ALDROVANDE
qiie dans l'ouvrage de Gessner. Cette prédominance de compilations est surtout sensible dans les volumes qui n'ont pas paru de son vivant , et pour lesquels ses éditeui's n'ont presque employé que les notes qu'il avait laissées. Mais ce qui est souvent précieux , ce sont ses figures ; elles se composent de toutes celles de Gessner, de Rondelet et de Belon, et d'un très-grand nombre de dessins nouveaux. Placé plus favorablement que Rondelet et Gessner pour recevoir les productions du midi de l'Europe, il en recueillit plusieurs qui avaient échappé à ces deux grands naturalistes ; il en reçut aussi des Indes , qu'il ne connaissait pas. L'Amérique d'ailleurs , et l'intérieur de l'Afrique, lui foiu-nii'ent différentes espèces qui n'étaient pas encore arrivées en Europe *au commencement du seizième siècle; car ce ne fut que plus tard que les voyages se multiplièrent vers ces contrées. Mais ces figures mises à part , il faut avouer que l'ouvrage d'Aldrovande ne contient rien qui ne soit déjà dans Gessner. Aldi'ovande ne paraît pas non plus avoir le même esprit de critique et la même judiciaire que Gessner ; car il a laissé introduire dans ses notes plusieurs choses qui auraient dû être repoussées, ou au moins accompagnées de commentaires. Cet ouvrage est composé avec très-peu de méthode ; les divisions n'y sont données que d'une manière générale. L'auteur traite d'abord des quadrupèdes vivipares, puis des quadrupèdes ovipares , des serpents , des oiseaux , des poissons , des mollusques , des vers , des insectes ; en un mot, il suit à peu près la division d'Aristote. Ce n'est guère que pour la partie des insectes qu'il a essayé d'une sorte de méthode. Il a fait une espèce de dichotomie; mais elle est encore un peu empruntée à Aristote. Ainsi il divise les insectes en terrestres et en aquatiques ; il met à part ceux qui ont des pieds et ceux qui n'en ont pas. Par insectes sans pieds , il entend les vers , les larves. Il fait une nouvelle division de ceux qui ont des pieds , suivant qu'ils ont des aUes ou qu'ils en sont dépourvus ; il divise encore les premiers d'après le nombre de leurs ailes , et d'après celui de leurs épines ou de leurs écailles farineuses. Cette partie est la seule dans laquelle il donne une espèce de conspectus ou de synopsis des divisions qu'il établit ; pour le reste, il agit comme ses prédécesseurs. L'ordre des animaux dans chaque classe est entièrement arbitraire , et il est fort difficile de s'y reconnaître. Gessner au moins les avait rangés par ordre alphabétique. Les ouvrages de ces deux hommes ont servi de base aux travaux ultérieurs en histoire naturelle jusque vers la fin du dix-septième siècle; et, même pour les quadrupèdes, le dix-huitième siècle a été obligé de les adopter presque complètement. Au moyen de Gessner et d'Aldrovande , on avait, jusqu'à Buffon, un corps de doctrine assez riche sur toute l'histoire natu- ; relie des animaux. » (G. Cuvier, Hisioirvdcs sciences nat., t. II. )
Voici le jugement de Buffon , qui s'accorde sous plusieurs rapports avec celui de Cuvier :
