‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 8 sur 180 · ABBADIE — ABBAS · texte numérisé non relu

ABBADIE — ABBAS

laloe , il revint à Londi'es, et y devint, en 1690, ministre de l'église de Savoie; après quelques années d'exercice, il mourut dans la refaite à Sainte-Marie-le-Bone, à son retour d'un voyage en Hollande. Abbadie avait la mémoire la plus heureuse. Il composait ses ouvrages sans effort , et ne les écrivait qu'à mesure qu'il les faisait imprimer. La pureté de ses mœurs, et l'éloquence de ses sermons , lui avaient fait beaucoup d'amis. Il était versé dans les langues anciennes, dans l'Écriture sainte et dans les Pères de l'Église. Ses principaux ouvrages, qui eurent un grand succès , ont pour titres : 1° Traité de la vérité de la religion chrétienne, 2 vol. in-S" ; Rotterdam, 1684 ; — 1° De la divinité de Jésus-Christ , 4 vol. in-12;ibid., 1695 : cet ouvrage a reçu un grand nombre d'éditions en France, en Allemagne et en Angleterre; — 3° L'art de se connaître soi-même; Lyon, 1693, in-12 ; — 4° La vérité de la religion chrétienne r(^ formée ; le 1 ^'' vol . , publié à Rotterdam en 1 7 1 7 , in-S", renferme la table des chapitres du 2* volume, qui n'a point paru ; — 5° ie Triomphe de la Providence et de la religion , ou l'ouverture des sept sceaux par le Fils de Dieu , illi, 4 vol. in-12 ; Amsterdam : l'auteur essaye de prouver que l'Apocalypse bien entendue est une démonsti'ation invincible de la vérité de la religion chrétienne ; — 6° un volume de Sermoyis, 1680 , in-S" -j—l^ La défense de la nation britannique , on les droits de Dieu, de la nature et de la société sont établis au sujet de la révolution d'Angleterre, contre l'auteur de 1'^vis important aux réfugiés (Bayle) ; Londres, 1692, in-12; — 8° Les caractères dic chrétien et du christianisme ; la Haye , 1695 , ia-12 ; — 9° Réflexions sur la présence réelle du corps de Jésus-Christ dans V Eucharistie ; la Haye, 1685, in-12; — 10° Panégrjrique de Marie, reine d'Angleterre : cet ouvi'age, dont on ignore la date, est, dit-on, si rare, que peu d'érudifs le connaissent; — 11" Histoire de la grande conspiration d'Angleterre, avec le détail des diverses entreprises contre le roi et la nation, qui ont précédé le dernier attentat; Londres, 1696 , in-8°; ouvrage très-rare et très-curieux, composé par ordre du roi Guillaume, sur des documents originaux.

Niccron , Mémoire pour servir à l'histoire des hommes illustres, tom. XXXIII , 381. — Biographia Britannica, 1. 1, p. 31. — Quérard, la France littéraire, t.I, p. 2.

ABBADIE {Vincent), chirurgien français , né le 26 mai 1737, à Pujo dans le Bigorre, mort à Paris vers 1800. Il fut chirurgien de l'hôpital de Bicétre et du duc de Penthièvre. Il a traduit de l'anglais les Essais de Macbride ( sur la fermentation , la nature et les propriétés de l'air fixe, le scorbut, etc. ) ; Paris , 1766 , in-12.

Èloy, Dictionnaire historique de la Médecine,

ABBAMONTE. Voy. AbAMONTI.

ABBAS i^"", dit le Grand, né en 1557 , mort en 1628, septième schah de Perse, de la dy-

nastie des Sopliis ou Séféwiès. Il était le troisième et le dernierdes fils de Mohammed-Khoda-Bendeh ; et quoiqu'à peine âgé de dix-huit ans lors de la mort de son père, il administrait déjà comme gouverneur l'importante province du Khoraçan. Pendant que son frère Ismaïl IH s'élevait au trône de Perse par l'assassinat d'Hamsâh, fils aîné et successeur de Khoda-Bendeh , Abbas se fit lui-même proclamer souverain indépendant à Hérat, le 3 moharrem 996 de l'hégire ( 5 décembre 1587 ). Bientôt Isma'il tomba à son tour victime d'une conspiration à la tête de laquelle figurait le précepteur d' Abbas, et ce prince saisit le sceptre teint du sang de ses deux frères l'an 998 de l'hégire ( 1589 de notre ère ). Abbas commença par transférer sa résidence de Kaswin à Ispahan, puis il chercha à contenir ses redoutables voisins par un traité de paix conclu avec la Porte Ottomane, en garantissant aux Turcs les conquêtes qu'ils avaient faites sur la Perse pendant les précédents règnes. Après avoir châtié les Uzbeks révoltés , il fit en dix années ( de 1590 à 1600) successivement la conquête du Ghilan, du Mazenderan, de plusieurs places de la Tatarie , et obtint la soumission de presque tout l'Afghanistan ottoman. Enfin, il déclara la guerre à la Porte pour les troubles qu'elle n'avait cessé de susciter dans les provinces occidentales de la Perse ; et bientôt maître de tout le territoire de l'ancienne domination des Sophis , par suite de la fameuse victoire de Bassorah qu'il remporta sur les Turcs en l'année 1605, il conquit encore sur eux, dans les années suivantes , une vaste étendue de pays, à l'occident du Tigre et de l'Euphrate. En 1611, il dicta à Achmet l" les conditions d'un traité de paix qui garantit à la Perse la possession du Schyrvân et du Khourdistan; et im peu plus tard il mit à profit les troubles qui agitèrent l'empire ottoman sous les règnes si courts de Mustapha I" et d'Othman H. La Porte , qui la première avait violé les conditions de la dernière paix en fomentant des révoltes dans la Géorgie, fut trop heureuse de signer en 1617 un nouveau traité avec Schah-Abbas , dont la renommée retentissait alors jusqu'en Europe.

