ALBERT — ALBERT
du chapiti'e. De là entre le pape et l'empereur des démêlés, qui se terminèrent par la nomination d'Albert à l'évéché de Freysingen. On lui attribue les 'sies des martyrs saint Kilian, évêque de Wurzbourg, et de ses compagnons saint Colman et saint Totnan, dans Acta Sanctorum, 8 juillet, t. n, p. 966.
J.-P. Ludwig , Gesckic/itsclireiber von dem Bischofthvm jy ûrzburg ; V ranci., 1713. — J.-A. Fabricius, Bibliotheca latina médise et infirme eetatis; Patav., 1754.
ALBERT, en latin Albertus Sigebergensls , bénédictin du couvent de Sigeberg, près de Cologne, vivait vers le milieu du quinzième siècle. n a laissé, en latin, une Histoire des Papes depuis Grégoire IX jusqu'à Nicolas V, et une Histoire des Empereurs romains depuis Auguste jusqu'à Frédéric V. Ces deux ouvrages sont encore en manuscrits à la bibliothèque de Vienne.
Adelung, supplément au Lexique de Jôclier. — Kabricius, Bibliotk. med. et infim. astatis, t. I, p. 128.
ALBERTANO de Brescia, juge et gouverneur de Gavardo sous le règne de l'empereur Frédéric n (treizième siècle). II fut mis en prison pendant les troubles politiques qui agitaient alors l'Italie. Dans sa captivité, il composa en latin, vers 1246, divers ouvrages de dialectique et de morale, qui furent ensuite traduits en italien; l'un est intitulé Délia forma delV onesta vita; un autre. Belle sei manière del parlare ; et un troisième, Délia consolazione e del consiglio. Ces trois traités, conservés en manuscrits à la bibliothèque de Turin et à l'Ambrosienne de Milan, furent imprimés longtemps après la mort de l'auteur, par les soins de Bastien de Rossi, à Florence, en 1610.
Tiraboschi, Storia délia letteratura italiana, vol. IV, chap. n.
* ALBERT! (jdZ&erf) , savant jésuito, né à Trente le 2 février 1593, mort à Milan le 3 mai 1676. 11 étudia à Padoue, et se fit surtout connaitrepar sescontroversesavec le célèbre Scioppi, qu'il réduisit, dit-on, au silence, et le fit mourir du chagrin de se voir vaincu. Ses principaux écrits sont : Générales vindiciar. adversus famosos Gasp. Scioppi libellas ; Lucques, 1649, in-12; — Lydius lapis ingenii; ibid. , 1647, in-12 ; — Liber contra saltationes et choreas, 1650, in-12 ; — Actio in eloquentias tiim pro/anœ cumsacrae corruptores ; Milan, 1651, in-12.
Ocsterreichisches Bio'jraphisches Lexicon; Vienne, ISol. — MaïzuchelU , Scrittori d'Italia.
ALBERTi ARISTOTILE, autrement dit Rodolphe Fïoraventi, célèbre mécanicien, né à Bologne, dans le seizième siècle ; on lui attribue des choses étonnantes : il transporta , dit-on , à Bologne le clocher de Sainte-Marie del Tempio, avec toutes ses cloches , à une distance de trentecinq pas ; il redressa dans la ville de Cento le clocher de l'église de Saint-Biaise , qui penchait de cinq pieds et demi. Appelé en Hongrie, il construisit un pont très-ingénieux , et fit beaucoup d'autres ouvrages dont le souverain de ce pays fut si satisfait qu'il le créa chevalier, lui permit
de batti'e monnaie et d'y mettre son empreinte. Il fut aussi employé par Jean Basile, grand duc de Moscovie , à la construction de plusieurs églises.
ALBERTI (Benoît), Florentin, était, vers la fin du quatorzième siècle , à la tête du parti démocratique à Florence, avec Salvestro de Médicis. Partisan de la liberté et de l'égalité absolues, il fit une violente opposition au parti aristocratique de la république de Florence, qu'il accusait d'être gibelin. En 1378, il appela le peuple aux armes et commença la terrible révolution des Ciompi, qu'il s'efforça ensuite lui-même d'apaiser. Le peuple déchaîné incendia et pilla tous les palais , et mit à mort les habitants les plus considérables et les plus riches. Une épouvantable anarchie et la ruine du commerce en furent la suite. Alberti fit punir Thomas Strozzi et George Scali, qui abusaient du pouvoir démocratique. En 1382, l'ancienne aristocratie renversa à son tour le parti des Alberti et des Médicis. Benoît Alberti et ses amis furent exilés en 1387; il mourut à Rhodes en revenant d'un pèlerinage à la terre sainte.
Pignotti, Storia délia Toscana, 1. IV. ~ Machiavelli, Storie Florentine, 1. III.
ALBERT! (Clierubino) , peintre d'histoire et graveur, né en 1552 , mort en 1615. Il était fila du peintre Michel Alberti, et s'est rendu surtout célèbre par ses gravures. On a de lui cent quatre-vingts pièces , dont soixante-quinze de sa composition ; les autres sont gravées d'après Michel-Ange, Raphaël, André del Sarte, etc. On les reconnaît à la marque : A. B.
Heineken, Dictionnaire des artistes. — Giordani, Pinacoteca di Bologna.
ALBERTI (DommiçMe), musicien italien, du dix-huitième siècle, inventa une nouvelle méthode de toucher le clavecin , mit en musique VEndymion de Métastase, et composa plusieurs œuvres qui eurent une certaine vogue.
Gerber, Lexicon der Ton-Kûnstler.
* ALBERTI (Fabio), d'une famille noble de Bevagna , bourg des États de l'Église dans l'ancienne Ombrie , s'est occupé toute sa vie de recherches sur son pays, et a publié : 1° Ragguaglio del museo operto net 1787 nelle nuove stanze délia residenta del magistrato consolare di Bevagna (s. 1. n. d. ); in-4° ; — 2° Notizie antic/iee moderne riguardanti Bevagna, città delV Umbria; Venise, 1791, in-4".
Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.
