CHAUSSÉE
(1799,2 vol. in-8*») ;— les Fêtes des courtisanes de la Grèce, annoncées par l'auteur comme Supplément aux Voyages d'Anacharsis et d'iln/énor (trois éditions, 1801, 1803, 1820, 4 vol. in-8*) : ouvrage assez superficiel et souvent licencieux; — Héliogabale, ou esquisse morale de la dissolution romaine sous les empereurs (1803, in-8*'). Ce ne fut pas sans doute pour la publication de ces deux derniers ouvrages ( l'auteur avait gardé prudemment ranonymc) que cette même année 1803 il fut nommé professeur de belles-lettres au lycée de Rouen, d'où il passa bientôt à celui d'Orléans : il avait des titres plus honorables dans les odes patriotiques Sur la paix. Sur le combat d*Algésiras , etc., et surtout dans sa traduction de V Histoire des expéditions d* Alexandre, par Arrien (1802< 3 vol. in-8*, et atlas in-4<*).
Chaussard avait été reçu membre de la Société philotechnique en 181 L II venait alors de publier, sous le titre â'Épitre sur quelques genres dont Boileau n'a point fait mention dans son Art poétique, son meilleur ouvrage, qu'il retravailla depuis, et dont il fit un poème en quatre chants , sous le titre de Poétique secondaire, ou essai didactique sur les genres dont il n'est pas fait mention, etc.; 1817, in-12.
A l'époque de la Restauration, il était titulaire de la chaire de poésie latine à Nîmes, et il en touchait les appointements, quoiqu'il eût obtenu de résider à Paris, comme chargé de travaux classiques pour l'université. Il fut bientôt écarté du corps enseignant, sans pension^ et dès lors il ne s'occupa plus que de littérature. On peut citer encore parmi les nombreux ouvrages de Chaussard , son traité Sur les monuments ptiblics et la magistrature des édiles (1800, in-8' ); — Jeanne d'Arc ( 1806, 2 vol. in-8** ) ; — Heur et malheur, ou trois mois de la vie d* un fou et d^un sage (1806, 2 vol.
in-12); — le Pausanias français, état des arts en France à Vouverturedu dix-neuvième siècle (1807, in-8*); — les Anténors modernes, ou voyage de Christine et de Casimir en France, etc. (1807^3 vol. in-8'*). Cliaussard était occupé quand la mort le surprit, d'une traduction en vers des Odes d'Horace et de celle d'un Choix depoésies lyriques de Schiller»
Comme poète, Chaussard suivait les traces de Lebrun, dont il était admirateur enthousiaste; mais avec l'énergie du Pindare (huaçais, il n'avait ni sa verve dithyrambique ni ses fougueux écarts ; et quoique dans ses odes la force remplace la grâce , dies ont eu un légitime succès. Celle qui est intitulée V Industrie et les arts a été trois fois réimprimée, m-W et in-4°. [ViLLEifAVR, dans l'^nc. des g. du m.]
Héreau, Notice tur Chaussard. — Bévue eneyelope' digue, t. XI. — Maliat, jdnnuttire nécrologique, année ISM.
GHAUSSÉB {Pierre^Claude-Mvelle HE la), Voy. liACnAussi^.