Dans un accès de méfiance ou de jalousie, Schah-Abbas avait prononcé là sentence de mort de l'aîné de ses fils, Sséfy-Mirza, jeune homme de la plus haute espérance. Pour digne récompense de son zèle , le courtisan qu'il avait chargé du meurtre de Sséfy-Mirza reçut bientôt de lui l'injonction de faire rouler à ses pieds la tête de son propre fils ; puis, insultant à la douleur de ce misérable esclave : « Eh bien ! dit-il, ne te reste-t-il pas la consolation de penser que tu n'es pas plus à plaindre que ton roi "> » Peu après, Abbas fit crever les yeux à ses deux antres fils ; et vers le même temps, ayant convoqué à Kaswin plusieurs khans dont il suspectait la fidélité , il leur fit servir des breuvages empoisonnés, et se réjouit du hideux spectacle de leur

agonie. Voilà quelques traits du caractère de ce Scbah-Abbas, que l'on a surnommé le Grand , et dont la magnificence fut si vantée par des voyageurs , par des envoyés de cour, par des moines dont il tolérait dans ses États les prédications, n témoignait aussi beaucoup d'amitié au pape, parce qu'il le regardait comme le plus grand ennemi des Turcs. Abbas ressentit, diton, une si profonde douleur après le meurtre de Sséfy-Mirza, que pendant dix jours il ne voulut point voir la lumière, et qu'H se condamna lui-même à souffrir les horreurs de la faim durant le même espace de temps ; enfin le costume singulier qu'il porta le reste de sa vie n'était qu'un babillement de deuil.

Qui ne sait quel parti un tel monarque devait tirer de la dissidence religieuse de ses peuples , dont les uns sont sclnjites, et les autres sunnites, c'est-à-dire hérétiques aux yeux des Persans? Ce fut au profit de ses vues politiques qu'Abbas étendit et régularisa le code schyite, et qu'il saisit toutes les occasions d'exciter le zèle de ses adhérents. — Tout ce qu'il était capable d'éprouver de sentiments affe<;tueux s'était porté sur Aboul-Nazr-Sâm-Mirza , fils de Sséfy , et il le déclara son héritier. Mais l'éducation qu'il fit donner à ce jeune prince dans le sérail ne lui promettait pas un successeur capable de faire pâlir sa gloire et de soutenir longtemps l'éclat qu'il avait rendu au trône de Perse , devant lequel s'inclinaient les ambassadeurs des plus grandes puissances du monde. Les envoyés du Grand Moughol Akbar, ceux du Dekebar et de Golconde , se rencontrèrent avec les négociateurs delà Russie, de l'Angleterre, de l'Espagne, du Portugal et des états de Hollande, à la cour de Schah-Abbas. Tous furent éblouis de sa splendeur; aucun peut-être ne surprit un seul secret à sa politique ; et , tandis qu'il les amusait par des fêtes somptueuses , il poursuivait avec sécurité les plans les plus contraires aux intérêts qu'Us avaient à défendre. C'est ainsi qu'impatient de la gêne que lui causait la possession de l'île d'Hormuz par les Portugais , il employa l'assistance des Anglais pour les en chasser en 1623; et vers le même temps une nouvelle pro- Tince enlevée au Monghol , le Khandahar, fut réunie à la Perse par Allah- Veyrdy-Khan , le principal capitaine de Schah-Abbas. Des succès aussi inattendus réchauffèrent le zèle religieux du monarque : il se proposa de faire un pèlerinage au tombeau d'Ali, sur l'Eupbrate. Cet acte de dévotionlui suggéra le projet de retirer des mains des Ottomans , qui sont sunnites, des lieux vénérés par tous les schyites (Persans). De là une nouvelle guerre entre les deux nations. Bagdad fut prise : l'armée persane avait bloqué pendant un an la garnison turque, qui fut obUgée de lever le siège en 1625. Le prince victorieux alla prendre quelques délassements à Sultanieh; de là U se rendit à Kaswin , où il reçut les hommages du souverain des Afghans, et ensuite dans le Ma-

zendéran, son séjour favori, à cause du gibier très-abondant dans cette province. C'est là que la mort le surprit inopinément dans la nuit du jeudi 24 de djomady, l'an 1037 de l'hégire (du 27 'au 28 janvier lG28),dans la quarante et unième année de son règne. Le voyageur Herbert a fait de Schah-Abbas Je portrait suivant : « Sa taille était petite, ses yeux animés, mais petits et sans aucun cil, le nez gros et aquilin, le menton pointu et épilé , à la manière des Persans. Il portait des moustaches excessivement longues, épaisses et frisées. «

Malgré les taches qui ont terni sa gloire , ce monarque peut être encore regardé par. les Persans comme leur plus grand prince ; leur admiration va jusqu'à lui attribuer des miracles. — En effet, s'il suffisait, pour mériter le nom de Grand, d'avoir fourni une carrière brillante, exercé une influence prodigieuse sur toute une nation et laissé des monuments d'un haut génie, peu de princes le mériteraient mieux que Schah-Abbas. Plus heureux ou plus habile que plusieurs empereurs ottomans qui payèrent de leur vie la tentative de détruire le corps des janissaires, il réussit, dès le commencement de son règne, à dissoudre les koicrtcMs , milice prétorienne, également audacieuse et turbulente , qui tenait le trône de Perse en tutelle , sous le prétexte d'en être l'unique garde et le principal appui. Passant sous silence les autres titres d'Ahbas à la reconnaissance ou à l'admiration de la Perse, et surtout d'Ispahan sa nouvelle capitale, qui lui doit ses plus magnifiques monuments, entre autres le Meïdan, place publique avec un portique et de beaux édifices, nous ne mentionnerons que les grands travaux de la chaussée du Mazenderan, qui porte son nom. Cette chaussée subsiste en partie aujourd'hui, et, par son utilité pour les transports et le commerce , elle fait du Mazenderan la plus florissante province de la Perse; elle s'étendait dans toute la largeur de la mer Caspienne, et avait 100 Ueues de long sur 17 toises de large. De distance en distance elle était coupée par des ponts d'une architecture si solide , qu'ils n'ont pas encore eu besoin de réparations. — L'iiistoire la plus détaillée et la plus exacte de Schah- Abbas et de ses prédécesseurs ( les Sophis ) se trouve dans le Tarijkh-Aalem-A'rai-Abbactj ( manuscrits orient, de la Bibliothèque nationale et de la Bibl. de l'Arsenal. [ Enc. d. g. d. m. — Conversations-Lexicon.']

Mjàlcolm, IJistory of Persia, in-S", 1829. — Tavernier, Voyage en Perse, etc. — Travels of the brothers ; Shirley; London , 1825, ln-12.