ALBERTI ( George-Guillaume ), prédicateur protestant, né en 1723 à Thundern (Hanovre), mort en 1758. Il resta quelque temps en Angleterre , où il publia en anglais , sous le pseudonyme A' Alethophilus Gottingcnsis , un opuscule intitulé Pensées sur l'Essai de Hume sur la religion naturelle. On a encore de lui des Lettres sur l'état de la religion et des sciences dans la Grande-Bretagne, Hanovre, 1752- 1754; et un Essai sur la religion, le culte, les
mœurs et les usages des quakers ;Md., 1750.
Adelung, Supplément à Jôclier, AUgem. Gelehrten- Lexicun, I, 417. — Ersch et Gruber, Allqem. Encyclopâdie der KiXnste und TVissenschaften, II, 363-.
* ALBERTI ( Josèphe-Matthieu), célèbre violoniste et compositeur de musique italien, vivait à Bologne dans le commencement du dix-huitième siècle. Il a publié dans cette ville, entre autres ouvrages remarquables, dix concertos pour six instruments, en 1713; et quatre symphonies pour deux violons, la viole, le violoncelle et la basse continue. Ces compositions, d'une exécution facile, eurent beaucoup de vogue.
Burney, History of music.
ALBERTI (Jacques), de Bologne, jurisconsulte qui vivait vers l'an 1420, a écrit un Traité sur les différences entre le droit canonique et le droit civil; on en trouve un long extrait dans les œuvres de Barthole.
Alidosi, De doct. Bonon. — Bumaldi, Bibl. Bonon.
* ALBERTI (Jean-André) , célèbre prédicateur de Nice , né vers l'an 1611, mort de la peste à Gênes le 4 juillet 1657, était entré dans la Société de Jésus en 1628. Il fut professeur d'éloquence. On a de lui : le Querele délia pietà ; Torino, 1640; oraison prononcée à la mort d'Antoine Provana , archevêque de Turin; — il Museo riformato nel Collegio di Genova délia compagnia di Gesii ; Genova, 1640; — il Sole Ligure; discours adressé à J.-B. Lercaro, doge de la république de Gênes, suivi d'un éloge des membres de sa famille, intitulé Lercariorum Elogia; Genova, 1644, in-fol. ; — Oratio panegyrica de venerabili P. Camillo de Lellis, fundatore ministrorum infirmis; Genuse, 1647, in-4° ; — Adélaïde , istoria panegirica ; Genova, 1 649 , in-1 2 ; — Eneade, panegirica detta a S. Francesco Saverio; Bologna, 1650, in-1 2 ; — Vlmpietàjlagellata dal santo zelo d'Elia; Genova, 1655, in-12. On doit encore à ce jésuite Vitae ac Elogia XII Patrumfundatorurti ordinum, Taui'ini, 1638, in-8°;et Teopiste, 0 vero vita di Paola Maria di Gesu Centuriona, Carmelitana Scalza; Geaoya, 1648 ; Venezia, Hertz, 1649, in-12.
Mazzuchelli, Scrittorî d'Italia.
ALBERTI ( Jean ) , philosophe et théologien hollandais, né le 6 mars 1698 à Assen, mort le 13 août 1762. H étudia à Franeker sous le célèbre Lambert Bos , et devint d'abord pasteur à Harlem, puis professeur de théologie à l'université de Leyde. On a de lui : 1° Ohservationes philologicx in sacros Novi Fœderis libros ; Leyde, in-8°, 1725 ; c'est un recueil de tous les passages parallèles, extraits des auteurs profanes, pour la justification du style grec des évangélistes et des apôtres; — 2° Periculum criticum, in quo loca qusedam cum Veteris ac Novi Fœderis, tum Hesychii et aliorum illustrantur, vindicantur, emendantur; Leyde, 1727, in-8°; — 3° Glossarium grxcum in sacros Novi Fœderis libros. Accedunt miscel-
lanea critica in glossas nomicas, Suidam, Hesychium, et index auctorum ex Photii lexico inedito; Leyde, 1735, in-S". En 1746, Alberti fit paraître le premier volume in-fol. du lexique d'Hesychius , dont le 2" volume fut publié par Rulmkenius, à Leyde, 1766. Il a, en outre, laissé quelques articles de critique philologique , insérés dans divers recueils.
Strocitmann, Neues Gelehrtes Europa, XIV, 281 ; XVIII, 479. — Saxe, Onomastlcon litterar., VI, 387. - Ernesli, Theologische Bibliotk., VU, 127.
ALBERT! (Jean-Baptiste) , littérateur italien, né à Savone dans le dix-septième siècle, mort à Gênes en 1660. Il entra dans la congrégation des Sommasques, et publia plusieurs ou- ATages, dont les prmcipaux sont : i" Rime sacre e morali ; Gênes, in-8'*, 1640 ; — 2° Vie de saint Mayeul, abbé de Cluny, en latin; Gênes, 1638, in-8° ; — 3° Discours sur l'origine et V établissement des académies, en italien; Gênes, 1639, in-S".
Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. — Tirabosclii, Storia délia letteratura italiana.
* ALBERTI (Jean-Gustave-Guillaume), industriel allemand, né à Hambourg le 21 octobre 1757, mort à Waldenbourg le 7 janvier 1837. Il fit ses études, sous le célèbre Busch, à l'Académie du commerce à Hambourg, et visita les fabriques de la Silésie. En 1783, il établit à Neu-Weissenstein ( Silésie ) une filature de lin, et, secondé par le gouvernement prussien, il parvint à ouvrir aux manufactures de la Silésie de grands débouchés pour l'Amérique. Mais le travail à la main étant insuffisant, il s'engagea dans une série d'expériences coûteuses, et réussit, en 1817, à fabriquer la première machine à filer le ligneux ; et cette machine a depuis servi de modèle à toutes les filatures actuellement usitées en Silésie et dans d'autres pays du continent. Cependant les tissus de chanvre et de lin, filés par mécanique, ne furent d'abord que d'un degré de finesse assez borné : pendant plus de vingt ans on fit de nombreux essais , en Allemagne et sui'tout en Angleterre , pour arriver à fabriquer des fils propres à faire la dentelle ou la batiste. Enfin, dans l'année de 1835 à 1836, on parvint, en Angleterre, à la solution de cet important problème.
Preuss. National-Encyclopédie. — Ersch et Gruber, Allgemeine Encyclop. der JP^issenchaften.
