était de plus bonne musicienne et avait une belle voix, a La vie de mistriss Clive, dit un biographe anglais , bien loin de prêter I la censure, était exemplaire et digne d'éloges. >
Rose. Ifew tHoçraphieal dietUmarf,
GLODiON, dit le chevelu, roi on chef Hei Francs, vers 430 de J.-C. Les Francs, qui ooiiimencèrent alors à s'établir en Gaule, étaient divisés en plusieurs tribus , commandées par autant de chefs indépendants les uns des autres. Le plus ancien de ces chefs sur lequel nous ayons des données véritablement liistoriquei est Clodion. Grégoire de Tours ne parle qu'avec une extrême défiance des chefs antérieurs â ce dernier. Suivant cet écrivain, Clodion partit de sa résidence, le cliâteau de Disparg en llniringe, vers l'an 430; il passa le Rhin, s'empara de Cambrai, et soumit peu h peu tout le pays situé entre le RIdn et la Somme. « Quelques-uns ai- « surent, dit ensuite l'historien, que le roi Mé- 't rovée, qui eut pour fils Childéric, était de ra (( race. » Mais il ne dit pas un mot de plus 'ni sur Clodion ni sur Mérovée. Il faut donc regarder comme fabuleux tout ce que .plusieurs histoires de France racontent des exploits du rè^ de Clodion. Quoique la longue cherclurc fût le signe distinctif des princes mérovingiens, les chroniqueurs donnent plus particulièrenient h Clodion le nom de Chevelu. Selon le |>ln*lologne allemand Grimm, hlodio, d'où l'on a fait Clodion , signifie célèbre.
Grégoire de Tourt. — Stsmondl, HUt. des FranfaU.
CLODION (Claude-Michel), sculpteur, né à Nancy, vers 1745, mort en 1814. Il est moins connu par ses ouvrages de grande proportion, tels que V Hercule en repos, le fleuve Scamatt' dre, le Déluge, etc., que par ses charmantes figurines, la plupart de terre cuite, aujourd'hui si recherchées des amateurs. S'il avait eu no goût moins pur, on eût pu le surnommer le Bowher de la sculpture. £. B— n.
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CLODIOM ^ GLODIUS
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Oabct, DUtUftmain OttartiUêifrMçmU on div-niii-
vièm» OèeU, - OrUndi, jibbeeêdario pUtcrieo.
CLODIU8 (PubUuS'Apphu)^ tribun romain^ tué Tao de Rome 701 ( 63 aYant J. -G. ). Il appartenait à l'antique et orgueilleuse famille Claudia ou Clodia {voy. Appivs). Seul de cette maison, il démentit Tesprit aristocratique qui semblait y être héréditaire, et il a obtenu une sorte de célébrité par ses intrigues ambitieuses et la scandaleuse dissolution de ses mœurs. Clodius eut d'abord un commandement en Asie, dans l'armée de Lucullus, son beau-frère, dont il essaya de foire rérolter les soldats; puis son autre beau-frère, Marcius Rex, l'ayant mis À la tête de sa flotte, il fut battu et pris par les pirates. Lorsqu'il eut été fendu à la liberté, il s'attira quelques désagréments à Antioche par son humeur foctieuse, et reTint à Rome. A cette époque on l'accusait d^À d'hiceste avec ses sceurs , et pendant sa questure il excita l'indlgnatioa publique par une conduite andadense et effirontée. César avait épousé Mutia Pompda, la fille du grand Pompée : Clodius était amoureux de cette femme, qui le payait de retour; et pour s'assurer une entrerue avec elle, il saisit l'occasion des mystères de la bonne déesse, d'où tout homme était sévèrement exclu. Ces mystères étaient célébrés alofs dans la maison même de Mutia Pompda. Clodius, déguisé en femme et guidé psH* une esdave, espérait entrer sans être reconnu; mais une maladresse le fit découvrir. Il eut pourtant le bonheur de s'évader. Cette violation des choses saintes excita dans Rome une indignation générale : le sénat ordonna aux consuls de rendre im décret pour faire juger Clodius par le peuple. Les débats furent si violents, qu'il fallut se contenter de l'assigner au tribunal du préteur. Clodius avait pour lui.la populace, dont il partageait les désordres , et la faveur de Crassus, de César et de Pompée, qui voyaient en lui un utile