‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 25 sur 180 · ABEILLE — ABEL · texte numérisé non relu

ABEILLE — ABEL

Quand il lisait un conte ou une comédie, il se servait fort plaisamment de cette mimique, pour faire mieux ressortir les personnages de la pièce qu'il récitait. L'abbé Abeille eut un prieuré, et un fauteuil à l'Académie française. — Nous avons de lui des odes sur la Constance ou Fermeté de courage, 1708; — sur la Valeur, 1714; — sur les Sciences, 1714; — sur laPrtidence; — stir les Stoïciens, 1715; des épîtres sur l'Amitié, 1704; —sur l'Espérance, 1707; —swr le Bonheur, 1713 ; plusieurs tragédies -.Argélie, Coriolan , Soliman joué en 1680 , Hercule en 1681 , qu'U donna sous le nom du comédien la Thuillerie; une comédie, Crispin bel esprit; et deux opéras , Hésione et Ariane. On disait de sa tragédie de Caton , que « si Caton d'Utique ressuscitait, il ne serait pas plus Caton que celui de l'abbé Abeille. » Suivant Goujet ( Supplément de Moréri , de 1735 ), Abeille aida Louis Ferrier de la Martinière dans sa ti'aduction de Y Histoire tiniverselle de Trogue-Pompée , réchiite en abrégé par Justin. Le privilège de l'édition est signé N. D. L. M. , initiales du prieuré (Notre- Dame de la Merci ) que possédait le traducteur. — Le style d'Abeille est lâche et manque de vigueur. L'auteur ne mettait point dans sa versification la souplesse qu'il avait dans..son caractère. La première représentation, en 1678, de la tragédie d' Argélie, reine de Thessalie, rappelle une anecdote souvent racontée. La scène commence par le dialogue suivant , entre deux princesses :

Vous souvient-il, ma sœur, du feu roi notre père?

l'interrogée bésitant à répondre , un plaisant du parterre s'écria :

Ma foi, s'il m'en souvient, il ne m'en souvient guère.

C'est ce que le public disait aussi des ouvrages de l'abbé Abeille un mois après leur impression, si l'on excepte sa comédie de Crispin bel esprit, qui est gaie et semée de traits vifs et plaisants.

Lettres de Voltaire. — Éloges de d'Alembert.

ABEILLE (Scipion), chirurgien de la commimauté de Saiilt-Côme, né vers le milieu du dix-septième siècle , mort à Paris le 9 décembre 1697. Ses talents lui méritèrent la place de chirurgien-major du régiment de Picardie, et en cette qualité il fit deux campagnes en Allemagne ; mais la paix générale , conclue à Eiswick en 1697 , le ramena à Paris, où il mourut dans la même année. — Son frère , Gaspard , lui avait inspiré le goût de la poésie. Scipion Abeille mit en vers des traités d'anatomie et de chirurgie , sujets bien arides pour un poète. Voici les titres de ses ouvrages : Nouvelle Histoire des Os, selon les anciens et les modernes ; Paris , 1 685, in-I2 : ce livre montre que l'auteur élait meilleur poète qu'anatomiste; — Traité des plaies d^arquebusades ; Paris, 1696, in-1'2 : on n'y trouve qu'un vain étalage d'érudition pour prouver que les plaies d'arquebusades ne sont point envenimées ; — Chapitre singulier tiré de

Guidon; Paris, 1696, in-12; c'est une sorte de vade-mecum tiré des écrits de Gui de Chauliac ; — le Parfait Chirurgien d'armées ; Paris , 1696, in-12 : c'est un livre destiné à l'instruction des jeunes chirurgiens employés dans les hôpitaux; — VAnatomie de la Tête et de ses parties ; Paris, 1696, in-12.

Éloy , Dictionnaire historique de la médecine.

ABEILLE, fils du précédent, embrassa la carrière dramatique. Il donna en 1712 une comédie , non imprimée, en trois actes, la Fille Valet, qui eut sept représentations.

ABEILLE ( Louis-Paul ) , économiste , né à Toulousele 2 juin 1719 , mort à Paris le 28 juillet 1807. Il fut inspecteur général des manufactures de France , et secrétaire général du conseil du bureau de commerce. On a de lui : 1° Coî'ps d'Observations de la Société d'agriculture , de commerce et des arts, établie par les états de Bretagne; Rennes, 1761 , in-8°; — 2° Prmcipes sur la liberté du commerce des grains ; Paris, 1768, in-8'' ; — 3° une préface et des notes à l'ouvrage de Malesherbes intitulé Observations sur l'Histoire Naturelle de Buffon; Paris, 1796, 2 vol. in-8°.

ABEL (1) , second fils d'Adam et d'Eve, et frère, jumeau de Caïn. Celui-ci était agriculteur, tandis qu'Abel menait la vie pastorale. Tous deux firent hommage de leurs offrandes au Dieu créateur du ciel et de la terre : Caïn offrit les prémices de ses fruits ; Abel , les premiers-nés de son troupeau. Dieu donna à connaître que le sacrifice d'Abel lui était agréable, mais il rejeta celui de Caïn. Celui-ci, dévoré de jalousie, tua son frère au miheu des champs. Ainsi s'accomplit, selon la Bible, le premier meurtre qui ait souillé la terre. Beaucoup de Pères de l'Église ont 'dit qu'Abel était mort sans avoir été marié. Cette opinion a donné lieu à une secte qui prit naissance en Afrique sousArcadius et Honorius, et qui s'appelait la secte des Abélites ou Abélonites ; ils n'admettaient pas le mariage. L'Éghse cite souvent le sacrifice d'Abel comme le modèle d'un sacrifice saint , pur, agréable à Dieu. Jésus-Christ donne à Abel le nom de juste.

La poésie et les beaux-arts. ont souvent exploité le sujet de la mort d'Abel ; le poème de Gessner, la tragédie de Legouvé, qui portent ce titi'e, sont entre les mains de tous les amis des lettres.

Dans le dernier siècle, il se forma à Greifswalde une société secrète sous le nom à' Ordre d'Abel , et dont le but était essentiellement moral : la doucenr et la piété du fils d'Adam étaient présentées comme modèle à ceux qui faisaient partie de cette association.

Genèse, IV, 1-6. — S. Epiphane. — Josèplie, Antiq.Jiul,, V,3. — Caliuet, Dictionnaire de la Bible.

* ABEL {Léonard ), de Malte, historien, mort à Rome vers l'an 1605. On conservait de

(i) Ce nom est d'origine Iiébraïque (^^n)» *' signifie esprit, îmanation.

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