ABANCOURT
latin sur le manuscrit n° 2923 de la Bibliothèque royale , par M. Ed. Oddoul ; précédées d'un essai sut la vie et les écrits d'Abailard et d' Héloïse jusqu'au concile de Sens, par madame Guizot, et continué par M. Gnizot ; Paris, 1837, 2 vol. gr. in-8".
Ouvrages inédits d'Abailard , pour servir à l'histoire de la philosophie scolastique en France ; publiés par M. Victor Cousin; Paris, de l'Impr. royale, 1836, gr, in-4°. On y trouve le Sic et Non.
La meilleure édition ( encore inachevée ) est celle de M. Cousin ; elle a pour titre :
Pétri Abselardi opéra, hactenus seorsim édita; nuncprimum in tmum collegit textum ad fidem librorum editorum scriptorumque recensuit notas , argumenta , indices adjecit Victor Cousin; Paris, 1850, in-4''. F. H.
Ch. de Rémusat, Abélard, 2 vol. in-S» ; Paris , 1845.— Berington , History of Abailard and Héloïse ; Lond., 1787. — Fessier, AbailardundHéloîse;'È(itVff\, 2 vol. in-8°, 1806. — M. Guizot, Essai sur la vie et les écrits dVbailard et d' Héloïse; Paris, 1839. — Cousia , Introduction aux ouvrages inédits d'Abailard ; Paris, 1836.
*ABAisi (Thomas), sculpteur de Modène vers le miUeu du quinzième siècle. Il fit , en 1451 , plusieurs statues en bois pour la cathédrale de Ferrare.
Cicognara , Storia délia ScvMura.
ABALLA, femme savante, née à Saleme vers le milieu du treizième siècle; elle se rendit célèbre dans l'art de guérir, sous le règne de Charles d'Anjou. On a d'elle un traité De atra bili.
*ABAMONTI OU ABBAMONTE (JoSCph) ,
homme d'État napoUtain, né vers 1759 , mort le 8 août 1818. Il se distingua d'abord dans la profession d'avocat , et prit une part active au mouvement révolutionnaire de l'Italie. A l'arrivée des Français, il fut nommé, en 1798, secrétaire général de la république cisalpine , et membre de la commission executive à Naples. Le roi, qui avait été forcé de fuir, étant revenu en 1799, Abamonti fut arrêté , et condamné à être pendu ; mais on le comprit presque aussitôt dans la liste de ceux qui, au nombre de douze, furent amnistiés. Il revint alors à Milan , où il fut rétabli dans les mêmes fonctions qu'il y avait remplies précédemment. Il les exerça tant que ce pays demeura en république. Au commencement de 1805 il donna sa démission, retourna à Naples, et disparut de la scène politique.
Tipaldo, Biografla degli Italiani iUustri, vol. 11, p. 445.
û BANCOCRT (Charles-Xavier-Joseph Franç'î<emZ?eD'), ministre de Louis XVI, né à Douai le4juillet 1758, mort le 9 septembre 1792. Neveu de Calonne, et ayant adopté les principes de la révolution , il obtint un avancement rapide dans la carrière militaire. Après la journée du 20 juin 1792, il devint ministre de la guerre. Il fit en cette qualité à l'asseiTiblée législative, dans la séance du 27 juillet, un rapport sur l'état des frontières du noi'd, et lui annonça le
ABANCOURT — ABANO
choix, qu'il avait fait des généraux Serran, Custine , Charton et Beauharnais , pour commander le camp de Soissons. H fit en même temps connaître la fermentation qui s'était élevée dans ce camp, à l'occasion de morceaux de verre trouvés dans le pain des soldats. Ce fait, présenté d'abord sous l'apparence d'un crime, se réduisit à la chute accidentelle, dans la pâte, de quelcpies parcelles de vitraux d'une vieille église où la boulangerie était établie. Dénoncé par Thmiot, Abancourt fut décrété d'accusation à la séance du 10 août, arrêté le même jour avec Berthier, son'premier commis, envoyé dans la prison de la Force, et de là transféré à Orléans. Il fut tué à Versailles le 9 septembre 1792, avec les autres prisonniers de la haute-cour qu'on ramenait à Paris.
Biographie des Contemporains^ t. I, p. 26.
