‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 179 sur 180 · ALEXANDRE, OU ALEXANDER AB ALEXAN · texte numérisé non relu

ALEXANDRE, OU ALEXANDER AB ALEXAN

DRO. Voy. Alessandro.

ALEXANDRE CRESCENZl. Voy. CrESCENZI.

ALEXANDRE FARNÈSE. Voy. FarNÈSE.

ALEXANDRE DE RIÉDICIS. Voy. MÉDICIS.

ALEXANDRE SACLi, dit le Bieuheureux.

Voy. Sauli.

ALEXANDRE, pseudonyme sous lequel trois auteurs français ont publié des pièces de théâtre. Voy. Barginet, A. Béraud, et Guesdon.

* ALEXANOR ('AXslàvwp), petit-fils d'Esculape, est supposé avoir vécu vers le dixième siècle avant J.-C. Il bâtit à Titane, près de Sicyone, un temple en l'honneur d'Esculape. On planta alentour un bois de cyprès , qui était fort vieux du temps de Pausanias. On y voyait une statue très-ancienne, couverte d'ime tunique de laine blanche et d'un manteau par-dessus, de sorte (ju'il n'y avait de visibles que le visage, les mains , et le bout des pieds. Quiconque entrait dans ce temple était obligé d'adresser ses vœux à la déesse Hygie. Alexanor y avait aussi sa statue. Tous les jours, après le coucher du soleil, on y honorait sa mémoire.

Pausanias, Descript. de la Grèce. — Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles lettres, XVIII, p. 32.

*ALEXARQUE ('AXé^apyoç), historien grec, cité par Servius et Plutarque. Suivant ce dernier, il avait écrit une histoirede l'Italie {'kaXtxâ), dont il ne nous reste plus rien. On ignore l'époque à laquelle vivait cet historien. — Clément d'Alexandrie ( Protrept., p. 36 ) parle d'un Alexarque grammairien.

Plutarque, Parallela, 7. — Servius, ad p'irgil. .£neid., Ml, 334.

ALEXEJEV. Voy. Alersejev.

*ALEXiAs ( 'AXs'Iiaç ), médecin et naturaliste grec, vivait probablement vers 350 avant J.-C. Il était élève de Thraséas de Mantinée. Suivant Théophraste , il égalait son maître dans la connaissance de la botanique , et lui était supérieur dans les autres branches de la médecine.

Tiiéophraste, Hist. Plant., IX, 17.

*ALEXiivcs ('AXe^îvo;), philosophe grec de l'école de Mégare , vivait vers le milieu du quatrième siècle avant J.-C. H était natif de l'Elide et disciple d'Eubulidas. Il attaqua Aristote et Zenon , le fondateur de l'école des stoïciens , et écrivit aussi contre Éphore, l'historien. Son humeur querelleuse lui valut le surnom à'Elenxlnus ('EX^y^îvo;). Plein de vanité, il se retira à Olympie, pour fonder, disait-il, une secte à laquelle il voulait donner le nom d'Olympique ; mais comme cette ville était trèsmalsaine et presque déserte , excepté à l'époque des jeux, tous ses disciples l'abandonnèrent. En se baignant dans l'Alphée, il fut blessé par la pointe d'un roseau, et en mourut.

Diogène Laërce, II, 109, 110. — Cicéron, Academ., II, 24.

* ALEXiON, médecin grec , vivait à Rome vers le milieu du premier siècle avant J.-C. Il était ami et médecin de Cicéron. Ce dernier en vanta l'habileté, et en regretta beaucoup la mort subite. ,

Cicéron, Epistol. ad Altic, Vil, 2 ; XIII, 2-5.

*ALEXIPPE ('AXe^iTiTtoç), médecin grec, vivait vers 330 avant J.-C. Il était attaché à l'armée d'Alexandre le Grand; il reçut de ce roi une lettre de félicitations pour avoir guéri Peuceste, un des lieutenants du grand conquérant.

Plutarque, in FitaMex.

