‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 57 sur 118 · CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

CHRÉTIEN

siondes commentaires fort estimés. U fol moini heureux dans ses traductions françaises : le poëme de la Vénerie d'Oppien et le Jephté de Buchanau ne manquent pas de fidélité, mais de style. Sa verve satirique s'exerça contre Roa. sard, dans plusieurs pamphlets en vers, enl(B autres le Temple de Ronsard, où la légende de sa vie est brie/vement descrile. L'ardeur de ses opinions religieuses lui fit aussi sai^ ii plume contre Pibrac, qui avait fait l'apologie de la Saint-BarUiélemi. Malgré son irrésUtible iadination vers la satire, « Chrestien était unei- « cellent homme, dit De Thou ; il avait l'flmeâ « noble et si éclairée qu'il était hicapable deriei « écrire par une complaisance basse et servile; « mais il n'était pas prudent d'échauffer sa Ide « calviniste; alors il frappait fort et juste, quitte « à se réconcilier après. » On. Bb.

Nlceron, Mém.— La Croix du Maine, Bibl. — De Tbon, Hist. -:d. Gérou, Bibl. du diocèse d'Orléans. - Bieg, des hommes illustres de l'Orléanais. — ÉI07, Diet, es la médecine.

CHBÉTiEN ( Gilles-Louis ), musiden français, néàrversailles, en 1754, mort le 4 mai I8II. A l'âge de vingt-<leux ans il entra à la chapelle du roi, en qualité de violoncelliste. La révolutioB lui fit perdre sa place ; mais en 1807 il renln à la chapelle de l'empereur Napoléon. Le prmdpal ouvrage de Chrétien parut après sa mort^ sous ce titre : la Musique étudiée comme science naturelle certaine et comme art, ou grammaire et dictionnaire musical; Paris, 1811, in-8^ « Ce traité, purement <^émentaire, dit Fétis , a pour objet l'analyse des formes de Thar^ monie, mais d'après un système particulier à son auteur, et qui ne peut être d'aucune utUtté dans la pratique. » Chrétien a aussi publié: Lettre sur la musique, en réponse à M. Amar^ auteur de Vanalyse de Vouvrage de M. Villoteau insérée dans le Moniteur du 27 octotobre 1807; Paris, 1807, in-8*.

Fétu, Biographie universelle des musiciens.

* CHRÉTIEN (Nicolas), sieur des Croix, poêle dramatique français, vivait sous le règne de Henri rv. Il fit imprimer, de 1608 à 1613, quatre tragédies, les Portugais infortunés. Rosemonde, Amnon et Thamar, Alborien, ou la vetb^ geance, et une pastorale ; il traduisit de TitalieB de Chiabrera le Ravissement de Cépliate, pièoe à machines, représentée à Florence à l'oocasion de noces prindères. On trouve, enfin, quelques vers bien frappés dans ces tragédies :

Oh! combien des humains la.rortone est diTerse ( Oh! corobtrn le dcsUn grands et petlls renverael mais on y rencontre aussi des licences intolérables (surtout dans le sujet scabreux empnmté à l'histoire de la famille du roi David) et des fautes contre le goût. Le soleil est désigné comme le souverain roi des célestes chandelles! Devenues plus rares, les pièces de Chrétien des Croix sont recherchées des amateure qui tiennent à consulter la morale du vieux théâtre français.

CHRÉTIEN — CHRISTLWHl*'

Utfréfc* tarfalet, BMolr» du Théâti^Frtmçoii , in, Mil - «MioCMffm du TkédtrePrançais , I, 41t. "KèUotMèqm dramatiqme de M. de soleinne . n» ns.

cmériBN (Pierre), poëte latin moderne, né à Poligny , en Franche-Comté , dans le serzièrae aède. C^ a de lui : Lucanici c€niones^ ex fkanàUx liàris desumpti, in quilms /actes Mlorum apud Belgas gestorum représenta- Atr; Besançon, 1588, in-4*' ; Bruxelles, 1090, JM^ : ce centon de Lucain est un violent pamphlet contre les insurgés des Pays-Bas.

Peller, DieL bUtçr. univ., édlt. de M. Welu.

