ALDROVANDE
lusques et autres animaux à sang blanc. Corneille Uterveer, natif de Delft en Hollande, et successeur d'Aldrovande, rédigea sur ses manuscrits le volume des solipèdes et celui des poissons et des cétacés : ils parurent en 1613 et 1616. Thomas Demster, gentilhomme écossais, également professeur à Bologne , et bien connu pour avoir composé \m grand traité sur l'Étrurie ou ancienne Toscane , fit paraître le volume des animaux à pieds fourchus. Un autre des successeurs d'Aldrovande, Barthélemi Ambrosinus, chef du jardin botanique de Bologne , remplit la même tâche pour les volumes des quadrupèdes digités , des serpents , des monstres et des minéraux. Ceux-ci ne parurent qu'en 1657. Enfin le dernier de tous , celui des arbres , fut publié par Montalbanus , professeur de botanique à Bologne, en 1667, c'est-à-dire soixante ans après la mort de l'auteur. Pour éviter toute confusion , il est important de distinguer le travail d'Aldrovande d'avec celui de ses éditeurs , qui s'y trouve presque toujours mêlé.
Voici les litiges exacts de tous les volumes : Ornithologie, hoc est, de avibits historiœ, libri XII : toimis I, de avibus rapacibus ; Bononiae, 1599, in-folio ; Francofurti, 1616, in-folio ; — Ornithologix tomus II, de avibus ferrestribus, mensse inservientibus et canoris; Bononiae ,1600, in-folio ; Francofurti, 1621, in-folio ; — Ornlthologise tomus III, de avibus aqiiaticis et circa aquas degentibus ; Bononiœ, 1603, in-folio; Fi'ancofurti , 1629, in-folio. Ces trois tomes ont été réimprimés à Bologne en 1646 et 1647, in-foUo; — De animalibus insectis libri Vil; Bononise, 1602, 1620, 1638, in-folio; Francofurti, 1623, in-folio; — Dereliquis animalibus exsanguibus , titpote de mollibus , crustaceis, testaceis et zoophytis libri IV; Bononiœ, 1606, 1642, in-folio; Francofurti, 1623, in-folio ( l'édition de Bologne est ornée de belles figures qui ont été dessinées sur les objets du musée de l'auteur ; on ne peut point en dire autant de celle de Francfort); — Quadrupedtim omnium bisulcorum historia, quam Joannes Cornélius Uterveei'iîis colligere incœpit ; Thomas Dempsterus , baro a Muresk, Scotus, perfecte absolvit; et Marcus-Antonius Bernia atque Hieronymus Tamburinus in lucem edide7'unt ;Bonomae, 1613, 1621, 1642, in-folio ; Francofurti, 1647 , in-folio ; — De 2^iscibus libri V, et De cefis liber unus, a Joanne- Cornelio Uterveerio collecti , et editi opéra Hieronymi Tamburini ; Bononiae, 1613, 1638, in-folio; — De quadrupedibus solidipedibus volumen integrum : Joannes-Cornelius Uterveerius collegit et recensuit ; Hieronymus Tamburinus in lucem edidit; Bononiae, 1616, 1639; Francofurti, 1623, in-folio ; — De quadrupedibus digitatis viviparis libri III, et De qtiadrupedibus digitatis oviparis libri II, Bartholomseus Ambrosinus collegit ;'Qonomi^, 1637, 1645, in-folio; — Historise serpentum
et draconum libri duo, Ambrosinus concinnavit et edidit; Bononia3, 1640 , 1642 , in-folio ; — Monstrorum historia, labore et studio Bartholomasi Ambrosini ;BoQonice, 1642, 1646, in-folio; — Musseum metallicum; Bononiae, 1648, in-folio, par les soins de Barthélémy Ambrosinus , qui n'a rien négligé pour la beauté de l'édition : c'est un des meilleurs ouvrages posthumes d'Aldrovande; on y trouve beaucoup de bonnes choses sur les métaux et les fossiles; l'abrégé de ce Museeum a paru à Leipzig en 1701 , in-12. — La Bendrologia natwalis , scilicet arborum historiée libri duo; Bononiae, 1668, in-folio; Francofurti, 1671, 1690, in-folio; forme le quatorzième et dernier volume de ce grand ouvrage d'Aldrovande. Montalban , qui en fut l'éditeur, nous apprend qu'elle devait être composée de six parties , et que les deux livres qui composent ce volume ne sont encore qu'une portion de la première, qui aurait été subdivisée elle-même en sept autres livres, qui devaient former l'histoire de tous les arbres. Le premier comprend les arbres glandifères , et le second les pomifères. L'auteur, suivant son usage, y a réuni tout ce qui était venu à sa connaissance sur les objets qu'il traite, même sur les arbres de l'Inde , dont on connaissait à peine les noms. Là, comme dans toutes les autres parties de son ouvrage , il supplée à la stérilité de ses connaissances positives par xme excessive érudition : ainsi l'histoire des chênes y est traitée avec la même étendue, la même profusion de savoir que celle du coq. Il ne faut donc regarder chacun des articles que comme un répertoire des plus complets de tout ce qui a été écrit sur la matière ; et, sous ce point de vue, il peut avoir un certain degré d'utilité. Chaque objet décrit est accompagné d'une figure en bois qui donne une idée assez exacte de son ensemble ou de son port, quoique exécutée grossièrement. Ce volume de botanique a été réimprimé seul à Francfort en 1 690 , comme ayant été entièrement composé par Montalban , et seulement disposé suivant la manière d'Aldrovande. Il est précédé d'une préface de George Francus. — Montalban donne, dans sa Bibliothèque botanique, une liste nombreuse de traités particuliers sur les plantes, composés par Aldrovande, et qui sont restés inédits. Cependant quelques-uns, par leurs titres, semljlent faits pour exciter la curiosité : ainsi U y en a im sur les différences de formes que présentent les parties prmcipales des plantes, comme les feuilles et les fleurs. H avait aussi composé un commentaire fort étendu sur Dioscoride, que Joachim Camerarius dit avoir vu.
« Cette inamense compilation , recueillie par un seul homme, se compose , dit Cuvier, comme l'ouvrage de Gessner, qu'Aldrovande connaissait bien , et dont il a même suivi la marche autant qu'il l'a pu, de passages extraits de tous les écrivains antérieurs. U y a même beaucoup moins d'observations propres dans Aldrovande .