ABANCOCRT ( Françoîs-Jean Yîllemain d' ), littérateur français, né à Paris le 22 juillet 1745, mort le 10 juin 1803. D a publié plusieui's ouvrages, entre autres une Ode sur l'anniversaire du Dauphin et le mausolée de Marie-Joséphine de Saxe, dauphine de France; Paris, 1767, in-8° (concours pour les prix de l'Académie française). On a encore de lui : la Mort d'Adam , tragédie en trois actes , imitée de l'allemand de Klopstock ; la Bienfaisance de Voltaire, comédie en un acte et en vers , 1791; Voltaire à Romilly ; la Convalescence de Molière; plusieurs drames , quelques proverbes, des contes et des pièces de poésie, dont la plupart sont insérées dans le Mercure et autres recueils littéraires.
Sabatler de Castres, Les trois siècles de la littérature française, t. I,p. 109.— Biographie des Contemporains.
* ABANCOURT ( Charles-Frérot d' ), ingénieur français , né à Paris vers le milieu du dix-huitième siècle, mort à Munich en 1801. Il résida longtemps en Turquie. De retour en France, il fut employé par l'assemblée constituante en qualité d'ingénieur-géographe; puis il obtint la direction du dépôt des cartes et plans de la commission des travaux publics. Nommé chef du bureau topographique de l'armée du Danube , il leva une carte générale de la Suisse. Il a publié, en collaboration avec Dupain-Triel, un opuscule intitulé Recherches géographiques sur les hauteurs des plaines du royaume, sur les mers et leurs côtes , etc.; Paris ( J. B. Hérault), 1791 , in-4''.
ABANO ( Pierre d' ), en latin Petrus de Apono, médecin et alchimiste italien, né à Abano, près de Padoue, en 1246, mort vers 1320 (d'après Facciolati, Fasti gymnasii Patavini ), p. 15). On le nomme aussi Petrus de Padua. Sa vie , comme celle de tous les astrologues et alchimistes, est un mélange de contes et de réalités. 11 étudia, dit-on, le grec à Constantinople, les mathématiques à Padoue, et fut reçu à Paris docteur en médecine et en philoso-
phie. Il revint ensuite à Padoue, oii il professa avec éclat la médecine, d'après la doctrine des Arabes, dont il fut im admirateur enthousiaste, n s'acquit une grande réputation de praticien, et en abusa : on raconte qu'il refusait de voir des malades hors de la ville à moins de cinquante écus par visite; et qu'il ne se rendit auprès du pape Honorius TV, qui l'avait fait appeler, qu'après qu'on lui eût promis quatre cents ducats par jour. Ses ennemis , jaloux de sa renommée et de ses richesses, le dénoncèrent à l'inquisition comme magicien. Ils l'accusèrent de posséder la pierre philosophale, de faire revenir dans sa bourse, avec l'aide du diable, l'argent qu'il dépensait. Sa pierre philosophale, c'était de savoir se faire payer de ses clients; le diable, c'était son économie. Ils l'accusaient aussi d'avoir appris les sept arts libéraux, par le moyen de sept lutins qui tenaient leur académie dans une fiole. Les inquisiteurs instruisirent son procès. D'Abano eût été condamné au supplice du feu, si la mort naturelle ne l'eût frappé dans cet intervalle. Le tribunal n'en prononça pas moins l'arrêt de condamnation : il ordonna que le corps fût exhumé, et livré au bûcher. Un ami enleva le cadavre secrètement, et le cacha dans une église. Les inquisiteurs s'en prirent au portrait d' Abano, et le firent brûler eu place publique par le bourreau. En 1560, Pierre de Lignamine fit une épitaphe latine très-simple en mémoire d' Abano , à l'entrée de l'église de Saint- Augustin. Frédéric, duc d'Urbin, plaça parmi les statues des hommes illustres celle de ce médecin alchimiste. Le sénat de Padoue la fit mettre sur la porte de son palais, parmi celles deTite-Live, d'Albert, et de Junius Paulus. On a signalé comme une particularité d'Abano son aversion extrême pour le lait et le fromage : il n'en pouvait voir même, dit-on, sans tomber en syncope.