« Aldrovandua le plus laborieux et le plus savant des naturalistes , a laissé , après un travail de soixante ans, des volumes iflimensessur l'histoire naturelle , qui ont été imprimés successivement, et la plupart après sa mort. On les réduirait à la dixième partie, si l'on en ôtait toutes les inutilités , et toutes les choses étrangères à son sujet. A cette prohxité près , qui , je l'avoue , est accablante, ses livres doivent être regardés comme ce qu'il y a de mieux sur toute la totalité de l'histoire naturelle. Le plan de son ouvrage est bon, ses distributions soût sensées , ses divisions bien marquées, ses descriptions bien exactes , monotones à la vérité , mais fidèles. L'historique est moins bon; souvent il est mêlé de fabuleux , et l'auteur y laisse voir trop de penchant à la crédulité. J'ai été frappé, en parcourant cet auteur, d'un défaut ou d'un excès qu'on retrouve presque dans tous les livres faits il y a cent ou deux cents ans, et que les savants d'Allemagne ont encore aujourd'hui : c'est cette quantité d'érudition inutile , dont ils grossissent à dessein leurs ouvrages ; en sorte que le sujet qu'ils traitent est noyé dans une quantité de matières étrangères , sur lesquelles ils raisonnent avec tant de complaisance et s'étendent avec si peu de ménagement pour les lecteurs , qu'ils semblent avoir oublié ce qu'ils avaient à vous dire, pour ne vous raconter que ce qu'ont dit les autres. Je me représente un homme comme Aldrovandus , ayant une fois conçu le dessein de faire un cours complet d'histoire naturelle ; je le vois dans sa bibliothèque lire successivement les anciens , les modernes , les philosophes, les théologiens, les jurisconsultes, les historiens, les voyageurs, les poètes, et lire sans autre but que de saisir tous les mots , toutes les phrases qui , de près ou de loin , ont rapport à son objet; je le vois copier ou faire copier toutes les remarques , et les ranger par lettres alphabétiques , et , après avoir rempli plusieurs portefeuilles de notes de toute espèce, prises souvent sans examen et sans choix, commencer à travailler un sujet particulier, et ne vouloir rien perdre de tout ce qu'il a ramassé ; en sorte qu'à l'occasion de l'histoire naturelle du coq ou du bœuf, il vous raconte tout ce qui a jamais été dit des coqs et des bœufs ; tout ce que les anciens en ont pensé ; tout ce qu'on a imaginé de leui" vertu , de leur caractère , de leur courage ; toutes les choses auxquelles on a voulu les employer; tous les contes que les bonnes femmes en ont faits ; tous les miracles qu'on leur a fait faire dans certaines religions; tous les sujets de superstition qu'ils ont fournis ; toutes les comparaisons que des poètes un ont tirées; tous les attributs que certains peuples leur ont accordés ; toutes les représentations qu'on en fait dans les hiéroglyphes, dans les armoiries; en un mot, toutes les histokes et toutes les fables dont on
s'est jamais avisé au sujet des coqs et des bœufs. Qu'on juge après cela de la portion d'histoire naturelle qu'on doit s'attendre à trouver dans ce fatras d'écriture ! Et si , en effet, l'auteur ne l'eût pas mise dans des articles séparés des autres , eue n'aurait pas été trouvable , ou du moins elle n'aurait pas valu la peine d'y être cherchée. » <'Buffon, Hist. nat., 1. 1.)
Monti a consacré à la mémoire d'Aldrovande, sous le nom d'Aldrovanda, un genre de plantes remarquable. Ce genre ne comprend qu'une seule espèce ; c'est une plante aquatique très-singulière, trouvée aux environs de Bologne et aux Indes orientales ; elle se soutient à la surface de l'eau par des vésicules remplies d'eau. B. Belmin.
L'abbé Gallois, Journal des savants, 12 novembre 1668. — Rech. Spantieim , De prxst. numism., dissert. III , p. 252. — Imperialls , in jHusseo historico. — Lorenzo Crasso, Éloge des hommes de lettres, 1. 1, p. 137. — Carrère, Bibliothèque de la médecine. —Bàller, Bibliotheca botanica. — Antoine Bumaldi , in Bibl. Bonon. — Vander Linden, De script, med. — Fantuzzi, Memorie délia vita d'VUssi Aldrovandi ; Bologne, 1774.
