CHASTELER
guerre de la succession de Bavière, en 1 778 ; puis il profita de dix années de paix pour visiter avec soin toutes les provinces de la domination autrichienne et se rendre familiers les dialectes en usage dans ces différentes contrées. Il aspirait à pouvoir fiUre l'application de ses connaissancea aiMiuJses, et par ses talents il seconda le général Duhamel de Geiionde pour la construction des forteresses de Josephstadt et de Theresienstadt, en Bohême. Il se signala pendant la guerre de Turquie en 1789, et sa conduite à l'assaut «te Belgrade, sous les yeux de Laudon, lui mérita la croix de Marie-Thérèse. Il obtint presqu'cn même temps le grade de major, et fut employé dans les négociations avec le grand-vizir. L'armistice lui permit de dresser la carte de Yalachie, et il passa vers la fin de 1790 aux Pays-Bas avec le grade de lieutenant-colonel. Nommé colonel en 1792, et commandant de Namur, dont il venait de rétablir les fortifications, que Tempersur Joseph avait fait raser, on lui amena le général Lafayette et vingt-deux officiers français , que te major comte d'Hamoncour avait cru devoir arrêter dans les environs de Rocbefort m Ardenne, quoiqu'ils déclarassent n'être veuot sur te territoire autriciiien que pour y chercher un asile. Le marquis du Cliastder fit éclater dans cette circonstance des sentiments de courtoisie et d'humanité qui lui firent beaucoup d'honneur, mais qui déplurent à la cour de Vienne, dont les ordres rigoureux ne tardèrent pas à reléguer dans la forteresse d'Olroutz Lafayette ainsi que les trois antres membres de l'Assemblée constituante, Latour-Maubourg»
Atexandre de Lameth et Bureau de Puzy. Eo novembre 1792, il eut à défendre, sous les ordres du général Moitelle, non la ville de Namur, presque démantelée et dont les portes ftarent ouvertes Il la première sommation , mais la dt^ délie, qnl sontmt contre le général Valence quinze joure de tranchée ouverte. Prisonnier de guerre conformément à la capitutetion, Cliasteter fut conduit à Rehns, oà l'on eut pour lui tes plus grands égards. Un cartel d'échauge lui permit de rejoindre l'armée autrichienne au moment où s'ouvrait la campagne de 1793. Ses exploits dans les plaines d'Altenhoven, à Neerwinden, à Famars, au siège de Valenciennes , où il reçut sept blessures sans quitter le poste de l'honneur, lui valurent te brevet de général-major. Ce n'était plus seulement comme offîder du génie qu'il servait : on te vit, à la sanglante bataille de Wattignies, charger à la tête de la cavalerie avec une impétuosité sans égale. La campagne de 1794 le plaça sons les ordres du comte de Clerfayt, dont il seconda les opérations de manière à mériter toute sa confiance; et au mois de noTcmbre 1795, par sa brillante attaque des l^nes de Mayence, il contribua puissamment à la délivrance de ce boulevard de l'AUemagne. Chargé d'une missten diplomatiqua à Saînt-P(*teTsboorg en !TD8, Il fit décider la se*
f>î> CHASTKLER
mnde coaUiioii et renvoi de Snwarow en Italie ; chef tie brigands.
pour y comniaDder en chef.
Éleré an grade de lieutenant général, ChaAte-
ler exerça pendant la campaf^ie de i799 les
fooctions de quartier-maitre général de l'armée
anstro-russe. Les Joarnées de Ma^nano, de
FAdda, de la Trebtkla , de MoyI, mirent complètement ]e Meau à sa réputation. Blessé dangcmisenient ( et c^était pour la treizième Tois ) devant la forteresse de Tortonc, il fut contraint d'alKindonner un poste quMl occupait avec tant «le distinction. £n 1800, il fût envoyé dans le Tyrol, r«tte province si jalouse de ses priviléfses et tout à la fois si dévouée à rAntrichc, qui s'était constamment fait un devoir de les resi)ccter. .Ses manières affables Vy rendirent bientôt populaire; les milices tyroliennes furent organisées par se<i soins, et tout fut disposé pour la meilleure défense du pays.
