ABEL
lui, à la bibliothèque du cardinal Colonna, un manuscrit intitulé de Christianorum Orientor lium Statu. E. D.
ABEL, roi de Danemark, mort en 1252, succéda en 1250, par un assassinat, à Éric, son frère aîné, qu'il avait d'abord combattu. Abel invita un jour son frère à un repas près de Sleswick, comme pour resserrer les nœuds de l'amitié; au repas succèdent des jeux et des fêtes : les deux frères se mettent à jouer aux échecs. Toutàcoup Abel dit au roi : « Te souvient-il quand tu livrais <( au pillage la ville de Sleswick ? te rappelles-tu « avoir forcé ma fille à se sauver nu-pieds au (t milieu des filles du peuple. î" » Éric répondit : «Soyez content, mon cher frère: j'ai. Dieu « merci, de quoi lui payer ses souliers. — Non, « réplique Abel d'une voix de tonnerre , tu ne « seras plus dans le cas de le faire. « Aussitôt Éric, chargé de fers, est jeté dans un bateau sui la rivière de Sley, et livré à un Danois nonuné Gudmundson, autrefois exilé par ses ordres, qui le décapita, et jeta son corps dans la rivière. Pour cacher son crime, Abel témoigna en public la plus vive douleur. Cet artifice réussit, et tout le Danemark crut Abel innocent du meurtre de son frère, meurtre découvert par le corps déchiré du roi, que les vagues avaient jeté sur le rivage. Six nobles Holsteinois affirmèrent par serment qu'Abel n'était point coupable de la mort de son frère, occasionnée, suivant ces faux témoins, par une chute accidentelle. Le malheureux Éric ne laissa pas d'enfants mâles, et les états de Danemark , pour ne point s'écarter de la coutume établie, proclamèrent souverain , en 1250, le fratricide Abel. Pour obtenir les suffrages de la nation, celui-ci accorda aux .états plus de pouvoir qu'ils n'en avaient eu sous les règnes précédents; mais, ayant voulu maintenir une taxe extraordinaire établie par son frère, les Frisons se révoltèrent ; il marcha contre eux et les défit en 1252. Le lendemain de la bataille, les rebelles revinrent à la charge, attaquèrent le roi dans son camp, mirent son armée en dériute, et le tuèrent. Abel eut pour successeur Christophe ^^
Malte-Brun, dans la Biographie f/mw.— Krants , Chronique.
ABEL {Nicolas- Henri), mathématicien suédois, né le 25 août 1802 àFrindoë, enNorwége, mort le 6 avril 1829 à Frolands-Vare. Il montra, dans une si courte existence, un talent extraordinaire pour les mathématiques , et se plaça au rang des hommes les plus distingués dans cette science. Il témoigna d'abord peu de goût pour les études classiques ; mais, à l'âge de seize ans, il se livra aux mathématiques avec une ardeur et un succès qui attirèrent sur lui l'attention et les secours de son gouvernement, secours que le peu d'aisance de sa famUle lui rendait nécessaires. Il apprit avec l'apidité tout ce que ses maîtres lui enseignèrent, et fut bientôt en état de les devancer. Ce fut alors qu'il composa plusieurs mé-
moires sur différentes parties de la science à laquelle il s'était voué. Pour se perfectionner dans ses études il obtint du gouvernement suédois les moyens de voyager, «pendant deux ans, en Allemagne, en France et en Itahe. En 1 825, il quitta la Suède avec plusieurs de ses camarades d'université, et se rendit d'abord à Berlin, où il se lia avec M. Crelle, qui s'occupait déjà de la publication de son /oitrna^ de Mathématiques. Après un séjour de six mois, il quitta Berlin et parcourut l'Allemagne méridionale, la Suisse et une partie de l'Italie, mais ne s'y lia avec aucun géomètre. De là il vint à Paris, où il passa dix mois, et eut la douleur, comme tant d'autres savants, de voir ses travaux d'abord dédaignés de l'Académie. CeUe-ci lui rendit plus tard justice d'une manière éclatante ; mais alors Abel était déjà moi t dans un état voisin de la misère. De retour dans sa patrie après un voyage de vingt mois, il ne put obtenir aucune place, aucun secours. Une lettre que les géomètres les plus illustres de la France,-Legendre, Poisson et Lacroix, écrivirent au roi de Suède pour lui reconunander le jeune mathématicien , n'eut pas l'effet désiré. — Abel unissait au savoir les qualités qui font l'homme estimable. La noblesse de son caractère, son amabilité et sa modestie lui avaient fait des amis de tous ceux qui le connaissaient. Les mathématiciens les plus célèbres s'accordent à considérer Abel comme