ALEXIS OU ALEXIUS l" COMNÈNE ("AXellç

OU 'AXs'Itoç Ko[Aviriv6; ) , empereur de Constantinople, né l'an 1048, mort le 15 août 1118, fils de Jean Comnène , fut proclamé empereur au mois de mars 1081, et couronné le t^'' avril suivant. Doué de beaucoup de talents, il reçut de plus une éducation très-soignée sous la direction de sa mère , et fit ses premières armes à l'âge de quatorze ans dans une guerre contre des aventuriers européens, commandés par un Écossais, Russel de Balliol, qui, après avoir été vaincu, devint l'ami intime du jeune Alexis. Il fut envoyé ensuite contre Nicéphore Botaniate , qu'il combattit avec succès. Quelque temps après, Michel VII fut déposé ; et ce même Nicéphore étant monté sur le trône en 1077, Alexis lui offrit ses services. Le nouvel empereur, qui avait pu apprécier la valeur de son ennemi , le combla d'honneurs et le chargea de la pacification de l'Asie, qu'occupait alors Nicéphore Bryennius , qui prétendait à la dignité unpériale. Alexis, dans ime bataille meurtrière , ranima le courage de ses troupes par un stratagème hardi , défit l'armée ennemie et s'empara même de Nicéphore , qui fut aveuglé. Cette victoire lui valut le titre de Sébastos (Auguste); mais elle lui attira la jalousie de l'empereur. Avec la protection de l'impératrice, il parvint à s'é-

ALEXIS

chapperavec son frère Isaac, joignit son armée qui l'adorait, et fut proclamé empereur. H s'empara de Constantinople , qu'il laissa piller par ses soldats. Quant à Nicéphore , on l'enferma dans ua monastère.

Alexis trouva l'empire dans un état déplorable. Les Turcomans avaient profité de tous ces déchirements intérieurs pour s'emparer des provinces asiatiques. D'un autre côté, Robert Guiscard , que ses succès brillants en Italie ne satisfaisaient pas , et qui ambitionnait la pourpre , s'était avancé déjà jusqu'à Durazzo en Épire. Alexis, au moyen d'intrigues diplomatiques trèshabilement conduites , sut faire face à ces attaques simultanées. II conclut la paix> avec les Turcomans en leur abandonnant ce qu'ils avaient déjà conquis; Us devinrent même ses auxiliaires. Il fit alliance avec la république de Venise et avec Henri rv, empereur d'Allemagne, et alla jusqu'à mettre dans ses intérêts les pauliniens, secte d'hérétiques. Les spoliations des églises, les exactions , lui fournirent l'argent avec lequel il leva une armée de 70,000 hommes, et marcha à la délivrance de Durazzo. Les Normands n'avaient que 1 5,000 hoiïunes à lui opposer. La bataille se livra le 1 8 octobre 1 08 i ; des deux côtés l'acharnement était égal ; et on voyait Gaita , la femme de Robert Guiscard, combattre dans les rangs. Les Grecs furent défaits, etRobert s'avança triomphalement jusqu'à Thessalonique. Pour surcroît de malheur, les Turcomans avaient repris l'offensive. Alexis ne désespéra pas; il envoya à Henri rv, qui était alors en guerre ouverte avec le pape Grégoire VH, l'argent nécessaire pour attaquer Rome. Le pape fut ehassé ; et au moyen de cette diversion Robert • Guiscard se trouva forcé de voler au secours du souverain pontife, son allié ; il laissa en Grèce son fils Bohémond , qui gagna encore deux victoires sur Alexis ; mais la famine et les maladies dégoûtèrent l'armée normande. Robert ne put la rejoindre, étant retenu en Italie par une révolte de ses vassaux; de sorte qu'Alexis se vit débarrassé pour le moment de cet ennemi dangereux. Mais en 1084 Robert revint à la charge ; après trois rencontres il dispersa la flotte imie des Vénitiens et des Grecs , et débarqua en Épire. Il s'était déjà de nouveau emparé de la Macédoine, lorsqu'il succomba à une maladie épidémique ; quelques-uns attribuèrent sa mort au poison qu'Alexis lui aurait fait donner.