ABRAS U , schah de Perse, né en 1629, mort en 1666. A l'âge de treize ans, il succéda en 1642 à son père Sséfy I". Les célèbres voyageurs Tavernier et Chardin avaient été admis dans l'intimité de ce prince, dont ils racontent beaucoup de détails curieux. Encore enfant , il fut condamné à avoir les yeux brûlés par un fer rouge; mais l'eu-

nuque chargé d'exécuter cet ordre d'un père barbare , eut le courage de désobéir. Lejeune Abbas contrefit l'aveugle jusqu'au moment où Sséfy, sentant sa fin approcher, se repentit de sa cruauté. Alors l'eunuque l'assura qu'il avait un secret infaillible pour rendre la vue , et il feignit d'en faire l'épreuve sur le fils du monarque mourant. — Abbas n reprit le Candahar, province reconquise par Abkar, sous le règne de Sséfy. Son règne, qui dura vingt-quatre ans , fut très-paisible. Cemonarque aimait les arts et les plaisirs. Peintre assez habile, il donna à Chardin et à Tavemier les dessins de différents bijoux, avec l'ordre de les faire exécuter en France. H était aussi excellent tourneur et calligraphe. Un goût si décidé pour les arts fut malheureusement terni par le vice de l'ivrognerie ; et pendant ses orgies , auxquelles il fit plus d'une fois assister les voyageurs français , il ordonnait ou faisait lui-même des exécutions sanglantes. Un jour il fit couper la langue à sou kalyoundjy ou porte-pipe , pour le punir d'une parole irrespectueuse. Un autre jour il fit attacher dans une cheminée et enfermer la plus belle femme de son harem, parce qu'elle avait opposé quelque résistance à ses désirs erotiques. On raconte encore que, sortant d'une orgie, il se rendit au harem, où il s'endormit. Se voyant, à son réveil, laissé seul, il se fit amener toutes ses femmes, et les brûla vives sur un bûcher. Tavernier fut, en 1665, admis à s'enivrer avec Abbas ; Chardin obtint le même honneur, avec le brevet de bijoutier du roi. Ce prince débauché mourut, âgé de trente-huit ans, d'un abcès syphilitique (communiqué par une femme qui l'avait vainement prévenu de la maladie dont elle était atteinte), à Khosrou-Abad, maison de plaisance située à dix lieues de Danégan, dans le Thabaristan. On lui éleva à Khom un magnifique mausolée , dont Chardin a donné la description.

'\laIcoIin, History of Persia, 1829; Lond., in-8°. — Foyages de Chardin et de Tavernier en Perse.

ABBAS m , dernier schah de Perse de la dynastie des Sophis, né en 1732,mortvers 1736. Fils de Thamas, il n'avait que huit mois lorsqu'il fut proclamé souverain par le faux Nadir-Schah (Thamas-Kouly-Kkan) : celui-ci posa la couronne sur le berceau d'un enfant; cérémonie grotesque , mais très-politique , qui eut lieu dans les premiers jours de septembre 1731. Thamas - Kouly - Khan envoya l'enfant dans la terre sainte du Khoraçan, et se fit reconnaître régent du royaume. « Ce monarque enfant, dit le voyageur Hanway, était d'une santé fort délicate ; cependant on n'est pas certain qu'il ait péri de mort naturelle : il est très-possible qu'on ait voulu faire disparaître le très-faible obstacle qui s'opposait à l'exécution des projets ambitieux de Thamas-Kouly-Khan. » Quoi qu'il en soit, Abbas ne vécut que quatre ans, et le 1'"' mars 1736lercgent se fit couronner sous le nom de Nadir-Schah.

Malcolm , History of Persia. — Travels of the brokers Shirley ; London, 1825, in-12.

ABBAS-AKiiZA, schah de Perse, né en 1785 ^ mort en 1833. H était le ti'oisième fils de Feth- Ali, et non pas l'aîné, ainsi que son titre d'héritier présomptif l'avait quelquefois fait supposer. Comme il eut pour mère une princesse de la ti'ibu royale des Khadjars, il fut préféré par son père à ses aînés , et ses droits furent , en 1814 , garantis par la Russie dans le traité de Gulistan. Abbas avait un rival dangereux dans la personne de Mohammed- Ali-Mirza , l'ataé des fils de Feth-Ali : du vivant de ce prince , on s'attendait à une guerre civile entre les deux frères , guerre qui aurait pu éclater au moment du décès de leur père, et dans laquelle l'Angleterre et la Russie n'auraient pas peut-être embrassé le même parti. Mais , en 1820, la mort de Mohammed-Ali prévint ces embarras. Abbas n'était point étranger aux mœurs de l'Europe , et nos voyageurs trouvaient chez lui un bon accueU. Guerrier depuis son enfance, il a souvent commandé les armées de son père , surtout dans les guerres presque toujours malheureuses contre les Russes, en 1803 , en 1813 et en 1826. Dans cette dernière campagne , les Russes lui arrachèrent l'Arménie persane, qui faisait partie de sa vice-royauté de Tébris ou Tauris et d'Adzerbaïdjan ; le 25 octobre 1827, ils entrèrent même dans Tébris , la résidence du prince , où il exerçait une autorité presque absolue. Un traité de paix s'ensuivit, et, en signe de réconciliation, la cour de Russie envoya à Téhéran une nouvelle ambassade. Le chef de cette mission, M. Griboïédof , et plusieurs personnes de sa chancellerie, entre autres Charles Adelung, y furent assassinés en 1829 par la populace, qui, provoquée peut-être par une conduite imprudente, avait envahi l'hôtel de la légation. Sur le désir du schah, Abbas-Mirza alla lui-même à Pétersbourg, pour prévenir les hostilités de la Russie : il se livra en quelque sorte comme otage pour expier le crime. L'empereur lui fit un accueil distingué , et le renvoya avec des présents. Abbas-Mirza , qui s'est fait remarquer par ses manières aimables et par un cei-tain degré d'instruction , continua de vivre en bon accord avec la Russie jusqu'à sa mort , arrivée un an avant celle de son père, Feth-Ali. Mohammed-Mirza , fils d'Abbas-Mirza, fut déclaré héritier du trône, avec le consentement de la Russie et de l'Angleterre. [ Enc. d. g. d. m. — Conversatïons-Lexicon. ]

Amédée .laubert. Foyage en Arménie et en Perse. — Fonton, la Russiedans l'Asie Mineure. — Drouville, Voyage en Perse. ~ Nedjlf-Couly-Abdurrizzak, lés Annales du règne de Feth-Ali ( en persan ). Il en existe une traduction anglaise. — Journal of the Royal Asiatic Society, 1834.

