ACUNA
Qrdto en la America méridional, contredit sur plusieurs points importants les notices biographiques antérieures. Nous ignorons sur quelles autorités, par exemple, s'est appuyé Alphonse de Beauchamp pour faire vivre l'mtrépide explorateur jusqu'en 1675, et pour le faire mourir à Lima, après avoir été à Rome comme procurateur de l'Ordre, et être devenu censeur (c«lijicador ) du saint office à Madrid. Alegambe et Sotvell, sans être aussi explicites sur l'époque de la mort, font mention également du voyage d'Acuna en Italie et de ses relations avec l'inquisition. Nous sommes convaincu , pour notre part, de l'exactitude de la version de Velasco, qui avait longtemps résidé à Rome, et qui devait avoir recueilli tous les documents nécessaires pour compléter la biographie qu'il méditait. Nicolas Antonio , qui pourrait faire ici autorité , se tait malheureusement sur tous les événements de la vie si agitée du voyageur; il cite seulement le titre de son livre , et il le cite d'une façon incomplète. La relation du P. Chrisioval Acuna est intitulée Nuevo descuhrimiento del gran rio de las Amazonas , «7 qiialfue, y se /lizo por ordcn de Su Magestad, el ano de 1639, por la provincia de Quito en los reijnos del Perù;-Mo.drid, en la imprenta del Reijno, 1641, in-4° ; elle se termine par un mémoire où l'auteur sollicite du roi la conquête et la colonisation religieuse des pays qu'il a découverts. Ce livre célèbre fut traduit en anglais (Londres, 1698, in-8°), et en français par Gomberville sous le titre de Relation de la rivière des Amazones; Paris, 1682, 4 volumes réunis en deux, dont. le 1'^'' renferme des relations sur le même sujet, antérieures à celle de C. d'Acuna. Vicente Salvâ s'élève avec raison contre les récits mensongers qui ont été faits sur la prodigieuse rareté du livre original d'Acuna. Il n'est point vrai, comme le répandit Gomberville, et comme l'a répété avec nombre de géographes la Biographie Universelle , que Philippe IV ait fait détruire tous les exemplaires de l'ouvrage lors de son apparition. Son excessive rareté vient tout simplement du petit nombre d'exemplaires auquel il fut tiré, et de l'empressement que l'on mit à se le procurer (1). Cette rareté a été d'ailleurs fort exagérée, et le savant bibliographe le prouve (Voy. Repertorio americano,tAl,]). 57). L'ouvrage d'Acuna a été presque entièrement copié par le P. Manuel Rodriguez, dans la relation intitulée El Maranon y Amazonas ; 1684, in-fol. Ferdinand Denis.
Bibliotheca scriptorum Societatis Jesu, opvs inchoatum à liibadencira, rccognitum à Solvello; Ronia;, 1677, p. 138. — Rodrigue/., El lilaraiion y Jmazonas ; Madrid, 1684, p. 151. — Southey, Uislory of Jirazll, l , S8i-622.
ACUNA {don Pedro Bravo de), gouverneur espagnol des îles Philippines, conquérant des îles Moluques,mort en 1606. Il suivit la carrière des
(i) On fn trouve dps exemplaires an British Muséum et à la Bibliothèque nationale.
2!0 armes , et se distingua d'abord dans la bataille de Lépante, livrée contre les Turcs en 1572. En 1 593, il fut nommé capitaine général de la province de Carthagène et de Terre-Ferme. Il repoussa à diverses reprises les attaques des Anglais, et, obtint, en récompense de ses services, la place de gouverneur général des îles Philippines, où il arriva en 1602. Les Hollandais et les Anglais commençaient alors à naviguer dans ces parages ; les premiers avaient déjà fondé un petit établissement aux Moluques. Acuna résolut de s'emparer de ces îles, et de chasser les Hollandais de la mer des Indes. Après avoir réprimé une insurrection des Chinois à Manille, il partit de Manille le 15 janvier 1606, à la tête d'une flotte bien équipée, à laquelle vint se joindre le roi de Tidor, et le 1'^'' avril suivant il attaqua Ternate. Les Espagnols firent des prodiges 'de valeur, et s'emparèrent de la capitale des Moluques. Les princes indigènes furent soumis, et s'engagèrent à payer un tribut au roi d'Espagne. Acuna retourna à Manille, traînant à sa suite le roi de Ternate, et mourut trente -deux jours après son triomphe. On prétend qu'il fut empoisonné par ses ennemis. ^- Nicolas Antonio cite Acuna comme auteur de deux rapports, l'un sur « l'insurrection des Chinois à Manille » en 1603, et l'autre « sur la perte du ïi?LV\rQSaïnte-Marguerite près de l'île de Carpana, l'une desLadrones. « Aucun de ces rapports ne paraît avoir été imprimé. F. H.
llart. de Argensola , Conquista de las islas Molucas; Madrid, 1609. — Van Kampeii , Ceschiedanis der Nederlanders buiten Europa, t. 1, p. 154. — N. Antonio, Bi~ blioth. Hitp. Nova, t. II, p. 164.
* ACUNA { Hernando de) , poète espagnol, mort à Grenade en 1580. Il avait suivi la carrière militaire , et fit partie de l'expédition de Charles-Quint à Tunis. A la demande de cet empereur, il traduisit en espagnol le Chevalier délibéré d'Olivier de la Marche; Anvers, 1553, in-4°. Les autres ouvrages d'Acuna furent publiés, après sa mort, par les soins de sa femme, sous le titre de Varias Poesias; Madrid, 1591, in-4°.
Alvarez y Baena, Hljos de Madrid, t. II, p. 387; IV, 403. — Sedano, Parnaso espanol, t. 11, p. 25. — Quintana, Poesias selectas castiUanas, édit. 1807, 1. 1, p. 38. — N. Antonio, Biblioth. Hisp. Nova, t. I , p. 366.
*ACUNA ( Juan Adarve de ) , prieur de Villeneuve d'Andujaret visiteur de l'évêchéde Jaën, probablement le frère du précédent, publia un ouvrage fort curieux, sous ce titre : Diseur sos de las effigies y verdaderos retralos non manufactos del sanfo rostro ycuerpo de Christo, desde el jirincipio del Mundo, y que la santa Veronica que se guarda en la iglesia de Jaen es itna del duplicado o tripHcado que Christo N. S. Dio a la B. muger Veronica; en Villanueva de Andujar, 1637, in-fol. E. D.