ADHÉMAR DE MOWTEIL — ADLER
Raymond , comle de Toulouse. Il franchit les Alpes, traversa la Dalmaîie et l'Albanie, et conclut à Constantinople une trêve avec Alexis Comnène, qui suscita d'abord des obstacles à la marche des croisés. De là il passa à Nicée, où il rétablit la discipline dans une armée de six cent mille hommes. îl se distingua dans plusieurs combats livrés aux Sarrasins , maîtres de l'Asie Mineure; et, grâce à quelques pieuses fraudes (il disait aux soldats qu'il avait découvert la lance avec laquelle fut percé Jésus-Christ, et que saint George et saint Démétrius combattaient dans leurs rangs), il parvint à faire abandonner aux musulmans le siège d'Antioche. Il mourut peu de temps après, delà peste. Le Tasse nous le peint comme un pontife vénéré, et le fait, par une licence poétique, mourir au siège de Jérusalem, d'un coup de flèche lancée par Clorinde. — Son frère, Guillaume- Hugues d'Adiiémar, prieur de Donzers , qui l'avait suivi k la terre sainte , mourut à Jérusalem en 1099.
Guillauree de Tjr.
* ADHEiiBAL, général carthaginois pendant la première guerre punique. Il commandait la flotte carthaginoise au siège de Lilybée, et remporta, en 249 avant J.-C, une grande victoire sur les Romains sous les ordres du consul P. Claudius Pulcher. — Un fils ou frère de cet Adherbal a commandé en Espagne. — Un autre Adherbal ^accéda , en 11 8 avant J.-C. , à son père Micipsa, roi de Numidie, conjointement avec son frère Hiempsal et son cousin Jugurtha.
Diotlore, i^ra?., lib. XXIV. — Polybe, I, W. - Tite- Uve, XXVIII, 30. — Salluste, Bellmn Jiigurthimm.
*ADiMANTtrs ('AÔ£i[j.avTOi;), nom commun à plusieurs Grecs célèbres, dont l'un commandait, en 480 avant J.-C. , les navires des Corinthiens ilans la guerre contre Xerxès. Il était en discorde ivec Thémistocle , et à la bataille de Salamine il s'enfuit au premier engagement.
Hérodote, VHI, S, S9, 61, 94. — l'iutarqae , Thémistocle, XI.
ADïiUAHT€S, général athénien, du cinquième Siècle avant J.-C. Il se distingua dans la guerre du Péloponnèse , et s'opposa seul à la proposition de Philoclès, adoptée par les Athéniens, de couper le pouce droit aux prisonniers lacédémoniens , afin de les mettre hors d'état de manier la lance. Aussi , après la prise de la flotte aîhénienne par Lysandre à Jîgos-Potamos , en i03 avant J.-C. , Adimantus fut le seul que les Lacédémoniens ne condamnèrent pas à mort.
Xénophon, liellenica, 1. 11.— Plutarqiie, in Lysandr. "t Mcibiad. — Pausan., in jhessenic.et Phoric. — Diogeo. Laert. — Platon, Protag., 31S. — Aristophane, Manœ, vers 1S09.
AD5MAKTUS, de la secte des manichéens, vivait vers la fm du troisième siècle. Il niait l'autorité de l'Ancien Testament, et composa sur ce sujet un livre auquel répondit saint Augustin.
Fabricms, Bibliotheca greeca, édit. Harles, VII, 31'».
ADiMARi (les), ancienne famille italienne, i\\ parti guelfe : Tegghiaio Aldobrandi des
Adimari était, en 1255, un magistrat fort estimé de Florence; ce qui n'empêche pas Dante de le placer dans l'enfer, pour un vice honteux qu'on lui reprochait.
Forèse des Adimari , après la défaite de l'Ar-» hia, rallia les émigrés guelfes de Floi-cnce, et en forma un corps d'armée qui rendit de grands services à son parti en Lombardie et à Naples.
MazT.ncheUi, Scrittori d'italia. — Tirabosclii , 5ioria delta letteratura italiana. — Gamba , Série di Testi di lingua.