*Ai,DROVANDiNï, nom d'une famille bolonaise d'artistes, dont les principaux sont :
Joseph Aldrovandini , peintre en décors, vivait dans la première moitié du dix-huitième siècle. On cite de lui, entre autres, la vue d'un feu d'artifice au Capitole, 1727. — Son fils Thomas, mort à Bologne en 1736, peignit avec Marc- Antoine Franceschini la chambre du grand conseil à Gênes. — Pompée- Augustin Aldro- TANDiNi , neveu de Joseph , mort à Rome en 1739 , a laissé un grand nombre de gravures et de tableaux à l'huile et à la détrempe.
Zanotli, Storia deW yicademia Clementina di Bologna. — Orlandi, Abecedario pittorico. — Heinecten, Dictionnaire, des artistes dont nons avons des estampes.
AiiDRUDE {Bertinoro, comtesse de), célèbre Itahenne, vivait dans le douzième siècle. Elle se distingua par son courage et son éloquence. Originaire de Rome , et de la famille des Frangipani, elle fut mariée au jeune comte de Bertinoro, et devint bientôt veuve. Sa cour fut le rendez-vous de l'élite des dames et des chevaliers. Touchée des malheurs des habitants d' Ancône, assiégés par les Vénitiens et les troupes de l'empereur Frédéric Y'', elle leur procura des secours et fit lever le siège de la ville. Elle était soutenue par Guillaume des Adélards , chef de la faction des Guelfes à Ferrare, qui avait engagé tout son patrimoine pour élever des soldats. Le siège d'Ancône avait duré depuis le 1'''' avril 1172 jusqu'au 15 octobre, jour où la comtesse de Bertinoro et Guillaume des Adélards remportèrent une victoire complète sur Christian, archevêque de Mayence, qui commandait l'armée impériale. Le Florentin Buon- Compagno a écrit l'histohe de ce siège mémorable, et elle est insérée dans le tome VI des Historiens d'Italie.
Muratori, Script, rerum Italie.
ALDUïN. Voyez AuDOiN.
ALDROVANDINI — ALÉANDRE 748
* AI.E (iEgidius), peintre natif de Liège, mort à Zani en 1689. Il fut employé avec Morandi, Bonatti et Romanelli, à peindre la sacristie de l'église Santa-Maria dell' Anima; à Rome.
Titi, Descrizione délie pitture, etc., in Roma. — Lanzi, Storia pittorica.
ALEA (Léonard), littérateur français, né à Paris vers le milieu du dix-huitième siècle, mort vers 1812. On a de lui : 1° VAntidote de Vathéisme, ou Examen critique du Dictionnaire des Athées; in-8°, Paris, 1801 (sans nom d'auteur). Une nouvelle édition, refondue et augmentée, parut (avec le nom de l'auteur) sous le titre : la Religion triomphant des attentats de l'impiété; Paris , 1802 , 2 vol. in-S" ; — 2° Réflexions contre le divorce; Paris, 1802, in-8°.
Harmonville, Dictionnaire des dates, 1, lOi.