*ALBERTi ( Joseph- Antoine) , de Bologne, géomètre et architecte, résida pendant quekiucs années àPérouse, où il mourut le 31 août 1768, à l'âge de cinquante-cinq ans. On a de lui : 1°/. Giochi numerici fatti Arcani Palesati ; Bologna, 1747, in-8°; — 2° Istruzioni praticlie per l'ingegnero civile, ossiaperito agrimensore e perito d'acque; Venezia, 1748, in-4°; — 3" la Pirotechnia ossia trattato di fuochi d'artifisio;ibid., 1749, in-4°; — 4° Trattato délia mir sura délie fabbriclie ; 2^edi7., Perugia, 1790, in-8°. Ce dernier ouvi'age devait d'abord former le complément de V Ingénieur civil; mais dans
1 a suite l'auteur crut devoir l'étendre et le publier séparément, à l'usage des arclùtectes.
Mazzuchelli, Scrittori d'Italia.
ALBERTI (Xeanrfre), dominicain, né à Bologne le 11 décembre 1479, mort en 1552. Il étudia la théologie sous Baviatero, entra fort jeune dans l'ordre de Saint-Dominique, et fut associé à François Silvestri, général de l'ordre. Il devint em suite inquisiteur général du saint office à Bologne. Outre les vies de quelques saints , on a de lui : une histoire de son ordre , sous le titre : De viris illustribus ordinis Prsedicatorum , libri sex in unum congesti; Bologne, 1517, in-fol. ; — Sescrizione di tutta l'Italia ; Bologne , 1 550, in-fol.; Venise, 1553, in-4°, et 1568,in-4%et 1588, ;n-4°. — Historia di Bologna, deçà prima, e libro primo délia deçà seconda sin all'anno 1253; Bologne, 1541, 1543, in-4°; avec deux suppléments publiés par Caccianemici; Bologne, 1590 et 1591, in-4°.
Possevin, in Jppar. sacro. — Vossius, lib. III de Hist. lat. — Le Mire, in Anect. de script. eccL et de script, sasc, XVI. — Bumaldi, BiJjl. Bonon. — Écliard, Scriptores ordinis Preedicatorum, II, 137. — Fantuzzi, Notizie degli scrittori Boloçinesi, 1 , 146. — Nicéron, Mémoires sur les Hommes illustres, XXVI, 303. — Gliilini, Teatro d'Huomini letterati, 14§.
ALBERTI (Léon-Baptiste) , littérateur, peintre et architecte, né à Florence le 18 février 1404, mort en 1484. Il fut neveu du cardinal Alberto degli Alberti. Dans sa jeunesse il montra beaucoup de goût pour la poésie. A l'âge de vingt ans , il composa une comédie intitulée Philodoxios , dans un style si bien imité des anciens, qu'Aide Manuce le Jeune y fut trompé, et le fit imprimer comme une trouvaille antique, sous le titre : Lepidi comici veteris Philodoxios , fabula ex antiquitate eruta ab Aldo Manucio; Lucques, 1588, in-8". — En 1447, Alberti fut nommé chanoine de la métropole de Florence et abbé de Saint-Savino. H avait accepté cette place, moins par vocation que pour se livrer à ses études favorites , la peinture , la sculpture et l'architecture. Il passe avec raison comme le restaurateur de l'architecture en Italie, tant par ses travaux d'artiste que par ses écrits théoriques. Il acheva le palais Pitti à Florence ; il construisit le palais Ruccellai , la façade de l'église de Santa-Maria Novella, et le chœur de l'église de la Nunziata. Le pape Nicolas V l'employa à réparer l'aqueduc de l'Aqua Vergine, et à élever la fontaine de Trevi où cet aqueduc vient aboutir; mais il ne reste plus rien de cet ouvrage : la fontaine a été refaite par Clément XU, sur les dessins de Nicolas Salvi. A Mantoue , Alberti construisit divers édifices, parmi lesquels on remarque les églises de Saint-Sébastien et de Saint- André. Enfin, à Rimini il s'est immortalisé par la construction de l'église de San-Francesco , qui est son chef-d'œuvre.
Alberti s'est aussi distingué comme écrivain ; on a de lui : 1" Momus, sive de Principe; Rome, in-B", 1520; — 2° Trivia, sive de causis scnatoriis, etc.; Bâle, 1538, in-4°; —3° Hecalom-
phile, poëme en prose sur l'art d'aimer, traduit en italien par Bartoli en 1568, en français en 1584; — 4° De pictura, prœstantissima et numquam satis laudata arte, etc.; Bâle, 1540; Leyde ( Elzcvir) , imprimé à la suite de Vitnive en 1649; — 5° De re œdificatoria , en dix livres ; c'est le plus estimé de ses ouvi-ages ; il ne parut qu'après la mort de l'auteur en 1485, par les soins de Bernard Alberti ; il fut traduit en italien par Pierre Lauro, Venise, 1549; et en 1550, par Cosimo Bartoli , qui l'orna de gravures sur bois. Parmi les autres écrits moins importants d'Alberti , on remarque un livre de cent fables ou apologues ; un traité sur la vie et les mœurs de son chien , un autre sur la mouche ; des dissertations sur quelques points de philosophie, de mathématiques , sur la perspective , etc. Alberti avait été admis dans l'intimité de Laurent de Médicis. B. Belmin.
Tiraboschi, Storia délia letteratura ital. — Vasari, Vite degli artefici. — Milizia, f^ite degli architetti. — Qaatremére de Quincy, Histoire des plus célèbres architectes. — Pompilio Pozzelti, Leo-Bapt. alberti laitdatus, accedit, etc.; Florent., 17.i9. — Giovanni-Battista NiccoliDi, Elogio di Leon-Battista .alberti; Vitenie, 1819, in-8°.
ALBERTI (Louis), théologien italien , né à Padoue en 1560, mort à Paris en 1628. 11 se fit ermite de Saint- Augustin , et devint professeur de théologie dans sa ville natale. Il a fait imprimer plusieurs traités latins sur la Prédestination et la Réprobation , sur l'Ouvrage de six jours, sur la Présence réelle, traités qui n'offrent pas un grand intérêt.