ADIMABI (Alexandre), poète italien, né en 1579, mort en 1649. Issu d'une famille patricienne de Florence, il étudia les lettres grecques et latines , et cultiva la poésie avec succès. On a de lui une traduction en vers italiens des Odes de Pindare, qu'il accompagna de bonnes observations; cette tradaction, estimée des Italiens, parut à Pise en 1031 , in-4". — 11 ne faut pas le confondre avec le marquis Louis Adimari, autre poète florentin (né à Naples le 3 septembre 1644, mort en 1708), dont nous avons quelques satires, des sonnets, et un opéra intitulé Roherto. On a aussi de lui Prose sacre, recueil de morceaux en prose sur des sujets de piété ; Florence , 1706, in-4°.
Tiraboschi. — GinKuené.
*ADïiMARi {Raphaël), historien, né à Rimini vers la fin du seizième siècle, a laissé une histoire de son pays sous ce titre : Silo Riminese; Brescia,1616, 2 vol. in-4°. Dans l'avis au lecteur, Raphaël donne à entendre que cet ouvrage avait été déjà projeté par le docteur Adimari , fils du cavalier Niccolo Adimari, et que c'est par amour pour sa patrie qu'il s'est décidé à !e publier, avec l'assistance de Luc Pianero, gentilhomme de Brescia. E. D.
Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.
* ADLER {George-Christian) , pédagogue et théologien aflemand , né à Wohibach en Silésie le l^"" novembre 1674, mort à Alstadt-Braiidenburg le 30 août 1741. Il étudia la théologie à Leipzig et à Halle, se livra à l'enseignement de la jeunesse,' et fonda le gymnase {colleginm Fridericiamcm) de Komigsberg. Outre un grand nombre d'écrits théologiques et de sermons, on a de lui : 1° De liberalium artium in Ecclesia utilitate, si rite tractentur ; Sftittgard, 1702, in-S"; — 2° De morte eruditorum philo- 5op/i«ca; Berlin, 1707, in-8°.
Adelong, Supplément an Lexique {AWjemeines Gelchr ten-Lexicon) de Jôclier, t. I, p, 226.
*A5ïLER ( George-Chistian), archéologue et théologien aflemand, fils du précédent, naquit àAlstadt-Brandenburglee mai 1734, et mourutà Altonale2 novembre 1804. Il étudia la tbéologie à HaUe, et devint pasteur luthérien, d'abord à Sarau, puis à Altona. Ses principaux ouvrages ont pour titres : 1° AiisfûlirUchc Beschrelbung der Stadt Rom ( Description complète de la vifle de Rome); Altona, 1781, in-4'', avec des planches; on y trouve tout ce que les auteurs anciens nous ont laissé sur la topographie de
.o.» ADLEPi — ADLERSPARRE
I Rome; — 2° Nachrichivon den PontiniscMn Sinnpfen (sur les marais Pontins), avec une carte ; Hambourg, 1784, ia-8°; — 3° une édition ût^vouWn, De aquseductihusurbis Romœ, avec (les notes; Leipzig et Altona, 1792, in-8°.
Erscli et Griiber, Allgemein. Encyclop.
AD1.ER {Jacques-George-Ghrétïen), savant orientaliste, né en décembre 1755 à Arnis, ville du duché de Sleswig, mort en 1805. H passa sa jeunesse à Rome, où il étudia les langues orientales et se lia avec plusieui's personnages marquants, entre auti'es avec le cardinal Borgia, qui se chargea de publier, à ses frais, la description des pièces les plus curieuses du cabinet d'Adler. Il revint dans sa patrie , où il fut nommé en 1783 professeur de syriaque, puis, en 1788, professeur de théologie à l'université de Copenhague , et prédicateur du château de Gottorp en 1798. Il n'avait pas dix-sept ans quand parut son ouvrage intitulé Recueil de formules et contrats en hébreu rahbinique et en allemand; Hambourg, 1773. Outre des sermons en allemand, et des morceaux de littérature orientale d'abord épars, ensuite réunis en un seul volume, on a de lui : 1" Codicis sacri recte scribendi leges, ad recte œstimandos codices manuscriptos antiquos, etc.; ib., 1779, in-4°; — 2° Bescriptio codicum quorumdam cuficoricm...
in bibliotheca regia Hafniensi servatorum; Altona, 1780. Dans cet ouvTage se trouvent des détails curieux sur la graphotechnie des Arabes ;
— 3° Musœiim cuficum Borgianum ; Velitris, 1782-1792, 2 vol. in-4°; — 4° Bibliotheca biblica Wurtemburgici ducis, oVmi Lorchiana; Altona, in-4'', 1787; — 5° Novi Testamenti versiones syriacse... ilhistratas ; Copenhague, 1789 ; — G" Reisebemerkimgen au/ einer Reise nach Rom (Observations faites pendant un voyage à Rome ; Altona, 1784, in-8°.