ALÉANDRE (Jérôme, dit Senior), en italien Aleandko (Girolamo), cardinal, né à Motta, petite ville du Trévisan , le 13 févi'ier 1480 ; mort le 31 janvier 1542. A l'âge de vingt-quatre ans, il passait déjà pour un des hommes les plus savants de son temps. H était versé dans les langues anciennes, dans les mathématiques, dans l'astronomie et dans la musique. Il était hé d'amitié avec Aide Manuce et avec Érasme, qu'il aida dans l'impression de ses Adages à Venise. La réputation d'Aléandre franchit les Alpes. Louis Xn l'appela en France en 1 508 , et le nomma recteur de l'université de Paris. Une violente épidémie lui fit bientôt quitter Paris. Il s'attacha ensuite à Érard de la Mark , prince-évêque de Liège , qui le fit son chancelier. Envoyé à Rome par ce prélat en 1 5 1 7 , il y fut retenu par Léon X, qui le nomma bibliothécaire du Vatican. Ce pontife l'envoya en 1519 en Allemagne, pour combattre l'hérésie de Luther à la diète de Worms. Vers cette époque, Aléandre se brouilla avec Érasme, dont les écrits semblaient favoriser la réforme. Clément VU le fit archevêque de Brindes et nonce en France. François F"^ le mena avec lui en 1525 à la bataille de Pavie, où il fut fait prisonnier avec le roi. Quoique Aléandre ciit été trouvé sans armes, sans emploi militaire, les Espagnols le maltraitèrent ; et il ne recouvra sa liberté qu'en payant une rançon de 500 ducats. Il éprouva encore les disgrâces de la fortune à l'époque de la prise de Rome par les Impériaux, le 20 septembre 1526. A peine retiré dans le château Saint-Ange , il vit, des remparts de cette forteresse , sa maison en cendres , ses meubles et ses livres abandonnés au pillage. Dans le cours de l'année suivante , il défendit l'Église, attaquée par les luthériens d'Allemagne. Paul HI, auquel ses services le rendirent extrêmement cher, le nomma en 1538 cardinal, du titre de Saiut-Chrysogone; il n'en jouit que quatre ans. Renvoyé eu AUemagnc, la même aimée, en qualité de légat, il mourut peu de temps après son retour à Rome, au moment où il s'occupait de la convocation d'un nouveacu oncile. Il avait composé lui-même
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soii épitaphe envers grecs , dontles derniers mots signifient : « Je suis mort sans répugnance, parce que je cesserai d'être témoin de bien des choses dont la vue est plus douloureuse pour moi que la mort. »
Aléandre avait écrit un grand nombre d'ouvrages, dont la plupart sont inédits. Les seuls qui aient été imprimés sont : 1° Lexicon.gr eeco-la~ tinum; Parisiis, 1512, in-fol.; — 2° Tabulas sane utiles grœcarum Musarum aclyta compendio ingredi volentihus: c'est un abrégé de la grammaire de Chrysoloras, publié à Paris en 1513; — 3° une pièce en vers latins, Ad Julium et Nereeam, insérée dans Math. Toscanus, Carmina illustrium poetanim italorum; Argentorati , 1517, in-8°.
André Victorelli, la fie d' Aléandre, dans le Re- Ciieil des Fies des Pontifes, par Chacon et Caprera ; Rome, 1630, 2 vol. in-fol. — De Seckendorf , //is«. lutheran., 1. 1, p. 125 et 149. — De la Roche-Pozai, Nomenclator cardinalium, p. 132. — Lorenzo Crasso, De poetis grœcis , p. 278. — Oldoïnu,s , In Athenseo Romano , p. 317. — Bdleforest, Lettres des princes , f° 96. — Paul Giove, Elog,, c. xcvin, p. 231. — MazzuchelU, Scrittorî d'italia. — Liruti , Notizie délie vite ed opère scritie da letterati del Friuli, I, 436-506. — Herle d'Aiibigné, Histoire de la reformation, II, 193, 194, 224, 228, 239, 246. — Jortin, Life of Erasmus , I, 24*.
ALÉANDRE {Jérôme, dit Junior), petit-neveu du précédent , antiquaire , poète , littérateur, jurisconsulte , né à la Motta en 1574, mort à Rome en 1 629 , d'un excès de bonne chère que sa santé naturellement délicate ne put soutenir. Le cardinal Barberin, auquel il était attaché, lui fit faire une pompe fmièbre magnifique. On a de lui, entre autres , 1° Commentaire sur les Institutes de Caïus; Venise, 1600, in-4°; — 2° Explicatio antiquœ tabulée marmorese., etc. ; Rome, 1616, in-4°; — 3° Carmina varia; Venise, 1627, in-8°; — 4° le Lagrime di penitenza, etc.; Rome, 1623, in-8°.
