AKBAR — AKENSIDE
européenne, a rétabli et si prodigieusement ' agi-andi le vaste édifice politique élevé par sa main puissante.
Dans Akbâr, l'homme fut presque toujours digne du monarque : brave et même intrépide par constitution, se plaisant au milieu des émo- : tiens de la guerre et de la chasse, et les recher- ' chant parfois avec avidité , et cependant préférant toujom's , à la longue , les émotions d'un ordie plus élevé que lui offraient des actes de générosité et de bienfaisance. Irascible par tempérament, il ne put toujours réussir à dominer i les ébuUitions de sa colère; mais sa bonté natu- ; relie et la rectitude de son jugement le maintenaient généralement dans une convenance, vue i simplicité et une dignité d'attitude et de manières qui firent l'admiration de ses omrahs, I comme des plus humbles de ses sujets et des ! étrangers qui visitèrent sa cour.
Des monuments de toute espèce élevés par Akbâr, plusieurs ont résisté aux injures du temps ou aux ravages des révolutions. Us attestent le sentiment que ce prince avait de l'architecture au point de vue de l'art comme au point de vue de l'utilité. Du sommet du magnifique mausolée que lui a élevé son fils ( Djâhâm-Ghyr ) à Sikândra, l'œil n'embrasse cependant que les ruines de son ancienne capitale, de sa résidence favorite , Akbâr-Abâd ( Agràh ) ; mais le tombeau de Houmâyoûn à Dehly , les forts d'Agrah, d'Allahabàd au confluent du Gange et de la Djamma, d'Attock sur l'Indus, etc., font encore l'admiration des voyageurs. Ce n'est pas toutefois à ces mommients périssables qu'Akbâr a confié le soin de perpétuer la gloire de son nom. Les « Instituts d'Akbâr, » le souvenir de son administration paternelle , et de la protection qu'il a accordée à l'agriculture, aux sciences et aux ! arts , le témoignage que nous ont transmis ses I contemporains de la frugalité et de la simplicité [ de sa vie au milieu des splendeurs de la cour la plus somptueuse de l'Orient, recommanderont ce nom vénéré à l'admiration des races futures, après que le marbre et la pierre entassés dans ', la construction de ces villes, de ces forteresses, de ces palais et de ces tombeaux, auront été réduits en poussière par l'action des cléments et les révolutions inévitables des sociétés humaines. A. DE Jancigny.
' Aboul-FazI, Akbar Nâmah et Jyin Jkbary ( le premier de CCS ouvrages n'a pas encore été traduit; le second l'a été , mais non pas complètement, par GladArin. Il existe, en manuscrit, une traduction ( peut-être complète ) de V Akbar Nâmah par Ctialmers. — Feriskta, traduction anglaise de Dow et de Briggs. — Mémoires de Djahûn-Gliyr, traduction anglaise de Price. — Mémoires de Houmay mm, traduction anglaise de Stewart. — Miintakhabul Taxjuarikh, A'Abdoul-Kàdir { nontra-
' dult ). — K/iâfi Khân { non traduit ) , etc. — Mille , History of British India, édition de Wilson, 8 vol. in-8'= ; Londres, l8Vi. — Rickards, India, etc., 2 vol. In-S" ; Londres, 1821. — Elpliinstone, /?isforj/;o//ndt«, 2 vol. in-8°; Londres, )841.
] AKBEH, général musulman, vivait vers la fin do dix-septième siècle. Il se distingua par ses
NOUV. UIOCR. L'NIVEUS. — T. I,
faits d'armes sous le khalife Omar, qui lui fut redevable d'une partie de ses vastes conquêtes. Il sotmiit les tribus bellicjueuses des Berbères , et fit une rude guerre aux chrétiens. Akbeh s'avança jusqu'aux extrémités de l'Afrique occidentale. Il ne s'arrêta qu'aux bords de l'Océan : là, plein d'enthousiasme, il poussa son cheval dans la mer, tira son sabre , et s'écria : <« Dieu de Mahomet, tu le vois : sans cet élément qui m'arrête, j'irais chercher des nations nouvelles, pour faire adorer ton nom. «
Conde , Domination des Arabes en Espagne.
ARENSiDE {Marc), médecin et poète anglais, né le 9 novembre 1721, mort le 23 juin 1770. Il était fils d'un boucher établi à Newcastle-sur-Tyne, et annonça de bonne heure le talent qu'il avait pour la poésie. L'ouvrage auquel il a dii sa réputation, The pleasures of imagination (Londres, 1744), fut composé à vingt-trois ans, et mérita le suffrage de Pope, qui , consulté par le libraire Dodsley,lui conseilla de ne pas faire du manuscrit une offre mesquine, disant que « ce n'était pas là un écrivain de tous les jours. » Cependant le poëme;^ publié en 1744, n'eut pas d'abord le succès qu'un juge si compétent avait prédit. Akenside, ayant choisi la médecine pour sa profession, étudia à Edimbourg et à Leyde, et fut reçu docteur à Cambridge ; il pratiqua successivement à Northampton, à Hampstead, et enfin à Londres, où son généreux ami Dyson, qui précédemment l'avait défendu de sa plume contre le violent Warburton, favorisa son établissement en lui allouant une pension annuelle de trois cents livres sterling. Il donna des leçons publiques d'anatoraie, fut élu membre du collège des médecins et de la Société royale, médecin de l'hôpital Saint-Thomas, et l'un des médecins de la reine. On cite , entre autres productions relatives à son art, sa Dlssertatio de dysenteria, 17G4, écrite dans un latin pur et élégant, et traduite deux fois en anglais. Son principal poëme fut retouché par lui, au point de former une composition nouvelle ; il est empreint d'un sentiment profond des bienfaits du Créateur. On y trouve beaucoup d'élévation et de poésie, mais de l'obscurité ; ce qui fit dire à lord Chesterfield : « C'est le plus beau des livres que je n'entends pas. » Ce poëme, des Inscriptions en vers, un Hymne aux Naïades, et plusieurs livres d'Orfes, genre pour lequel Johnson a jugé que l'auteur n'avait point de vocation, ont été réunis et publiés par Dyson en 1772, Londres, in-4°; nouvelle édition, 2 vol. in-12, Londres, 1776. Le poëme des Plaisirs de l'imagination a été traduit en français, en prose, par le baron d'Holbach (Paris, 1769, in-12). Ses ouvrages médicaux se bornent à un traité sur la dyssenterie, que nous venons de citer, et à deux mémoires insérés dans les Philoso- ^phical Transactions, année 1763. L'un do ces mémoires sur les vaisseaux lymphatiques provoqua une réplique violente d'Alexandre Mom-o , traitant Akenside d'ignorant et de pla-