Tiraboschi. — Miiratori.
ALBERTI (ZoMis) , voyageur d'origine italienne, vivait vers la fin du dix-huitième et au commencement du dix-neuvième siècle. Il était officier d'état-major au service de la Hollande, et accompagna le général Janssens, nommé gouverneur du cap de Bonne-Espérance. Là il remplit les fonctions de landdrost du district d'Uitenhage, et de commandant militaire du fort Frédéric. Il profita de son séjour en Afrique pour étudier les mœurs des Cafres , et à son retour en Europe il publia une Description physique et historique des Cafres sur la côte méridionale de l'Afrique. Cet ouvrage , primitivement rédigé en allemand, fut d'abord traduit en hollandais en 1810, puis en français l'année suivante ; ces deux éditions parurent à Amsterdam chez E. Maaskamp, in-8°. Les détails fournis par Alberti s'appliquent particulièrement aux Cafres Amakosa, qui habitent entre 33° et 34° de latitude méridionale , entre la rivière de Key à l'est, et celle des Poissons à l'ouest. Cette contrée est arrosée par un grand nombre de cours d'eau , qui prennent leur source dans une chaîne de montagnes qui la bornent au nord. Les plus considérables sont, après les deux rivières citées, le Keyskamma et le Buffel. L'aspect général du pays présente une inclinaison du nord au sud , sillonnée de ravins dont la profondeur est assez considérable
dans les montagnes, et dont le lit, couvert de petits cailloux roulés , preuve d'une inondation ancienne, serait comblé aujourd'hui par l'action du temps et des vents , si les plateaux cpi'ils séparent n'étaient couverts d'une herbe très-dense et très-vigoureuse. Les Amakosa mettent le feu (le temps en temps à ces prairies, pour procurer à leurs troupeaux des pâturages plus tendres et moins acides. Les collines et les bords des rivières dont boisés de hautes futaies.
« Les Amakosa sont, dit Alberti, d'une stature élevée ; les femmes sont généralement plus petites que les Européennes. La couleur de leur peau est d'un gris noirâtre, qu'ils teignent avec de l'ocre rouge, et qu'ils fixent par une matière grasse. Us ont peu de poil sur le corps ; les hommes n'ont presque pas de barbe , et on remarque que les deux sexes ont les cheveux noirs et laineux. Les Amakosa sont bien découpés , ils sont agiles et bons marcheurs , ils sont d'une bonne santé ; mais ils ne valent rien pour soulever ou pour porter des fardeaux. Certainedifformité chez les femmes les rapproche des Hottentots ; et une tradition assez obscure donnerait à penser qu'ils les ont précédés le long de la côte orientale de l'Afrique. «
Walckenaer, Collection des voyages enJfrique, t. XXI, p. 156.
*ALBERTi (Mc^eZ), médecin allemand, né à Naumbourg en 1682, mort à Halle en 1757. Destiné à l'état ecclésiastique , il étudia d'abord la théologie à l'université d'Altdorf; mais son goût pour la médecine l'emporta. Il se rendit à léna, où il se lia d'amitié avec Wedel et Krause, et se livra tout entier aux sciences médicales. A Halle il eut pour maîtres Stalil et Hoffmann, dont les doctrines étaient alors généralement suivies. Reçu docteur en 1704 , il fit quelques cours publics et retourna dans sa ville natale, et fut admis, en 1707, au nombre des membres du collège médical de Nuremberg. Après la mort de son père il revint à Halle, et devint en 1719 professeur de cette université , puis membre de l'Académie de Berlin , et médecin du roi de Prusse. Ses ouvrages principaux ont pour titre : Von der Seele des Menschen , der Thiere und der Pjlanzen ( de l'Ame , de l'Honneur , des Animaux et des Plantes), 2 vol.; Halle, 1707 et 1720, in-8";— De energia naturse inactionibus vitaUbus,sine medico salutarUer exercendis; Halle, 1707, in-8° ; — Introductio in medicinam universam ; Halle, 1718, 4 vol. in-4°; le l^*" volume contient la physiologie et la pathologie; le 2% la séméiologie, l'hygiène, la matière médicale, et la chirurgie; le 3% la thérapeutique médicale , et des observations de chimie et de philosophie naturelle ; le 4*=, un recueil de formules; — De hsemorrhoidibiis dissertât iones practicse in volumine collectai; Halle, 1719, in-4° ; il considère, avec Stahl , les hémorroïdes comme un indice de longévité ; — De medicamentorum modis operandi in
corpore vivo; Halle, 1720, in-4° ; — Sijstenia jurisprudentise medicœ ; Halle, Leip/.ig, et Goerlitz , 6 vol. in-4", 1725-1740 ; — Tentamen Lexici realis,l vol. in-4°; Halle, 1727-1731; — De sectarum in medicina noxia instauratione; Halle, 1730, in-4''; — De natura humana; Halle, 1732, in-4°; — De longxvïtalc hominis naturalibus nonnuUis mediis acljuvunda et promovenda , regulis dixtetids ac~ commodata; Halle, 1739, in-4''. — Voyez la listecomplète des mémoires d'Alberti dans Hal 1er, Blbliotheca medicinx practicx. F. Dumont.
Prucker et Haid , BUdersaal hentiges Tages lebender Schriftsfeller ( recueil d'écrivains célèbres ); Augsbourg, 1744, m4o\.. — Commentarii Lipsienses , t. VI.
xi.n'KKVX {Paul- Martin) , hébraïsant, était pasteur protestant et professeur de littérature sacrée à Nuremberg vers la fin du dix-septième et au commencement du dix-huitièrac siècle. On a de lui un bon dictionnaire hébreu sous ce titre : Porta lingusesanctœ, hoc est Lexicon novum kebrsso-latino-biblicum ; Budissae (Frid. Arust), 1704, in-4°.
Mensel, Gelehrtes Deutschland.
*ALiîEBTl (Philippe), poète italien, né à Pérouse en 1548, mort en 1612. 11 fut l'ami du Tasse, qui lui soumettait ses compositions et particulièrement la Jérusalem délivrée. Outre quelques écrits inédits , on a de lui : un volume de poésies. Rime, Roma, 1602, in-8% qui eut plusieurs éditions ; — l'histoire de son pay5, Storie di Perugia; Pérouse, 1580.