On a de lui plusieurs ouvrages sur la médecine, sur l'astrologie et sur l'alchimie. Le plus connu est son Conciliator differentiarum quas inter philosophas et medicos versantur; Mantoue, 1472 , et Venise, 1476, in-fol., ouvrage rare, quoique imprimé plusieurs fois (Florence, 1520; Venise, 1483, 1496, 1548, in-fol.; Pavie, 1490; Bâle, 1535, in-fol. ). L'auteur y cherche à concilier les opinions des philosophes avec celles des médecins, et cite souvent les médecins arabes, particulièrement Averroës. — Ses autres ouvrages sont : i°De venenis , eorumque remediis, trad. en français par L. Boet ; Lyon, 1593, in-12. La bibliothèque de Bâle possède un beau manuscrit latin ( in-fol. ) de ce traité des poisons. — 2° Geomantia; Venise, 1505, et 1556, in-8"; — 3° Expositio problematum Aristotelis; Mantoûe, 1475, in-4"; — 4" Hippocratis de medicorum astrologia libellus, en gr. et lat.; Venise, 1485, in-4°; — 5° Astrolabium planum in tabxtlis ascendens , continens qualibet hora atque 7ni)iïitasequationes domorum cœli, etc.; Venise,
ABANO — ABARBANEL
1502, in-4'' ; — 6° Diocnides, digestus alphàbetico ordine ; Lyon ,1512, in-4'' ; — T Heptameron ; Parisis, 1474 , in-4° ; — 8° Textus Mesues noviter emendatus, etc. ; Venise, 1505, in-8";
— 9° Decisiones physionomiCce, 1548,in-&° (la Bibliothèque nationale de Paris possède un ms. (n° 2598 ) de cet ouvrage, sous le titre Liber compilationis a Petro de Padua ) ; — 10° Quxstiones defebribus; Padoue, 1482 , ms. n° 4872 de la Bibliothèque nationale ; — 11° Galeni tractatus varii a Petro Paduano latinitate donati, manuscrit de la bibliothèque de Saint- Marc à Venise; — 12° Les éléments pour opérer dans les sciences magiques, manuscrit français de la bibliothèque de l'Arsenal à Paris.
Eloy , Dictionnaire historiaue de la médecine , article AroNO. — L. Hain , Repeftnrium bibliographienm, art. Abano. — Mazzuchelli ; Raccolta d'opuscoli scicntifici e filologici; Venise, 1741.— Fabricius , Bibliotheca latina mediœ et inflmse latinitatis , t. V, p. 241. — Tiraboschi, Storia délia letteratura italiana, t. V, p. 172.
— Sprengel , dans AUgemeine Encyclopœdie. — F. Hoefer, Histoire de la Chimie , t. I.
ABANTiDAS, fils de Praséas , usurpa le souverain pouvoir à Sicyone, sa patrie, vers l'an 267 avant J.-Ç. Les citoyens assemblés avaient déféré le gouvernement à Clmias, le plus brave des Sicyoniens. Abantidas le fit assassiner, et poursuivit tous les parents et les amis de sa victime. Clinias avait UJi fils âgé de sept ans, nommé Aratus, qui échappa au massacre de tous ses proches en se réfugiant, au milieu du tumulte, dans la maison de Sozo , sœur du tyran. Bientôt Abantidas fut assassiné à son tour par les vengeurs de Clinias.
Plutarque , ^ratiis , 2, 3. — Pausanias, II, 8.
ABAQCA OU ABALA, mère de l'empereur Maximin , successeur d'Alexandre Sévère , était Alaine de nation; elle épousa le Goth Mecca. C'est dans un village de la Thrace qu'elle donna le jour à Maximin, qui fut longtemps simple berger ( Yoy. Maximin ).
ABARBANEL (ArABANEL, AbRABANEL, IsAAC
Barbanella), docteur célèbre de la seconde école rabbinique en Espagne, né à Lisbonne en 1437, mort en 1508. B égala Maïmonide et Aben-Ezra en savoir et en réputation; mais la fortune fut pour lui moins avare de ses faveurs. Alphonse V , roi de Portugal , lui facilita par sa protection l'accès des emplois et des honneurs. Cette bienveillance accordée à un savant juif par un prince chrétien devait blesser l'opinion dans cet âge d'intolérance ; aussi attirât-elle sur Abarbanel les persécutions de l'envie. Haï depuis longtemps de Jean H, il perdit tous ses emplois et courut même risque de la vie, lorsque ce dernier succéda au roi Alphonse. Forcé de fuir en Castille, il y fut d'abord trèsbien accueilli par Ferdinand et Isabelle, qui eurent recours à ses talents pour rétablir leuis finances délabrées. Mais l'on touchait, en Espagne, à l'époque fatale du triomphe de l'inquisition. Le fanatisme ayant prononcé l'expulsion des Juifs, ni les senices, ni le mérite et la re-
