‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 74 sur 180 · ADELUNG · texte numérisé non relu

ADELUNG

ctymologte ; mais il lui est inférieur dans le choix des écrivains classiques cités à l'appui, et dans l'application des principes ; car la prédilection d'Adelling pour les écrivains de la haute Saxe le rendait souvent injuste envers des littérateurs dont le pays ou le style ne lui inspirait pas assez de confiance. Il regardait comme normale la prononciation de la province saxonne de Misnie; et tout ce qui n'était pas conforme à son dialecte, il le rejetait impitoyablement. Son esprit méthodique s'effrayait du déluge de mots nouveaux qui envahissaient la langue allemande ; et, préoccupé de ce danger, il méconnut la flexibilité et la richesse qui la caractérisent, et qu'elle semble partager avec le grec. Ces défauts dans l'esprit et le système d'Adelung furent relevés avec vivacité , souvent même avec trop peu de ménagements , par deux autres écrivains éminents, le poëte Voss (voy. Kritische Blœttei-, tomel") et le moraliste Campe. De 1793 à 1801, parut la seconde édition du Dictionnaire d'Adelung, avec des additions considérables, très-précieuses en ellesmêmes , mais nullement en rapport avec les progrès de la langue , à cause du système exclusif dans let[uel l'auteur persistait. Parmi les autres ouvrages d'Adelmig , nous nommerons sa Grammaire allemande, Berlin, 1781; son Magasin de la langue allemande, Leipzig, 1782-84; son ouvrage sur le sttjle allemand, Leipzig, 3 vol., 1785-86; et enfin son Mithridate (tome F", Berlin, 1806), dans lequel il avait l'intention de déposer les résultats de ses recherches et de ses découvertes étymologiques. Lui-même cependant ne put en achever que le premier volume; les suivants sont de Vater de Halle et de son neveu, M. Adelung (Frédéric), établi à Saint-Pétersbourg. Adelung, comme homme privé, méritait toutes sortes d'éloges; ses mœurs étaient irréprochables , et ses excellentes qualités le faisaient estimer et aimer. Il ne fut'jamais marié ; il consacrait , dit-on , quatorze heures par jour au travail. [ Conv.-Lex. et Enc. des g. du m.]

Schriften der Kurfûrstl. Cesellschaft zu Mannhchn, Il , 293-30o. — Jordens , Lexlcon deutscher Dichter und frosaisten,}, 13, etc., V, 700, etc. — Ersch et Gruber, ^lUjem. Encyclopœdie , t. V. — Wolff, Encyclop. dcr Deutsch. NationalUteratur, V. V.

" ABEHnsG {Frédéric D'),Uttérateur allemand, né à Stettin le 13 février 1768 , mort à Saint-Pétersbourg en janvier 1843. Il était neveu du précédent, conseiller d'État de Russie, directeur de l'établissement oriental dépendant du département asiatique du ministère des affaires étrangères , à Saint-Pétersbourg. H fit ses premières études dans sa ville natale, et entra, jeune encore, comme gouverneur dans une maison particulière. Un voyage à Rome, où il examina dans la bibliothèque du Vatican les manuscrits d'anciennes poésies allemandes qui avaient fait partie de la célèbre bibliothèque Palatine à Heidelberg , donna heu à sa première publication. Puis il devint secrétaire particulier du célèbre comte de Pahlen ,

et îe suivit de Riga à Saint-Pétersbourg. Après

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avoir quelque temps pris part à la direction du théâti'e allemand établi dans cette capitale, il fut chargé par Marie Fœdorovna de donner des leçons à ses deux plus jeunes fils , à l'empereur régnant et au grand prince Michel. Le zèle et l'intelligence avec lesquels il s'acquitta de ces fonctions le placèrent très-haut dans la confiance de l'impératrice, qui, tant qu'elle vécut, ne cessa de lui en donner des preuves, et lui confia sa bibliothèque particulière. Pour marcher sur les traces de son oncle, Adelung se Uvra avec ardeur à l'étude comparée des langues et surtout du sanscrit. En même temps il écrivait dans différents journaux allemands et russes, entre autres dans le Morgenhlatt. Mais ses principaux ouvrages sont : 1° Rapports entre la langue sanscrite et la langue russe; Saint-Pétersbourg, 1815; — 2° Description des portes de Korsoun à l'église de Sainte-Sopfiie de Novgorod (Berlin, 1823, in-4°); — 3° la Biographie du baron de Herberstein (Pétersbourg, 1817,in-8°), l'un des plus anciens voyageurs en Russie, et celui dont l'excellente relation fit le mieux connaître cette vaste région; — 4° la. Biographie du baron de Meyerberg , envoyé à Moscou en 1661 par l'empereur Léopold I^' ( Saint-Pétersbourg, 1827, in-8°, avec un atlas de planches lithographiées sur les dessins faits par ordre de ce voyageur, et découverts il y a peu d'années à la bibliothèque de Dresde). Cette notice assez étendue, quoique incomplète, fut pubUée aux frais du ciiancelier Roumantsof, dont Adelung fut l'ami et le collaborateur. Son dernier ouvrage, écrit en allemand comme la plupart des autres, est un Essai sur la littérature de la langue sanscrite (Saint-Pétersbourg, 1830), dont la 2" édition parut en 1837, sous le titre de Bibliotheca sanscrita. Adelung avait souvent été employé à des travaux spéciaux, soit par l'impératrice mère, soit par le département des affaires étrangères. [Conv.-Lex. et Enc. des g. du m.]

N. Gretscli, Histoire de la littérature russe.

*ADEi^UNG {Jean- Juste), antiquaire allemand , vivait, vers la fin du dix-septième sièclcj dans une petite ville de la Thuringe. On a de lui un opuscule intéressant : Flaviana Herodum, historia adserta et nummis antiq^iis conci- Uata; Halle (Henckel), 1696,in-4''. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothèque naUonalc.

ADEMAR ou AYMAR, moinc de Saint-Martial de Limoges , né vers le milieu du dixième siècle, mort en 1030, dans un voyage à la terre sainte. On a de lui , outre divers ouvi-ages manuscrits : 1° une chroniqxie de France depuis Pharamond jusqu'en 1029 , qui est encore aujourd'hui consultée avec fruit, principalement depuis le temps de Charles Martel ; elle a été publiée avec quelques -corrections par le P. Labbe dans la Nouvelle Bibliothèque des manuscrits ; — 2° une Lettre sur l'apostolat de saint Martial; et quelques vers acrosticlies dans les Analecta de Mabillon.

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