‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 12 sur 118 · CXII, V · texte numérisé non relu

CXII, V

(8) Voyez le manuscrit de la BlbUotbèque Impériale n» 8M», fol. cxiJ, v«.

(4) « A Jeban Chenebant, serviteur de Georges Chastelain, la somme de soixante sols, quand 11 a naguères apporté à mon dit seigneur (Charles le Téméraire), en U ville de Brouzelles, ung livret de par son dU malstre, touchant le trespas de feu de trés-noble mémoire monselgnenr le duc PbUlppe, fait le six* Jour dn dit mois de Juillet... n (Compte de 14C7; Laborde, ouvrage dté, iMd., no ine.)

(5) Dernière atrophe.

(S) Panthéon^ volume dté, page s tu. Le Bannscrlt 8t49 de la BlbUotbèque Impériale, qnl contient on fragment de la grande chronique de Chastelain, est orné aa feuillet cxu, verso, d'une vignette eiécutée avec on talent des plus remarquables. La flgnre placée & droite, et au premier plan de cette composition , nous montre Georges Cbsstelaln présentant son livre au nouveau duc, et nous offre peut-être an portrait ressemblant dachro- Diqueur. Elle a été reproduite dans Galgnléres, Âtaisanê étrangères, 1. 1, p. M.

(7) Manuscrit de U BlbUotbèque Impériale n» 7686. fol. Il et solvants. Cet onvrage a été Imprimé deux fois

très-glorieuie Vierge (1)$ — les douze Dames de Rhétorique (2) ; — Cent épistres ; — les deux Félicités ; — le Livre des trois divers Nobles; — le lÀvre des humaines grâces; — le Livre des Périls du monde (3); *- le Livre du père à son fils; — le Livre du faux amoureux; ^ le Uvre de la cause des in»

fortunes ; — le Livre des abusements de cour (4); -^ le Livre de la tranquillité des courages (3) ; — Vépitaphe de messire Jacques de Laiaing (6); — > ^ mffstère, par peN soonages» de la France présentée au deffunt rog Charles VIP de ce nom (7) ; — Épistre (8) à Castel (religieux de Baint-Denift, chroniqueur offidd de Louis XI ); — le Uon bandé^ pa> nëgyrique en Ters de Philippe le Bon (9) ; — le Mirouer des nobles (iO); — VOultre d'àmour (11); — Ballades, rondeaux, poésies diverses (12).

vers 15U. ( Voyex Panthéon Jitt., ToJaaie cité, page xxxviij, notei.)

(1) Mauascrlt 900S de la ttlbliotb. fmpér., imprimé à Valendennes, vera ISOO; In-i» de quelques fenlllets. Vtt exemplaire de eet oposcale rarissinw, vendu, Heber. 18 livres sterling 10 shellings, se trouve à Paris, don» la blbliotbèqae de M. Jérôme riclion , sous ce titre : S'enrntvent les ehansani Ceotgine», (Voyez Branet, Manuely 1841, tome I, page 641. )

(I) Manuscrits de la Bibliothèque Impériale de Parla 7891 (de b Gnilhase) et toâ (voyez Buchon. Panthéon Htt.^ volaroe elté. page xxxvi, et manuscrit tfi 78S, Gérard, de la Bibliothèque de La Haye ylasprlmé par M. Louis BaUssler, Moulina, 1888, grand in-4», ligures. Le.t prtaiclpaux auteurs de cet ouvrage sont Jean Bobertet et Montferrand , correspondanta littéraires et Id (foHaborateurs de CiMstelaln.

(8) On connaît une ancienne composition Intitulée les Périls on les doute Périls d^Enfer, Voyez dans cette biographie (BLOiiOKi;[/lo6erll)) tome VI, col. fMn, et Paulin Paris, Manuscrits français, etc., tome IV. page M4.

(4) Un autre contemporain de Georges Gkasiebin, le roi René d'An|ou, est fauteur d'une composiUon InUtulée r Abusé m cour.