MazzQchelU , Scrittori d'italia.
ALBERTI ( Romain ), peintre, né dans la petite ville de Borgo-San-Sepulcro , fut secrétaire de l'Académie de dessin fondée à Rome en 1593 par le peintre Frédéric Zurchero d'Urbin. Alberti a écrit en vers les Victoires d'Alexandre Farnèse; Parme, 1586, in-4°; — Origine eprogresso del disegno de" pittori , scultori ed architetii di Roma; Pavie, 1604, in-4°; — etun Trattado délia nobiltà délia piltura; Rome, 1585, in^". Ce dernier ouvrage fut composé sur l'invitation de l'Académie de peinture de Rome.
ALBERT! (Salomon), anatomiste allemand, né à Naumbourg en 1540, mort à Dresde en 1600. Il étudia à l'université de "Wittenberg, y fut reçu docteur en 1574, et y obtint en 1576 la chaire d'anatomie et de philosophie. En 1592, il fut nommé premier médecin de Frédéric- Guillaume , tuteur de Christian II , électeur de Saxe. — Alberti doit ôtre placé au nombre des premiers anatomistes de son siècle. 11 découvi'it les valvules des veines, et fit le premier connaître la structure de la vessie, des uretères et des papilles rénales ; il donna la première description exacte du conduit lacrymal, du limaçon (oreille interne), et des os complémentaires du crâne , dont on attribue la découverte à Wormius , et qui pour cela ont reçu le nom d'o« Wormiens. Il observa aussi lavalMiltf du colon (valvule de Bauhin) avant Bauliin :
bien que cette découverte soit généralement attribuée à Varole et à Vidus Vidius, Alberti déclara positivement qu'il l'avait d'abord faite sur le castor, puis sur l'homme. Haller prétend qu'AIberti avait été élève de Jérôme Fabricius, de Padoue; mais cette assertion est sans fondement : il résulte de ses écrits qu'AIberti n'a jamais visité l'Italie , et qu'il avait même pris une part active aux disputes religieuses qui divisaient alors l'Allemagne. Voici les titres des ouvrages d' Alberti : Disputatio de morbis contagiosis; Wittenberg, 1574, in-4'' ; —De morbis mesenterii etejus quod pancréas vocatur; ibid., 1578 ; — Galeni de ossibus libellus ; ibid., 1579, in-8°; — Disputatio de lacrymis ; ibid., 1581, iji.40j — Historia plerarumque partium corporis humant ; ibid., 1585 , in- 12 : cet ouvrage , orné de figures empruntées en partie à Vésale, renferme les découvertes anatomiques de l'auteur ; on y trouve aussi les premières figures originales des osselets de l'ouïe ; à l'édition de 1601 on a ajouté la description des valvules des veines , vues pour la première fois en 1579 : l'auteur suppose que ces valvules sont destinées à modérer le cours du sang ; d'autres éditions du même ouvrage punirent en 1602 et en 1630 ; —^ Orationes très et alia; Nuremberg, 1585, in-8° : le premier discours traite des principales plantes médicinales ; le second, de la nature et de l'efficacité du musc ; et le troisième donne l'histoire abrégée de l'origine et du progrès de l'anatomie ; — Orationes quatuor ; Wittenberg, 1590, in-8" : on y trouve (dans le 3^ discours) des observations remarquables, d'accord avec celles de Fallope , sur le passage de la bile dans les intestins ; — Orationes de mutitateet surditate ; Norimb., 1591, in-8°; — Scorbuti historia; Wittenb., 1594, in-8° : il considère le scorbut comme un vice héréditaire et contagieux. Voyez la liste complète des mémoires attribués à Alberti, dans Manget, Bibliotheca scriptorum medicorum, et dans Haller, Bïbliotheca medicinse practicœ. F. Dumont.
Moclispn, f'ie de Salomon Alberti, dans Beschreibuny eiiier Berliniscfien Medaillen Sammlung.
ALBERTI (Valentin), théologien controversiste allemand, né à Lahn en Silésie le 13 décembre 1635,mortàLeipzigle 19 décembre 1697. Fils d'un pasteur protestant, il étudia la théologie et la philosophie à l'université de Leipzig, où il devint plus tard professeur et recteur. Comme presque tous les théologiens du dix-septième siècle, il passa sa vie dans des controverses religieuses, et publia à ce sujet un grand nombre d'écrits dont on trouve la liste complète dans le supplément d'Adelung au Lexique de Jôcher, t. I,p. 441. SonCompendium juris natures, Leipzig, 1673, in-12, souvent réimprimé, a été opposé à un ouvrage semblable de Puffendorf. Alberti laissa aussi quelques poésies qui se trouvent en partie insérées dans les recueils de Hoffmannswaldau et d'autres.
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Erscli et Griiber, Encyclop. aUemande. — Jôcher, Gelehrten-Lexicon; supplément d'Adelung.
ALBERTI Di viLLASOVA {François d'), lexicographe italien , né à Nice en 1737, mort à Lucques le 15 décembre 1801. D est auteur d'un excellent dictionnaire français-italien et italien-français. Le succès des trois premières éditions de son dictionnaire l'engagea à le perfectionner dans une quatrième , qu'il donna à Marseille en 1796, 2 vol. in-4". Son Dizionario universale critico enciclopedico délia lingua italiana , imprimé à Lucques en 1797, est aussi fort estimé , et peut tenir lieu , à des étrangers , du dictionnaire de la Crusca. Alberti était occupé à en donner une nouvelle édition, lorsqu'il mourut à Lucques. L'abbé François Federighi , son collaborateur, resta chargé par lui d'en publier le dernier volume. Cette édition a paru en 1805, Lucques , 6 vol. in-4°.
Biographie nouvelle des contemporains. — Lombardi, Storia délia letteratura italiana nel secolo Xf^lII , IV, 21. — Quérard, la France littéraire.
ALBERTiNELLi ( Mariotto di Bagio ), peintre italien, né en 1470, mort à Florence vers 1520. n était élève de Cosimo Roselli, et ami de Baccio délia Porta, dont il acheva le Jugement dernier. On a de lui plusieurs tableaux d'église estimés. Parmi ses élèves on remarque Francia Bigio et Giuliano Bagiardini.