nommée d' Abarbanel ne purent le soustraire à la proscription générale. B se retira d'abord à Naples, où il obtint la confiance du roi Ferdinand L Charles VIII, roi de France, s'étant emparé du royaume de Naples à la mort de Ferdinand , Abarbanel s'enfuit en Sicile avec le successeur légitime de ce prince, Alphonse 11, à qui il demeura fidèle. La mort d'Alphonse le contraignit encore à se réfugier à Corfou, de là dans la Pouille , et enfin à Venise ; il s'y concilia la faveur publique en terminant les contestations qui s'étaient élevées entre les Vénitiens et les Portugais, au sujet du commerce des épiceries. Ce fut dans cette ville qu'il mourut, l'âge de soixante et onze ans. Au milieu des travaux et des soucis d'une vie si agitée, il avait toujours su trouver du temps pour l'étude de sa reUgion, de la philosophie et des lettres. 11 a laissé de nombreux écrits , qui ont presque tous pour objet l'interprétation de la Bible, l'iiistoire du peuple juif, et la défense de ses croyances. On lui doit un récit historique des persécutions que les Juifs avaient éprouvées jusqu'au temps où il a vécu; des dissertations sur le monde, le ciel et l'enfer; une explication du livre d'Ézéchiel; enfin des commentaires sur tous les livres historiques de l'Ancien Testament. On a remarqué que, dans l'un de ses livres, Abarbanel, bien qu'il ait joui souvent de la faveur des rois, avait manifesté des opinions très-républicaines. Les ouvrages de ce savant Israélite sont écrits en hébreu; presque tous ont été traduits en latin par Buxtorf. Le Perosch al Battorah ( Commentaire du Pentateuque ) fut imprimé à Venise en 1579 ; le Perosch al Nebim Rishomim ( Commentaire sur les derniers prophètes ) et le Perosch Nebim Acheroxim ( Conmientaire sur les premiers prophètes ) parurent dans la collection de Soncini; Venise, 1520, in-foi.; le Miishmia Jeshuala (le Prédicateur du salut), recueil de prophéties concernant le Messie, fut imprimé à Amsterdam en 1644 , in-4° ; le Rosch Amana (Tête de la foi), expliquant les principes de la religion juive, parut à Venise, 1545, in-4°. — Abarbanel était fortement attaché à la foi de ses pères. Mais, quoiqu'il ne (Vit exempt ni d'aigreur ni d'irritation dans ses écrits, il se montra cependant toujours bienveillant dans ses relations personnelles avec les chrétiens. Les Juifs comptent Abarbanel au nombre de leurs hommes les plus illustres. II laissa deux (ils, dont l'un se distingua à la fois comme médecin et comme littérateur par un poème italien intitulé Dialogi d'Amore ; l'autre embrassa la religion chrétienne : le fils de ce dernier publia à Venise, en 1552, unrecueil de lettres hébraïques. ( Enc. des g. dtc m. , avec add. )
TAarto\occ\, Bibliotli. Mag. Rabb., III, 874, 888. — Wolf, Biblioth. Uebr., 1, 627-640; lll, K40-544; IV, 877. — Leloni/, Biblioth. Sacra, II, 802. — Antonio, Biblioth. JJispana, l, 627 ; III, 663. — Bayle, Dict. historique et critique. — Etienne Soucict, Dissertations de critique et de chronologie , t. I, p. 343, cd. 1715. — Johann-llcinricki
ABARBANEL ~ ABASCAL
Mal , Dissertatio historico-philologica de origine , vita et scriptis Isaaci Abrabanielis , Altorf, 1708, In-i".
ABARCA. {Don Joaquin), éYêqiie de Léon, né en 1780 dans l'Aragon, mort en 1844. Hfiit un des chefs du parti de don Carlos en Espagne. En 1836 il fut arrêté près de Bordeaux par le gouvernement français , et exUé à Francfort, d'où il alla rejoindre le prétendant dans les provinces basques, avec des secoiu-s d'argent considérables que lui avait avancés le parti tory. Il tomba bientôt en [disgrâce , et mourut dans un couvent de carmes à Lanzo , près de Turin.
ABARCA DE BOLEA T PORTUGAL (Don
Jérôme de), seigneur aragonais du seizième oiècle, composa, en latin, une Histoire (ht royaume d'' Aragon, à laquelle l'historien Zurita a emprunté beaucoup de documents. Cette histoire est restée inédite.
Nicolas Antonio, Bibtiotheca Hispana Nova , I, 566.— Lalassa , Biblioteca nueva de los escritores Aragoneses, I, 119.
ABARCA {Pierre), jésuite espagnol, né à Jacaen 1619, mort à Valencia le 1"" octobre 1693. Il fut professeur de théologie à Salamanque , et maître de la corporation {maestro del gremio) de cette université. On a de lui quelques traités de théologie, etune histoire d'Aragon sous le titre de Los reyes de Aragon en Annales historicos distribuidos ; Madrid et Salamanque, 1682 et 1684, 2 vol. in-fol., ouvrage fort rare.
