‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 18 sur 118 · CHASTELER — CHASTELET · texte numérisé non relu

CHASTELER — CHASTELET

ZdtgêDOflsen, l*^ série, ii« 6.— Conversatians-Lexiccn — Biog. étrangère. — Galerie historigtu des eontemp.

CHASTELET (Paul Hat dd), publidste français, né à Laval, en 1593, mort à Paris, le 16 avril 1636. Il fut d'abord avocat général au parlement de Rennes, et parut ensuite à la cour. Matthieu de Morgues, qui fut son constant adversaire, nous le représente ( Remontrance de Coton chrétien) remplissant à la cour de Henri lY nn emploi déshonnéte; mais e^t évidemment une calomnie. En 1627, il osa prendre la défense de Montmorency -Boutteville, qui, malgré les édits, avait tiré Tépée contre Des Chappelles, en plein jour, au milieu de la place Royale. Richelieu lui reprocha d'avoir fait l'apologie d'un aussi grand coupable^; cependant Paul du Chastelet rentra bientôt dans les bonnes grâces du cardinal. Comme c'était un écrivain plein de verve et suffisamment, instruit des affaires de l'État, on le chargea de composer divers libelles contre la maison de Savoie, perfide ennemie de la maison de France, et il se distingua dans cette polémique. Il avait obtenu la charge de maître des requêtes. Choisi dans sa compagnie pour être un des juges du maréchal de Marillac, il poussa l'oubli de ses devoirs jusqu'à publier contre l'accusé, durant le procès, un libelle infamant. Divers biographes .prétendent qu'il agit de telle sorte pour se faire récuser, ne voulant pas condanmer le maréchal et n'osant pas l'absoudre. Mais, comme on l'a prouvé, c'est une justification très-mauvaise et d'ailleurs très-mal fondée. Marillac, voyant du Chastdet siéger parmi ses juges, l'apostropha dans les termes les plus énergiques, «c Quant k M Chastelet, dit-il, j'ai horreur, messieurs, de « le voir assis parmi une si honorable compan gnie, sur ces fleurs de lys, et qu'il ait pouvoir et <t main-levée sur ma vie et mon honneur, quand « bien je n'aurois à lui reprocher que cette prose <t infâme dont il est l'auteur.. » Richelieu luimême fut oUigé de sacrifier le coupable aux scrupules de l'opinon publique : trois jours avant la fin du procès, db Chastelet, arrêté, fut conduit prisonnier au château de Villepreux. Mais il n'y resta pas longtemps : le cardinal avait besoin de lui. « n avait, avons-nous dit ailleurs, l'esprit rapide, mais léger : il concevait prompfonent les affaires ; mais il n'avait pas le jugement et la prudence qui sont nécessaires {K>ur les bien conduire. Richdîeu l'appelait familièrement son lévrier y et quand il l'employait, ce n'était pas dans les négociations importantes ; mais s'agissait-il de défendre un des actes de son administration , ou de suivre par mille détours la trace dissimulée d'un crime d'État, telles étaient les affaires auxqudles le sieur du Chastelet lui semblait propre, et dont il le chargeait volontiers. V En 1635, ayant été chargé d'établir le parieinent de Pau, il exerça l'intendance de la (lostke dans l'armée royale. Élu membre de l'Académie française, il en fîit le premier secré-

taire. On a de lui : to Seconde SaiooUienne, imprimée avec la Première f à Grenoble, chez Mamiols, en 1630, in-8® ( cette Seconde Savoir sienne est souvent attribuée à Bernard de Rechignevoisin,tsieur de Guron : la Première est d'Antoine Arnaud ) ; — Prose impie contre les deux frères Marillac Qdans le Journal de Ri-chelieu, seconde partie, p. 58 ) ;— Discours au roy touchant les libelles faits contre le gouvernement de son Estai; Paris, 1631» in-8* ( réimprimé dans le Recueil de diverses pièces pour servir à F histoire) ; — les Entretiens des Champs-Elysées ; Paris, 1631, in-S*»; — Vlnnocence justifiée en r administration des affaires; Paris, 1631, in-S® ; — Observations sur la vie et la condamnation du maréchal de Marillac et sur U libelle intitulé : Relation de ce qui s*est passé au- Jugement de son procès; Paris, 1633, ^-4*" et in-8® (réimprimé dans le Recueil de diverses pièces); -- Recueil de diverses pièces pour servir à Vhis^ toire; Paris, 1635, in-fol. (les pièces qui composent ce Recueil ne sont jmis toutes son ouvrage) ; — Discours d' Estât sur les escrits de ce temps (Préface du Recueil, publiée séparément ) ; Paris, 1635, Ui-8' ; — Mercure d^Estat^ ou recueil de divers discours d* Estât; Paris» 1635, in-12 ; — Satffre contre la vie de la cour ( ûnprimée dans un Recueil de Sercy ); — Avis aux absents de la cour ( dans le même recneâ» et souvent attribuée à Théophile); ^ Observations sur la vie et la mort du maréchal d'Omano; 1643, in-4^ B. Hauréâd.