Chasteler profita ilc la paix , en 1802, pour se re&lre à Paris. Le premier consul raccueillit avec empressement, et fit lever le séquestre apposé sot tes biens en Belgique, où radministrâ-
tkn révoMonnaire avait porté son nom sur la liste dei émigrés. L'archiduc Charles le choisit, en 1805, poar chef d'état-major de l'armée qu'il oommandait en Italie, et ses bonnes dispositions furent admirées généralement. L'archiduc, sur le ptMDt d'être tourné par snite des défaites éprouvées en Allemagne, résolut de s'ouvrir une retraite à travers le 'Tyrol. Chasteler, pour assurer le succès de cette évolution hardie, n'hésita pu à marcher au-devant de la division ba\anA«e dn général 1)eroi , qu'il mit en pleine déniate au défilé de Strub , puis, rencontrant le corps fie Bfarmont , il par\ int à le repousser de iinXi, Coininandaut do Cohom en 1808, il en fit relever les forUiiGAtions avec une célérité
sans exemple. L'année suivante , au mois d'a-
TrU , secondé par le général Hormayr, il se jeta
àtm le Tyrol. Penonne ne possédait mieux
que hn les qualités propres à exciter Tenthou-
msam de ces braves montagnards. Aussi s'em-
inssèrent-ilt d'accourir à sa voix , et bient^
lei Français forent eontraints de se retirer
vers Steningen. S'étant porté sur Inspruck avec
U majeure partie de ses forces, toujours croissantes par rinsurroction générale, huit mille
primmiers avec armes et bagages tombèrent en
son pouvoir. 1! se dMgea pour lors vers le
Tyrol italien, déloges Baragoey-d'HUliers de
Trente, et lui fit soMr un noovel échec à Volano.
C'ftt ainsi que, par d'habiles manoeuvres, Chas-
Ider parvint à se mettre en conununication avec
fardUdoc Jean. Cependant Napoléon, irrité de
» qui ae passaK dans, le Tyrol, avait dès le
a mai pol>lfié nn ordre dn jour portant « que le
•ODuné Chasteler, soi-disant général au service
fAstriche, et moteur de l'insurrection du Ty-
rai, serait traduit devant une cwmmission miH-
tiire aossilât qn'U serait prisonnief , et passé par
les arme» dans ks vingt-quatre heures comme
Cet ordre du jour, si peu oonfui-mc aux principes admis par les nations civilisée4i, indigna Tarchiduc Charles, et provu(iua de part et d'autre une correspondance remplie de furibondes menaces , qui fort heureusement pour l'honneur de la civilisation du (llx-neuvième siècle ne s'exécAitèrent point.
Chasteler était maître de presque tout le Tyrol , lorsque le maréchal Lefebvre vint l'attaquer avec dos forces supérieures. Après une entière défaite à Woergcl, U> 13 mai, il se vit coutiaint de se retirer, emmenant avec lui quel(|ues centaines de chasseurs tyroliens, qui , réunis à des volontaires de la Carintliie et à un fietit cor|)» de troupes autrichiennes, lui fiermirent de tenir en échec t'ennemi devant ClagenfuHh. La paix se fit à la suite de la bataille de Wagram, et l'empereur d'Autriche récompensa ses derniers services par le collier de commandeur de l'ortlre de Léopold ; il avait obtenu celui de commune Unir de Marie- Tiiérèse en 1800.
Chasteler quitta Thcrcsienstadt, dont il était Rouvemeur, pour servir comme feldicugmeistiT ( général d'artillerie) pendant les campagnes de 1813 et de 1814. Il fit également contre le roi Murât, en 1815, la courte campagne dont il avait fait approuver le plan à Vienne, où son souverain, désireux d'avoir ses conseils, l'avait mandé. Ses nombreuses blessures, qu'il faut attribuer non-seulement à l'ardeur de son intrépidité naturelle , mais encore à sa vue, tellement basse, qu'il distinguait avec peine une trou|ie à cinquante pas, lui rendaient nécessaires quelques années de repos : te gouvernement de Venise lui fnt conféré. C'était un poste de confiance, et qui ne laissait pas d'avoir ses difficultés, car conunent se faire pardonner par l'aristocratie vénitienne la perte de son indépendance, de son autorité toute-puissante.' Il réussit du moins, par la bienveillance de son caractère et par l'équité de ses actes, à conquérir Testime générale. H mourut, non dans une de ses terres près d'Atli, en 1820, comme l'aflirme la Biographie universelle du général Beauvais, mais à Venise, le 10 mars 1825 (1). Un monument, sur lequel sont inscrits ses principaux faits d'armes, lui fut élevé dans celte ville, en 1827. Le marquis du Chasteler, très-versé dans la connaissance des sciences exactes , cultivait aussi la littérature et la poésie légère. Nous avons eu sous les yeux deux de ses romances (2) , fort agréables, bien qu'un peu d'afféterie s'y fasse remarquer. Baron ob Stassart.
(1) La date indiquée dans la Biographie des frèreu Mlchaud ( 1« 7 mat ists ) est Inexacte.
(I) Bllcii fntwilfnt partie d*un recaeU de mniilqne (fo'une de met sœuni avait remta & sa fllle aînée on la plaçant au pensionnat de CharlevlUe. Ce llTre ne contenait aucune chanson contraire à la plus scrupuleuse décence : Béanmolns, les bonnes rellgicnaet . scandalhée* &j voir paraître qnelquerols le mot amour, ne crurcAt pas dcToir s'en tenir Jt la deiul-wesure adoptt^e pour Ivn édIUons ad utum DelpMnt; elles firent du tout un bel uut(hda-/é.