CBUTIBM. Voyez Plessis {Toussaint ou) CHUST (Jean-Frédéric), poëte et savant ailenaadflnéàCobourg, enl701,mortle3 août 1756.

n liérita da goût de son père pour les lettres, et de bonne beare il s*essaya dans la poésie. Trois ans de séjour à léna le mirent à même de compléter ses études. A son retour dans la maison pitenieUe, il se chargea de l'éducation des enbits du lÂron Wolzogen, premier ministre du dtché de Saxe-Meîningen , et voyagea avec ses élèfes. C'est ainsi qui! visita une seconde fois te, puis Halle, où il se lia avec les savants de rwrersité de cette ville et y obtint la permission itwmr des cours publics, quoiqu'il ne fût pas (non maître es arts. A Leipzig, où il connut Griefaoer, il fiit recommandé par Cehiia au chan- «ficrpoionais Bunau, qui lui confia l'éducation iW de ses fils. En 1729 Christ se fit conférer le lilrede maître es arts ; il obtint à la même époque la titre de professeur adjoint d'histoire, puis il vlali tf ec son élève les principales villes d'Al- Jernsne, l'Angleterre et la Hollande, et séjourna fHdqiie temps à La Haye. A son voyage de reloir, il pissa parvienne, Venise, Vérone et Padone. En 1740 il fut nommé professeur tituhirede poésie, et le succès de ses leçons fut tel, qsepoor avoir moins d'auditeurs il était oUigé de conmeneer son cours avec le lever du soleil. L'excèi do travail abrégea ses jours. Les principaux de sesBombrenx ouvrages sont : Commentatio de tOÊseiuuartium; Halle, 1726, in-4'' ; — Aîia- UeU de sportula cHentelari; ibid., 1726, fà^; — Commentaiio de Vlrico Uutteno; ilÉL, 1727,10-4^ ; — doctes academicx obser* HBmàbut Uterariis ad rem literariam misteUiiei conjeèturis expositâB ; Halle, 1727- 1739, iB-8^ ; — Disputatio de rébus Longobardicii ;lbîd., 1730,in-4<' ; ~ de iVic. ifacAiavdto Mi//; Halle etLdpzig, 1731, in-4^— Varienm earminum silva; ibid., 1733, in-8^ ; — INtpHtatio de murrinis veterum; Leipzig, 1743, htA** ; — Magisteria veterum in poculis ; iii, 1745, m-ff; — Prolusio de Phxdro ^Ufwe fabulis ; ibid., 1746; — Anzeige und ia^gung der Monogrammatum beruhmter IfsJUer, iup/erstecher und anderer Kilnstler (lidIcitioQ et explication des monogrammes tepfÉDtres, graveurs et antres artistes célèkei); {lnd.y 1747, in-8° ; traduit en français, sous k titre de Dictionnaire des monogrammes ; M, 1700, ïxk^i — ad Eruditos quosdam de

moribus simul de Phxdro ejusque fabuli»

uberior exposUio; accessit auctarium/abu' larum quarundam Phxdri nec Phxdri ; Leipzig, 1747, in-4"; — Fabularum veterum jEsopicarum libri il ; ibid., 1748. in-4°.

Adelang, suppl. * JOeber, JUçem. CeUfurten-Lexicon, — Meiuel, Gel. Deuteh,

* GHR1STBMIU8 (Jean), musicien allemand, né à Bottstoedt, en Thuringe, vivait au commencement du dix-septième siècle. 11 fut chanteur de l'électeur de Saxe et musicien à Altcnbourg. On a de lui : Selectissima et nova cantio, quam Valedictionis ergo dedicat Patronis , 6 vocibus ; léna, 1 609 ; — Musikalische Melodien mit ^ stimmen gesetst ; Leipzig, 1616, in-4''; — Gulden Venus-Feil, in welcher zu finden, neue weltliche lieder, teutsche undpolnische Tànze; Leipzig, 1619; —Symbola saxonica, Fûrstlicher Personen txgliche gedenkspriiche mitSstimmen gesetzt; Leipzig, 1620; — Cornplementum, und dritter Theil Fest und AposteUxgiger evangelischer. Spreuch, so Melchior Vulpius ubergangen, mit 4-8 stimmen; Erfurt, 1621 ;— Omnigeni manchcrley Manier neuer weltlicher Lieder; Erfurt, 1621. .

FéUs, Biographie univenetle det Muiieims.