A la suite de cet événement les Normands abandonnèrent toutes leurs conquêtes , et Alexis eut ainsi plus de loisir pour repousser les envahissements des Turcomans. Grâce à sa marine , il put lutter contre eux , quoique avec un succès douteux, jusqu'en 1095. Mais dans cette année les Turcomans se servirent de quelques prisonniers grecs, pour construire une flotte qui s'approcha de Constantinople. Alexis, malgré son génie inventif, se vit au bout de ses ressources; il demanda des secours à l'Occident, s'adressant à toute la chrétienté, qui se trouvait menacée

dans son existence par ce nouveau débordement de barbares. La prise de Jérusalem par les musulmans , les prédications de Pierre l'Ennite ,, l'activité du pape Urbain II , provoquèrent les princes chrétiens à se réunir d'abord à Plaisance. Les ambassadeui's d'Alexis s'y rendirent, et leur récit fit décider la première croisade.

Cependant Alexis , qui n'avait pu se résoudre à appeler chez lui les étrangers qu'à la dernière extrémité , adopta comme plan de conduite un système de ruse et de temporisation qui retarda le succès de l'expédition , et vint échouer eu partie conti'e le caractère franc et irascible de ses nouveaux alliés.

Les premières bandes des croisés qui arrivèrent en 1 096 à Constantinople, après avoù* tout saccagé sur leur passage, étaient bien à même d'exciter la défiance d'Alexis. 11 les fit passer à la hâte en Asie,, oîi les Turcomans eurent peu de peine à les anéantir. Ensuite arriva Hugues , comte de Vermandois, frère de Philippe F"", roi de France : l'empereur Je fit garder comme otage , et indisposa par cela violemment Godefroi de Bouillon et toute l'armée des croisés, qui survint peu après. Alexis les apaisa une première fois ; mais lorsque les provisions qu'il leur devait faire distribuer en quantité vinrent à manquer, l'indignation devint générale , et l'empereur fut obfigé de leur faire entrevoir l'unportance de ses forces militaires, tout en allant au-devant de lem's réclamations, pour sauver sa capitale. Ds campèrent pendant l'hiver aux environs de Constantinople. Au printemps de l'année 1097, une partie des croisés passa le Bosphore sur les vaisseaux d'Alexis, qui, s'éloignant, coupèrent l'armée en deux. C'est alors que l'empereur insista sur ce que les chefs de la croisade jurassent de lui rendre ses anciennes possessions en Asie , et de lui faire hommage comme à leur suzerain pour ce qu'ils pourraient conquérir au delà des limites indiquées. Ds acceptèrent, excepté Bohémond, fils de Robert Guiscard. Mais Alexis, en le flattant adroitement sur ses talents militaires , et lui montrant des monceaux d'or et d'argent, parvint à vaincre la fierté de son ancien ennemi. Tancrède aussi ne consentit qu'à regret à faire cette promesse; U passa même en Asie pour se soustraire à la cérémonie publique de l'hommage, ne voulant pas, comme Robert , comte de Paris , insulter devant tout le monde la majesté impériale. Ce fait a servi de thème à un roman de Walter Scott.

Avant le départ des croisés, Alexis adopta Godefroi de Bouillon : il avait eu beaucoup à se louer de ce modèle des héros, qui avait empêché plusieurs fois Raymond de Toulouse et Bohémond de s'emparer de Constantinople. Cependant la bonne harmonie fut loin encore de se rétablir. Alexis, qui pendant le siège de Nicée (mai et juin 1097) avait bien secondé les croisés, négocia avec les assiégés pour qu'ils se rendissent à lui; et depuis il sépara complètement sa cause

ALEXIS

de celle de ses alliés. Il reconquit quelques villes importantes de l'Asie Mineure, les îles de Rhodes et de Chios. Et lorsque les chrétiens eurent tant à souffrir devant Antioche , il mit le comble à sa duplicité en les abandonnant. Bohéraond, devenu prince d'Antioche, fut tellement outré de ce manque de foi, qu'il retourna en Europe, et qu'après y avoir ramassé une armée considérable, il recommença en Épire la guerre contre Alexis; mais il ne réussit pas davantage, toujours à cause du manque de vivres , un des principaux moyens de défense employés par Alexis. La paix se fit; Bohémond mourut peu de temps après, et ses héritiers rendirent hommage à l'empereur pour la principauté d'Antioche.