(5) On ne eonnait des articles 4 à il de la présente énumération, que ces titres, mentionnés par Chastciain lui-même (voyez Panthéon Utt., volume cité, page S3S). Jean MoHnet Indique aussi comme étant âtf stfn m&ltre d'innumérables cantiqtirjj mètres viryitLeni, chansons orphéfnes (on georgines. voyez d-dessus. Louanges, etc.), proverbes saiomoniqués; tragédies, comédies et sentences prosaïques. ** Grand plenté de ses œuvres », ajoutet-ll« sont demeurées imparfaites» (PantAéon litt., volume cité, page xxïj),

(6) Manuscrit de la Bibliothèque myale dé I^ Haye, Gérard, n«> 78»; Imprimé plnsieufs fois, à la suite de h Chronique de Utiaing , noltaaatnt dans Pédithm de cette chronlqne faisant partie dn Panthéon lut., mi, volome de Comines, ete.. page 7fS.

(7) Manmerlt Gérard 783 ; publié par 9t. A. Jitbinal, LeUret à M. h eomU de Sahandf tut la mtlMhéque de La Hetve, ett.} HtH, iM, 10-8», pages M, xis et servantes.

(8) Manuscrit de la BiblloUièque Impériale âé Paris, Cèleatliit, u? ki, M. 84 et ràfttints , avee If réponse de CMtet. Manoscflt de la BttiloCMqiue royale de La fffye, Gérartf, ir* 78S. ^oy. Reiffesberg. Ifotice sur Chetsteiatrt (i»«qnéft è 11 fin de cet article), page il».

(») Mannsent, BIMIothéqne Impétiate, 8837, 14 ( Défit-* marre), à la fin ; maonserR de la BlbHothéqne de La Hdye. Gérard, n* 783.

(10) ManoscrH Gérard 78t. Cf. Backon. PontMon im.^ véhime efté, prage xxiv.

(II) Voyez Buchon , Ibidem.

<]l) MannacrfUi. Blbtlotlièqve Hnpéilale. Céleallftt, 47, col. 80, 7616} rapplément rraactfi, n* 60t, M. IM; voir

CUASTELAM co

Œuvres historiques : -- Exposition de Georges sur iférité mal prise (1) ; — le Temple de Boccace, ou d*aucuns nobles malheureux (2); — Opuscule en prose sur le traité de Pétmne, passé en 1468 (3); — Déclaration de tous les hauts faits et glorieuses adventuresdu duc de Bourgogne , suivie de V Éloge de Charles le Hardy (4); — Récollection des merveilles advenues en nostre temps (5); — la Grande chronique de Georges Chastciain , ou livre de tous les hauh et gransjaits de la chrétienté, souverainement de ce noble royautme de France et de ses dépendances, depuis Van vingt ( 1420 ) Jusques à maintenant ( 1474), etc. (6). Georges Chastdam fut en littérature une de ces renommées aojoordMiui complètement éch> sées et dont l'éclat non-seulement est devenu un mystère, mais peut encore passer pour un problème. Salué des applaudissements sans réserve de ses contemporains, il semble que Cliastchin n*ait pas même connu parmi eux de rivaux. Mescbinot et Jean Robeitet, autres

aussi les Boméros 7888, 8417 et 10,018 ii; Blbllethèqoe de La Haye, Gérard, n* 788 : Voyez Jubinal, Lettres citées, page 80. - On trouvera dans les Lunettes des princes, Paris, bigiion, 1881, In-il, page signée H « et suivantes, parmi les œuvres de Jean Mesehinot, vingtcinq princes ou canevas de ballades, composés par Georges Chastciain. On attribue à notre auteur le livre de r Instruction du jeune prince ( Ms. 19 de la Biblioth. roy. de BraxeUes; Imprimé en I8i7, à la suite du Ttfmpie, etc. ), et le Passe-temps Miehault, qui parait être de Pierre Chastciain. f'oy. Notice de M. Reiffenberg déjà citée, page no, et {c Manuel du Libraire, I84t, tome 11, page 649, tome III. page S8€.