Nicolas Antonio, Bibliotheca Hispana Nova, t. II, 164.
— Latassa, Biblioteca nueva de los escritores Aragoneses.t. III, S7S. — Uztarroz et Dormer, Progressas de la historia en el reyno de Aragon, p. 302.
ABARis, prêtre d'Apollon l'Hyperboréen, était Scythe, et vécut, suivant les uns, avant la guerre de Troie, et, suivant les autres, du temps de Pythagore. Il avait reçu , dit-on , de Dieu , outre l'esprit de divination, une flèche volante qui était d'or, selon Janiblique , et sur laquelle il traversait les airs. Il fit un voyage à Athènes en qualité d'ambassadeur de sa nation, dans un temps où une peste et une famine cruelle désolaient les nations. On lui attribua de très-grandes connaissances en médecine, et Platon le regarde comme un grand maître dans l'art des incantations.
Hérodot., lib. IV, c. xxxvi. — Pausanias, in Laconic.
— Suidas, in Abar. — Eusèbe, in Chronic. — Scholiast. Aristopiian., in Eqnit. — Jul. Firmic. Maternus, lib. III, c. II, — Bayle, Dictionnaire critique. — Gottfried Zapf, Dissertatio de Abaride ;h\^&., 1706. — Olaus Celsius , Abaris Hyperboreus exercitio academico delinealus; Cpsal, 1710.
ABAS , douzième roi des Argiens , fils de Lyncée et d'Hypermnestre. Il fut père de Prœtus et d'Acrisius , et aïeul de Persée. C'est de lui que les rois ses successeurs furent appelés Abantiades.
Ens6be, in Cliron. — Pausanias, lib. II. ABASA , ABASSA OU ABAZA , paclia de
Bosnie, né en 1617. Irrité contre Mustapha Y% il se révolta sous prétexte de venger la mort du sultan Osman, et fit passer au fil de l'épée un grand nombre de janissaires. Le mufti et le chef des janissaires profitèrent de cette rébellion pour
K0i;V. BIOGR, UNlVEIiS. — T. I.
déposer Mustapha, et pom* placer Amurat IV sur le trône. Quelque temps après, le sultan se réconcilia avec Abasa, et l'envoya, en 1634, à la tête d'une armée de soixante mille hommes , contre les Polonais, Abasa fut ensuite envoyé contre les Perses, et mourut bientôt après, aux environs de Van.
Hamraer, Histoire de l'Empire ottoman.
ABASCAL (Don José Fernando) , vice-roi du Pérou, né à Oviédo en 1743, et mort à Madrid le 30 juin 1821. Entré au service militaire en 1 762, il resta vingt ans dans les grades inférieurs, fut promu colonel en 1793, puis brigadier pendant la guerre avec la France. En 1796 il fut envoyé, comme lieutenant de roi, à Tile de Cuba, et eut part à la défense de la Havane contre les Anglais. Appelé peu de temps après au commandement général et à l'intendance du royaume de la Nouvelle-Galice , Abascal déploya dans ce poste tant de talents et d'activité , qu'il mérita d'être nommé vice-roi du Pérou. Le temps approchait où, par suite des événements survenus en Espagne, une vaste insurrection allait changer la face de l'Amérique du sud. Abascal, qui, dans la traversée pour aller prendre possession de sa nouvelle charge , était tombé aux mains des Anglais , eut encore, après s'en être échappé, les plus grands obstacles à vaincre pour se rendre au Pérou. Les observations qu'il eut l'occasion de faire dans ce voyage lui furent plus tard d'un grand avantage. Joignant la fermeté à la prudence, il réussit à se concilier la confiance générale , en même temps qu'il parvint à donner une direction utile à l'activité d'une foule de partisans. La ville de Lima, constamment florissante malgré les troubles qui agitèrent le Pérou , vit s'élever dans son sein beaucoup d'établissements d'utilité publique, des écoles gratuites d'enseignement élémentaire , une académie de dessin , et des chaires de médecine et de chirurgie. De nombreuses améliorations furent également opérées par Abascal dans l'organisation administrative et judiciaire, et surtout dans celle de la police intérieure. Ces soins toutefois ne détournèrent pas son attention des affaires du dehors. Il forma, sous le nom de volontaires de l'Union espagnole du Pérou , un corps militaire destiné à maintenir l'esprit de concorde entre les Espagnols et les Américains.