Alexis mérite à beaucoup d'égards les reproches dont l'ont accablé les historiens latins , quoique les attaques des Turcomans aient pu J'empêcher de seconder utilement ses sauveurs. Il employa le reste de sa vie agitée à consolider ses conquêtes et à pacifier ses États, troublés par des hérésies. Il réprima entre autres ti-ès-sévèrement les manichéens ; mais le clergé ne lui en voulut pas moins d'avoir dépouillé les églises peut-être plus que ne l'exigeaient les circonstances, n mourut âgé de soixante-dix ans, après un règne de trente-sept ans quatre mois et demi. La longueur de ce règne explique comment les Grecs, habitués au changement, ne lui surent pas gré de tout ce qu'il avait fait pour eux. Il avait agrandi l'empire ; et pour le défendre il laissait à ses successeurs une armée bien disciplinée, ce qui n'avait pas existé avant lui. On comprend les éloges que sa fille Anna lui prodigue dans son Âlexmde; mais sa femme n'avait pas la même opinion de lui. On raconte que, le priant sur son lit de mort de désigner son successeur, elle reçut pour toute réponse des paroles vagues sur la vanité du monde ; à quoi elle aurait répliqué : « Vous mourrez comme Vous avez vécu, en hypocrite. »

Anna Comnène, Alexias.— Glycas, P. IV, in fin., pag. 616, etc., cd. Bonn. — Guillaume de Tyr, 1. H , c. S, 23. — StPDda, Tliesaurua antlqiiitatum., seu vitie imperatorum occidentaliiim et orientaliiim, in vlta Alexii. — Gibbon, Décline and fall o) tlie Roman Empire, chap. 48 , 56 . S8, 59. — Wi'lken, Geschichte der Kreuzzilge — Mill, History of the Crvsades. — Micliaud , Histoire des Croisades, et Bibliothèque des Croisades. — Zonare. — BaTOTiius. — Friedrich Wilken, Commentatio rerum ab Alexio l, etc.; Heidelb., 1812, 4.

ALEX5S OU ALESIUS II COMKÈKE ( 'A)-£|t;

ou 'AXé^to; Ko]j.vr\v6c, ), empereur de Constantinople, né le 10 septembre 1167, mort en 1183. Fils de Manuel, il parvint à l'empire le 24 septembre 1180, sous la tutelle de sa mère Marie. Cette princesse accorda la régence au sébastocrator Alexis , neveu de Manuel. Ce choix ne fut pas heureux. L'abus que le sébastocrator fit de son autorité souleva la plupart des grands contre lui : ils appelèrent à leur secours Andronic, cousin du défunt empereur, qui l'avait envoyé en exil. Andronic s'étant rendu maître de Constantinople au mois d'avril 1182, fit

crever les yeux au sébastocrator, et s'empara de la régence. A peine en fut-il revêtu , qu'il fit massacrer tous les Latins établis à Constantinople. Le 16 mai de la même année, il fit couronner le jeune Alexis avec Agnès, fille de Louis le Jeune, roi de France, qui lui était fiancée depuis le 2 mars 1180. La mort de l'impératrice Marie suivit de près cette cérémonie. Andronic la fit étrangler, après en avoir fait signer l'ordre par l'empereur. En 1183, Andronic se fit associer à l'empire dans le mois de septembre, et au mois d'octobre suivant il fit étrangler Alexis. Le cadavi-e de ce malheureux prince lui ayant été apporté, il le poussa du pied , en disant que « sa mère avait été une impudique, son père un parjure, et lui un imbécile. » Alexis avait régné trois ans et quelques jours. Ce prince était né sans esprit et avec des penchants vicieux , que l'éducation n'avait pu réformer.

Nicétas, Jlexixis Mamielis Comn. fil., i9. — Ou Cange, Farniliœ Byzantinœ , p. 188. — Gibbon, Décline and Fall, c. 48. — Le Beau, Histoire du Bas-Empire. — Strada, T/iesaitrus antiquitatum, seu vitœ imperatorum.— Guillaume de Tyr; Anna Comnène , yHexiado.i libri XX rerum ab Alexio pâtre imperatore gestariim, pubt. par Pierre Possin; Pari;?, 1651, in-fol.