Mazzuclielli, Scrittori d'italia, t. I. — Baillet, Jugements sur les poètes, n° 1420. — Witte, Uiarium biograph., pars II, p. 40. — Nicias Erytliraeus, Pinacoth., I.
*ALEA\Dni {Alexandre), médecin et économiste italien , \1vait à la fin du dix-huitième siècle. Il a écrit sur la situation des finances dans les États de l'Église, ou sur les avantages que les populations devaient retirer du dessèchement des marais Pontins. Ces articles furent réunis par l'auteur, et publiés sous le titre : DelV Ingrandimenlo delV agricoltura e délie arti nello Staio Pontificio,Saggio analitico; Roma, 1789, 2 vol. in-S". E. D.
Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.
*aleaijME (Jacques), mathématicien français, natif d'Orléans , mort vers l'an 1627. De son vivant, il paraît n'avoir pulolié que Confutatio problematis ab Henrico MonantJioUo proposai; Parisiis ( David le Clerc), ICOO, in-4°; mais, après sa mort, on trouva dans ses papiers quelques mémoires dont Louis XJil autorisa la publication par lettres patentes du 27 février 1028. Le premier fut mis au jour par Etienne Migon, sous ce titre ; la Perspective spé-
— ALEGAMBE
culative et pratique, et lamanière universelle de la pratiquer; Paris, 1643, in-4°; le second, contenant la traduction du Tractatus astrologicus de Henri Rantzau , publié par Alexandi-e Baulgite, sous le titre : Traité astrologique des jugementsdes thèmes genethUaques pour tous les accidents qui arrivent à l'homme après sa, naissance; Paris (P. Ménard), 1657, in-8°.
Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.
ALEAUME ( Ix>uis ), en latin Alealmus, poète français, né à Verneuil en 1525, mort eu 1596. Il étudia le droit, et exerça pendant plus de vingt ans la charge de lieutenant général au présidial d'Orléans. Ses Poésies latines et françaises furent recueillies par son fils Gilles , et forment un volumein-8°. Elles ont été réimprimées dans le tome I'^'' des Delicias poetarum gallorum, etc.; Francf., 1609. Loisel fait un grand éloge 3u poème intitulé Obscur a claritas, dont le sujet est le mot laterne. On cite aussi avec éloge ses vers sur la mort de Philippe Picard , prédicateur à Orléans.
ho\s,t\,Pasquier ou dialogue des «uocats, dans Camus, Lettres sur la profession d'avocat, édît. 1818, I, 304. — Sainte-Marthe , Eloqia doctorum in Gallia virorvm, édit. 1696, p. 95. — Gherus , Delicias poetarum gallorum, 1, 1-53.
*ALEFELDT (George-Louis), médecin allemand, né à Giessen en 1732, mort en 1774. II étudia à Giessen et à Strasbourg. Reçu docteur en 1756, il devint, dix ans après, professeur de médecine à l'université de Giessen. On a de lui : De aère sanguino permisto, 1756; — De dissectione fœtus in utero, 1757; — In causani curfœnum madidum ignem concipiat, 1761 ; — De aneuvrysmate arterioe cruralis in cartilaginem et os mutato, 1763; — De insigni usu sulphuris aurati antimonii, 1765 ; — De sphacelo a causa interna oriundo salutifero acque ac nocivo , 1765 ; — De epilepsiafebrium intermittentium , 1765; — De fluoré albo ex ncglectu diœtx, 1766; — De sanguinis tnissione infantibus neonatis debilibus, 1766; — De hxmorrhagiis , 1767; — De pathematibus hystericis, 1767; — An contrafissura in cranio infantis seque ac adulti gêner ari queaf, 1769; — De doloribus in partu silentibus, 1770. Toutes ces dissertations ont été publiées à Giessen, in-4°. ^
Jôcher, Celehrlen-Lexicon , avec le supplément d'Adelung. — Commentarii Lipsienses, t. XX.
