‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 19 sur 180 · ABD-ER - RAHMAN - BEN - ABDALLAH-AL · texte numérisé non relu

ABD-ER - RAHMAN - BEN - ABDALLAH-AL

CiAFAKi , septième émir ou gouverneur arabft ^o^.v. ciocn. tiMVEus. — t. i.

d'Espagne , né vers le milieu du septième siècle, moi't l'an de l'hégire 114 (732 de J.-C). Il employa les deux premières années de sou administration à visiter les provinces d'Espagne, pour réparer les injustices commises jiar Al- Haïtan, son prédécesseur. Il destitua les caïds prévaricateurs, et les remplaça par des hommes probes. Il augmenta la force de son armée par 'des l'ecrues et des volontaires qu'il tirait d'Egypte et d'Afrique, et qu'il dirigeait vers les Pyrénées, dans l'intention d'entreprendre une grande expédition contre la France. La province limiti'ophe de la France était alors gouvernée par Othmanben-Abou-Neza , qui, d'ans une dé ses incursions , avait enlevé la fille d'Eudes , duc d'Aquitaine (nommée par nos historiens tantôt Lcnnpagie, tantôt Numérance ou Menine ), et avait , par amour pour sa belle captive, conclu un traité avec le père de cette princesse. Informé des projets d'Abd-er-Rahman, il tâcha de l'en détourner, ne voulant pas, disait-il, qu'on violât la trêve qu'il venait d'accorder aux chrétiens. Abd-er- Rahman , ainsi contrarié par Othman , et instruit du véritable motif de ses liaisons avec le duc d'Aquitaine , lui répondit qu'il n'approuvait point un traité fait à son insu , et qu'il n'y avait d'autre arbitre que l'épée entre les chrétiens et les musulmans. A cette réponse , Othman sentit redoubler sa haine contre l'émir. Il resserra son alliance avec Eudes, le prévint de l'orage qui le menaçait, et promit de ne point porter les armes contre lui. Assuré de la trahison d'Othman, l'émir envoya aussitôt des troupes qui le surprirent dans Puycerda , et lui laissèrent à peine le temps de se sauver avec sa femme et ses trésors. Mais il fut atteint et massacré ; sa femme fut envoyée à Damas pour y orner le sérail du khalife.

A la nouvelle de la mort d'Othman , Eudes se prépare à la guerre et fortifie ses places. Abd-er- Rahman entre en France , au commencement de l'an de l'hégire 114 (au printemps de l'an 732 de J.-C.) , à la tête de la plus belle armée musulmane qui eût paru dans l'Occident. Il passe la Garonne , pille et ravage tout le pays jusqu'à Bordeaux , s'empare de cette ville dont il fait brûler les éghses, et va, sur lesbordsdelaDordogne, mettre en déroute les troupes que le duc d'Aquitaine y avait rassemblées. Dans cette extrémité , Eudes s'enfuit, et va lui-même implorer le secours de Charles Martel. Sa fuite laisse le Périgord , la Saintonge, l'Angoumois et le Poitou en proie aux Arabes. Abd-er-Rahman poursuit sa marche victorieuse ; il s'empare de Poitiers, y brûle l'égUse Saint-Hilaire , et s'avance par Loudun jusqu'aux portes de Tours. La France et peut-être l'Eui'ope entière eût subi le joug de l'islamisme , sans le bras victorieux de Charles Mai'tel. Ce héros accourt à la tête d'une multitude de guerriers francs et germains , et paraît tout à coup sur les bords de la Loire. La vue de l'armée française redoubla la fureur des Arabes , qui emportèrent la ville de vive force. Ce fut leur dernier exploit dans cette

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