GHAUSSIËI^
CHAïJSSiBA (François ), médecin fraoçais, né à Dijon, en 1746, moitié 9 juin 1828. La réputation de ce savant modeste , infatigable et consciencieux n'a pas été égale à son mérite réel, quoiqu'il ait été professeur de la Faculté de Médecine, de l'École polytechnique et de V\x6pital des femmes en couches, et membre de l'Académie des sciences. Chaussier reçut dans sa ville natale sa première éducation; il prit le titre de docteur en médecine à Besançon, et revint bientôt dans sa patrie, où il fit des cours à l'académie sur l'anatomie, la physiologie, la chimie et la matière médicale. L'étude des sciences naturelles appliquées fut pour Chaussier un besoin de toute sa ^ie, comme elle fut la source de la gloire qu'il s'acquit comme professeur. Il était déjà avantageusement connu en Bourgogne lorsqu'en 1794 il fut appelé à organiser l'École de santé , ou peu de temps après il occupa la chaire d'anatomie et de physiologie, qu'il remplit jusqu'à l'ordonnance de dissolution ( t823). Son enseignement a laissé de profonds souvenirs à l'École de Paris , et tous les élèves de cette école savent ce qu'ils doivent au\ leçons judicieuses et savantes de l'homme qui portait tant de lumière sur tous les sujets qu'il entreprenait de traiter. Comme praticien, Chaussier eut également de grands succès; mais c'est surtout comme professeur et comme savant qu'il mérite d'être signalé à la postérité.. Bien qu'il n'ait laissé qu'im petit nombre d'écrits peu étendus , il n'est pas en quelque sorte on point des sciences médicales sur lequel il n'ait dirigé ses recherches, sans parler encore des travaux relatifs à l'agronomie, à l'administratiob, etc. Travaillant sans cesse, Chaussier suffisait à tout, et la précision et la méthode qu'il apportait dans ses expériences sont telles, qu'on ne saurait lui rqirocber d'avoir mis en circulation ou accrédité des erreurs. Les faits! toujours les faits! telle aurait pu être sa devise. H voulait qu'on fût exact dans les mots comme en tout le reste, et il a laissé une nomenclature anatomique qui aurait dû être adoptée. Ses Tables synoptiques sont un ouvrage de la plus haute importance, et dans lequel la science presque entière se trouve résumée avec une admirable netteté. Les travaux de Chaussier en physiologie «ont nombreux et ont servi de base à tous les traités publiés depuis vingt-cinq ans sur cette science, tandis que leur auteur n'a jamais pris le soin de les rassembler systématiquement. 11 en a été de môme de ses recherches sur la médecine légale, dont il a traité toutes les questions de détail dans des consultations nombreuses, qui lui étaient soumises, et dont les décisions étaient accueillies comme des oracles par les tribunaux. Sa position de médecin de la Maternité lui fournit les matériaux d'importantes observations sur la grossesse, sur les dimensions du fœtus, et sur l'accouchement, de même que sur les maladies dont le fœtus peut être afTecté dans le sein de sa mère.
C'est dans les journaux scientifiques du tenu c'est dans les thèses et les ouvrages de ses d ciples qu'il faut chercher les œuvres de Chai sier, de cet homme qui a tant fait et tant I faire; car peu d'hommes ont aussi bien que compris la mission du professeur. 11 ne se bc nait pas à jeter du haut de sa chaire ses çons aux Jeunes gens ; il les aimait, il se pi sait à s'en entourer, à les diriger dans leurs él des, à les associer à ses travaux, à leur indiqv des recherches à faire, travaux dans lesqudâ les aidait puissamment, et dont il leur laiss tout l'honneur. Chei lui avaient lieu, presq tous les soirs, des réunions d'élèves laborieu et les conférences familières dans lesquelles contractaient le goût de la science positive.