GHBiSTiAïc , nom de huit rois de Danemark, dont voici l'histoire :

CHftiSTi AN i«% roi de Danemark , de Norvège et deSuède,néeni425oul426, mort le 21 mai 1481.

11 fonda l'illustre maison d'Oldenbourg, dont les descendants ont régné jusqu'à nos jours sur le Danemark. A la mort du roi Christophe de Bavière, qui fut le dernier de la race des Valdemars, et ne laissa pas d'héritiers directs, l'aristocratie du royaume, pour mettre fin à de longues dissensions, offrit la couronne à Adolphe, duc de Slesvig ; celui-ci refusa, et recommanda son neveu Christian, comte d'Oldenbourg, descendant par les femmes de l'ancienne famille royale de Danemark. Christian accepta la couronne, et signa une sorte de charte (capitulation), conclue dans l'intérêt de l'aristocratie; puis il épousa la reme Dorothée, veuvede son prédécesseur, et fut sacré roi de Danemark, le 28 octobre 1449. La célèbre reine Marguerite, en fondant à Calmar l'uniwi des trois royaumes du Nord, avait dû admettre la clause que la royauté serait, comme avant Tunion, le produit de l'élection par les états des trois royaumes ; mais l'application de cette clause amena de grandes difficultés. Cette fois encore les Suédoisn'approuvèrentpaslcohoix des Danois. En Suède, malgré im parti puissant, composé surtout du clergé, Cari Knutson (Charies VIII), déjà administrateur avant le roi Christophe, avait réussi à ne faire élire roi. Peu de temps après, il entra en Norvège, et par l'influence de l'archevêque de Drontheim, Aslak Boit , il s'empara de la couronne de ce pays. Mais en 1450 la noblesse de Suède et de Danemark conclut un traité par suite duquel Cari Knutson dut renoncer à la couronne de Norvège; il fut mémo

CHRISTIAN r*

décidé qu'en cas de mort d'un des prétendants, le tn^ne de Suède tomberait en partage au surrÎTant. Christian fut sacré roi de Norvège en 1450, et en 1456 il commença la guerre contre la Suède ; peu de temps après, Cari Knutson, s'étant rendu odieux aux Suédois par ses violences, fut chassé, «^t Christian fut reconnu roi de Suède et couronné h Upsal , en 1458. A la mort du duc Adolphe, survenue sur ces entrefaites, en 1459, Christian, au lieu de garder le duché de Slesvig comme un fief tombé en déshérence, préféra négocier avec les nobles et prélats du Slesvig et du Holstein, et après avoir signé, en 1460, une convention qui liait plus encore qu'en Danemark le pouvoir royal au profit de l'aristocratie, il fut élu duc et comte de ces deux provinces , et reç4]t l'hommage de la ville de Hambourg. En Suède quelques impôts firent éclater de nouveau une révolte, etaprè^ une défaite de Christian, de retour d'une expédition contre les Russes, Cari Knutson fut rappelé, et remonta sur le trône en 1464. Christian réussit, par le concours du clergé, surtout de l'ardievêque d'Upsal, Jens Bengtsen Oxenstiem, guerrier intrépide, à lechasserencore une fois. 11 espéra en vain recouvrer le trône. En 1467 Cari Knutson fut encore rappelé par quelques familles puissantes de la noblesse, et à sa mort, en 1470, son neveu, Steen Stiire, fut élu régent, ou administrateur du royaume.

Christian, pour faire valoir ses droits, arriva devant Stockholm à la tête d'une grande flotte et d'une armée de 5,000 hommes ; mais ayant perdu la sanglante bataille do Brunkei^rg, où le roi fut blessé par une ilèdie (1), les derniers 500 Danois se sacrifièrent, aimme les compagnons da Léonidas ; il fut obligé de renoncer à ses projets, et dut se contenter de régner en Danemark et . on Norvège. Roi loyal et guerrier, il n'eut pcut^ ôtre pas assez le souci des finances du pays; il manqua aussi de prudence Ion de l'acquisition des duchés de Slesvig et d'Holstein, et n'en sut pas assurer la iwssession à ses successeurs. 11 laissa le commerce de Norvège aux mains des villes hanséatiques, dont le pouvoir était si redouté que le roi respecta leurs privilèges môme après que les marchands delà Hanse à Bergen, bravant l'autorité royale, eurent fait périr dans les flammes d'une église incendiée le baillietrévéque,en 1455. Les ports de la Norvège restèrent interdits aux Flamands, rivaux de la Hanse, et quelques-uns même aux Anglais, auxquels cependant une convention conclue plus tard avec Edouard IV fit ouvrir tous les ports norvégiens et danois , excepté ceux de l'Islande. Christian , las de ses guerres, fit vœu d'aller en pèlerinage à Jérusalem, et se mit en route en janvier 1474, avec une suite de 1 50 nobles et prélats. Il reçut dans ce voyage le« hommages les plus empressés de l'empereur Frédéric III, des ducs d'Autriche et de Milan. Deux cardinaux l'attendaient à la frontière