ALEXIS ou ALEXIUS III L'ANGE ("ÀXe^tç OU

'AXs'^toç 'AyyeXoi; ) , empereur de Constantinople , mort en 1210. Il était le petit-fils de Théodore Comnène, fille d'Alexis P''. Pendant le règne du tyran Andronic il s'était réfugié auprès de Saladin ; il revint dans sa patrie lorsque Isaac son frère eut détrôné Andronic et se fut emparé de la couronne. Comblé d'honneurs par le nouvel empereur, il n'en complota pas moins conti'c lui ; il le fit aveugler, et fut, en 1 195, nommé empereur à sa place. Dédaignant alors le nom de son père, il prit celui de Comnène, nom de son aïeule. Son règne fut honteux à l'extéi'ieur par la faiblesse de ses armes, et indigne à l'intérieur par les déprédations qu'il laissait faire sur ses sujets par sa femme Euphrosine. H dut sa perte à l'activité de son neveu, fils d'Isaac, tpii était parvenu à s'échapper de ses mains. Celui-ci excita son beau-frère Philippe de Souabe, et l'empereur d'Allemagne Henri YI, à déclarer la guerre à Alexis; une forte somme d'argent fut promise à Henri par Alexis , pour l'apaiser : il spolia les églises , leva d'énormes impôts sur ses sujets ; et la somme étant réunie, il la garda pour lui-même et se moqua de l'empereur, dont le ressentiment lui aurait été fatal, si la mort de ceiui-ci n'eût interrompu la guerre déjà commencée. Quelques années après, le jeune prince Alexis implora les princes chrétiens réunis à Venise pour une nouvelle croisade, en leur promettant des subsides considérables et la cessation du schisme gî'cc.

Sous le commandement de Dandolo, doge de Venise [Yoy. Dandolo), une fiotte formidable vint, en 1203, anéantir les moyens de défense du brave Théodore Lascaris, gendre de l'empereur. Celui-ci se sauva, sans attendre le résultat, avec des trésors immenses auprès de son beau-frère

ALEXIS

le inarqnîs de Montferrat. Constantinople fut prise, et Tsaac fut réintégré par les croisés dans la dignité impériale, qu'il partagea avec son fils. Quant à Alexis l'Ange, il finit sa vie dans un monastère de Nicée, où son propre gendre Lascaris le fit enfermer. De son mariage il laissa trois filles : Irène, femme d'Alexis Paléologue ; Anne, mariée en premières noces à Isaac Comnène , et en secondes à Théodore Lascaris; Eudocie, qui épousa successivement Etienne, roi de Servie, Alexis Murzuphle , empereur, et Léon , qui se rendit maître de Corinthe après la deuxième prise de Constantinople. C'est Alexis l'Ange qui créa la dignité de despote, et qui lui donna le premier rang après l'empereur. Les despotes étaient ordinairement les fils ou les gendres des empereurs. Le prince de Valachie, et les autres petits souverains des principautés danubiennes, ont longtemps consei"vé le titre à'hospodars, corruption de despotes.

Nif:ét.is, Alexius Angélus, c. 8. — Villehardouin, De la Conqueste de Constantinople, éd. Paulin; Paris, 183S,

c. SI, 56.

ALEXIS ï V, le Jeune, empereur de Constantinople, né dans la seconde moitié du douzième siècle, étranglé le 5 février 1 204 , après un règne de quelques mois. Fils d'Isaac l'Ange, il se fit généralement haïr par la dureté avec laquelle il tirait de ses sujets l'argent qu'il avait promis aux croisés. Ceux-ci de leur côté, tandis qu'ils attendaient leur payement et la saison propre à s'embarquer, achevaient de pousser à bout les Grecs par leur licence : ils venaient d'être cause d'un incendie terrible, et faisaient, entre autres, subir à Alexis des avanies cruelles.