(1) Manuscrit de la Bibliothèque royale de Bruxelles, signalé par M. Buchon (sans le ntiméro). Panthéon litt., OBuv. de Chastciain, page xtiii ; Imprimé dans ce mène voImm, pages 818 et solv.

(1) Désigné aussi sous ce titre : le Livre de rinçonstance de Fortune; miinuscrlts de la Blbl- un p. de Paris, 7,4rr, 7.888;; imprimé avec d'autres pièces sow le titre : le Temple lehmi Boceace ,• Paris. GalliotDiipré, I«i7, In-fol. f oy. Buchon. Punth. litt., OEuer. de aiastcUiin, pages xxvii à xzxvr.

(3) Manuscrit nirtque et hiédlt de la Bibliothèque «le Tooniay. f^oy. Bnehen, ibidem, pages xvi, xx. xxi, et l<o, note 1.

(4) Manuscrit de la Blbl. Imp. n<* 9,837, ti. Delamarrr. M. Buchon a donné une courte notice de ce manuscrit dans le vohime cité dcr Panthéon^ pages xxxiv et xi.ir. Il en a pnbM le texte dans le même volume, pége 50) r( suivantes.

(8) Lorsque cette pfécc parut eft France, elle n'y fut reçoe qn'avecdes corfeétiom, à ctase de reiiprit èowr guignon qui Tavalf Inspirée. II en etHe une double version, l'une ortginale et entière, l'antre corri:^ dans l'esprit français. Le Cet te complet de fa j^cmlère se trouve dans les mannscriCs dé la blbUotbèqne royale de Bruxelles n« 617 B, sefO et tfotres. Ce («xte a rtc publié par M. ftfifrenbcfrg éÊHà le tome % ûo son édttion den Ducs de Bourgogne, par M. de Barante. M. J. IMchon possède m exéiApftiIretnifrrMié de te- chroniqtfé mintiife et ofûclelte de Charles VU, (Wf le hértfnll Berrtf, PafK, François Regaavlt, 1898, in fol. A la Un da voNiroè se trouve une version françatse MiramiscrKe de la BéootleeHon. M. Buchon l'a publiée fr hi suite de la version of liriPale, dans le volome da Panthéon qui coMlent les OEuvres de Chastciain, page xist et suivantes.

C6yildns consacrerons ef-après i céfonvrate quelques détefoppemencs bibUographfqiies. ^ On a niiHIvement attrOiié à Cbastelatn hr Chronique de iMiatng, qui appartient à Charrolois, le hérault et le Chevalier délibéré, •dont le véritable auteur est Olivier d? la Maréïfe.

OIASTELAIN

ondes de leur temps tout à ftài oubliés de dos

jours, mettent simplement Georges le poète au-

I dessus de Térenee et au rang d'Homère (1).

I Ain que le lecteur puisse apprécier à son tour

I k taleur de ces éioges, nous extrairons des

CMTres poétiques de Chastelain un court spé-

» que nous choisirons avec impartialité :

Balulds.

, Triton, en ta boece irgentlne t Mase, en mnsanl en U douce Busctte, Ooonc looanffe et gloire cétcAUne Ao «fleo JMftébas . à la barbe rouisette, Qoand dn Tergler où croUt mainte noltette.

On nenn de Ijrs ytsent par nUllooi , AcocMD|Mlgaé de mes petits lyoos , ky conibatta Tonlversel aralgne Qnl m'a ironvé, par sn r^beiliom, Ljoa rampant (S) en croppe de uiontaigoe (3).

Ces rapprochements faits par Jean Robertet pcHTcnt seuiUer actuellement incroyables; ils M promrent cependant que deux choses : la première, c'est qu'en 1470 Téducation littéraire de ■os ûeaxy connue sous le nom mérité ôe renais» sauce* n'était pohit encore accomplie; la seoonfle est que dans tous les temps les exagérations et ks défauts les plus choquants, chez les homnes de talent et d*esprit une fois en possessjoa de la célébrité, ne suscitent pas de la part de b iovle une vogue moins suivie ni un es^j^oOnient rooms passionné que lenrs qualités les pins véritables.