(1) Il tua de sa propre mslo dans celle balaiUe ua ebef enaeHil.

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des États pontificaux, et les autres princes de l'Église l'escortèrent, au milieu d'une loulc iramense, jusqu'au palais du pontife. Le roi mootra la plus grande piété, parla à ga&uux. au pape, et lui offrit, entre autres présents , dea harengs» des morues et des peaux d'hermine. Sixte IT lui fit présent d'une rose d'or, lui donna des ndulgences, un morceau de la vraie croix, use canne à pomme d'or, des mouchoirs bénits et un habillement magnifique, également bénit II le défraya tout le temps qu'il resta à Borne, et le dispensa du pèlerinage à Jérusalem DM^ennant une aumône donnée à un hôpital. £n ûoIk, il lui accorda des privilèges pour les ^Umi de Suède et la confirmation de l'ordre de l'Eléphnl (symbole de force et do courage), inititoéà l'occasion du mariage du prince royal Jaan ans Christine, fille d'Ernest, électeur de Saxe. El 1475, à son retour de.Roroe, le roi fit unvoyagi i Cologne, pour réconcilier l'empereur Frédé- i rie lU avec Charles le Téméraire. CbristÎBnétiil presque toujours en proie à des embarras finitciers ; ainsi, lors du mariage de sa fille Margnerifi avec le roi Jauiues Ul d'Éeoase , ne tiouTaot trouver de l'argent pour payer la dot , il Int obligé de mettre en gage les fle^ de Slietland d d*Orkcney, qui sont devenues, par droit deprefcription, la propriété de l'Angleterre. Aussi falM* il lutter longtemps contre les mêmes embarru avant que Christian pûtréallser son idée favoriti, de fonder pour la première fois en Danemark vm université libre à Copenhague. Cette foodatîQA avait été autorisée par le pape en 1474 ; mais l*!nivrrsité ne fut ouverte qu'en 1470. Hans ( Jeu) fils de Christian lui succéfla sur le trône.

P.-L. MoLLER de Copenhague.

J. Ungebck, Christian l udôdâiigê Jhuàommetsêift' Déffjrique de Chr. I) ;CopeQha«ue. 1749 -S. C WcfM; Tre yifhandHnger tU ChrUtian I Histori4 { Scandbm. LitL Sehk.Skri/ter,î6 ro{.:i- 1849. -J.-H. ScMefH, êm Christ. I, UdenUmdsrêiu og OphQld i Uom. (Voj^ d séjour i Borne, eo i^li;Samiungen sur Dan, CesehicMU, t vol.).— Lettres de Christian I, dans Sukmsnte Sttmlb. ger, 8 roi., et dans Scriptures rerum danicarnm, 8 tel CHRISTIAN II, roi de Danenurk, de Norvè^B et de Suède , fils du roi Hans (Jean) et petitfils de Christian I«% né le 2 juillet 1480 , roi de 1513 à 1523, mort prisonnier, le 24 jawrier 1559. Ce prince, dont les bonnes qualités fhrail longtemps mal appréciées par les historiens, aval| reçu une éducation des plus singulières. Naturellement doué d'un esprit juste, on laissa à la vieet à l'expérience le soin de l'éclairer. Son père ravait mis en pension chez un honorable boargeois de Copenhague, ensuite chez un chanoine, qui lemenait chanter à l'église avec les enfants du peuple. Un précepteur, venu de Brandebourg, lui apprit la langue latine , et le laissa libre de choisir ses camarades et ses plaisirs. Nommé soocesaaor au trône du vivant de son père, dès 1501, i prit part au gouvernement, notaimnent en Norvèijc, où, avec beaucoup d'énergie et de sévérité^ il comprima les insurrections de Canut-Alfifon en 1502 et de Heriuf-IIydefad en 1508. Son \st-

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1 de nie de Gothland fat moins heureuse.

