‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 126 sur 180 · ALAIN · texte numérisé non relu

ALAIN

en 1541, mort à Rome en 1594, nommé le Cardinal d'Angleterre , parce qu'il était né dans la province de Lancastre, fut d'abord chanoine d'York. Son opposition aux vues d'Élisabetli l'obligea de se réfugier dans les Pays-Bas , et de là à Reims , où il eut un canonicat. La pourpre romaine fut le prix de son mérite en 1587. Il fat un des réviseurs de la Bible de Sixte V, qui le fit cardinal. Il a écrit sur les matières controversées entre les catholiques et les protestants. On a de lui : T Nouveau Testament, traduit en anglais en 1582; — 2" De Sacramentis in génère et de Eucharïstia libri très ; Antverpise, 1576, in-4°, et 1603, in-4''; — 3° Ad persecutores Anglos,pro catholïcis, etc., 1584, in-8°: cet ouvrage avait d'abord été fait en anglais ; Alain le traduisit en latin ; — 4° Lettera scritta al cardinale Alano , con la riposte, tradotta dalV inglese in italiano; Rome, 1588, in-4°. Dictionnaire historique et critique.

ALAIN de Lille, en latin Alamis de Insulis, né en 1114, mort vers 1 203, surnommé le Docteur universel, fut un des plus grands savants du douzième siècle. Contemporain de saint Bernard, il était à la fois philosophe, physicien, théologien , poète et historien. Nommé au siège épiscopal d'Auxerre ou de Cantorbury ( le lieu est aussi incertain que le fait ) , il résigna bientôt ses fonctions, pour se retirer au monastère des moines de Cîteaux. C'est probablement dans cette retraite qu'il pratiqua la science hermétique. On ignore le lieu de sa naissance et ladate précise de sa mort; quelques-uns le placent dans le treizième siècle, et lui donnent indifféremment pour patrie l'Allemagne, l'Ecosse, l'Espagne, îa Sicile et la Flandre. Cependant Alain dit luimême qu'il était de Lille en Flandre , dans son Anticlaudianus , ouvrage dont l'authenticité a été parfaitement établie par dom Brial ( Voy. Histoire littéraire, tom. XVI). Othon de Saint- Biaise cite maître Alain parmi les docteurs les plus célèbres qui vivaient en 1194. Albéric de Trois-Fontaines , écrivain du treizième siècle , place la mort d'Alain dans l'année 1202 , ce qui s'accorde avec la grande Chronique belge. Les moines de Cîteaux lui firent l'épitaphe suivante :

j4lamim brevis hora, brevi tumulo sepelivit Qui duo, gui septem, qui totiim sribile scivit; Scire suum moriens dare vet retinere nequivit..

Comme sur tous les savants de ces siècles d'ignorance, on a débité sur maître Alain beaucoup 'de fables ; en voici , entre autres , une que nous racontons d'après dom Brial : « L'abbé de Cîteaux, devant aller à Rome pour assister au concile général convoqué par le pape, prit avec lui Alain pour lui servir de valet de pied et panser les chevaux. Alain demanda en grâce à son abbé de le laisser entrer avec lui dans la salle du concile. On lui représenta que cela ne se pouvait pas, et qu'il serait difficile de tromper la vigilance des gardes. 11 y entra cependant, caché sous la chape ou le manteau de l'abbé, et se plaça

à ses pieds. Ce jour -là , on discutait la doctrine des hérétiques du temps, et plusieurs étaient là pour rendre compte de leur croyance. La dispute s'engagea, et les hérétiques semblaient avoir l'avantage. Alors Alain se levant demanda à son abbé la permission de parler, et la demanda jusqu'à trois fois sans pouvoir l'obtenir. Mais le pape ayant su de quoi il s'agissait , lui permit de parler. Alain reprit la controverse, et réfuta si bien les hérétiques , que l'un d'eux s'écria : Tti es le diable, ou bien Alain ! — Je ne suis pas le diable , répondit-il , mais je surs Alain. »

On a de ce philosophe un grand nombre d'ouvrages, presque tous en vers, mais dont la plupart sont probablement supposés. Ch. de Visch en a publié une partie, Anvers, 1653, in-fol. De ses travaux alchimiques , nous ne connaissons que ses aphorismes (Dicta) sur la pierre philosophale. Conformément aux traditions hermétiques , Alain compare la génération des plantes à celle des minéraux. H appelle solution des philosophes ( solutio philosophorum) , l'amalgame résultant de l'union de l'or ou de l'argent avec le mercure ; et il ajoute qu'on peut s'en procurer de grands avantages. « Pour cela il faut, dit-il, d'abord chauffer légèrement la solution des philosophes , puis la renfermer dans un vase bien fermé et cacheté , et enfin l'exposer, pendant quarante jours, à une chaleur modérée, jusqu'à ce qu'il se forme à la surface une matière noire, qui est la tête du corbeau des philosophes et le mercure des sages. »

Les écrits publiés sous le nom d'Alain sont 1° Anticlaudianus, sive De officia viri boni et perfecti; Eâle, 1536 : poëme encyclopédique qui traite à la fois de la morale , des sciences et des arts ; — 2° De planctu naturx ad Deuni , sive Enchiridion de rébus natu7\T,sa.l\Te contre les dépravations des hommes ; — 3° Doctrinale minus, ou le livre des paraboles, en vers élégiaques; Lyon, 1491, in-4° ; — 4° Doctrinale minus Alterum, ou le Livre des Sentences; Paris, 1492, in-4° ; — b° Elucidatio super Cantica canticorum; Paris, 1540; — 6° De cu'te seu articulis cathoUcx fidei, publié par J. Masson; Paris, 1612, in-8°; — T Alani magni de Insulis, Explanationum in prophetiam MerUni Ambrosii, Boitamii, libri VU; Francfort, 1607 in-8°;--8° Liber pœnitentialis,deâié a Henri de Sully, qui fut archevêque de Bourges depuis 1 1 84 jusqu'en 1200. On cite encore plusieurs ouvrages manuscrits d'Alain , conservés dans les bibliothèques de la France et surtout de l'Angleterre.

A[benc, in Chron. — Henri de Gnnd ; Jncqucs-Pliilippc de Berf,'ame ; Tritlième ; le Mire : Henriqucz, in Annal. Cist. — Du Boulay, Hist. de l'université de Paris , t. II et III. — Valèrc André , Bibl. Belg. — Histoire littéraire de la France, vol. XV[. — Fabricius, BiblioUicca latina mediœ et infima; œtatis. — De Visch , Bibliotheca, scriptorum ordinis Cistcrciensis. — Fnppcns , Blbli. Belqica. — Diipin , Nouvelle Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques-

ALAIN ( Nicolas), médecin de Saintes, vivait

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