L'invasion de l'Espagne par Napoléon, en 1808, avait fait naître dans les colonies de l'Amérique deux partis rivaux , celui de Napoléon qui voulait s'affranchir de toute soumission à la métropole , et celui de l'ancienne djrnastie représenté par les cortès. Abascal traçait lui-même les plans de toutes les expéditions militaires, lorsqu'il ne les dirigeait pas en personne; et, des ateliers qu'il forma pour la fabrication des munitions de guerre, sortit une partie des approvisionnements qui servirent aux Espagnols dans leur mémorable lutte contre Napoléon. En reconnaissance de tant de services, les cortès, par un décret
ABASCAL — ABATINI
du 30 mai 1812 , conférèrent à Abascal le titre de marquis de la Coneordia espanola ciel Peru. Plus tard, par suite de quelques revers éprouvés par la trop grande dispersion de ses forces (il avait été obligé de défendre à la fois Buenos- Ayres attaqué par les Anglais, et de réprimer une insurrection à Cusco et à Lima) , il fut, en 1816, révoqué par^ Ferdinand VII , et remplacé par le général Pezuela , qui avait servi sous ses ordres. Un titre également flatteur pour lui fut celui de député général que lui décerna la junte des Asturies, par reconnaissance de ce qu'il avait consacré en partie les émoluments de ses places au soulagement des veuves et des orphelins des patriotes de cette contrée, morts en coiubattant pour l'indépendance nationale. [£nc. des g. du m., avec addit. et correct.]
Biographie des Contemporains , t. 1 , 27. — ^rt de vérifier les dates ( dernière série ), t. 111 , 519. — W. B. Stevenson, Tioenty Years Résidence in South America, t. III, 129. — Torrente, Historiade la revolucion Hispano-Amer icana, t. II, 221.
ABASCANTUS ('AêàffxavToç ), médecin, natif de Lyon, où il exerçait son art vers le premier siècle de notre ère. C'était un affranchi de l'empereur Auguste, si ce personnage est le même que celui qu'on ht dans les inscriptions grecques et latines recueillies par Gruter et Meursius. Galien (deAntidot. lib. n, c. 12) loue l'antidote d'Abascantus contre la morsure des serpents. On ne connaît pas d'écrits de ce médecin.
c. G. Kiihn, Additam. ad Elencfi. med. vet, a J. A. Fabricio exhib.
ABASSA ou ABBASSA, sœur d'Haroun-al- Raschid, fut mariée (810 de J.-C. ) "par son frère à Djafar le Barmécide, à condition qu'ils ne goûteraient pas les plaisirs du mariage. L'amour fit oubher aux deux époux l'ordre qu'ils avaient reçu. Ils eurent bientôt un fils, qu'ils envoyèrent secrètement élever à la Mecque. Le kalife en ayant eu connaissance, Djafar perdit la faveur de son maître, et, peu après, la vie. Abassa, chassée du palais, fut réduite à l'état le plus misérable. Quelque temps après, une femme de sa connaissance la rencontra, et lui demanda la cause de son malheur; Abâssa répondit : « J'avais autrefois « quatre cents esclaves, et maintenant deux peaux <c de moutons me servent, l'une de chemise, « l'autre de robe. J'attribue ma disgrâce à mon « peude reconnaissance pour les bienfaits que j'ai « reçus de Dieu : j'avoue ma faute, j'en fais pé- « nitence, et vis contente. « Abassa a laissé quelques poésies, reproduites en partie par Ibn-abou- Hadjelah , dans son livre intitulé Sabaheth.
D'Herbelot, Bibliothèque orientale.
ABATE {André) , peintre d'histoire naturelle, né à Naples vers la fin du dix-septième siècle, et mort en 1732. Il fut employé par le roi d'Espagne, et laissa quelques œuvres estimées.
ABATi {Antoine), de Gubbio, poète italien, né vers le commencement du dix-septième siècle, mort à Sinigaglia en 1667. Il fut attaché à l'arcliiduc Léopold d'Autriche, et voyagea dans
les Pays-Bas et eu France. De retour en Italie, il fut successivement gouverneur de plusieurs petites villes de l'État ecclésiastique. Il a laissé : 1° Bagguaglio dl Parnaso contra poetastri e partegiani délie nazioni; Milan, 1638, in-S"; — 2° le Frascherie,faschi fre, poésies satiriques, mêlées de prose ; Venise, 1651, in-S"; — 3° Poésie postione ;Bo\o^e, 1671,in-8°; — A°il Consiglio degli Dei, dramma per tmisica, etc., à l'occasion de la paix entre la France et l'Espagne, et du mariage de Louis XTV avec l'infante d'Espagne; Bologne, 1671.
Ginguené , dans la Biographie universelle.