Cotte eatre|>rise avait pour objet de miner la prépopdéraoce des ailles hanséatiques, qui s'enten-

; airee les insurgés de la Suède. Christian i à SCO aTénement, sans l'mtention de la resne capitulation qui mettait plus encore que celle de son père la royauté à la merci de IMstocratie laïque et cléricale, en leur réservant le droit de haute et basse justice, et en prohibant l'hérédité de la couronne ; mais dès fonaTénement au trône tous ses efforts tendirent à fortifier la puissance royale, surtout en Suède, oè l'on avait refusé de le reconnaître^ et où un Bonrel administrateur ou régent t Steen Sture le jeune, fils de Svante Sture, s'opposait à l'union de Calmar. Christian, pour s*aliier à la maison la pins paissante de l'Europe , demanda et obtint en mariage la princesse Elisabeth ( Isabelle), fille de Philippe I^, roi de Castillc, et soeur de Charles- Qohit; il l'épousa, à Copenbagoe, le 12août lâl5. LaJeuneBfleetteSTertusd'Élisabeth lafircntaimer par le peuple ; d'après son conseil, Christian Ht venir en Danemark , ok l'horticulture était peu développée, une colonie de villageois flamands, pour y introduire les modes de culture et les procédée en usage dans les laiteries des Pajf s-Bas, et '\ les descendants, habitant la petite tle d'A- [, ont conservé Jusqu'à nos jours les anciens

( et costumes. Ce fut aussi par cette reine que le Inie et les modes de la brillante cour de BooiiBOgne pénétrèrent dans le Nord. Malgré son marfà^ et sans que la paix domestique en parât trooMée, le roi gardait sa maltresse, la belle Dtiveeke, qu'il avait connue à Bergen en Norvège, eà sa mère Sigbritte tenait une auberge. Cette kauùt^ d'origine holtaudaise, et douée d'un esprit trèt-jodideux , exerça sur le roi une grande inflnenee. Elle connaissait bien les institutions, Tinddstrie, les sources de la richesse des Pays-Bas ; cl sea tendances libérales se trouvaient tellement d'accord avec les sympathies de Christian, qu'il M confia l'administration des revenus des doua- ■ea» même de celles d'OIresund. A la fin, la favorite devint nne sorte de premier ministre ; elle fut ponr bcaneoop dans les sages lois qui concilièrent an roi l'amour du peuple ; elle protégea efficacement le commerce national contre la concurrence dcB villes hanséatiques; forte de son bon sens et de la faveur du roi, elle brava la noblesse, qui a'eiaspéFa de plus en plus. Duvecke mourut subitement , en 1617, probablement empoisonnée à llnstigation de quelques membres du sénat , qui le composait des nobles, on des parents de Tor* tica Oxe, jeune gentilhomme, amoureux de Duvceke, et qui pensait à l'épouser. A la suite d'un bd de la cour, oti Torben Oxe avait fait des aveux indiscrets, le roi , hrité et peut-être jaloux , le fit juger par un jury, composé, au mépris de la car pUuiaiUm,de douze paysaas, qui rendirent un verdict à double entente. Oxe fut immédiatement déeapHé, et nj le sénat, ni le légat du pape, ni la ntae ne purent le sauver.

