ADE^UR — ADET
tabbe , Commemoratio abbaium Sancti Martialis. — Vossi us, /fisror. latin., lib. III, cap. 6.— Du Vin, Bibliot. (les auteurs ecclés., \oI. VIII, p. 103. — Bouquet, Recueil des historiens des Gaules et de la France, vol. X, p. 144 et suiv.
ADENEZ OU ADAÎ5S, ti'ouvère du treizième siècle, plus connu sous le nom d'Adam le Roi, soit parce qu'il fut héraut ou roi d'armes, soit que quelques-unes de ses pièces eussent été couronnées. Il florissait sous les rois saint Louis et Philippe EU, dit le Hardi, et devint ménestrel de Hem'i in, duc de Flandre et de Brabant ( mort en 1260 ), qui était son protecteur. Il est auteur : 1° du Roman de G^iillaitme d'Orange, surnommé au Court-nez, dont Catel, dans son Histoire du Languedoc, a donné quelques exti'aits ;
— 2° Roman de l'enfance d'Ogier le Danois, mss. de la Bibliothèque nationale, n° 2729, mis en rimes par ordre de Gui, comte de Flandre ; il a été traduit en prose et imprimé plusieurs l'ois dans le seizième siècle ; — 3° Roman de Cléomadcs , mis en rimes par ordre de Marie de Brabant, fille de son protecteur et de Blanche d'Artois , sœur de Robert II. Il est dédié à ce prince qui succéda à son père en 1250, et qui fut tué eu 1302, à la bataille de Courtray. Le Romayi dt Cléomadès a été traduit en prose et imprimé à Troyes vers 1 530 ; — 4° Roman d'Atjfneri de Narbonne, fonds de la VaUière, n° 2735 ;
— 5° Roman de Pépin et de Berthe sa femme, mss. 7188, et de la Vallière, n° 2734. Dans ce dernier ouvrage Adenez nous apprend que, voulant rétablir la vérité de V histoire de Berthe, falsifiée par les jongleurs , comme celle de Y enfance d'Ogier, il se ti'ansporta à l'abbaye de Saint-Denis, dont les chroniques lui furent communiquées par un religieux nommé Nicolas , de Reims. Le moine Savari lui avait rendu un semblable service pour la composition du Roman d'Ogier; ce roman est antérieur à l'an 1261. Peu de temps après sa publication, Girardin d'Amiens lui donna une suite, sous le titre de Roman de Char lemagne, fils de Berthe. Adenez est encore auteur du Roman de Buevon ou Buenon de Commarchis. On ignore l'époque de sa mort.
Jtomances des XII pairs de France, n° I; Raynouartl.
— M. Paulin Paris, dans l'édition de Berthe aux grans piés ; Paris, 1836, in-12.
ADEODAT, pape. Voyez Dieudokné, ADER ( Guillaume), médecin de Toulouse, du dix-septième siècle , auteur d'un traité imprimé en 1621 , sous le titre : De ^gratis et Morbïs evangelicis ; Toulouse, 1621, in-S". Il y examine si l'on aurait pu guérir, par la médecine , les maladies que Jésus-Christ avait guéries par sa puissance miraculeuse, et arrive à conclure que les infinnités guéries par le Christétaient humainement incurables. Suivant Yigneul-Marville , Adcr n'avait composé es livre que pour en faire oublier un autre , où il avait témérairement soutenu le contraire. On a encore de lui : Deux poèmes macaroniqucs en patois
gascon , à la louange de Henri IV ; — De pestis cognitione, provisione, et rewerfiis; Toulouse, 1628, in-8°; — Lou catounet gascoun, 1612, n-8°; — Lou gentilhomme gascoun, 1610, iû-8°.
Haller, Bibliotheca medicinœ practicœ , t. II, p. 492.