ABBAS-BEN-ABDELMOTTALIB, OUClc et

disciple de Mahomet , né à la Mecque vers l'an de J.-C. 5G6, mort en 652. Abbas est célèbre dans l'histoire musulmane par ses vertus privées , par l'appui qu'il accorda à son neveu Mahomet, et par la gloire de compter parmi ses descendants l'illustre dynastie des Abbassides. D naquit q<jatfe

ans seulement avant la naissance du législateur des Arabes. Ce fut l'avant-dernier des nombreux enfants d'Abd-el-Mottalib, qui l'avait eu de Notayla, fille de Djanâb; aussi n'avait-il que treize ou quatorze ans lorsqu'il perdit son père, qui mourut plein de jours; et cependant, malgré sa grande jeunesse, il fut choisi pour lui succéder dans la charge importante nommée sicaya , charge qui consistait à distribuer aux pèlerins l'eau sainte tirée du puits de Zemzem. Les biographies dans lesquelles il a figuré jusqu'à présent l'ont représenté comme ayant été pendant de longues années l'ennemi de Mahomet : cela n'est point. Il se convertit tard, sans doute, à la religion du nouveau prophète ; mais bien longtemps avant d'être son disciple il était son ami, et le servit secrètement de son influence, alors même qu'il marchait dans les rangs de ses adversaires. Dès l'époque où Mahomet, ne songeant pas encore au rôle qu'il devait jouer plus tard , voulut venir au secours de son oncle Abou-Taleb, peu fortuné et chargé d'une famille nombreuse, ce fut Abbas qu'il choisit pouf partager avec lui le plaisir et le mérite d'obliger im parent. Chacun d'eux prit auprès de lui l'un des fils d'Abou-Taleb : Mahomet se chargea d'Ali, et Abbas de Djafar, qui ne le quitta plus.

Plus tard, lorsque le prophète avait déjà commencé sa prédication, et qu'il devait recevoir le serment de fidélité de quelques habitants de Médine qui avaient cru les premiers à sa mission, ce fut Abbas, bien qu'encore infidèle, qui harangua ces nouveaux convertis dans une entrevue nocturne, et leur dit : « Vous savez tous, ô enfants de Khazradj , ce qu'est Mahomet parmi nous. Nous l'avons défendu contre nos propres compatriotes, ètil trouve dans son pays estime et protection. Cependant il veut absolument se réunir à vous, et devenir un des vôtres. Si vous devez être fidèles aux promesses que vous lui faites et le défendre contre ceux qui l'attaqueront, c'est vous que cela regarde ; mais si vous deviez un jour le trahir et l'abandonner, renoncez plutôt à lui dès à présent. » Cette sollicitude pour les intérêts de son neveu annonçait bien que si Abbas , redoutant la vengeance des Koréïschites, et craignant de perdre l'influence ou les richesses qu'il avait acquises à la Mecque , n'osait pas encore se déclarer sectateur avoué du futur législateur des Arabes , il n'en avait pas moins pour lui l'affection d'un tendre parent, et était bien loin de partager la haine des Mecquois, qui forçaient Mahomet à s'expatrier. En effet, il continua à entretenir avec le prophète une correspondance secrète, dans laquelle il l'informaitdes projets de ses ennemis; et s'il combattit sous leurs drapeaux à Bedr, c'était probablement la crainte ou la ruse qui lui avaient fait prendre ce parti.

Dès les commencements de la campagne , il répandait parmi les habitanls de la Mecque de prétendues versions prophétiques qui annonçaient la défaite des Mecquois ; et cette manœuvre, qui

avait probablement pour but de jeter le découragement parmi les Koréïschites, fut l'occasion d'une violente querelle entre un de leurs chefs , Abou- Djahl , et Abbas. Aussi Mahomet , en voyant approcher ses ennemis du puits de Bedi" , où eut lieu le conabat, adressait-U aux musulmans cette recommandation : « Je sais que parmi les Koréïschites il y en a plusieurs qui ont pris les ai-mes contre nous malgré eux et à contre-cœur, tels que les enfants de Haschem et quelques autres. Que ceux d'entre vous qui rencontreront des enfants de Haschem ne les tuent pas : épargnez surtout mon oncle Abbas ! » La victoire des musulmans fut complète : soixante-dix Koréïscliites furent tués , soixante-dix furent faits prisonniers , et de ce nombre était Abbas, qui d'abord fut garrotté comme les autres. Mais Mahomet, ne pouvant s'endormir au milieu de la nuit, répondait à ceux qui lui demandaient la cause de cette agitation : « C'est qu'il me semble entendre mon oncle Abbas gémir dans ses liens. » Puis il le fit délier, et s'endormit. Quelques jours après,Abbas se racheta moyennant rançon ; et comme il était très-riche, sa rançon fut la plus élevée de toutes celles qu'on exigea des captifs. Il retourna à la Mecque, où, quoique dévoué de cœur à la cause de son neveu, il continua ày résider, remj^issantles fonctions de sa charge jusqu'au jour où les Koréïschites rompirent le traité de paix qu'à la suite de divers combats ils avaient conclu avec le prophète ; occasion qui parut favorable à Abbas pour manifester enfin ses sentiments et se joindre à son neveu. En conséquence, il sortit de la ville et alla avec toute sa famille grossir l'armée du prophète, qui, à la tête de dix mille hommes, marchait contre la Mecque. On n'était plus qu'à quelques milles des remparts, lorsque Abbas résolut d'épargner le sang des Koréïschites , en leur démontrant l'impossibilité de la résistance. En conséquence, il sortit du camp musulman monté sur la mule du prophète ; et ayant entendu la voix d'Abou-Sofian , le chef de la tribu de Koréïsch ^ qui de son côté faisait uûe reconnaissance, il l'appela près de lui.