Peu de temps après, Christian entreprit la guerre contre la Suèile. En 1518 il se présenta avec une flotte devant Stockholm, mais revint sans succès en Danemark. Le chef du parti danois, l'arclievèque d'Upsal, Gustave Trolle , fut destitué par une assemblée de nobles et de prélats, puis assiégé par Steen Sture , le régent, qui brûla le château de l'archevêque et le mit en prison. A cette nouvelle, le pape Léon X excommunia Sture, mit tout le royaume en interdît, et cliargea Christian de l'exécution de la bulle. Un légat du pape, Angek) Arcemboldi, qui vendait des indulgences, ayant révélé à Sture les plans du roi, Christian fit saisir les ricliesses , soit en argent, soit en provisions, qu'il avait accumulées en Danemark, et les employa à la nouvelle expédition, qui eut lieu en 1520. Une députation danoise, Sigbritte à la tète, avait été envoyée à Bruxelles, pour réclamer k la cour un à-compte de la dot de la reine, fixée à 200,000 florins d'or. La cour de Bruxelles, mécontente deceque lam6medé|>utation était allée à Paris réclamer des secours conformément aux traités, paya seulement, après une longue résistance , la moitié de la somme demandée. L'armée danoise , renforcée par des volontaires de tous pays et par un corps auxiliaire de 2,000 Français, commandé par Gaston de Brézé, se rassembla dans \es provinces méridionales de la Suède actuelle, qui jusipi*en 1058 firent partie du Danemark. Le fameux Théophraste Paracclse assista, dit-on, comme cliirurgien militaire à cette campagne. Les Danois, commandés par le général Otto Krumpen, passèrent la frontière, et battirent les Suédois dans la journée décisive de Bogesund^ en Vestergothland, le 19 janvier 1520, où Tadministrateur Steen Sture fut tué. Après une victoire remportée sur une nombreuse troupe de paysans, prèsd'Upsal, tout le pays tomba entre les mains de Christian, excepté Stockholm, où l'héroïque veuve de radndiiistrateur, Christine Gyldeiistjenia, organisa une résistance énergique. 11 fallut rarrivée d'une flotte oouiinan<lée par Christian lui-même, et un siège de quatre mois, pour que la ville ouvrit ses portes. Mais déjà le 7 mars la noblesse avait conclu la paix ; l'union fut rétablie à Copenhague, le 31 mars, une amnistie complète promise, et Christian II couronné roi de Suède le 4 novembre 1520. Malheureusement les prélats qui entouraient le roi ne reconnurent pas l'amnistie promise par ce prince et par le général Krumpen. Gustave .TroUe demanda, au nom de Dieu , du pape et de TËglise , d'étro vengé; il fut soutenu par Jens Andersen Beldenak, évêqiie de Fionie, et par Dklerik Slaglioek, parvenu vestphalien , amené en Danemark par Arcemboldi, et devenu secrétaire et confesseur du roi. Le bruit Alt répandu qu'on avait voulu faire sauter par des minM le château n>yal à Stockholm. Cédant aux instances de ses cont>eiUers cléricaux, Christian fit arrêter environ quatrevingt-dix notables suédois , parmi lesquels deux évêqucs, dont l'un même était partisan du roît

CHRISTIAN II

déclarés coupaUcs d'hérésie et de conspiration contre le pape et l'Église, ils furent décapités à Stockholm, le 7 novembre. Leurs biens furent confisqués, amsi que ceux de la veuve de Steen Sture, également condamnée pour hérésie, et emmenée en prison en Danemark. Slaghoek et Beldenak prirent possession des deux évèchés vacants. Le retour du roi de Stockholm en Danemark fut encore signalé par d'autres exécutions sanglantes.

Ayant soumis la Suède, et laissé des garnisons dans les principales villes, Christian crut pouvoir continuer les réformes delà législation, interrompues par la guerre. Il établit Tunité de poids et mesures dans tous ses États, fixa un nouveau tarif de douanes, et des taxes fort régulières; institua les postes aux lettres et une police sanitaire. Il organisa renseignement primaire du peuple, réforma les écoles supérieures , et éleva le salaire des précepteurs. Il fit défense de brûler les sorciers et sorcières', fit respecter les formes de la justice, et institua à Roskilde un tribunal spirituel , indép^ant de Rome. Il s'occupa avec sollicitude du sort des paysans; il interdit la coutume barbare de les vendre et de les acheter, et porta ainsi un coup redoutable au servage, introduit seulement vers le commencement du quinzième siècle par les nombreux nobles allemands qui vinrent s'établir en Danemark.