Les Grecs , humiliés par le traitement que souffrait leur empereur, manifestèrent leur mécontentement par une sédition, à la suite de laquelle on donna la couronne à Nicolas Canabé. Mais Alexis Murzuplile (Voy. ce nom) écrasa les rebelles au nom d'Alexis, qu'il fit ensuite mettre en prison , oij on l'étrangla. Ce malheureux prince n'avait régné que cinq mois.

Nicétas, Isaacius Àng. et Alexius fil., III, 1. — Du Cangi», Familiœ Byzantinœ, p. 204. — Gibbon, Décline and Fall, c eo. — Le Beau, Hist. du Bas-Empire.

ALEXIS V, surnommé Ducas Rhirtzuphle, empereur de Constantinople ,. né dans la deuxième moitié du douzième siècle, tué en avril 1204. Grand maître de la garde-robe sous Isaac l'Ange et Alexis IV, il détrôna ce dernier et le fit étrangler ( Voij. Alexis TV ). Quant à Murtzupble, Baudoin, ou, selon d'autres, son propre beau-père Alexis III, auprès duquel il s'était réfugié, lui fit crever les yeux ; et les Français, irrités contre lui, le précipitèrent du haut d'une colonne. Le surnom de Murtzuphle lui avait été donné, parce qu'U avait des sourcils épais qui se joignaient entre les deux yeux. Il ne régna qu'environ trois mois. Artificieux, dissimulé, avare et cruel, il dépouilla presque tous les grands seigneurs de la cour et s'appropria leurs richesses, qui lui appartenaient, disait-il, par la loi du plus fort.

Nicélas, Murtziiphlvs; Isaacius Àngelus et Alex, fil., cap. 4, S. — Gesta Francorvm. — Villeliardnuln, De la conqueste de Constantinople, éd. Paulin; Paris, c. Bl, 56, co, c(c. — Gibbon , Décline and Fall, c. lx. — Le Bran, Histoire du Bas-Empire. —Du Catige , Historia Franco- Byzantina.

ALEXIS (dit le Fmix), imposteur qui en 1191, sous le règne d'Isaac l'Ange, se fit passer pour le fils d'Alexis H, auquel il ressemblait. Le sultan d'Iconium , Azeddin, qui lui avait promis son appui, le lui refusa lorsqu'il fut désabusé sur sa véritable qualité. Alexis parvint néanmoins à rassembler huit mille hommes et à se proclamer empereur. La faiblesse d'Alexis ni favorisa l'ambition de l'imposteur. Mais les ravages de ses soldats , la plupart mahométans , indisposèrent les Grecs de l'Asie Mineure; et les profanations commises dans les églises poiièrent un prêti'e à l'assassiner pendant qu'il dormait. Quelque temps après parut un second aventurier, Basilius Chozas; puis un troisième, qui prit aussi le nom d'Alexis ni : ils périrent tous deux près de Nicomédie.

Nicélas, Isaac, HI, 1. — Le Beau , Histoire du Bas- Empire, XX, p. 231.

* ALEXIS ou ALEXIUS, nom de cinq empereurs de Trébizonde, dont voici l'histoire (1) :

* ALEXIS ALEXIUS ï COMKÈKE ("AXeI'-Ç

ou 'AXé^toç Kop.vYivoç ) , empereur de Trébizonde, né vers 1180, mort au mois de février 1222 de J.-C.Du Cange et Gibbon ne lui donnent que le titre de duc ou gouverneur de Trébizonde et des pays voisins. — Après la mort d'Andronic (en 1185 ), le dernier Comnène de Constantinople , son successeur, Isaac II , résolut d'exterminer cette illustre famille. Jean , l'aîné des deux fils d'Andronic , eut les yeux crevés et mourut à la suite de cette cruelle opération; son frère. Manuel Sébastocrator, snbil le même supplice dans sa prison (en 1186), et on n'entendit plus parler de lui. Ce dernier laissa deux fils : Alexis et David ; ils furent sauvés par leur tante Thamar, qui les amena en Géorgie. Lors de la conquête de Constantinople par les Latins en 1204, Alexis et son frère David rallièrent autour d'eux les Grecs mécontents , quittèrent leur retraite et passèrent le Phasis. Alexis prit Trébizonde, Cérasus, Mesochaldion, et occupa toute la côte de la mer Noire jusqu'à Amisus, tandis que David s'avança vers le Halys^ prit Sinope, et poussa ses conquêtes jusqu'en face de Constantinople.