Vasari, Fite de' pittori, etc., vol. III.
*ALBERTiNi OU ALBERT! (Ânnibal), médecin italien , vivait à la fin du seizième et au commencement du dix-septième siècle. On a de lui : De af/ectionibus cordis libri très ;\enet.,
1618, in-4'', et Cesena, 1648, in 4°j c'est le premier ouvrage de ce genre.
Haller, Bibliotheca medic. pract., t. II." ALBERTiM (François), savant antiquaire italien, florissait au commencement du seizième siècle. On a de lui : 1° Opusculum de mirabilibus novas et veteris urbis Eomx; Rome, 1505, in-4°, dédié à JuIesTï ; — 2° Tractatns brevis de laudlbus Florentise et Saon,r ; 1509; — 3° un mémoire ( en italien ) sur les statues et les peintures qui sont à Florence ; Florence, 1510, in-4''. Il ne faut pas confondre ce savant avec François-Albertini, jésuite calabrois, mort eu
1619, qui a publié un livre intitulé De Angelo custode, où il soutient que les brutes ont aussi des anges gardiens; et Corollaria theologica ex principiis phllosophicis deducta; Naples, 1606 et 1610,2vol.in-fol.
Negri, Istnria degli scrittori Fiorentini. — Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. — Moreni, Bibliographia délia Toscana.
*ALBERTiNi (Gcorge-François) , théologien italien, né le 29 février 1732 à Parenzo, dans l'istrie vénitienne, mort le 29 avril 1810. 11 étudia à Venise, entra dans l'ordre de Saint- Dominique, se fit remarquer par son talent de prédicateur, et fut nommé professeur de dogmatique dans le collège de la Propagande à Rome. Ses principaux ouvrages sont : Elementi
ALBERTINI — ALBERTRANDY
di lingua Mina; Venise, 1782; — Dissertazione delV indissolubilità del matrimoriio ; Venise, 1792; — Piano geometrico e scrittuï'fl^e; Venise, 1797 ; — Acroasiossia la somma di lezioni teologiche ;Vadoue, 1798; Venise, 1800.
Tipaldo , Biografia degli italiani illustri, t. I, p. 123.
* ALBERTINI (Eippobj te- François), médecin italien, né à Crevalcore en 1662, mort en 1738. n étudia à Bologne sous le célèbre Malpighi, et se fixa pour quelque temps à Rome. Après la nomination de Malpighi au poste de premier médecin du pape Innocent Xn, Albertini retourna à Bologne , et y professa la médecine jusqu'à sa mort. Parmi ses écrits , du plus haut intérêt, on remarque : De cortice peruviano commentationes quasdam, sur l'emploi du quinquina; et : Animadversiones super quibusdam dijficilis respirationis vitiis a Isesa cordis et prxcordiorum structura pendentibus , mémoire lu à l'Académie de Bologne en 1726. Dans ce mémoire, l'auteur développe le premier les moyens de distinguer les signes des maladies du cœur d'après les lésions et les changements de structure que l'on observe après la mort. Il signale l'œdème du poumon comme l'une des principales causes de la dyspnée et de l'hydropisie aiguë, par un obstacle mécanique apporté à la circulation. Le premier aussi il mit sur la voie d'arriver, par l'auscultation, à la connaissance de la dilatation ou anévxisme des gros vaisseaux, ainsi que des oreillettes et des ventricules du cœur. H recommande comme traitement la méthode de Valsalva, qui consiste à diminuer la quantité du sang par de larges saignées souvent répétées.
Albertini fut le précurseur de Morgagni, de Corvisart et de Laënnec. Le premier le cite avec le plus grand respect dans tous ses ouvrages, et lui reconnaît un talent éminent de diagnostic. Les deux écrits cités ont été réunis et publiés sous le titre : H. F. Albertini Opuscula, par H. Romberg; Berlin, 1828, vol. in-8=. F. Dumont.
Romberg, Fie <V Albertini, dans la Préface de l'édition des Opuscula d'Albertini.
*ALBERTiNi ( Jean-Baptiste ), savant allemand, né le 17 février 1769 à Neuwied sur le Rhin, mort à Berthelsdorf, près de Herrnhut, le 6 décembre 1831. Il appartenait à la secte des trères Moraves, et fit ses premières études dans les établissements de Mesky et Barby, où il se lia d'amitié avec le célèbre Schleiermacher, qui plus tcird quitta l'union des frères Moraves. Albertini resta fidèle à sa secte, qui lui confia l'éducation de la jeunesse et le reconnut pour son chef spirituel. Il partagea sa vie entre les devoirs de l'enseignement et de la prédication, et entrel'étude de la botanique, des mathématiques et des langues orientales. On a de lui : Conspectus fungorum in Lusatix superioris agro Niskiensi crescentium, etc.; Lipsiee, 1805; — deux recueils de sermons ( en allemand ), le premier publié en 1805, in-8°, et le second à Gnadau, 1832, in-8°;
— des hymnes sacrés {GeistUche Lieder); Bunzlau, 1821, in-8°; 1" édition, 1827, in-8°.
WolT, Encyclopœdie der Deutschen National-Literor tur, t. I, p. 32. — Getzler, Die deutsc/w poetische Literatur.
ALBERTINI (Paul), prélat italien, né à Venise en 1430, mort en 1475. Il entra fort jeune dans l'ordre des Servîtes, et devint évêque de Torcello après s'être distingué dans la prédication. Il a laissé plusieurs écrits latins sur la connaissance de Dieu , l'origine et les progrès de l'ordre des Servites ; enfin une Explication de plusieurs passages de Dante. Possevin a faussement attribué , dans son Apparat sacré , ces deux premiers ouvrages à Paul Nicoletti.
Agostini, Notizie degli scrittori yeneziani, I, 548-S5S.
— Tiraljosctii , Storia délia letteratura ilaliana, VI, 2S8. — Foscarini, Délia letteratura veneziana, ï, 353. — Gaetani, Muséum Mazzuchellianum, 1,73, etc.