B. .S^cliroidt, panégyrique à'yidler ; Altona, 180S, iti-8°.
— Baur, dans Escli et Gruber, Allgem. Encyclop., t. I, p. 421, etc.
*ADLER {Philippe), graveur allemand, surnommé Patricius (le Patricien), d'où l'on a fait, par corruption, Paticina, naquit à Nurenberg en 1484. H mit l'un des premiers en vogue la gravure à l'eau-forte. Ses ouvrages sont fort estimés, tant pour leur antiquité cjue pour la netteté du burin. Il a gravé plusieurs sujets d'après Albert Durer. On cite comme son chefd'œuvre une Sainte Vierge avec l'enfant Jésus sous un berceau de feuillage , et portant l'inscription : Hoc opus fecit Philippus Adler Patricius, MDXVm. On ignore l'époque de la mort de cet artiste.
Heineken, Dictionnaire des Artistes. — Nagler, Nettes Allqemeines KUnstler-Lexicon. — Strutt , Z7jc- Honary of Engravers.
ADLERBETi! { &idmund-George) , littérateur suédois, né à Joenkoening en 1751, mort «nl818. Après avoir fait ses études à l'université d'Upsal, il remplit plusieurs charges publiques, accompagna, en 1783, Gustave III à Rome, et
passa ses derniers jours dans la retraite, pour se livrer entièrement à la culture des belles-lettres. Adlerbeth a traduit en suédois les principaux ouvrages de 'Virgile, d'Horace, d'Ovide, et Viphigénie de Racine.
Biographie des Contemporains. — Bosenhane , Anieckningar hôrande till f'etenskaps Akademiens Historia, p. 350, 486.
A£>LERFELii> ( Gustttve ) , historien suédois, né aux environs de Stockholm en 1671, mort le 8 juillet 1709. H fit ses études à l'université d'Upsal, et voyagea ensuite dans une grande partie de l'Europe. A son retour, Charles XH lui donna une place de gentilhomme de sa chambre. Adlerfeld suivit ce prince dans ses victoires et dans ses défaites. II profita de l'accès qu'il avait auprès du monarque pour écrire son histoire. Elle est aussi exacte qu'on devait l'attendre d'un témoin oculaire. Adlerfeld fut tué d'un coup de canon à la bataille de Pultawa en 1709. C'est à cette fameuse journée que finissent ses Mémoires. Ses manuscrits tombèrent entre les mains des Russes, commandés par le prince de Wurtemberg, qui les rendit au frère d' Adlerfeld. On les a publiés, en allemand et en français , sous le titre : Histoire militaire de Charles XII, roi de Suède, depuis 1700 jusqu'à la bataille de Pultawa en 1709; Amsterdam, 4 vol. in-12, 1740, et Paris, 1741. Le quatrième volume, qui renferme le récit de la bataille de Pultawa, est l'œuvTe d'un officier suédois.
\V araiholtz, BibliotJieca historicaSveo-Gothica, t. X, p. 60-74. — Gezelius, Fôrsolc til et Biographiskt-Lexicon ofner Svenske Man, t. I, p. S.
ARLERSCRECTZ (baron»'), général suédoir,, se mit, en 1809, à la tête de la révolution qiii détrôna Gustave IV : c'est lui qui, pénétrant dans la chambre du roi, lui fit des remontrances si vives, que le prince se sauva tout épouvanté. Ce fut le signal de son détrônement. On déféra le pouvoir souverain au duc de Sudermanie, oncle du roi. Voy. Gustave IV et Charles XIH.
JiistorisTc Tafla af Gustav IJ ,• Stockli., 1810-1811, 3 vol.