Chaussier avait dans ses mœurs une sévér quakérienne ; quoiqu'il fût riche, son costume sa maison étaient de la plus parfaite simiilicil Grâce à cette manière de vivre, et malgré fi immenses occupations , il vécut exempt d'infi mités, et toujours jeune par l'es^prit, jusqi l'âge de quatre-vingt-deux ans. On a de lu Description de Vaérostat de V Académie < D\ion, par MM. de Morveau, Cknussi et Bertrand ;î>ïi(m y 1784 , in-S"; — Méthoi de traiter les morsures des animaux enrag et de la vipère , suivie d'un précis sur la pu tule maligne; D^on et Paris, 178à , in-12 ; Consultation médico-légale sur une accusati* d'infanticide; Dyon,1785, in-4";— Observatio sur la manière de transporter les mûrie blancs et instruction sur la manière de sem les graines de mûrier; ibid., 1786, in-S*;- Exposition sommaire des muscles, suivant cl€issiJication et la nomenclature méthodiqu adoptées au cours d'anatomie de Dijon ; ibic 1789, in-8**; Paris, 1797, in-4°; — Mémoii sur quelques abus dans la constitution d corps et collèges de chirurgie, et parliculi rcment sur Vabus des droits, prérogatives privilèges attachés à la place de premier ch rurgien du rov; Dyon, 1789, in-8°; — Obse> valions chirurgico-légales sur un point in portant de la jurisprudence criminelle i D jon et Paris, 1790, in-8»; -z. Instruction st l'usage des remèdes que le département de i Côte-d' Or envoie dans les campagnes ; Dijo\ 1792, in-ë**; — Tables synoptiques; Pari 1799-1814-1826 ; — Discours prononcés au séances publiques de la Maternité; ibid 180â, 1806, 1807, 1808-1813, in-8*>; — Expos tion sommaire de la structure et des dif/i rentes parties de Vencépliale ou cerveau ibid., 1807, in-8"*; — Recueil des programnu des opérations chimiques et pharmaceutiqw qui ont été exécutées aux jurys médicaux d 1809 à 1810; 11 cahiers in-4°; — - Consultt lions médico-légales sur une accusation d'en poisonnement par le sublimé corrosif ou mi liate de mercure sur-oxydé, suivies d'ui notice sur les moyens de reconnaître et c
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CHAUSSI£R — CHAUVEAU-LAGARDE
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eomstaUr Fexistence de ce poison ; Paris, 1811, iot^i-^BecueUantUonûque à Pusage des jeunet gens qui se destinent à Vétude de la ehi" rurgie, de la médecine, de la peinture et de la sculpture; ibid., 1820, in^**; le même ouvrage, aou le titre : Planches anatomiques àVusage des jeunes gens; ibid., 1823, iii-4* ; — Consi* dérations sur les conpulsions qui attaquent les femmes enceintes ; itiâ,^ 1824, m-8^; — ReceeU de mémoires, consuUatUms et rapports swrdes otQets de médecine légale; ibid., 1824, iD-8*; ^Mémoire médico-légal sur la viabilité de Ve^fanl mûssant ; 1826, in-8°. Les du- «rtalioiis suÎTaotes aont attribuées à Chaussier : Sv les avantages de la paracentèse pratiquée dès le commencement de Vhydropisie sUomimale; Paris, ao u, iji-8*'; — la Para' catèse, dans le cas d'ascite primitive, est' dit le mogen sur lequel la médecine puisse kplme compter? ibid., 1804, 10-4**; — de la Cklarose; ibid., 1804, 10-4"; — Sur Pané thème; ibid., 1805, iii-4°; — - Sentences et ob' lertaîums d*Hippocrate sur la toux; propo phons sur divers objets de médecine; ibid., llOâ, ÎB-4**; — Sur quelques cas d'érosion de testmnae; ibid., 1806, iii-4''; — Sur Vinfanti* tde; iUd., 1811, 10-4**; — Manière de procéier à Couverture des cadavres; ibid., 1814, '%k*\ — Sur les érosions et perforations ffmtanéesde Vestomae; ibid., 1800, in-4'';— Ur teeekgwsose, la sugillation, la contusion, k meuririâsure; ibid., 1814, iM'* ; — Sur les kimerrkmdes; ibid., 1814, iii-4'' i—Considératims médico-légales sur deux articles du (Me pénal; ibid., 1819, iiHi*". Chaussier a enem inairé des mémoires dans plusieurs feuilles périodiques. Une éditioQoomplètÎB des oeuvres de Gbosfier serait uq véritable senrice rendu è Uirisaw [En. des g. du m., avec addit.1 BîÊtmrkU méâimè9, - Qoérard, ta yrancê lût., oiAUTBAU (François), dessinateur et graveur français, né à Paris, en 1621, mort à Paris, Il 3 fiérricr 1676. Il commença par étudier la psÎBtnre dans l'atelier de Laurent do Labire, tek il s'essaya dans la gravure au burin ; mais, éaoi d*Dne fécondité prodigieuse, il l'abandonna iimiéi pour Teau-forte, dont la rapidité répon* dût mieux à son besoin de produire. Dasan fait Bontar à phis de trois mille le nombre des pièces de oot artiste. On trouve de tout dans son ouvre, des BiÛ6ts mythologiques, historiques, idig^x, des portraits, des frontispices de livra, gravés d'après ses propres dessins ou les tdîkaaK de Raphaël , du Poussin , de Lesueiir, de Librun, de J. Romain, du Tintoret, etc.