Abbas a raconté lui-même cette singulière conversion, dont Aboulféda nous a conservé le récit en ces termes : « Je dis à Abou-Sofian : « Le prophète marche contre vous, et cette « fois il est à la tête de dix mille musulmans. « — Que dois-je donc faire ? dit Abou-Sofian. — «Monter sur ma mule, répondis-je, et j'irai « demander ta grâce au prophète ; autrement il <( te fera trancher la tête. — En effet, il monta « en croupe derrière moi , et nous nous dirigeâ- « mes vers le camp. En chemin nous rencontrâ- « mes Omar, fils de Khaltab, qui s'écria, en aper- « cevant mon compagnon de route : Grâce à Dieu, « je te rencontre sans que tu aies de sauf-conduit; « louanges au Très-Haut, qui te livre à moi! « Puis il courut auprès du prophète, lui deman- «■ dantla permission de trancher la tête au nouvel « arrivant. Mahomet répondit : Je le prends sous

ABBAS — ABBA-THULLE

« ma protection. Puis s'adressantàmoi, il ajouta : « Demain, Ahbas, tu l'amèneras sous ma tente. «■ En effet , le lendemain je l'accompagnai près « du prophète, qui lui dit : Ne sais-tu donc pas, « Abou-Sofian , qu'il n'y a pas d'autre Dieu que <t Dieu? — Je le sais, répondit-il. — Comment « alors as-tu donc tant tardé à me reconnaître « pour le prophète de Dieu? — C'est que, quant « à cette seconde proposition, je conserve encore <c quelque doute. — Je lui dis alors : Malheu- « reux, rends donc bien vite témoignage avant « que ta tête tombe ! Et Abou-Sofian rendit té- « moignage. «

On conçoit parfaitement que le chef des Koréïschites ait vu si promptement se dissiper ses doutes devant la terrible alternative qu'on lui présentait; mais Abbas chercha du moins à adoucir ce que sa conversion avait d'un peu forcé, en sollicitant pour lui divers privilèges qui pussent rattacher d'une manière plus intime lui et sa puissante famille à la cause de son neveu. La Mecque étant tombée au pouvoir de Mahomet, il abolit toutes les institutions païennes qui se rattachaient au culte du temple, ne conservant que la charge de sicaya, ou de distributeur des eaux du puits de Zemzem, qu'il confirma à son oncle. Depuis lors Abljas continua à servir le prophète de sa tête dans les conseils , de son bras sur les champs de bataille. Ce fut lui qui, à Honeïn, rappela les Ansariens prêts à fuir, et les ramena au combat. Aussi Mahomet lui témoignait-il toute la vénération qu'un fils peut avoir pour son père. Lorsque le prophète mourut, ce fut Abbas qui présida à ses funérailles : il composa des vers à la louange de son neveu , et continua à jouir près de ses successeurs de la plus haute estime. Omar en fournit un exemple lorsque , dans la dix-huitième année de l'hégire , le Hedjaz se trouvant la proie d'une telle sécheresse qu'elle tarissait tous les puits et faisait périr hommes et bestiaux, le khalife prononça des prières publiques, tenant Abbas parla main, et suppliant le Seigneur, par les mérites de ce vieillard, d'avoir pitié de son peuple. On dit aussi que lorsque Othman était à cheval et rencontrait Abbas marchant à pied , il descendait à l'instant de sa monture, et le conduisait jusqu'à sa demeure. Ce fut ce même khalife qui présida aux funérailles d' Abbas, mort en l'an 32 de l'hégire, à l'âge de quatre-vingt-six ans. Abbas laissait en courant quatre fils : Abdallah, d'où descendirent les Abbassides, Fadhl, Obéïdallah, et Katham.

NoEL DES Vergers.

Al-Makln, Hist. Saracen.; Lugd., 1625, p. 32. — Aboutféda, /^ie deMahomet, traduction de M. Noël des Vergers ; Paris, 1837. —M. Caussin de Perceval, £ssaJSMr l'histoire des Arabes. — M. Noël des Vergers. Histoire de l'Arabie, dans la Collection de VUnive7-s.

*ABBAS-PACHA ,vice-roi d'Egypte, naquit en 1813 à Yedda en Arabie, et fut élevé au Caire. Fils de Youssouf-Bey (mort en 1818) , l'aîné des enfants du célèbre Méhémet-Ali, il succéda, en novembre 1848, à Ibrahim-Pacha, son oncle, qui

avait été désigné et reconnu comme vice-roi par la Porte-Ottomane (Voyez Irrahim-Pacha). Abbas était gouverneur du Caire et se trouvait en pèlerinage à la Mecque, quand il apprit la mort de son oncle , qui n'avait régné que quatre mois (depuis le mois de juin 1848 jusqu'au 10 novembre de la même année). Il Alnt débarquer le 19 décembre 1848 à Alexandrie, et fiit reconnu sans obstacle comme successeur d'Ibrahim-Pacha. En janvier 1849 il se rendit à Constantinople , et reçut solennellement des mains du sultan l'investiture de la vice-royauté d'Egypte. Abbas-Pacha n'a pas été élevé, comme les autres membres de la famille Méhémet-Ali , dans nos écoles , et, musulman de conviction, il se montre peu disposé à l'introduction des réformes européennes. De là des ferments de discorde apaisés pour le moment, mais capables d'amener un jour une rupture grave entre le vice-roi et le sultan, digne continuateur de l'œuvre de Mahmoud. [ Conversations-Lexicon. ]

VÉgypte moderne, dans la Collection de l'Univers.

ABBAS, médecin. Voy. Hali-Abbas.

ABBASSA. Voy. Abassa.

*ABBATE ( D. Etienne) , théologien italien, natif de Palerme, vivait vers la fin du dix-septième et au commencement du dix-huitième siècle. H était chanoine de l'église cathédrale de Catane , examinateur synodal , assesseur, et vicaire général du même diocèse. On a de lui un ouvrage intitulé Theologus Principis, seu Politia moralis principum, ducum, ccmitum, marchionum, etc. ; Catanae (Bisagni) , 1 700, in-fol.

ABBATE ou ABBATi (Balde-Angclo n'), médecin italien, natif de Gubbio , vivait vers la fin du seizième siècle. Il exerça sa profession d'abord dans sa viUe natale, puis à Pesaro, où il eut le titre de premier médecin du duc d'Urbin. On a de lui : 1° VOpus prseclarum concertationum discussarum de rébus , verbis et sententiis controversis ex omnibus fere scriptoribus, libri XV; Pesaro, 1594, in-4'' : l'auteur s'y élève contre les préjugés de son siècle; — 2° De admirabili viperœ natura , et de mirificis ejusdem facultatibus ; Raguse, 1589, in-4°, et 1591, in-4°; Nuremberg, 1603; la Haye, 1660, in-l2 : ouvrage remarquable et très-rare.

David Clément, Bibliothèque curieuse, tom. I.

