ABD-ER-RAHMAN — ABDOUL-HAMID
campagne. Les deux armées en Tinrent aux mains sur les bords de la Loire. Abd-er-Rahman engagea l'action par une charge de sa cavalerie : on se battit tout le jour avec une égale fureur de part et d'autre ; la nuit seule sépara les combattants. Le lendemain, dès l'aurore, l'action recommença avec le même acharnement ; et déjà les plus braves capitaines arabes avaient enfoncé les escadrons ennemis, lorsque le duc d'Aquitaine, puissamment secondé par Charles Martel, attaqua le camp des musulmans : aussitôt une partie de leur cavalerie abandonne le champ de bataille pour voler à la défense du butin. Ce mouvement met le désordre dans le reste de l'armée. En vain l'émir , suivi de quelques braves , s'efforce-t-il de résister au torrent et de reprend're ses avantages : il tombe couvert de blessures, et sa mort achève la défaite des Arabes. Cette fameuse bataille, qui préserva peut-êti-e l'Europe entière de l'influence prépondérantede l'islamisme, selivrale 7 octobre 732, deux ans et sept mois depuis qu' Abd-er-Rahman avait été nommé émir d'Espagne. Les vaincus reprirent en désordre le chemin de leurs frontières par le Limousin, le Quercy, l'Albigeois et le Toulousam, laissant partout des traces de leur barbarie.
Conde, Histoire de la domination des Maures en Espagne, 1,74-88. — Casiri, Bibtiotheca arab. hisp. escur., 11, 325. — Dom Bouquet, Historiens des Cailles, III, 310. — M. Reinaud , Invasion des Sarrasins en France et dans les contrées voisines.
ABD-ER-REZZAK ( Kemal-Eddin), historien et voyageur persan, né à Hérat le 12 chaban 816 de l'hégire (17 nov. 1413), mort vers 876 (1471). Il remplit , comme son père , les fonctions de lecteur , d'imam et de cadi à la cour du sultan Schah-Rolch , fils de Tamerlan , et fut , en 1442 , envoyé en ambassade auprès du roi de Bisnagor. En 1459, il s'acquitta d'une négociation difficile auprès du sultan Houçaïn-Mirza , qui venait de s'emparer du Djordjan et du Mazenderan. Abder-Rezzak a composé une histoire intéressante des descendants de Tamerlan, sous le titre de Mathlaa Saad-aïn ( l'ascendant des deux heureuses planètes^ ou de Djema Bahr-aïn ( la jonction des deux mers). Ce double titre fait allusion au nom A'Abou-Sdid (père heureux) que portait Schah-Rokh, et à Saheb-Keran (maître des conjonctions), épithète héréditaire dans la famille de Tamerlan. La Bibliothèque nationale de Paris possède un manuscrit persan de cette histoire , qui s'étend depuis la mort de Tamerlan ( en 1405) jusqu'à la sixième année du règne du sultan Houçain (en 1470). Gallaud l'a traduite en français ; mais celte traduction , dont il existe des exemplaires manuscrits à la même bibliothèque , n'a jamais été imprimée. Langlès en a profité pour la petite relation qu'il a publiée d'Aôd- Ourlrizoq (voyage dans l'Lidc); Paris, 1788,in-8°.