Sbalenil a gravé d'après Chauveau les portraits et Charles /*' et de Richelieu. Ses planches Mitcngénéral peu estimées, et on lui reproche ée nombreuses fautes de dessin et une certaine Eéeberesse dans le trait. Il fut nommé de l'Acadénie le 14 avril 1663, et laissa cinq fils, dont le pins jeune fut sculpteur. P. Cn.
HaJMrt et RoU, MtOMel àu umMUun, t YUl. — Foutenaj. Dictionnaire dei artistes. — Heloeckcn, DieUdes artistes.
CHAUTBAU (René), scupteur français, fils du précédent, né à Paris, en 1663, mort à Paris, le 5 juillet 1722. Il étudia dans l'atelier de Caffieri, et son étonnante facilité le fit remarquer da Ck>]bert, qui lui donna le logement aux Gobclins. Des discussions avec son beau-père, CuuccI, dessinateur italien, lui firent abandonner la France pour la Suède, où il resta sept années. De retour à Paris , il travailla beaucoup à la composition et à la sculpture des ornements du Palais de Versailles, et décora de ses anivres les châteaux d'un grand nombre de seigneurs. Il mourut, dit-on, du chagrin que lui avait causé la perte de sa fortune. Si Chauveau , doué de la même fécondité que son père, a beaucoup produit et joui de son vivant d'une grande vogue, il n'a rien laissé qui soit digne de lui survivre.
P. Ch.
Papilloo, Éloge de R. Chtiuveau ; ParU, 17», ln-4«. - VoalfMj^ IHctionnairé des artistes.
CHAITTEAV-LAGAIIDB (Claude'Fran{vis), avocat et magistrat fiançais, né à Chartres , le 21 janvier 1756, mort à Paris, le 29 février 1841, par suite d'une maladie gagnée aux obsèques de Napoléon. Fils d'un barbier, il devint avocat au parlement de Paris, et avait débuté d'une manière brillante au barreau, par la facilité de son élocution , lorsqiio éclata la révolution de 178U. Dans un écrit publié à cette époque, sous le titre de Théorie des états généraux, ou ta France régénérée, il suivit le torrent favorable à la révolution. Biais la timidité de son caractère l'empéclia de la servir; et il se borna à l'exerdoe de sa ])roression. En 1793 il dérendit le général M iranda, et le fit acquitter au tribunal révolutionnaire. Il Alt moins heureux dans la défense de Brissot, son compatriote ; dans le procès de Charlotte Corday , il fut réduit au sUenre par riiéroïsme de l'illustre accusée, qui avoua qu'elle avait voulu débarrasser la France d'un monstro tel que Itfarat. Il faivoquait en sa faveur l'mdiUgenco du tribunal, en se fondant sur l'cxallalion qui avait troublé sa raison; elle l'interrompit pour dire qu'elle avait agi avec calme et ré- Hexion. Chauveau n'ijouta que quelques paroles pleines d'à-propos (voy. Coroat (Charlotte)). Pour lui donner une preuve de son estime, elle le chargea d'acquitter une petite dette qu'elle avait fkite k la prison , et que la confiscation dont elle était frappée lui ôtait les moyens de payer. Quelques mois après il fut nomme d'office, avec Tronçon-Duooudray , le 14 octobre, pour défendre la reine xMarie-Antoinette devant le tribunal révolutionnaire (1). Leréled'un avocat en pareille circonstance était bien circonscrit, si on' ne voulait «'exposer aux derniers dangers. Hébert le dénonça à la Société des Jacobins pendant le orocès. Chaumette et Collot d'Her-
(1) MoiUt. du te octobre 17M ( an ii ), n* sb, 96, r. t9.