ABBA-THCLLE , chef de l'archipel des lies Pelew , vers la fin du dix-huitième siècle. Il se distmgua par son hospitalité envers les Anglais après le naufrage du navire l'Antilope, commandé par le capitaine Wilson (en 1783). Abba-Thvdle envoya un de ses fils en Angleterre, pour lui faire acquérir des connaissances utiles. Ce jeune homme mourut à Londres , de la petite vérole, le 27 décembre 1784.

Keate, Account of the Pelew Isla7ids,from the Jour- ' nais ofcaptain JFiUon, p. 54 et suiv.

ABBATIA — ABBAUD

* ABBATIA {Antoine d' ) , poëte, et avocat au parlement de Toulouse, naquit dans cette ville vers le milieu du dix-septième siècle. On ignore l'époque précise de sa mort. Couronné plusieurs fois aux Jeux Floraux, il prit le titi-e de maître, que les anciens statuts accordaient à ceux qui avaient remporté trois prix. Ses poésies, oubliées aujourd'hui, ont été publiées sous ces titres : 1° Le Triomphe de l'Églaiitine; Toulouse, 1682, in-4'' ; — 2° Le Triomphe de la Violette; Toulouse, 1684, in-4°; — 3° Le Triomphe du Soucy; Toulouse, 1689. Ces trois opuscules sont fort rares. E. D.

Recueil de l'Académie des Jeux Floraux ; Toulouse,

*ABBATiM (Antonio-Maria) , compositeur de musique italien, né vers 1605, mort en 167.5. 11 fut directeur de musique de l'église de Saint- Jean de Latran , à Rome. On a de lui un grand nombre de motets et d'autres compositions de musique d'église, qui parurent successivement de 1630 à 1670.

Kircher, Musurgia, p. 600.

ABBATCCCi (Jacques-Pierre) , général français, né en 1726, mort en 1812. Il figura d'abord sur la scène politique comme antagoniste de Paoli, dont il balança quelque temps l'influence ; mais l'intérêt de l'État l'ayant bientôt décidé à se rallier à son rival , il se contenta d'occuper sous lui le second rang. Victorieux dans leur lutte prolongée contre Gênes, les Corses furent moins heureux contre les armes françaises. Le comte de Vaux les réduisit à la soumission après une courte campagne. Toujours fidèle à ses principes d'indépendance , Abbatucci fut le dernier à passer sous le joug de la conquête, quoique le gouvernement français lui conservât le grade de lieutenant-colonel. Il fut compris des premiers dans la procédure criminelle que fit instruire le comte de Marbœuf contre les patriotes corses. Une peine infamante fut portée contre Abbatucci ; mais les états de la Corse , dont il faisait partie , ayant protesté par d'énergiques réclamations , la cour de France révoqua la sentence ; et , renvoyé au parlement de Provence, Abbatucci fut pleinement acquitté. Louis XVI le réintégra dans son grade, le créa chevalier de Saint-Louis, et l'éleva peu après au rang de maréchal de camp. C'est en cette qualité qu'Abbatucci se ti'ouva chargé , en 1793, de la défense de l'île de Corse contre les Anglais et Paoli, chef des mécontents. L'ascendant que ce dernier conservait sur ses concitoyens, plus encore que la supériorité des forces auxquelles il fallait faire face , contraignit Abbatucci à s'éloigner et à rentrer en France, où il fut nommé général de division , et employé à l'armée d'Italie sous les ordres de Bonaparte. Mais celui-ci en avait si mauvaise opinion, qu'il écrivit au directoire, le 13 août 179G : « Abbatucci n'est pas bon à commander cinquante hommes. » En 1 799 , les Anglais ayant été forcés d'évacuer la Corse, Abbatucci vint y vivre dans une pai-

sible retraite. D voyait dès lors sa réputation militaire égalée par celle de ses fils, dont trois, auxquels il sui'vécut, trouvèrent la mort sur le champ de bataille. Il finit lui-même sa longue carrière, à l'âge de quatre-vingt-six ans. [Enc. des g. du m. ]

Biographie nouvelle des Contemporains, I, 3. — Renucci, Storia di Corsica, 1 , 161. — Jacobi , Hist. de la Corse, II, 348.

ABBATUCCI (Charles) , général français, le plus célèbre des fils du précédent, naquit en 1771 et mourut le 2 décembre 1796. A seize ans il sortit, comme lieutenant d'artillerie, de l'école militaire de Metz. Promu au grade de Ueutenantcolonel pendant la campagne de 1792, qu'il avait commencée comme capitaine d'artillerie à l'armée du Rhin, il se signala par des traits de bravoure, et devint, en 1794, aide de camp du général Pichegru. Sa brillante conduite au premier passage du Rhin lui valut le grade de général de brigade , et plus tard l'honneiu; d'éti'e chargé par Moreau de préparer le passage du Rhin à lielh, le 24 juin 1796. Le passage du Lech , qu'il effectua le 27 juin de la même aimée, fut un de ses plus beaux titres de gloire. Un premier bataillon avait été englouti en voulant franchir ce fleuve ; Abbatucci , sans laisser aux siens le temps de la réflexion, s'y précipite à la tête d'un autre bataillon , atteint heureusement la rive opposée, redescend le fleuve à la nage pour sauver les soldats qu'entraîne la violence du torrent ; et, après avoir électrisé sa troupe par cet exemple d'intrépidité, le 20 octobre suivant, il protégea la retraite des Français près de Neubourg. Dans cette même journée il refoula le corps du prince de Condé. Savary rapporte, dans ses Mémoires, qu'Abbatucci traita les émigrés en ennemi généreux. Cette action d'éclat lui valut le grade de général divisionnaire. Il fut tué peu de temps après , le 2 décembre 1796, dans une sortie devant Huningue, place qu'il était chargé de défendre contre les Autrichiens. Le général Moreau lui fit ériger, au lieu où il avait succombé , un modeste monument que fit disparaître le passage des alliés en 1815, mais qui a été relevé depuis la révolution de juillet par une souscription patriotique.

Un des neveux du précédent, né en 1791 à Zocavo (Corse), ancien avocat général d'Orléans, conseiller à la cour de cassation depuis la révolution de février, est aujourd'hui (1851) membre de l'Assemblée législative, où siège aussi son fils Charles Abbatucci. [Enc. des g. du m., avec addit. ]

* ABBAUD ( l'abbé), théologien du douzième siècle, était contemporain de Bérenger et d'Abailard. On n'a aucun renseignement sur sa vie. H est auteur d'un ouvrage intitulé Tradaliis de fractione corporis Christi in Eucliaristia, inséré dans le 3"= volume des Analectcs de Mabillon : c'est un traité contre ceux qui prétendaient que la fraction du corps de J.-C. dans

ABBAUD — ABBONDANTI

l'Eucharistie ne se faisait qu'en apparence, et non en réalité. E. D.