*ALRERTiNO (Aiiiaud), prélat italien de Majorque, mort à Palerme le 7 octobre 1545. Il fut d'abord chanoine de l'église de Majorque , puis inquisiteur apostolique des royaumes de Valence et de Sicile, et enfin évêque de Pactes en Sicile. On a de lui : 1° Tractatus sive quxstio de secreto , quando deheat aut non debeat reveZm'i; Valentiee, 1534, in-fol.; — 2° Tractatus de agnoscendis assertionibus catholicis et hœreticis ; Vanormi , 1533, in-fol., etVenetiis, 1571, in-4°. E. D.
Rocclii Pirri, Sicilia sacra, t. II.
ALBERTiNO (Edmond), ministre calviniste de Charenton, né à Châlons-sur-Marne en 1595, et mort à Paris le 5 avril 1652. On a de lui un Traité contre l'Eucharistie, qui fit grand bruit dans le temps; il fut publié par Blondel, et réfuté dans l'ouvrage de la Perpétuité de la foi.
* ALBERTiNïTS ( Mgidius ), poète satirique allemand, né en 1560 à Deventer (Pays-Bas), mort à Munich le 9 mars 1620. On ne sait rien de sa vie, si ce n'est qu'il fut, pendant plusieurs années, secrétaire privé de l'électeur Maximilien de Bavière. Il écrivait en allemand à une époque où presque tous les Allemands écrivaient en latin; c'est pourquoi ses ouvrages sont du plus haut intérêt pour l'histoire de la littérature allemande. Son style est rude et inculte, mais ses descriptions ne manquent pas de certains attraits. Ses ouvrages, autrefois trèsrépandus dans le midi de l'Allemagne, ont pour titre : Landstôrzer Guzmann von Al/arache; Much, 1616, 2 vol. in-8°, réimprimé en 1618 et 1631; c'est la traduction d'une nouvelle espagnole. — Lucifers und Christi Kônigreich , etc.; ibid., 1617, in-4''; — Hirnschleiffer; Cologne, 1645 et 1686, in-12. Voyez la liste complète des opuscules d'Albertinus dans le supplément d'Adelung au Lexique de Jôcher.
Jôcher, Allgem. Celcrht. Lexicon, avec le Supplém. d'Adelung. — Wolf, Encyclopsed. der deutschen National-literatur, t. 1, p. 36. — Gervinus, Gesc/nchte der Poctisc/i. JVational-literatur der Deutschen, t. III, p. 143.
ALBERTRANDY (Jean-Chrzciciel ou Jean- Chrétien ) , prélat et historien polonais, né à Var-
ALBERTRANDY — ALBERTSEN
sovie en 1731, mort le 10 août 1808. D'origine italienne, il entra à l'âge de seize ans dans la Société de Jésus, et se fit d'abord remarquer par son aptitude pour la poésie. En 1760 il fut nommé bibliothécaire de l'évêque Zaluski, et fit le catalogue d'environ 200,000 volumes. Il fit ensuite l'éducation de Lubienski , neveu de l'arcbevêque primat, et fut chargé par le roi Stanislas-Auguste de transcrire, dans la bibliothèque du Vatican et dans différentes archives, tout ce qui se rattachait à l'histoire de son pays. Ces copies ou extraits , excerpta, écrits de sa main, formaient une collection de cent dix volumes in-fol. Pendant l'époque où les princes de la maison de Wasa commandaient en Pologne, un grand nombre de livres, de diplômes et de manuscrits, avaient été transportés en Suède. C'est pourquoi Albertrandy, revenu de l'Italie , se rendit en Suède pour y faire le même travail. Admis dans les bibhothèques et dans les archives de Stockholm et d'Upsal, mais sans avoir pu obtenir, conmie en Italie, la permission de prendre des copies, il passait la journée à lire attentivement, et en rentrant chez lui il faisait le soir ses excerpta. Ainsi il composa une nouvelle collection qui, jointe à ce qu'il avait recueilli en Italie, formait un manuscrit de deux cents volumes in-fol. Ces volumes furent déposés dans la bibliothèque du roi de Pologne. De là cette coUeciion passa entre les mains de Thadée Czacki, qui 'acheta poiu" la bibhothèque du gymnase de fCrzémiénicz en Wolhyuie, où elle doit se trouver aujourd'hui. Le prince. Adam Czartoryski a aussi icquis un grand nombre de diplômes relatifs à 'histoire de Pologne. Stanislas- Auguste, pour ténoigner sa satisfaction à Albertrandy, le nomma 5on bibliothécaire , et lui donna l'évéché de Zélopolis. C'est à Albertrandy que la ville de Varsovie doit la fondation de son académie , connue îous le nom de Société des amis des sciences ; 1 la présida jusqu'à sa mort.