ABATI (Bocca del), noble florentin auquel Dante a donné de la célébrité. Ce poète (chant XXXn de YEnfer) place Bocca del Abati parmi les traîtres à leur patrie, pour avoir contribué à la perte de la bataille de Montaperti (le 4 sept. 1260), gagnée par les Gibelins et les Siennois.
* ABATI ou ABATTi (Niccolo) , peintre italien, né à Modène en 1512, mort à Paris en 1571. n est principalement connu par ses fresques, exécutées au château de Fontainebleau sur les dessins de Primaticcio. Tous ses ouvrages , à l'exception des tableaux représentant l'histoîrc d'Alexandre le Grand , furent détruits en 1738 , sur l'avis d'un architecte qui devait agrandir ce château. Abati peignit aussi , avec Pellegrino Tibaldi, les salles et les plafonds de rinstitiit de Bologne. P. Zanetti en a publié les gravures avec un texte explicatif ; Venise, 1756, in-fol.
Vedrianl, /^'ite de' Pittori Modenesi. — Tiraboschi , Notizie de' Pittori, etc. — Algarotti, Leltere sopra la Pittura. — Fiorillo, Ceschichte der Mahlerey ( Hi.stoire de la Peinture).
ABATIA ou ABBATIA (^erwarrf), médecin et astrologue français, né à Toulouse en 1530, mort à Paris vers 1590. Suivant la Croix du Maine, Abatia vint à Paris pour y professer la médecine, les mathématiques, l'astrologie, et publia une Pronostication sur le mariage de Henri, roi de Navarre, et de Marguerite de France, son épouse; Paris, 1572; opuscule si rare, que l'on peut douter de son existence. 11 avait fait aussi une description générale des plantes sous le titre de Grand Herbier. Cet ouvrage n'a pas été imprimé, et on ignore ce que le manuscrit est devenu.
La Croix du Maine et Duverdier, Bibliothèques françaises.
ABATIA ou ABATI { Jean-Antoine ) , alchimiste, natif de Pavie, vivait vers le milieu du dixseptième siècle. On a de lui deux lettres sur la transmutation des métaux : Epistolx dux scnitatoribus artis chemicœ mandatx, trad en allemand; Hambourg, 1670, in-8°; réimpr. en 1692.
Biographie médicale.
ABATINI (Guido-Vbaldo) , peintre italien, né à Cittadi Castello en 1600, mort à Rome en 1656. On a de lui à Rome plusieurs fresques estimées.
Baglione, Fitc de' PJtfori. — Passeri, Vited^ Pittori.
ABAUKZA — ABBADIE
ARAn.%'ZA (Pierre), savant espagnol, né à Séville en 1599, mort en 1649. Il a publié un commentaire des décrétales sous le titre : Ad titulum XV, de sagittariis lib. V , decretalium prselectio, inséré dans le Novus Thesmirns juris civilis et canonici de Gér, Meerman, 7 vol. in-fol. ; la Haye, 1751-1754. On a aussi de lui un commentaire (manuscrit) de quelques livres de Martial, dirigé contre les critiques que Th. de Marcilly (sous le pseudonyme de Mnsambert) avait faites des commentaires de Laur. Rerairez de Prado sur Martial.
Meerman, Thésaurus juris , t. Il, 6. — Nicol. Antonio, Bibliotheca Hispana; Rom., 1672.