Catalogue de la Bibliothèque nationale.

* ABBES {Gnillaume) , théologien, natif de Bédarieux ( Hérault ) , vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. D'ahord chanoine de Saint-Sébastien à Narbonne , puis de l'église de Saint-Paul , il prononça l'oraison funèbre de Claude de Rebé, archevêque de Narbonne. On a de lui le Parfait Orateur ; Narbonne (J. Martel), 1648, in-8°, livre rare. E. D.

Gallia Christiana nova, t. VI, col. 121.

* ABBES (d') DE CABREROï.LES, parent du précédent, né à Bédarieux (Hérault) au commencement du dix-huitième siècle , mort dans la même ville vers 1785. On a de lui une Relation des inondations arrivées à la ville de Bédarieux en 1745, brochure in-8", réimprimée en 1838. On cite de l'auteur un mot trèscaustique, adressé à un jeune homme qui lui avait demandé un conseil littéraire : « Mon ami , votre ouvrage verra plus de c... que de visages. » En 1758, d'Abbes publia un volume in-12, intitulé Voyage dans les espaces imaginaires, qui a sans doute subi le sort prédit au jeune littérateur ; car il est entièrement inconnu, et la Bibliothèque nationale n'en possède pas même l'exemplaire de rigueur. Quérard seul en fait mention dans la France littéraire.

Rivez (de Bédarieux).

ABBEVILLE (le P. Claude d' ). Voy. Claude.

*ABBIATI (Joseph), graveur italien, vivait à Milan vers le commencement du dix-huitième siècle. On a de lui des gravures estimées, représentant surtout des batailles.

Gandellini, JVotizie istoriclie degli Intagliatori.

ABBON, surnommé le Courbe, en latin yl&ôoCermms, moine de Saint-Germain des Prés, né vers le milieu du neuvième siècle, mort en 923. Il fit en vers latins, qui se ressentent de la barbarie de son temps, la relation du siège de Paris par les Normands , vers la fin du neuvième siècle. Ce versificateur, qui lui-même était Normand, fut témoin de ee siège, qui dura depuis le mois d'octobre 886 jusqu'à celui de février 887; et s'il n'est pas bon poète, il est au -moins historien exact. Sa piété attribua les succès de l'armée des Parisiens aux reliques de saint Vincent, de saint Germain et de sainte Geneviève. Son poëme épique De hello Parisiacse urbis contient plus de douze cents vers, en trois livres; il a été imprimé, sur le manuscrit n" 1633 de la Bibliothèque nationale, par le P. Pithou, en 1588, dans le Recueil de divers chroniqueurs de France, et par Jacques Dubreuil, en 1603. On le trouve aussi dans le tome H de la collection de Duchesne ; enfin il a été réimprimé beaucoup plus correctement, avec des notes, dans les Nouvelles Annales de Paris, publiées par dom Toussaint Duplessis, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, en 1753, vol.

in-4°. M. Guizot, dans sa Collection des documents relatifs à l'histoire de France, a donné la traduction française du poëme daSiége de Paris. On a du même Abbou : Sermones V selecti, publiés dans le tome YI du Spicdegium d'Achery ; et Abbonis Epistola ad Desiderium episcoptini , dans le tome V de la Bibliotheca Pair um ; Colon., 1618.

Pithou, Duchpsne, Dubreuil, in prœf. oper. Jbbon. — \oss\\x?.,Hist. lat.,\.\b. il, c.xxxviii. — Dom Mabiilon, in Jet. SS. ordinis Bened., etc. — D. Luc d'Achery, Spicileg., tora. VI.

ABBOiî , de Fleury , en latin Abho Floriacensis, théologien et chroniqueur, né aux environs d'Orléans vers l'an 945, mort le 13 août 1004. Il étudia toutes les sciences de son temps, et se distingua dans les écoles de Paris et de Reiras ; en 970 il fut élu abbé du monastère de Fleury, dont il avait été moine. Il eut des démêlés avec plusieurs évêques, contre lesquels il défendait les droits de son ordre. On lui reprocha sa violence. Il écrivit, pour s'en justifier, une apologie, c[u'il adressa aux rois Hugues et Robert ; quelque temps après il dédia aux .mêmes princes un Recueil de canons sur les devoirs des rois et de leurs sujets. Le roi Robert l'envoya deux fois à Rome , en 986 et en 996, pour apaiser Grégoire V, qui voulait mettre le royaume en interdit; le pape lui accorda ce qu'il sollicitait. De retour de ce voyage , Abbon s'occupa de la réforme de l'abbaye de la Réole en Gascogne, qui dépendait de celle de Fleury. Il fut tué dans une querelle élevée entre les Français et les Gascons. Fulbert de Chartres le nomme, dans une de ses épîtres, summse philosophise Abbas, et omni divina et sœculari auctoritàte totius Francise magister famosissimus. — On a d' Abbon : 1° Epitome de vitis Romanorum Pontificum, desinens in Gregorio I; Mayence, 1602, in-4''; — 2" Apologeticus adversus Armilphum , episc. Aurelianensem, ad Hugonem et Robertum, reges; cum codice canonum a Pithœis restituto et edito; Paris,. 1697, in-fol., pag. 391. (Voy. Aïmoin in vif a Abbonis, cap. vni et ix; — 3° Epistola ad L. abbatem Fuldensem, impr. dans Baluzius, MsceZtaw.jtom. I, p. 409; Paris, 1678, in-8''; — i° Epistola encyclica monachorum Floriacensium,, de ceede Abbonis abbatis ; ibidem. — Tous ces écrits ont été recueillis dans le tome Vin des Acta Sancïorum ordinis Sancti Benedicti.

La vie d'Abbon écrite par Aïmoin, son disciple. — Fulbert de Chartres, m Epist. — Sisebert, de f^ir. illust., c. cxL. — Trlthèmë . in Chron. — Du Saussais, Vossius , dom Mabiilon, in Analectis.

