CHAUVEAU-LA-GARDE — CHAUVELIN
bois le signalèrent d'une manière très-périlleuse alors. Après la condamnation de cette reine infortunée, Chanveau-Lagarde fut mandé devant un comité révolutionnaire, pour déposer des secrets qu'elle lui aurait confiés. L'avocat répondit qu'il n'en avait aucun ; et pour désarmer ces tigres, il déposa une mèche de cheveux, comme la seule récompense qu'il eût reçue de la noble victime, et il en demanda acte. Cet acte lui fut reproché dans la suite, et il s'en expliqua dans sa Note historique sur le procès de Marie- Antoinette et de madame Elisabeth ; Paris, 1816* On dit que la duchesse d'Angoulème n'en conserva pas moins une grande bienveillance à celui qui avait assisté sa mère dans ce moment suprême. Mais il n'en fut pas récompensé, comme Tronchet l'a été pour une assistance ana logue dans le procès de Louis XVI , ainsi qu'on l'a appris par une lettre récemment publiée, ni surtout comme Desèze, nommé premier président de la cour de cassation pour sa plaidoirie, quelque insuffisante qu'elle ait été. Chauveau-Lagarde, défenseur de l'abbé Brottier devant la commission militaire de 1797, illégalement instituée pour juger des accusés civils , estimé au barreau, avocat au conseil depuis 1806, président du conseil de cet ordre en 1824, n'a été nommé conseiller à la cour de cassation que le 17 mai 1828, à la mort de son ancien confrère Desèze. On a dté de lui son plaidoyer de 1826 pour Bissette, Fabien et Volny, condamnés de la fifartinique ; on n'aurait pas dû oublier celui qui avait été dès 1824 associé à leur défense, qui ne l'avait pas abandonnée pendant que le ministre Peyronnet retenait les pièces pendant deux ans , et qui parvint seul à en faire ordonner l'apport, et à trouver dans la législation coloniale elle-même les moyens de faire casser (le '30 septembre) cette illégale et inique condamnation ; car c'est le seul que les innocentes victimes aient reconnu.
A. nE SÉCHER VILLE.
Lettre tttr let éoénâmenU des jâniUlet /rançaUes «» i9Hkt par M. liambert ; P»rls . septembre 18S0 , la-8« ; — Mémoires pour Us hommes de couleur »• par Bissette , l8U-i8M. — JMtre du tl décembre isis. — PToUce par M, DouMet de toistkibauU, avocat, im.
GHACTBLiN (Germoin-Louis ne), magistrat français, né &i 1685, mort à Paris, le f avril 1762. Il s'éleva par son mérite aux fonctions de gtfde des sceaux, où il remplaça, en 1729, le miidstre Annenonville, et de secrétaire d'État an département des affaires étrangères de 1727 k 1737. Né avec un génie actif et pénétrant, il devint l'homme de confiance du cardinal de Fleury, sur lequel il avait une grande supériorité. Ce fut grftoe à son habileté qu'une guerre médiocrement conduite, et marquée par le honteux abandon de la Pologne, se termina par le traité de Vienne;, le seul acte glorieux du règne de Louis XV. Néanmoins une intrigue de cour le fit disgracier par le premier ministre , aux yeux duquel on le représentait comme un homme<avide de lui succéder. Après lui avoir reproché, dans
une lettre du 22 février 1737, de rompre les mesures adoptées par le roi pour l'affermissement de l'Europe et la tranquillité des peuples, le cardinal exila Chauvelin, d'abord à Bourges, puis à Issoire, dans les montagnes de l'Auvergne. L'ancien ministre n'obtint que peu de temps avant sa mort la permission de rentrer à Paris.
b'Argenson, JUém. — Flassan. Diplom. Pran., V. — Le Bu, Diet. encyc. de la France.
GHAUTELiiff (François-Claude, marquis de), général français, fils du précédent, mort à Versailles, en 1774. Il servit avec distinction en Italie, sur le Rhin et en Flandre, fut nommé maréchal de camp en 1745, ministre plénipotentiaire du roi à Gûnes, et commandant des troupes françaises envoyées eu Coise. Lieutenant général en 1749, ambassadeur à la cour de Turin en 1753, il obtint en 1760 une des deux charges de maître de la garde-robe du roi. Il mourut 8u<* btteroent, dans l'appartement et sous les yeux d^ Louis XV, dont il fiûsait la partie de jeu. Le roi fut, dit-on, vivement impressionné par ce trépas subit du marquis ; mais, au rapport des historiens, il éprouva moins de douleur que d'épouvante.
On connaît du marquis de Chauvelain quelques vers faciles et agréables.
BacbaamoDt, Mém. secrets, IV. — Sonlavie, Mém, de Richelieu, IX.
GHAUVKLiif (François-Bernard f marquis DE ), homme politique français, fils du précédent, né à Paris, le 29 novembre 1766, mort dans la même ville, en avril 1832. Il comptait parmi ses ancêtres des guerriers , des prâats et quelquesuns de ces magistrats honorables dont l'indépendance individuelle constituait à peu près toute l'opposition de l'ancien régime, et en faisait pour ainsi dire une monarchie tempérée par la vertu d'un ou de plusieure hommes d'État. Son oncle, abbé et conseiUer-clerc au pariement, s'était fait remarquer dans la grande affaire de l'expulsion des jouîtes, et avait subi , par l'influence de la redoutable société, un long emprisonnement et diverses autres persécutions. Son père avait rempli avec distinction plusieurs fonctions diplomatiques. Membre d'une famille aussi riche en hommes de talent qu'en hommes de caractère, François de Chauvelin répondit parfaitement à de pareils antécédents.
La rév(dution de 1789 le trouva lié au parti de la cour, non-seulement par sa naissance, mais encore par sa position spéciale, puisqu'il venait de succéder à son père dans la charge de maître de la garde-robe; mais M. de Chauvelin ne s'en associa pas moins à cette élite de la noblesse qui sut devancer par ses sacrifices les exigences du temps et les rendre ainsi méritoires. TYop jeune pour exercer une action politique et jaloux de coq>érer, autant que le lui permettait son ftge , à l'œuvre révolutionnaire , il prit du service, et fut nommé aide-de-camp du maréchal Rochambeau ; mais, ap|)elé aux affaires par une vocation caractérisée, il ne tarda point à abandon-