PéXluon^Hist. de VAead. franc., L I. — Fevret de Fontette. BistoHens de France, L II. - N. Desportet, mtUoçraphie du Maine, — B. Haoréta; HlsL iUtér. du Maine, 1 111.

* CHASTELET {Daniel Hat dd), trën puîné du précédent, membre de l'Académie française, né à Laval, le 23 octobre 1 596, mort dans la même ville, le 20 avril 1671. Paul Chastelet devant porter Vépée^ Daniel fut destiné par ses parents à l'Église. Il fhtiBucoessivement abbé commendataire de Chambon et doyen de* Saint-Thugal. U laissa en mourant divers écrits sur les matières théologiques et sur les mathématiques ; mais le marquis du Chastelet, son neveu, les briUa. B. H.

Péltoon» nat. de VÂead^ L k

GHJUtTBLET (Paul Hay DU ), fils du Secrétaire de l'Académie, historien etpuhlidsteirançai8,iné vers 1630 : on ignore ladato de sa mort. Comme il portait le même prénom que son père, on les a souvent confondus. Nous restituons au fils les ouvrages suivants : Traité de VéducatUm de monseigneur le dauphin; Paris, 1664, iii-12; — Histoire de Bertrand du GuescUn, connétable de France; Paris, 1666, in-fol.; — Traité de la guerre; Paris, 1668, in-12; — Traité de la politique de France; Cologne, 1669, iii-12; réimprimé sous le titre : Troisième partie du Testament politique du cardinal de Richelieu; Amsterdam, 1689, in-12. 11 fut, dit-

CUASTELET — CUASTELLUX

00, à roccasioii de cet ouvrage mis à la Bastille pour quinsw jours. B. H.

MIorceedc ICerdaiiet, Ndictâ chronologiques.— K. Dèssortes. Bibliographie du Maint. — R. Ilaaréao, Uitt. liU. dm Maine, t III.

CHASTKLL1JX OU CHA8TBLLVS {Claude DE

Beictoir), Tioointe d'A vallon, maréchal de France, raort le 13 mars 1453. Conseiller et chambelian du duc de Bourgogne Jean sans Peur, par lettres du 15 juin 1409, il servit Tannée suivante eo qualité de chevalier banneret « ayant en sa corn-

< pagiûe doq chevaliers bacheliers, cent dix

< écuyerSy deux trompettes et trois menestriers » . Après avoir contribué en 1 4 14 à la levée du siège deLamoÛie de Bar-sur- Aube, qu*assiégeait le bailli de Chamnont, il Alt commis le 8 octobre 1417, avec Guy de Bar et Gërard;de la Guiche, au goovememeit des TiOes de Mantes, Pontoise, Meulan , PoÎEsy « pour les garder contre les ennemis du « due de Bourgogne ». Aidé de Claude de ChastdbnL, de Guy de Bar, bailli d*Auxois, de Jean de "VlBers, tire de TIsle-Adam, tous chevaliers et offickn éft Jean sans Peur, et « accompagnez « d*eDTiraD deux cents hommes d*armes, ils en- « trèrart entre une heure et deux après minuit > (39 mai 1418) dans Paris, par la porte de « Saint-Gennain-des-Prez ; quelques-uns aliè- « leat à l*boBtel du roy à Saint-Paul, et y demeu- « rèrent pour sa garde, et d'autres allèrent en la « rtie Saînt-Honoré, pour arrêter le duc d'Arma-