Georges Chastelain en effet était liomme de talent et d'esprit. 11 Ta prouvé surtout ailleurs que dans ses œuvres de pore imagination. Aussi lattseruns-nons ces dernières (et nous pensons en agissant ainsi servir sa mémoire) au sein de rétemelle paix qui leur est due; nous réserverons à sa Chronique, k son véritable titre dlmmenr devant la postérité, l'espace restreint

U; Entre Us vifs en obtiens la eooronoc Po«F escripre «oit en prose oa en vers.

Snr la terre 40e la met environne Inl antre escript au Uen, cler, ne foisonne.

F.a toy retofst b satyre de Perse, De JuTénal , aussi ecUe d'Orace ; Ton élésaat parler Térenee jwrse ( perce P)

Toa eieeireat, n^als et Joyeux sUllc Qaf n'est de riens plus bas que de VIrglUc

Ta resaaabln Gorgtas Léonin,

Ea «raison Pltne second on -Tulle ,

■i bjUalre TIte Uve on Justin

El SafcuCe, qnl fit le JuçurtiUf

P^ar eomnenter te rens equal à Jule ;

■al antre eHvtpt le tien point ne recule:

Aree les bons , soit Lactance ou Homère,

Tir pms logfar, car Sis ea de leur mère.

( J. Robertet A G. Chaslelalo, dans lea Douté Aimes é» rkéUrtqme, 1838, In-** ; fealUes », «. 7. ) Inn NcseMnot s'exprime ainsi :

O Georges» des aiilres k malstre Bi la Bbéttiork]oe science, etc.

(L«f MjmeUeê de» prince». Ibidem. L. lllj.) mUliom maywat est ta principale pièce béraldlqne • asmftrais qoartlersqol composaient l'ècn de PbUlpie isBsn.

M #"01 . in piéee enOdre, dans le voluM dtd dn Am-

ftSM. p. XXXVL I

que nous pouvons ici lui consacrer. On a vu que Georges Chastelain avait été requis par son maître de dresser ime sorte de mànorial imiversel de leur temps (1420-1474). Georges répondit activement à cette prescription; et le peu qui nous est resté de son ouvrage est propre à nous faire concevoir pour la partie perdue des regrets égaux à l'estime que nous inspire la partie conservée. Son histoire, à en juger par ses débris, fut tracée dans des proportions colossales. Au lieu de se humer, comme la plupart des chroniqueurs ses contemporains, à écrire sous la dictée d'im seul maître, ou de recopier servilement une semblable dictée, Georges Chastelain, on le voit (1), n'avait réuni ces documents partiels que comme de simples matériaux qu'il devait fondre et combiner avec le produit de ses explorations personnelles, et qu'il devait contrôler à l'aide de son intelligence et de sa criti(|ue. Aucun écrivain du quinzième siècle ne lui est comparable sous ce premier rapport. Quant à l'impartialité (lui-même ne prétendait pas à l'indépendaucc ) de ses jugements, Chastelain à cet égard ne se fit faute, et nous voudrions le croire sur parole (2), ni de sincères efforts, ni d'habiles protestations. Serviteor d'un potentat redoutable et sensible aux compliments, doué d'un talent remarquable pour l'éloge, et sans pair pour la satire, Georges Cliastelain, en faisant bi*ûler pour Philippe le Bon un perpétuel encens, se livra carrière aux dépens du roi de France : double jeu d'un profit certain, car cette seconde manière de flatter n'était pas, à coup sûr, la moins goAtéc du duc de Bourgogne. Georges avait d'ailleurs pour auxiliaires en cela jusqu'à ses défauts littéraires. Le miel épais de sa rhétorique lui servit à merveille pour édnlcorer le sel de véritables païuphlets ; et grâce aux plis traînants de son style, à la fois pompeux et confus , il sut envelopper et faire pénétrer jusque sous les yeux du souverain (3) qu'il attaquait ses diatribes politiques. D'une autre part, le dironiqueur bourguignon s'assu rait ainsi la faveur de la postérité, toujours avide de révélations et même de mtîdisances. Qu'on nous permette, à l'appui de ces observations, de dter un fragment encore peu connu. C'est le portrait de Charles VII» tracé par cette main de* maltre :

« Cestuy Charles septiesme , de qui les liystoires entre les autres ses devanciers sont à

(1) Volume du Pantliéott, /fo^sme/pige 4.