Albertrandy avait reçu de la nature de rares talents, qu'il sut perfectionner par une constance le travail peu conmiune. On l'appelait le Polijhistor polonais. Aucune branche des connaissances humaines ne lui était étrangère; mais il était particulièrement versé dans la littérature classique et dans l'étude de l'antiquité. Ses ouvrages publiés sont : 1" les Annales de la république romaine, depuis la fondation de Rome jusqu'aux temps des Césars, d'après Macguer, avec des additions qui ont rapport à l'histoire, à la géographie , aux mœurs, aux formes du gouvernement, aux spectacles , aux sacrifices , aux fonctions et dignités chez les Bomains, etc. ( en polonais) ; Varsovie, 1708, in-S" : une seconde édition , bien préférable à la première, parut à Varsovie, 1806, 2 vol. in-S"; — 2" Annales du royaume de Pologne (en polonais ) ; Varsovie, 1768, in-S" : l'auteur avait pris pour modèle V Abrégé chronologique de l'histoire de Pologne, par Fréd.-Aug. Schmid ; Varsovie et Dresde, 1763, in-8''; — 3° le Moniteur,
qui a paru à Varsovie depuis 1764 jusqu'en 1784, contient un grand nombre d'articles rédigés par Albertrandy; — 4° les Entretiens agréables et utiles parurent en polonais à Varsovie , depuis 1767 jusqu'en 1777 : ce recueil périodique, dont nous avons seize volmnes , fut fondé par Naruszewicz, et continué par Albertrandy ; les volvunes qui appaiHennent à ce dernier ont été réimprimés ; — 5° Antiquités romaines éclaircies par les médailles frappées dans les temps de la république et des seize premiers Césars , et conservées dans le cabinet de Stanislas-Auguste , roi de Pologne : mémoires lus par Jean Albertrandy en différentes séances de l'Académie royale de Varsovie ; ils se trouvent dans ceux de l'Académie , d'où ils ont été tirés et réimprimés à part à la typographie des Piaristes ; 3 vol., 1805, 1807 et 1808. Le second volume est ùititulé Monuments pour l'histoire ancienne , en particulier pour celle de Rome , d'après les médailles de la répiiblique 7-omaine et des Césars, jusqu'à l'empereur Commode. On trouve aussi dans les Mémoires de l'Académie de Varsovie un grand nombre de dissertations et discours d'Albertrandy prononcés aux séances de l'Académie. La dissertation sur les Muses , insérée dans le premier volume des Mémoires de l'Académie , a été publiée séparément, Varsovie, 1801,in-8°, et traduite en latin par l'auteur même , Varsovie , imprimerie des Piaristes , 1801, in-8°. La dissertation ««r le soleil comme divinité païenne , insérée dans le tome IV des Mémoires de l'Académie, est remarquable par l'étendue des recherches. Cette dissertation , ainsi qu'une Histoire du règne de Casimir Jagellon, ime Histoire du règne des Valois, une Histoire des règnes d'Alexandre et Jean-Albert, ont été publiées avec des additions , après la mort de l'auteur , par Ignace Onacewicz , professeur à l'université de "Wilna; Varsovie, 1822 à 1827. Albertrandy a laissé en manuscrit : 1° Histoire de la Pologne dans les trois derniers siècles , expliqxiée par les médailles de l'époque ; — 2° Choix des annales polonaises jusqu'au règne de Wladislas TV; — 3° Histoire d'Etienne Battori. Ce dernier manuscrit a été imprimé ( en polonais ) ; Varsovie, 1823, in-8°.
HaUische Âllgemeine Literatur-Zeitung, 1809, p. 363.
— Bentkowski, Historya Uteratury Polskiey, II, 605-611.-
— Rabbe, Biographie universelle des contemporains.
* ALEERTSEN (Hamilton- Henri), poète danois, né à Copenhague en 1592, mort vers 1630. Il fit de bonne heure preuve d'un talent poétique : à l'âge de seize ans, il prononça, devant les professeurs de l'université de Copenliague, un panégyrique en vers latins sur saint Jean-Baptiste, et il y fait souvent allusion dans ses autres écrits. Il fréquenta ensuite l'université de Giessen, où il se lia d'amitié avec J. Gruter. De retour dans son pays, il obtint un emploi dans la chancellerie danoise ; trois ans après il résigna ses fonctions, et se mit à voyager, en 1 6 1 9, en Europe çt eq
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Egypte, où ilmourut. Albertsen fut probablement lepremier voyageur danois en Egypte. Outre ses poésies latines, imprimées dans Rostgaard, BelicicB poetarum Danorum, on a de lui : Disputatio de principiis seu causis rerum naHiralium; Giessen, 1609, in-4°; — Musx adolescentïm Venus; Giessen, 1610, in-8°.
Worm, Fôrsôg til et Lexieon over Danshe Norske og Islandske lœrde Mœnd, t. I, p. 15.
*ALBERTÏJCCI DE BORSELM (Girolamo),
chroniqueur italien , né à Bologne vers 1432 , mort en 1497. Fils d'un soldat mort sur le champ de bataille en 1445, il entra jeune dans l'ordi-e de Saint-Dominique, se distingua par son talent de prédication, et devint inquisiteur général à Bologne. Parmi ses nombreux écrits , dont la plupart sont restés inédits , on remarque : Annales Bonoyiienses ab anno 1418 usqiie ad annum 1497, imprimées dans le tome XXXm de Muratori, Scriptores rerum Ualicarum ; — Chronicon seu Epitome gestorum ab orbe condito usque ad annum 1497.
Mazzuclielli, Serittori d'Italia. — Fantuzzi, Notizie aegli serittori Bolognesi.
ALEERY OU AULBERY (George), littérateur français, né à Charmes (Lorraine), vers le milieu du seizième siècle. Il fut secrétaire de Charles m , duc de Lorraine. On a de lui une Vie de saint Sigisbert, roi d'Austrasie; Nancy, 1616, in-8° ; des Hymnes sur l'Ascension de N.-S., et un Cantique sur le Miserere ; Nancy,
D. Calmet, Bibliothèque Lorraine.
ALBi {Henri), savant jésuite, né à Bolène, dans le comtat Venaissin, en 1590, mort à Arles le 6 octobre 1659. Il fut successivement recteur des collèges d'Avignon, de Grenoble, de Lyon et d'Arles. Outre quelques vies de saints, il a publié : 1° l'Histoire des cardinaux illustres qui ont été employés dans les affaires d'État, 1653, in-4'', livre qui ne rachète pas son peu d'élégance par son exactitude; — 2° Éloges historiques des cardinaux français et étrangers, mis en parallèle; Paris, 1644, in-4''; — ."}"> r Anti-Théophile paroissial ; Lyon, 1649, in-12, ouvrage où l'auteur attaque avec violence Puys, qui répliqua par sa Réponse chrétienne ; — 4° une traduction de V Histoire dw royaume de Tunquin et de^ grands progrès que la jyrédication de l'Évangile y a faits, depuis l'année 1627 jusqu'à l'année 1646, composée en latin par le P. Alexandre de Rhodes ; Lyon, 1651,in-4°. ■'■-■;;■
Bibliotheca scriptorum Socictatis Jesu, opus ir.choatum a Ribadeneira, recognitum a Sotvello, p. 322. — Nicéron, Mémoires pour servir d l'histoire d£S hommes illustres, XXXlll , 403. — Le Long, Biblioth. historique de la France, i, 533; 111,131, etc. — 'RM\e\., Jugement des savants sur les principaux ouvrages des auteurs, VII, 244 etseq.
ALBicANTE {Jean- Albert), poëte milanais, vivait au milieu du seizième siècle. Il eut de grandes querelles littéraires avec Doni et Pierre Arétin; mais il se réconcilia ensuite avec eux. Ses