faistrument de leur ambition. Il gagna ses juges par les moyens les plus honteux, et fut absous. Non content de ce succès, Clodius voulut encore se venger de ses accusateurs, de Cicéron surtout, qui avait porté témoignage contre lui. Il renonça au rang de patricien, se fit adopter par Fonteius, plébéien obscur, et fut bientôt après nommé tribun du peuple par l'appui de César, de Pompée et de Crassus, qui non moins que lui désiraient alors humilier le sénat. Les deux consuls, Pison et Gabinius, secondèrent ses vues. Clodius fit rendre plusieurs lois favorables au peuple : par l'une fl était ordonné que le Mé, ordinairemoit vendu au peuple, serait distribué gratuitement; une autre défendait aux censeurs d'exclure du sénat un citoyen et de lui infliger aucune peihe infamante avant de l'avoir accusé et fait condamner publiquement; une troisième défendait de prendre les auspices et d'observer le ciel lorsque le peuple serait assemblé pour les aifoirea publiques; une Quatrième statuait que les
andemies compagnies mi assodatioiui d'onvrien» abolies depuis If uma, seraient rétablies, et qu'on instituerait d'autres corporations de même nature. Mais ces lois n'attdgnaient pas Cicéron, et c'était lui surtout que Clodius voulait frapper. L'an de Rome 695 (59 avant J.-C. ), Clodius fit passer une loi qui privait du feu et de l'eao quiconque auraitfait mourir un citoyen non condamné par le peuple. Cicéron (vop, ce nom} n'était pas nommé dans cette loi; mais il se l'appliqua : le dangei* qu'il courait rallia autour de lui le sénat et les chevaliers. Clodius était à la tête d'une partie de la populace et d'esclaves armés ; il avait pour lui les deux consuls et la faveur seciète des triumvirs, ce qui fit dire publiquement qu'il foUait que Cicéron périt une fois ou qu'il fCIt deux fois vahiqueur. Cicéron ne crut pas devoir engqger la lutte, et sortit de Rome la nuit pour se rendre en SicUe. Claudius fit passer une loi qui le condamna k l'exil, ordonna la confiscation de ses Mens, et fit détruire et piller toutes ses propriétés.
Un démagogue aussi audacieux ne pouvait être longtemps l'instrument docile de ceux qui l'avaient employé. Aussitôt que César fut parti pour les Gaules, ce tribun ménagea si peu les triumvhrs eux-mêmes que Pompée song^ à rappeler Cicéron. Alors eurent lieu les sotoes sanglantes qu'excitait le tribun Milon, non moins tnr bulent que Clodius. Clodius ne parut pas éliranlé du retour de Cicéron. Après de Douveaus excès, il obtint l'édUité. Rome était à cette époque livrée à une déplorable anarchie : il y avait plus d'an an qu'elle était sans consuls, lorsque Milon prétendit au consulat et Clodius à la questure. La lutte semblait devoir s'engager entre ces deux hommes avec plus de ftireur que jamais, lorsqu'ils se rencontrèrent par hasard sur la voie Appienne, non loin de Rome. Les gens qui les accompa^iaient s'insultèrent. Clodius, blessé dans la mêlée, s'enfuit dans une maison Toisine : Milon vint l'y assiéger, et son rival en fut arraché et tué. Le corps de Clodius resta sur la route.
Outre les lois que nous avons indiquées plus haut, Clodius en avait fait rendre d'autres enooie, dont le détail ne peut trouver place id. [A. Sa- VACNEB, dans VBnc. des g, du m.]
PluUrque, César, Cicéron, Pompée. — Drnmaim, GesehicMe iloMi. — CteéroD, pro SexUo, pro âtUane in CtontîiMN.
tLODius (Macer), général romahi,morten 68 de l'ère chrétienne. Nommé gouverneur de l'Afrique par Néron, il leva l'étendard de la révolte aprà la mort de oe prince, et prétendit au trône impérial. Il s'engagea dans cette entreprise à l'faistigation de Calria Crespinilla, que Tadte appelle llnteodante des débauches de Néron ( magistra libidinum Neronis ). Ce fut aussi par ses consdis que Maœr interdit le transport des gndns en ItaUe, dans le but d'affomer Rome. Galba, dès son avènement au trône, fit tuer Macer par le procnrateur Trebonfais OaradaflHS.