(f ) «c SI requiers et supplie aux Ilsans, de quelque party qu'Us soient, François, Boorgolngnons ou Anglois, que de sur moy leur plaise ester tontes partIaHlès, suspicions et faveurs ,; et en Juger tel qae me proteste : léal François avec mon prince , OMnt prononcer vérité contre mon maUtre où be»oing sera, et non me faingnant ( fdjïnant ), de meisroes contre François ny Anglois , desquels la gloire n*esl à estalndre pour l'ung party ny l'autre, mais à chascun garder sa porclon selon l'ad venir ( l'aventure ) et fortunes des cas. » ( Introduction, page 4 de l'édlUon du Panthém Uttéraùre.)

.3) Voy.. l'erposition de Georges sur vérité mat prise

GHASTELAI5

esmervefller pour les choses qui en son temps dirent inopiniables , à proprement le descripre au Tif selon que Nature y avolt ouvré, pas n'estoit des plus espédaulx de son œuvre; car moult estoit linge , et de corpulence maigre. A voit feble fondadon et estrange marce, sans pordon; visage avoit Memme, mais spédeulx assez; paroUe belle et bien aggréable et subtille, non de plus haulte oye. En luy logoit ung très-beau et gracieux maintien. Néantmoins aucuns vices soustenoit, souverainement trois : c'estoit muableté, diffidence, et au plus dur et le plus, c*estoyt envye pour la tierce.... Or, est vray que cestuy roy Charles, en ses jeusnes Jours , se trouva inportuné beaucoup et moult oppr^sé de ses ennemis, tdlement que les derrenières bornes de son i^ulme luy estaient ostées; es quelles aïoore Fortune lui estoit escharsse assez, et luy tenoit moult aigre Tesperit par maintes diverses tribulacions et adversitez, tous les jours nouvelles , tant du lez de ses ennemis Burgugnons etAnglez, qui aigrement le oomprimoient, comme de ses propres gens mesmes, Routiers, Esootz, Ëspagnolz, Lombars, qui donnoient sur ly par haussage. En qnoy, dévot à Dieu alors se montra assez, mes cor* rigé peut estre de la volunté de Dieu d^aucuns ses délitz... n parvint en la fin plus haultement que pieça n*avoit fait roy, mes non pas tant seuUement en clarté de ses vertus, mes par adjoustance aucune de ses vices , qui luy rendoient fruict et félicité par Inconvénient; comme on pourroit dire que sa malheure et que ceulz qui gouvemoient son fet estoient cause de sa successive malédiction ea salut , entendu que de diverses mains et par diverses natures d*ommes sa gloire a esté bastie et mise sus, et que de sa personne luy mesmes n'estoit pas homme beOiceux. N'estoit robuste ny animeux homme pour faire de main propre , ne cercholt mesmes Festour ny rencontre; ains, non asseuré entre cent mille, se fut espoventé d'un homme seul non congneu. Mais avoit des grâces à rencontre , que de sages et vaillans s'acoompagnott voulontiers et s'en soufTroit conduire, ans quelz par dessus leur sens continuellement il adjonstoit nouvelle invencion : par quoy ce qu'il perdoit en vaillance, que naturellement n'avoit de luy mesmes, ce recouvroit-il en sens. De qnoy il prouffitoit aux vaillans, et estoit vraysemblable que le sens qu'avoit de nature lui avoit été renflbrcé encore au double , en son estroicte fortune par longue constraincte et périlleux dangiers qui forcément luy aguisèrentles esperits(l). »

On ne connaît jusqu'à présent que trois fragments de la chronique de Chastdain, qui devait remplir six grands volumes in-folio. La première s'étend de 1419, et même, en comprenant une sorte de liminaire, die remonte à l'année

(1) FraçwtenU inedUi pic6flM dans H BMMhiqut de tdeote des chartes, tome iv, p. 77.