A8AUZIT {Firmin) , savant français, né à Uzès le 11 novembre 1679, mort à Genève le 20 mars 1767. 11 était versé dans presque toutes les sciences. Pendant un voyage qu'il lit en Hollande en 1698, il se lia avec Bayle, Basnage et Jurieu. Newton lui envoya son Commercium epistoUcum, avec ces mots : « Vous êtes bien digne de juger enti'e Leibniz et moi. » Enfin, la réputation d'Abauzit parvint jusqu'au roi Guillaume, qui lui fit des offres avantageuses pour le retenir en Angleterre ; mais la tendresse maternelle le rappela à Genève. Abauzit était protestant, et vivait en Suisse depuis la révocation de l'édit de Nantes. — On a de lui quelques écrits , qui l'ont fait soupçonner d'être peu attaché à l'orthodoxie de sa communion. Ils consistent dans des explications de divers passages de l'Écriture sainte , dans des réflexions sur l'eucharistie, sur l'idolâtrie, sur la controverse, etc. ; dans de petits traités archéologiques, physiques,* chronologiques. Guillaume Burnet, gouverneur de New-Yorck, avait appliqué les prédictions de saint Jean à l'Église romaine ; Abauzit les appliqua à la ruine de Jérusalem. Recueillies d'abord par Végobre à Genève en 1770, 1 vol. in-8°, les Œuvi'es d'Abauzit {Œtivres diverses de M. Firmtn Abauzit, contenant ses écrits d'histoire , de critique et de théologie ) l'ont été ensuite par Bérenger en 2 volumes, à Amsterdam , 1773, et ces deux recueils sont assez différents l'un de l'autre. Abauzit a rendu de grands sei^vices pour la traduction française du Nouveau Testament, publiée à Genève en 1726. Il a aussi éclairci plusieurs points de l'histoire ancienne de Genève ( notes, plans, carte des environs du lac Léman ) , dont il s'était soigneusement occupé dans la nouvelle édition de YHistoire de la ville et de l'État de Genève , par Jacques Spon , cjui parat sous ses auspices en 1730 , en 2 vol. in-^t" et en 4 vol. in-12. Outre un certain nombre d'articles archéologiques ou théologiques, insérés dans le Journal Helvétique, année 1743 , et dans Y Année littéraire, Abauzit a laissé des dissertations manuscrites Sur les éclipses de lune , Sur la pesanteur. Sur l'antiquité des Assyriens, etc.; mais la plupart ont été brftlées à Uzès par le zèle religieux de ses héritiers, convertif; au catholi-
cisme. — Abauzit était lié avec Jean- Jacques Rousseau, auquel il avait fourni plusieurs articles pour son Dictionnaire de musique. L'éloge qu'en fait Jean-Jacques dans sa Nouvelles. Héloïse mérite d'être cité : « Non, ce siècle de la philosophie ne passera pas sans avoir produit un vrai philosophe! J'en connais un, un seul, j'en conviens; mais c'est beaucoup encore, et, pour comble de bonheur, c'est dans mon pays qu'il existe. L'oserai-je nommer ici, lui dont la véritable gloire est d'avoir su rester peu connu? Savant et modeste Abauzit, que votre sublime simplicité pardonne à mon cœur un zèle qui n'a point votre nom pour objet! Non, ce n'est pas vous que je veux faire connaître à ce siècle indigne de vous admirer; c'est Genève que je veux illustrer de votre séjour, ce sont nos concitoyens que je veux honorer de l'honneur qu'ils vous rendent... Vous avez vécu comme Socrate ; mais il mourut par la main de ses concitoyens, et vous êtes chéri des vôtres. » C'est le seul panégyrique que Rousseau ait fait d'un homme vivant.
Senebier, Histoire littéraire de Cenéve, lom. III, 63 et suiv, — OEnvres de Jean-Jacques Rousseau, t. III. p. 409, édit. de 1788. — Sabatier de Castres, Les, trois siècles de la littérature française, t. 1, 110.
*ABAYAM (/osd Perdra), prêtre et historien espagnol, vivait vers le milieu du dix-huitième siècle. On a de lui -. Ghronica del reij D. Pedro I°,,cognominado o Justiceiro ; Lisboa ( P; Ferreira) , 1760, in-4''. E. D.
Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale. .
ABAZA. Voy. Abassa.
Jj ABBADIE (Antoine et Arnould Michel u' ) , deux frères d'origine irlandaise, naturalisés français, célèbres par leurs voyages en Abyssinie. Ils arrivèrent dans ce pays vers la fin de mars 1838. L'année suivante, ils se retrouvèrent au Caire, d'où Arnould ne tarda pas à retourner en Abyssinie, et son frère l'y suivit en 1840. Ils firent un long séjour à Axum , qu'ils quittèrent en 1845 , et furent retenus quelques temps à Gondar par le chef des Gallas. Ils ont communiqué les résultats ethnographiques et linguistiques de leur voyagea la Société géographique de Paris. En Angleterre on a contesté l'exacfitude de leurs renseignements concernant les sources du Nil. F. D.
ABBADIE ( Jacques ) , célèbre théologien protestant, né à Nay dans le Béarn en 1658, mort le 6 novembre (selon d'autres, le 25 scpteiiihre) 1727. L'indigence de ses parents fit d'abord négliger son éducation. Mais les secours do ses coreligionnaires mirent bientôt le jeune Abbadic en état de faire de bonnes études , et il reçut à Sedan le grade de docteur en théologie. Après un voyage en Hollande et à Berlin , où il fut nommé pasteur do l'église française, il accepta les propositions qui lui furent faites d'accompagner le maréchal de Schomberg en Angleterre et en Irlande. Après la mort de son patron, qui lui avait ])rocuré le doyenne <ic Kil-