< gnac ». Le service signalé qu'il venait de rendre au duc de Bourgogne le fit créer maréchal de France le 2 juin 1418 , à la place de Pierre de Rîeux de Rochefort, qui tenait pour Charles dauphin, depuis Charles VII, puis le 1 septembre suivant fl fut nommé lieutenant et capitaine général du duché de Normandie « pour réduire à Tobéis- ■ sanee les places occupées tant par les Anglois « que par ceux qui tenoient le parti de la roai- « son d'Orléans ». Destitué de sa cliarge de ■larériial le 23 janvier 1423 par Henri Y, roi ff Angleterre, il ne cessa pas de continuer ses florices au duc de Bourgogne et au roi d'Angleterre, et combattit en 1433 au siège de Crevant eantre le connétable d'Ecosse, qu'il fit prisonnier. Après avoir été nommé le 26 février 1445 par Cliaries de Bourgogne au gouvernement de ses terres du comté de Ifevers, il mourut, et fut enterré dans l'église cathédrale d'Auxerre, où une Ktatne M fut érigée. A. S t.

lliMrd. Ckronol milit, t. Il, p. 149. — Anselme, tfM. fénér, et chromoL de la wuti$on de France, t Vil, y. 14. — De aannle, Bitt. des ducs de Bourgogne.

: (François- Jean), chevalier et CMoite marquis (1) db), littérateur, voyageur et OBÎIitaire français, naquit à Paris, en 1734, et noorut dans la même ville, le 38 octobre 1788. Sa ntiumne marqua sa place dans les rangs âsvés de l'armée; entré au service à l'^e de i ans, il n'en avait que vingt-et-un lorsqu'il

(1) U ctevaUcr dt CUtteUai ne prit le titre de mar-

devint colonel du régiment que quittait son frère, et qui portait son nom ; il fut ensuite colonel du régiment de Guyenne, et 8er>1t dans toutes les campagnes qui se firent en AllemaKne de 1756 jusqu'à la paix conclue en 1761, entre les puissances belligérantes. Brigadier d'infanterie en 1769, il parvint au grade de maréchal de camp, et fut du nombre des officiers généraux qui firent partie de Texpédition envoyée en 1780 ail secours de l'Union Américaine , et remplit dans l'armée de Rochambeau les fonctions de major général. Ce fut avec la môme distinction qu'il servit dans l'autre hémisphère. 11 sut faire marcher de front la culture des lettres avec l'accomplissement des devoirs de son état. Cette alliance des armes et des lettres, moins rare autrefois qu'on ne le croit communément , fut doublement glorieuse pour lui. S'il sacrifia au goût du temps , en composant quelques poésies légères et des comédies destinées à être jouées en sodété, ces distractions d'un esprit dont l'activité avait besoin de s'exercer en plus d'un g^ire, ne le détournèrent pas d'études plus sérieuses , qu'il dirigea surtout vers l'examen des vidssitudes que le sort de l'humanité avait éprouvées, en remontant le cours des siècles. Ses recherches sur cette matière importante donnèrent lieu à la publication de l'ouvrage principal qui a fbndé sa réputation, et qui parut en 1773, sous ce titre : De la Félicité publique, ou conr 5tdéralions sur le sort des hommes dans les différentes époques de r histoire ; Amsterdam, 2 vol. in-8®. Il se proposa surtout de prouver que la condition de l'espèce humaine s'est améliorée en raison directe de l'accroissement des lumières. Étant jeune encore, il s'était entretenu avec l'abbé MaUy sur ce sujet, qu'ils envisageaient l'un et l'autre d'une manière différente : l'abbé n'assignait d'autre cause au bonheur des nations que la bonté des mœurs publiques ; le chevalier le fondait sur le progrès de l'esprit des sciences et des arts. Ce dissentiment entre deux philosophes dignes de s'entendre produisit les Entretiens de Phocion et le livre de la Félicité publique. Toutes les vues de l'auteur ne frappent pas également par leur justesse; mais si elles paraissent quelquefois plus ingénieuses que conformes à la réalité, on ne peut méconnaître l'art avec lequel il a mis en œuvre d'importants matériaux , qu'une érudition bien dirigée avait su réunir. L'ouvrage, dont on ne sentit d'abord pas tout le mérite, eut une seconde édition, augmentée , Amsterdam, 1776, 2 vol. in-8^, et fut traduit en allemand, en anglais et en italien. Voltaire, <]ui s'était passionné pour le livre, lors de son apparition, le mit sans façon au dessus de V Esprit des Lois (1). Il chargea son exemplaire de notes,

(1) H. de Malestierbes avait dit que ia Félicité publique était digne do grand-pére de M. de Cbai telfux ( le chancelier d'Aguesseau }. VolUlre, encbérlasant sor cet éloge, écrit, le 10 marK 1T7B, à rauteur, avec lequel U avait noué une correspondance : « Et mol. )'at llnsolence de vous <( dire que YO(re grand-pére,:tout votre grand-pére qu'U

Page 1