*ADET {Pierre- Auguste), chimiste et homme politique, né à Paris en 1763, mort vers 1832. Il fut nommé secrétaire de la première commission envoyée à Saint-Domingue, ensuite chef de l'administration des colonies ; enfin ,' adjoint au ministère de la marine. Après le 10 thermidor, le comité de salut public le nomma membre du conseil des mines , et , peu de temps après , il l'envoya en qualité de résident à Genève. Adet recueillit des témoignages de l'estime publique lorsqu'il quitta cette ville, en 1795, pour se rendre aux États-Unis en qualité de ministre plénipotentiaire. Ce fut lui qui, en 1796, présenta au congrès , de la part de la nation fi-aiiçaise, le drapeau tricolore , et qui , l'année suivante, remit au secrétaire d'État des États-Unis cette note fameuse où le directoire, se plaignant de ce que le gouvernement américain laissait violer sa neutralité, et manquait aux stipulations du traité de 1778, déclarait que le pavillon de la répubhque traiterait tout pavillon neutre comme celui-ci se laisserait traiter par les Anglais ; déclaration que les Américains regardèrent comme contraire aux termes du traité de 1778. Après la présentation de cette note, Adet annonça au gouvernement américain qu'il avait ordre de suspendre ses fonctions; et quoique le directoire lui eût laissé le choix de rester aux États-Unis ou de revenii* en France, il quitta l'Amérique. Nommé, en 1799, commissaire à Saint-Domingue avec Saint-Léger et Fréron, il refusa cette place. Après le 18 brumaire , il fut appelé au tribunat , et établit , dans un rapport fait au nom d'une commission spéciale , que le gouvernement avait seul le droit de diriger, par des règlements, tout ce qui était relatif à la course. Quelques jours après, il proposa de suspendre l'effet des engagements contractés pour acc[uisition de biens aux colonies , qui auraient été postérieurement dévastés par les événements de la révolution, et fit successivement plusieurs rapports au nom de diverses commissions spéciales, n quitta le tribunat au mois de mars 1803 pour passer à la préfecture de la Nièvre , qu'il adiïiinistra pendant six ans. Il fut élu membre du sénat le 2 mai 1809, et ne parut qu'une seule fois à la tribune, le 13 mars 1813, pour offrir à ses collègues un ouvrage de son ami Bouffey , sur l'influence de l'air dans les maladies. Comme conseiller-maître , il signa , le 30 mars 1814, l'acte d'adhésion de la cour des comptes à la déchéance de Napoléon. Appelé à la chambre des députés en 1814, il siégea parmi les constitutionnels. Au retour de Napoléon , il céda aux instances d'une députation de la ville de Nevers, et s'y joignit. Adet composa un système nou-
veau de caractères chimiques qu'il imagina avec Hassenfratz, et qui n'a pas été généralement adopté. Outre la traduction de quelques opuscules anglais, on a de lui : Leçons élémentaires de chimie; Paris, 1804, in-8°. Adet avait pris une part active à la rédaction des Annales de chimie et de physique.
ADGANiiESTRiïJS, chef dcs Cattcs, adressa, l'an 9 de Jésus-Christ , des lettres à l'empereur Tibère et au sénat , par lesquelles il promettait de les délivrer d'Arminius , général des Chérusques, peuple germain, si l'on voulait lui envoyer du poison. On lui répondit que les Romains n'employaient pas de pareils moyens contre leurs ennemis , et qu'ils savaient les vaincre à main armée.
Tacite, annales, livre II.
ADGiLirs l*", premier roi chrétien des Frisons, vers le septième siècle. Il mit son pays à l'abri des (lots par de fortes digues, et la Frise lui doit en quelque sorte son existence actuelle. Il fit élever des môles ou terpes, où les habitants se réfugiaient avec leurs troupeaux lors des grandes inondations ; on en voit encore aujourd'hui quelques vestiges. Adgilius, roi des Frisons, était vassal de Clotaire, roi des Francs.
Son fils et successeur, Adgilius H, se montra hostile au christianisme , et favorisa l'ancienne idolâtrie de sa nation.
Moscow, Histonj of the ancient Germans, XV, 21. — Wiarda, Ost-Friesische Geschichte, 1. 1.