un de ces honMnes dont la carrière, si elle eût été plus longue, aurait fait époque dans la science. Ses principaux travaux sont : Méthode générale pour trouver une fonction d'une variable lorsqu'une propriété de cette fonction est exprimée par une équation entre deux variables, mémoireinséré dans le Magasin pour les Sciences naturelles de Christiania, année 1820;— Mémoire sur l'impossibilité de résoudre les équations de degrés supérieurs au quatrième; Christiania, 1824 (en français); ■ — Recherches sur les fonctions elliptiques; — Mémoire sur quelques propriétés générales d'une certaine espèce de fonctions transcendantes. On a aussi de lui quelques articles dans le Journal de mathématiques de M. Crelle, à Berlin, et dans les Nouvelles Astronomiques de M. Schumacher. M. Poisson a émis le jugement suivant sur les travaux d'Abel : « Les recherches qu'Abel a pubhées en moins de deux ans dans les journaux de M. Crelle et de M. Schumacher prouvent , par leur nombre considérable, l'activité de son esprit et l'ardeur qu'il mettait à cultiver les sciences. Elles sont toutes remarquables par la généralité.des considérations que l'auteur y expose, et par les vues nouvelles qu'il se proposait de développer. La mort a arrêté ses travaux avant qu'il eût achevé sa vingt-septième année ; mais, pendant une vie si courte, il s'est placé au premier rang parmi les géomètres, et, dans ce qu'il a fait, la postérité saura reconnaître tout ce qu'il aurait pu faire s'il eût vécu davantage. » Les écrits d'Abel ont
été publiés en français par Holmboe, soninaître, 2 vol. in-S" ; Christiania, 1839.
G. Libri, dans la Biographie Universelle. — Conversations-Lexicon.
ABEL (Charles-Frédéric), musicien allemand, né à Cœthen en 1725, mort à Londres en 1782. Il fut élève de Séb. Bach, et un virtuose accompli. Son instrument , la viola da gamba ou basse de viole, ne fut joué par persoime avec autant de perfection. Après avoir fait partie pendant quelque temps du fameux orchestre de l'électeur de Saxe à Dresde, il passa, en 1738, en Angleterre. Admis dans la maison de la reine, femme de George III, il devint musicien de la chambre, et plus tard directeur de la chapelle de la cour. Son intempérance abrégea sa vie.
Gerber, Lexieon dér Ton-Kunstler. — Burney, History of Music.
ABEL (Clarke), chirurgien et naturaliste anglais, né vers 1780, mort le 26 décembre 1826, accompagna lord Amherst dans son ambassade en Chine, en 1816 et 1817. Il publia une relation de son voyage (A Narrative of a Journey in the interior of China, Lond., 1818, in-4"avec cartes et planches), où il fait connaiti-e les événements les plus importants de cette ambassade. A la suite de son ouvrage se trouvent des appendices concernant l'histoire naturelle, et particulièrement un travail de M. R. Brown sur quelques plantes remarquables de la Chine. On y trouve aussi un Essai sur la géologie du cap de Bonne-Espérance, et des détails intéressants sur les environs de Batavia, Sainte-Hélène, l'Ascension, la description du boa de Java, de l'orang-outang de Bornéo et de plusieurs plantes delà Chine. Cette dernière partie del'ouvrage d'Abel n'est pas aussi complète qu'on l'avait espéré , la plupart des collections ayant été perdues dans le naufrage de l'Alceste , sur lequel l'auteur s'était embarqué. Après la mission de lord Amherst, Abel fut nommé chinirgien en chef de la compagnie des Indes, et, en cette qualité, il passa j)lusieurs années à Calcutta, où il mourut à un âge peu avancé. M. Robert Brown a donné le nom A'Abelia à un genre de plantes de la famille des caprifoliacées, dont l'espèce primitive vient de la Chine.
CentlcmarCs Magazine , décemb. 1827. — Asiatic Journal , mai 1827.
* ABEL ( Jacques- Frédéric d' ) , philosophe allemand, né le 9 mai 1751 à Vaihingen-surl'Ens (Wurtemberg); mort le 7 juillet 1829 à Schorndorf. Il fut professeur de philosophie à l'université de Tubingue, et sur-intendant général ( archevêque ) de l'Église protestante de Wurtemberg. Parmi ses écrits nombreux, on remarque : Sammelung und Erklàrung merkwurdiger Erscheinungen aus dem menschlichen Leben ( Recueil et explication des événements remarquables de la vie), 3 vol. in-8"; Francfort et Leipzig, 1789-90. La philosophie d'Abel est empreinte des doctrines de Kant.
Conversations- l^exicon, édlt. de 1851.