Alexis prit alors (en avril 1204) le tilrè d'empereur, ou plus exclusivement celui de roi et d'autocrator de toute l'Analolie, ainsi que l'atteste l'inscription suivante, trouvée par Tournefort dans un couvent de Trébizonde : Baai- )>£Ùç xai aOxoxpaTwp 7tâ(7r)ç 'AvatoXriç , ô MÉyaç Ko(j.vriv6ç. Nicétas, Pachymère, Acropolite, Ni-

(1> L'histoire des Alexis de Trébizonde n'a été bien écialrcie que par les travaux récents de M. Fallmerayer, faits, en grande partie, sur les documents manuscrits inédits , qui avaient échappé à Gibbon à Du Cange et 4 d'autres.

ALEXIS

céphore et d'autres historiens byzantins lui refusèrent ce titre , afin de flatter les empereurs latins ou Théodore Lascaris, empereur de Nicée. Le règne d'Alexis fut troublé par des guerres perpétuelles avec les Turcs et Théodore Lascaris. En 1214, Alexis fit la paix avec ce dernier. Dans la même année il tomba entre les mains de Ghayath-ed-din , sultan d'Tconium , et racheta sa liberté en cédant aux Turcs la ville et le district de Sinope. Son empire se trouva réduit au littoral de la mer Noire, compris entre le Phasis à l'est et le Thermodon à l'ouest. David mourut vers 1215, sans enfants. Alexis eut pour successeur son gendre Andronic I^', qui régna treize ans, et qui eut lui-même pour successeur Jean F% Axuchus , fils d'Alexis I". — On connaît'depuis peu plusieurs médailles des empereurs de Trébizonde. Leur existence avait été d'abord révoquée en doute.

FalUnerayer, Ceschichte des Kaiserthumsvon Trapezvnt, p. 34-101 , qui cite Panaretus et Bessarion ( manuscrits). — GiDbnn, Décline and Fall, eti;., vol. XI, c, 61 , p. 254 ; éilit. 1797. - Hutoire des empereurs français de Constantinople , liv. 11, p. 20. — OeSaulcy, Essai de clasiif. des suites monétaires Byzantines; Metz, 1836. — Lettres du baron Marctiand sur la Numismatique; Paris, 1831.

* ALEXIS ou ALEXius II COMNÈNE, empereur de Trébizonde, né en 1282, mort en 1330. Il succéda en 1297 à son père Jean II, sous la tutelle d'Andronic II, empereur de Constantinople , qui voulut le marier avec la fille d'un Grec, nommé Chumnus. Mais Alexis épousa une princesse ibérienne, et Andronic fit de vains efforts pour faire casser ce mariage. Cette circonstance fit rompre la bonne harmonie entre les deux cours grecques. Alexis eut des guerres avec les Turcomans et les Turcs, qui vinrent assiéger Cérasus et Sinope, mais furent repoussés (en 1319 et 1320). U eut aussi quelques démêlés avec les Génois, qui avaient formé des établissements à Trébizonde dès le commencement du treizième siècle. Comme leur commerce avec Constantinople était exempt d'impôts , ils demandèrent le même privilège à l'empereur de Trébizonde ; celui-ci refusa, et les Génois n'insistèrent plus , après un conflit sanglant où une grande partie de leurs factoreries furent brûlées. En 1329, Alexis reçut du pape Jean XXII une lettre qui l'engageait à terminer le schisme de l'Église grecque. Le pape lui donna dans cette lettre le titre à' Excellence. Alexis n'y répondit pas.

Fallmerayer, Ceschichte des Kaiserthums lion Trapezunl , p. 158-167. — Nici'phore Grégoras, VllI , 10. — Pachymère, IX, 27. — Petrus Bizarus, JHist. rer. gest. S.P Q G«n»«eïisjs, Anvers, 1579, p. 759. —Du Gange,/" amiliie Byzantinœ, p. 193.