ADHAD-EDDACLAH , empereur de Perse, quatrième prince de la dynastie des Bouides, naquit à Ispahan l'an 325 de l'hégire ( 936 de Jésus-Christ), et mourut le 24 février 983 de Jésus-Christ. En 949, il succéda à son oncle Imad-Eddaulah, et ne régna d'abord que sur le Farès et le Kirman. Mansour I'"', le Samanide , inquiet et jaloux de l'accroissement de puissance des Bouides, leur déclara la guerre. Adhad- Eddaulah marcha sur le Khoraçan tandis que son père résistait à l'armée ennemie , et, après avoir ravagé cette province, il revint tomber à l'improviste sur les derrières de l'armée des Samanides ; mais une négociation suspendit les hostilités, et la paix fut cimentée par le mariage de Mansour avec la fille d'Adhad-Eddaulah. A la mort de son père , arrivée en 976, Adhad eut en partage le Farès , le Kerman ; et après la bataille de Takryt le 30 mai 978, et la défaite d'Azz- Eddaulah, souverain de Bagdad, il ajouta à ses possessions presque tout l'Irac. Sa cour fiit le rendez-vous des savants, et les poètes chantaient à l'envi ses louanges. L'empereur grec et le prince de l'Yémen lui envoyèrent des ambassadeurs et recherchèrent son amitié ; le calife Thayi lui accorda la main de sa fille ; les Kurdes, réprimés, redoutèrent sa puissance , et ses généraux , vainqueurs de Cabou et de Fakhr-Eddaulah, son frère , réunii-ent à son empire le Djordjan et le Tabaristan. Mais il mourut au milieu de ses prospérités, par snitn d'une épilepsie. Tl fut le
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premier dont on prononça le nom immédiatement après celui du khalife dans les prières publiques. C'était de Bagdad, de cette Rome du monde musulman, que le khalife ou pontife donnait ses décrets d'investiture en faveur des princes barbares qui s'arrachaient les débris du royaume de Perse et de l'empire de Mahomet. Aussi avait-il mis toute son ambition à s'emparer de cette ville, dont la possession devait consacrer son autorité aux yeux des peuples. L'usage qu'il fit de sa puissance sembla faire oublier les moyens qu'il avait employés pour l'obtenir. Sous son règne, les infirmes et orplielins trouvèrent dans ses bienfaits une existence et des secours assurés. « Le fleuve de sa générosité , dit un poète persan , fertilisa les campagnes, et désaltéra le philosophe et le savant. » Des hôpitaux et des mosquées furent construits à Bagdad, et Moussoul brilla d'une nouvelle splendeur. Il bâtit une nouvelle ville près de Chyras , et s'immortalisa par la construction de la digue appelée Bend-Emyr ; enfin de superbes mausolées reçurent les dépouilles d'Ali et d'Hoceïn , et Médine fut entourée de murs. Tel est le tableau qu'offre le règne d'Adhad-Eddaulah , dont le vrai nom est Fana-Khossou. Adhad-Eddaulah est un surnom qui lui fut donné par le khalife , selon l'usage , et qui signifie le soutien ou l'aide de l'empire. Il laissa quatre fils, entre lesquels il partagea ses États.
Jourdan , dans la Biographie universelle. * ADH-DHAHEBI OU AL-DZAHABI {Abou-Ab-
dallah-Mohammed) , surnommé Schem-soud-din (Soleil de la religion), historien arabe, né à Damas en 1275, mort en 1348 de notre ère. Il occupa le poste éminent de scheik-elislam dans sa ville natale. Il a écrit , entre autres, une Histoire chronologique du Mahomëtanisme, et un Dictionnaire biographique des plus célèbres commentateurs du Koran. M. Wiistenfeld a donné de ce dernier ouvrage une édition lithographiée, sous le VAxe Abu-Abdallah , liber classicus virorum qui Corani et traditionumcognitione excelluerunt ;GœUmgae, 1833.
D'Herbelot , Bibliothèque orientale. — Hamacker, Spec. Catalog. Cod. Mss. Bibl. Academiœ Lugduno-Batavise; l.ugd. Bat., 1820, p. 18.