ALEGAMBE (Philippe), savant jésuite , né à Bruxelles le 22 janvier 1592, mort à Rome le 6 septembre 1651. Il voyagea fort jeune en Espagne et en Italie avec le duc d'Ossuna, auquel il servait de secrétaire. En 1613, il entra dans l'ordre des jésuites à Païenne, et vint quelque temps après enseigner la philosophie au collège de Graetz , où il fit l'éducation du fils du prince d'Eggenberg. Pendant cinq ans, il visila avec son élève l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne, et revint reprendre ses cours au collège de Graetz,
751 ÂLEGAMBE
Il se fixa ensuite à Rome , où il devint supérieur de la maison des jésuites et secrétaire du général de l'ordre.
Alegambe a continué et considérablement augmenté la Bibliotheca scriptorum Societatis Jesu, publiée par Ribadeneira, 1612, in-8°. L'excellent travail d'Alegambe , dont la première édition parut en 1643 à Anvers, in-fol., par les soins de Bollandus , fut à son tour repris et augmenté par le père Nathaniel Southwell {Sotvelliis), et publié sous le titre : Bibliotheca scriptorum Societatis Jesu, opus inchoatum a R. P. Petro Ribadeneira , continuatum a R. P. Philippo Alegambe usque ad annum 1642, etc. ; Rome, 1675, in-fol. C'est lesmeUleur ouvrage que nous ayons sur la biographie et la bibliographie des premiers écrivains jésuites; mais son usage est un peu incommode, parce que les auteurs , au lieu d'être rangés par ordre alphabétique des noms de familles , le sont par ordre alphabétique des noms de baptême. La liste des ouvrages de chaque auteur n'est pas non plus toujours complète. L'abbé Feller lui préfère un ouvrage semblable (inédit) d'Oudin, dont le manuscrit paraît avoir été perdu pendant la révolution française, si toutefois, ce dont quelques personnes doutent, il a jamais existé.
Outre quelques petits écrits de morale sur la vanité et les plaisirs du monde , on a encore d'Alegambe : la Vie de Cardan; Rome, 1640, in-12; — Mortes illustres, et gesta eorum qui in odium fidei ab hœreticis vel aliis occisi sunt; Rome, 1657, in-fol. : c'est la biograpliié générale des jésuites morts martyrs de leur foi;
— Heroes et victimse charitatis Societatis Jesu, Rome, 1653, in-4°, ou la biograpliié des jésuites morts en soignant des malades : elle s'étend jusqu'à l'an 1647, et fut continuée jusqu'en 1657 par Jean Nadasi.
Alegambe , Bibliotli. script. Soc. Jesu , au mot Philippus. — Feller, Dictionnaire historique. — Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des Pays-Bas.
— W. Smets, ff^as that der Jesuiten Orden filr die TFissensehaft ?
* ALÈGRE (le P. Angélique d' ), capucin français, vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. On a de lui : le Chrétien parfait , ou le Portrait des perfections divines, tirées en l'homme sur l'original; Paris, 1665, in-4°.
Adelung, supplément à Jôcher, Geleh7'teii-Lexicon.
*Ai,ÈGRE DE CASANATE ( le P. 3iarc-Anifoi«e),camiéhte espagnol, né en 1590 àïarazona, petite ville de r Aragon, mort le 10 septembre 1658. n aùiia mieux vivre dans la retraite que succéder à son oncle dans la charge de secrétaire du roi Pliilippe ni. Son principal ouvrage a pour titre : Paradisus carmelitici decoris, cum apologia pro Joanne XLIV, patriarcho Hierosolymitano; Lyon, 1639, in-fol.; on y trouve des notices intéressantes sur les écrivains carmélites.
Baillet, Jugement des savants, t. II. — Jôcber, AlUjem. Celehrten-Lexicon.
ALÈGRE ( Yves, baron d' ), général français ,