*ABBOi«a>ANTi {Antoine), on. Abundantius d'Imola, historien et poëte itahen, vivait au commencement du dix-septième siècle. Sous le titre d'Ercole cristiano, il publia en 1630 un éloge en vers du comte .Jean de Tilly, l'un des plus célèbres généraux de la guerre de trente ans. Ce panégyrique fort curieux à consulter est assez rare aujourd'hui. Nous avons encore du

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même écrivain : 1° Viaggio di Colonia, e un' altro à Treviri; Venise, 1627, in-12 ; — 2° Il Breviario délie guerre de' Paesi Bassi, dal 1559 fin' al 1609; Cologne (Binghio), 1641, in-12.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

*ABBONDANZA (Vincent) , historien italien du dix-huitième siècle, n'est connu que par son ouvi'age intitulé Dizionario storico délie vite di tutti i Monarchi Ottomani, fino al régnante Gran Signore Achmet TV, e délie piii riguardevoli cose appartenenti a quella monarchia ; Roma (Luigi Vescovi), 1786, in-4°.

— Cet auteur n'est pas mentionné dans Tipaldo, Biografta degli Italiani illustri del secolo XVIII. E. D.

. Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

ABBOT (Robert), théologien anglais, né à Guildford en 1560, mort le 2 mars 1617, frère aîné de l'archevêque de Cantorbéry, George Abbot; il fut élevé avec son frère dans la même école. Le roi Jacques le nomma son chapelain , et fut si content du livre d'Abbot De Antichristo, qu'il en ordonna la réimpression avec son propre ouvrage sur la Révélation. En 1609, Abbot fut élu principal du collège de Baliol à Oxford, et, deux ans après, membre du collège royal de Chelsea, fondé pour l'encouragement des études théologiques. En 1612, U fut nommé professeur de théologie à l'université d'Oxford, où il publia son ouvrage sur la Suprématie des rois, contre Bellarmin et Suarès, ce qui lui valut en 1615 l'évêché de Salisbury. Il mourut à l'âge de cinquante-sept ans , et fût enterré dans la cathédrale de Salisbury. Ses ouvrages ont pour titre: 1° The Miror of popish subtilties (le Miroir des subtDités papales); Lond., 1594, in-4°; — 2° The Exaltation qfthe kingdom and priestkood o/ Christ ( L'Exaltation du royaume et du sacerdoce du Christ), sermon sur le cent dixième psaume; Lond., 1601, in-4°; — 3° Antichristi demonstratio ; Lond . , 1 603, in-4° ; — 4° Defence ofthe Reformed Catholic of M. W. Perkins , etc. ( Défense du Catholique Réformé de M. G. Perkins), 1"^" part., in-4°; Lond., 1606; 2"^ part., 1607; 3"= part, 1609;

— 5° The OUI Way (l'Ancienne Voie), sermon; Lond., 1610, in-4"; — 6" The true ancient Roman Catholic (Le véritable ancien Catholique Romain); Lond., 1611, in-4°; — 7" Antilogia; Lond., 1613, in-4", réponse à l'ouvrage du jésuite L'Heureux, intitulé Apologia pro Henrico Garneto ; — 8" De Gratia et Perseverantia Sanctortim, exercitationes habitée in Academia Oxoniensi; Lond., 1618, in-4'' (ouvrage posthume);— 9° In Ricardi Thomsoni Diatribam, de amissione et intercessione justificationis et gratiœ Animadversïo brevis; Lond., 1618, in-4°;

— iO" De suprema potestate régla ; Exercitationes habitai in Academia Oxoniensi; Lond., 1619, in-4° (publié par le fils de l'auteur).

Biographical IHctionary. — Mémoires de Nicèron,

tom. XV. — Wood , Athenœ Oxonienses. — Iiiograpliiu Britannica. — Jardine, Criminal Triiiln, t. Il, 364-

ABBOT (Charles, baron de Colchester), homme d'État anglais, naquit le 14 octobie 1757 à Abingdon, où son père était prédicateui', et mourut à Londres le 8 mai 1829. Après avoir reçu sa première éducation à l'école de Westminster, il fréquenta, en 1775, le collège d'Oxford, et y remporta, après quelques années d'étude , le prix de poésie latine , pour un poème en l'honneur de Pierre le Grand , qui lui valut plus tard, de la part de Catherine II, ime médaille d'or. Il étudia ensuite pendant quelque temps à Genève , où il se lia d'amitié avec le célèbre historien Jean de Muller. Élu membre de la chambre des communes en 1795, il profita de ses connaissances en droit pour introduire plus d'ordre et de régularité dans l'impression et l'expédition des actes du parlement, n s'attacha aussi, suivant l'exemple du congrès des États-Unis, à mettre plus de clarté dans la rédaction des lois du parlement ( statutes). H prit avec ardeur la défense du fameux riotbill de Pitt contre les assemblées tumultueuses, et fut presque toujours du parti ministériel. En 1799, il appuya la proposition de Vincometaxe, ou taxe sur les rentes; en 1800, il fit adopter une loi d'api'ès laquelle les receveurs des revenus publics sont tenus de payer les intérêts des deniers non perçus par eux ou plutôt non livrés, pour empêcher toute fraude de leur part. n vota aussi pour le maintien jusqu'en 1807 du bill confre les menées par lesquelles on cherchait à mécontenter l'armée et la marine. Il remplit consécutivement les charges de premier secrétaire du lord-heutenant d'Irlande (1801) et de lord-commissaire du tiésor. Nommé conseiller privé, il fut élu, en 1802, président (speaker) de la chambre des communes, charge qui exige une connaissance parfaite des actes parlementaires, pour empêcher tout ce qui serait contraire aux usages et aux traditions de la chambre. En 1805, l'opposition dans la chambre des communes ayant fait la motion démettre lordMelville (Dundas) en état d'accusation, les voix furent partagées : celle de l'orateur décida la majorité, et les raisons qu'il produisit firent renvoyer le ministre devant la chambre des pairs. La faiblesse de sa vue le força, en 1817, à so démettre de la présidence. Abbot fut alors nommé pair du royaume, avec le titre de baron de Colchester. Le collège de Christ-Church, à Oxford, fut si fier de voir son ancien élève président de la chambre des communes, qu'il fit placer le portrait en pied de lord Colchester parmi ceux de ses élèves de mérite. — Son fils Charles Alîbot, titulaire actuel de la pairie, estné en 1798; il sert dans la marine royale. [Encycl. des g. du m.; Conversations -Lexlcon.]

Edinburgh, Magazine, vol. VII. — Jnniutl Obituary, an. 1830, vol. XIV, p. 1S4. — Parliamentary History and Debates.

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