*ADiî-DHOBBi (Ahmed-ibn-Yahya), historien arabe, natif de Cordoue, vivait vers le commencement du treizième siècle de notre ère. Il a écrit une Histoire des Arabes en Espagne, ouvrage qui a été souvent consulté par Casiri , et dont Faustino de Borbon a donné de nombreux exti-aits dans Cartas para ihistrar la Historiade la Espana araba, Madrid, 1796, in-8°; et dans Discursos à preliminares Chronologicos para ilustrar la Historia de la Espana araba; Madrid, 1797, in-8''.
CasirI, Bibliotheca arah. hisp. excur., t. II, p. 133-139. — Conde , Histoire de la Domination des Arabes en Espagne, t. I, préf., p. xxi.
ADHED LEDIN ALLAH, mort le 10 dc mOU-
harram de l'an 507 de l'hégire (13 septembre
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1171 de J.-C. ). Petit-fils du khalife Haphedh , il succéda, l'an 555 de l'hégire (1160 de J.-C), à Faïez. Ce fut, comme ses derniers prédécesseurs, un fantôme de souverain, dont toute l'autorité résidait entre les mains des vizirs. Schaour, son vizir ou ministre, non-seulement refusa de payer' aux Francs l'espèce de tribut auquel Faïez s'était soumis ; il conduisit même une armée sur les frontières de la Palestine pour les attaquer. Mais les troubles qui s'élevèrent en Egypte pendant son absence l'obligèrent à revenir sur ses pas. L'an 558 (de J.-C. 1163), battu par Dargan ou Dargham , qui l'avait supplanté dans le ministère, U passa en Syrie pour implorer le secours de Noureddin, sultan de Damas, contre son rival. Le sultan se rend à sa prière. L'an 559 , il envoie l'émir Schirkouh (Stjracon de nos liistoriens), avec Saladin, nevieude celui-ci, pour le rétablir. Schaour ayant recouvré son poste, après une bataUle où son rival périt, ne vit plus que des ennemis dans ses bienfaiteurs. Les Francs , provoqués par Dargham, avaient pénéti-é dans l'Egypte. Schaour se ligue avec eux pour en chasser les Syriens. Schirkouh , de retour à Damas, repassa en Egypte à cette nouvelle. Il se rendit maître de Belbeïs et d'Alexandrie, menaça d'autres villes, et obligea Schaour d'acheter la paix à grands frais. Rappelé dans ce pays, l'an 564 de l'hégire (de J.-C. 1168), par une nouvelle perfidie du vizir, il marcha droit au Caire, où il entra sans obstacle. Schaour fut arrêté par ses ordres; le khahfe lui-même envoie lui demander la tête de ce ministre ; il est satisfait sur l'heure. Schirkouh reçoit pour récompense la robe de vizir, et meurt dans la même année (23 mars de l'an 1169 de J.-C); son neveu Saladin le remplace. L'an 566 (1171 de J.-C. ) , ce nouveau ministre oblige les Francs d'évacuer l'Egypte. Leur départ est suivi d'une révolution inattendue. Ennemi des Fatimites par religion , Saladin fait supprimer le nom d'Adhed dans les prières publiques, pour y substituer celui du khalife de Bagdad , et mit fin par là au schisme qui divisait les Abassides et les Fatùnites. Adhed survécut peu à cet affront; en lui finit la dynastie des Fatimites. Les souverains qui régnèrent depuis en Egypte renoncèrent au titre de khalife , et ne prirent que celui de sultan. Adhed laissa des enfants ; Saladin, loin de les faire mourir, donna des ordres pour leur entretien , et se contenta de les faire enfermer dans des serais avec leurs concubines.
Jourdan, dans la Biogr. universelle.
*ADHELM OU Andhelm, prélat anglais du septième siècle , se fit remarquer dans la controverse au sujet de la Pàque, qui divisa si longtemps les églises saxonne et anglaise. II composa plusieurs poèmes sur la vie chrétienne.
Collier, Hist. eccl., t. I, pag. 121.
ADHÉMAR OU ^rfzemar (Guillaume on Guillielm), troubadour du douzième siècle, né à Marvéjols dans le Gévaudan, Gentilhonune pauvre ,