1407, puis s'arrête à 1422. La seconde reprend à 1461, et se poureuit, avec des lacunes ou mutilations graves, Jusqu'en 1474. Ces deux extrémités laissent entre elles un grand vide , qui correspond exaotement au rè^e de Charles VU (1). La matière qui les compose a été successivement (2) éditée par M. Buchon. En 1839 , M. Paul Lacroix a signalé (3) dans le manuscrit 176 de la Laurentienne de Florence une nouvelle portion de l'œuvre de Chastelain, qui parait identique pour le fond, quoique dissrâiblable par des variantes graves, avec le contenu du manuscrit 256 de la Bibliothèque d'Arras, découvert par M. J. Quicherat, en 1841. Autant qu'on en peut juger par l'analyse critique (4) due à ce dernier écrivain , ces fragments présentés par les deux manuscrits d'Arras et de Florence se rapportent heureusement au règne de Charles vn, et peuvent servir à diminuer la vaste lacune qu'on déplore. Mais il ne parait pas qu'ils forment un rédt complet et suivi, ni surtout qu'ils puissent combler totalement cette lacune.

Vallet de Viriville.

Mm. 8948 et 8849 de la BibliotHèqne Impériale de Ptrb(8}; 186 de la BU>lioUièqoe d'Arras; 176 de la blbUothèqae LaurenUeone de Florence. — Bochon, coUeetlon des Chrùniques natUmales et dn Panthéon litté' rain, ~ Lacroix , Dissertations sur Phistoire de France, L vu. ~ Quicherat . Bibliothèque de FÉcolê des chartes. — Pontus Heuterut , Rerum bwfnmdi' earum Ubri FI ; La Haye, 1689, lo-8». - Goujet, BUbUoth^que françoiu,' tome IX. page 896. - Relffenberg, Notice sur Georges ChasUlain. à la suite des Ducs de Bourgogne; Bruxelles, isse, la-8«.

€Hâstblain ( Claude ), liturgiste français, né à Paris, vers 1639, mort dans la même ville, le 20 mars 1712. Il fut dumoine de hi cathédrale de Paris. Il fit une étude spéciale de la liturgie, des rites et des cérémonies de l'Église, et voyagea dans ce but en France, en Italie, en Allemagne , étudiant partout avec soin les usages de chaque église, et visitant tout ce qu'il y avait de curieux dans les lieux, oà il passait On a de lui : Un vocabulaire hagiologiquef dans le Dictionnaire étymologique de Ménage ; — Une Vie de saint Chaumont; Paris, 1699, in-l2; —le Martyrologe romain, tra-

(1 ) Tout porte à croire que des raisons politiques contribuèrent a prohiber en France, pendant et après le règne de ce prince, la chronique bourguignonne. C'est donc hors de Tancienne France, et dans les riches trésors littéraires ayant appartenu à la maison de Bourgogne- Autriche, que l'on peut espérer de découvrir et que l'on i coniiucncé de retiouver les parties qai manquent de ce précieux ouvrage.

(8) ColiecUons des Chroniques nationales, I8t7, lo-s*. et da Panthéon Uttéraite, 1887, gr. In-S^.

(8) Dissertations sur quelques poitUs curieux de ehittoire de France, lo-S» ; Parts, Techener, tome VII. Réimprimé dans les Mélanges de K. Charopollion-Fifeac, collection in-4o des dociiai«/iet inédits, etc., tome ill, page 807 et suivantes.

(4) Bibliothèque de VÉeole des chartes, tome IV« p. et et anlv. La Société de i'hlstolre de Ftanoe possède une copie du manuscrit d'Arras, préparée pour llrapresslon par feu M. Buchon et qu'elle se propose de publier.

(8) Ils contieniMat les fraguicnU ds 1407 à Msa . puis d« H6i à H74.

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