Jusque alors la féodalité avec l'hérédité des fiefs et d'autres abus étaient inconnus dans le Nord; les paysans y formaient une classe libre , ayant droit de participer à l'élection royale et au vote des lois et des impôts dans les assemblées publiques. Ensuite Christian n mit, sous peine de mort, fin au droit d'aubaine, si contraire au commerce, et que l'on exerçait de la manière la plus barbare : souvent les naufragés étaient tués, et leurs biens appartenaient par confiscation aux seigneurs et aux évéques voisins. Mais avant tout il avait en vue le tiers état ; il comprit que )a création et l'émancipation de cette force sociale n'étaient possibles que par l'encouragement de l'industrie nationale et la délivrance du commerce des mains de la ligue lianséatiquc. Il projeta de faire de Copenhague un port libre et le centre du commerce de la Baltique, en dépit de Lubeck. Puis il accorda à lakiourgeoisie des droits politiques , en créant l'organisation indépendante des communes et l'administration des villes par des magistrats communaux (t). Utrendit des ordonnances contre le luxe énorme du clergé et de la noblesse, qui furent obligés de payer des impôts comme les autres classes. Il régna enfin presque en monarque absolu, entouré de conseillers du peuple, haï de l'aristocratie laïque et cléricale autant qu'il était aimé des bourgeois et des paysans. Malheureusement il ne lui fut fias permis de consolider son œuvre; bientôt on s'éleva contre lui de plusieurs côtés. La ré-

(1) I^ deux code» de ChritUan II, de issi et de lltt, ioreol réedIUf pari*. Reteo, en I6U.

forme des mosurs du clergé, qoi g'était benn ooop plus occupé de commerce que de rdigiai^ les sympathiesdu roi pour les doctrines naûsaiilii de Luther, professées dès 1520 à CopetJbÊ^pe, sans grand succès, par les prédicateurs Martii Rdnhard et Paidus £liœ, éveillèreiit les mmp' çons de la cour de Rome. Le nonce Jean Fnih çois de Potentia fut envoyé en Danemark paor demander réparation au sujet de rexécntkm 4ei deux évoques à Stockhohn. L'archevèqnc iê Lund , Diderik Slaghoek, reconnu seol ooupiUi^ fut condamné et pendu à Copenhague, le. 29 jnvier 1022. Mais déjà la Suède , où les réeenlii violencesdu roi l'avaient rendulimpopuUure, étal en pleine révolte. Le jeune Gustave Wasa, Ml le père avait été une des victimes du misacre de Stockholm , réussit à lever une annéi de paysans de la Dalékariie et à chasser lei garnisons danoises. Il asûégea Stockholm, et fut proclamé administrateur. En môme toifi Christian fut en lutte avec son onde Frédéfky duc de Holstdn-Segeberg, qui le poursuivait de ses prétentions féodales. Les Lubecquois, allléi de Gustave-Wasa, déclarèrent la guerre, et Menacèrent Copenhague d'une attaque. Christa les repoussa vigoureusement avec 1 0,000 payMtt; mais , privé de ressources financières, il ne pit rien entreprendre contre la Suède , et coovoqoi, pour trouver les fonds nécessaires , une dièto vers la fin de 1522. Au lieu de s'y rendre, les prélats et les nobles se réunirent à Yiboiig, ca Jutland, appelèrent l'onde du roi, le duc Frédéric, au trône, et prodamèrent la déchéance de Christian. Ils y accusèrent celui-d d'avoir vtoléla capitulation, exprimèrent leur roécontentaDMiil contre ses réformes, en représentant les maladiei et les guerres des derniers tem|« comme une punition de Dieu. Un seigneur, appelé Mogens-Munk, ne craignit pas d'apporter en personne au roi cette insolente dédaration. Christian, au lien de faire appd aux bourgeois et aux paysans, s'em* barqua le 23 avril 1523 à Copenliague avec le rdne, ses trois enfants, Sigbiritte et plusieure Danois de distinction, pour aller aux Payt-Bu demander secours à son beau-frère Charie»- Quint Les fidèles dtoyens de Copenhague et de Malmoe soutinrent vaillamment un sage de huit mois. Le départ de Christian amena en Suède la victoire de Gustave. Maître de Stockhohn, fl obtint la couronne , et mit fin en 1523 à l'union de Calmar, qui avait duré 126 ans, sans que les peuples, en comprissent encore les avantages. La chute de Christian II fut l'afTermissement de la servitude féodale et le triomphe de l'aristocratie^ à laquelle les tentatives du roi avaient tant déplu, que peu de temps après on brOla publiqueroeol ses statuts comme « nuisitdes et contraires aux bonnes vieilles coutumes ».

On a peu de détails sur la vie aventureuse que mena Christian n pendant neuf ans à l'étranger. Assez bien reçu à Bruxdles, il fut ami du célèbre Érasme, qui dans ses écrits Tante

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