*ALEXis ou ALEXics III COMNÈNE , empereur de Trébizonde, né en 1338, mort vers 1390. Fils de l'empereur Basihus II mort en 1339, fl succéda, en décembre 1349, à Michel l", et épousa, deux ans après, la princesse Théodora, de la maison impériale des Cantacuzène à Constantinople, Les grands se disputèrent la

tutelle du jeune empereur, et furent mis à la raison par l'archevêque de Trébizonde, aidé do l'impératrice Irène, de Constantinople.

Alexis fut pendant vingt ans en guerre avec les Turcomans, et fafllit tomber entre leurs mains dans les montagnes neigeuses de la Chalybie. En 1380, il eut un démêlé grave avec MégoUo Lercari , riche marchand génois. MégoUo avait reçu un soufflet d'un favori de la cour : après en avoir demandé vainement réparation à l'empereur, il retourna à Gênes, arma deux vaisseaux, revint ravager la côte de Trébizonde , et prit quatre navires. Il coupa le nez et les oreilles à l'équipage de cette petite flotte, et les envoya dans un sac à l'empereur : celui-ci livra à MégoUo le favori qui l'avait offensé. Mais le Génois hautain refusa cette satisfaction, et lui renvoya le courtisan , « trouvant , disait-il , indigne de se venger sur une femme. » L'empereur, pour avoir la paix, fut obligé d'accorder de grands pri\nléges commerciaux à MégoUo et à ses compatriotes. — Alexis obtint la paix avec les Turcs en donnant aux principaux chefs plusieurs de ses filles en mariage. Anne Cortmène, sa seconde fille , fut mariée à Bagrat VI , roi de Géorgie , d'où descendent les princes russes actuels de Bagration. Alexis aima avec succès les arts de la paix ; il fit élever un magnifique couvent sur le mont Athos , et restaura celui où Tournefort trouva l'inscription grecque dont nous avons parié à l'article Alexis P' de Trébizonde. Il eut pour successeur son fils Manuel ni.

Fallmerayer, Ceschichte des Kaiserthums von Trapezunt, p. 192-213. — Petru.-î Bizarus, Hist. rer. gest. S. P. Q. Gennensis, p. 745. — Ubertus Folietta , Hist. Cenuensis, lib. Vlll,p. 493.

* ALEXIS ou ALEXius IV COMNÈNE, empereur de Trébizonde, mort entre 1445 et 1449. Il succéda en 1412 à Manuel m. U acheta la paix avec les Turcomans par un tribut annuel, et en donnant à leur prince Djihou-Schah une princesse de sa famille, tandis qu'A maria sa fille Marie (septembre 1427) à Jean Paléologue Porphyrogénète. Il contracta d'autres alliances avec les familles les plus considérables de la Géorgie, de Constantinople, de Lesbos et de Venise, et partagea quelque temps le trône avec son fils aîné nommé Kalo-Joannes ( le beau Jean), qui fut ensuite exilé pour avoir tué sa mère, soupçonnée d'aimer le protovestiaire. Caio-Joannes s'échappa de son exil, et vint avec quelques mécontents assassiner l'empereur dans son lit, et s'emparer du trône. Ce fut sous le règne d'Alexis IV que les Vénitiens commencèrent à remplacer les Génois dans les parages de Trébizonde.

Fallmerayer, Cesch. des Kaiserthums von Trapezunt . p. 245-230. — Léon AHalius, De consensu utriusque Ecclesise, p. 954. — Marino Sanuti dans Muratori, Script. rer.Ital., XXII, p. 900. — Du C&ag&,FamiUx Byzantines, p. 246.

* ALEXIS OU ALEXIUS T COMNÈNE, empereur nominal de Trébizonde, mort vers 1470. U était fils de Kalo-Joannes IV, mort en 1458, et

ALEXIS

n'avait qiie quatre ans lorsqu'il succéda à son père, n fut détrôné par son oncle David, et, après la chute de l'empire de Trébizonde, il fut amené à Constantinople, et mis à mort pai' ordre du sultan Mohammed H.

Fallmerayer, Geschichte des Kaiserthums von Trapezunt.

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