AKLERSPABBE {George, comte n'), général suédois, né dans la province de ïemtland en 1760, mort en 1837. Fils d'un heutenant-colonel , il étudia à l'université d'Upsal, et prit du service dans l'armée. Gustave IH lui confia une mission délicate en Norwége ; mais , après la mort de ce roi, Adlersparre se retira des affaires et cultiva exclusivement les lettres. On a de lui un recueil de poésies , des essais biographicpies, et différents traités. Il pubha aussi, de 1797 à 1800, un journal , sous le titi-e Lasning i blandade amnen (Mélanges), embrassant toutes les branches de la littérature. Rappelé au service quelques années plus tard , il fit la guerre contre le Danemarji , en Norvi'ége , et obtint le gi-ade de colonel. On ne sait à quelle époque il entra dans la conspiration qui renversa du trône Gustave IV. Mais ce fut lui qui le premier conduisit des tioupes sur Stockholm , et publia contre le roi une
ADLERSPARRE — ADOLPHE
proclamation où il disait, avec emphase , .que l'armée de l'ouest avait juré que la patrie ne perdrait plus un seul pouce de son territoire. On verra, à l'art. Gustave IV , comment ce roi irrésolu et faible contribua lui-même à faire réussir un complot qu'il eût été facile de déjouer. Il tomba au pouvoir du général Adlercreutz ; et lorsque Adlersparre entra comme en triomphe à Stockhohn , la révolution était presque consommée. Néanmoins le nouveau roi le combla d'honneurs et d'emplois, et lui conféra successivement les titres de baron et de comte , ainsi que les décorations de ses ordres. Mais le crédit du général Adlercreutz donna de l'ombrage à l'impérieux Adlersparre, dont les vues étaient plus libérales. Après avoir rempU une mission près du prince Christian-Auguste de Holstein- Augustenbourg, Adlersparre accompagna à Stockholm, en 1810, cet héritier présomptif de la couronne de Suède , et donna, quelque temps après, sa démission de conseiller d'État, pour se retirer dans une province écartée du royaume , dont il accepta la charge de gouverneur, qu'il ne tarda guère à résigner. Vivant dans une profonde retraite, il publia en 1830 un ouvrage intitulé Documents pour servir à l'histoire de la Suède ancienne, moderne et contemporaine; on y trouve sa correspondance très-curieuse avec Charles Xm , avec le prince Christian-Auguste et les comtes d'Engerstrœm et de Wetterstedt, ainsi que les négociations secrètes du gouvernement suédois avec celui de Danemark, et avec le comité des ordres du royaume formant la diète. Cet ouvrage, d'abord anonyme, fut avoué par son auteur en 1831, et lui suscita un procès : le comte de Wetterstedt réussit à le faire condamner à une amende, ce qui ne l'empêcha pas de continuer la publication de son livre, dont la suite parut en 1832. Adlersparre mourut à l'âge de soixante-dix-sept ans , dans sa terre de Wermland. [ Conv.-Lex. et Enc. des g. du m. ] H. d'Aguila, Histoire du règne de Gustave III.
ADLUNG (Jacques), organiste de l'église luthérienne d'Erfurt, et professeur au gymnase de cette ville, né à Bindersleben en 1699, mort à Erfurt le 5 janvier 1762. On a de lui : Ardeiiung zu der musikalischen Gelahrtheit (Guide de la science musicale ) , avec une préface de J.-E. Bach; Erfurt, 1758; nouvelle édition accompagnée de quelques notes, Leipzig, 1783, in-S°; — Musïca Organœdi ( Manière de constiniire les orgues, etc. ), ouvrage posthume, publié sur les manuscrits de l'auteur par J. L. Albrecht; Berlin, 1768, 2 vol. in-4". — Dans son Musi- Ttalïsches Siebengestirn (Pléiade musicale), Berlin, 1764,in-4°, Adlung répond succinctement à sept questions que soulève l'harmonie.
Ersch et Gruber, Encyclopédie allemande.
ADLZREITER (Jean), homme d'État allemand, né à Rosenheim (Bavière) le 2 février 1596, mort le 11 mai 1662. Il se livra d'abord à l'étude de la littérature ancienne et de la jurispru-
dence; il devint successivement archiviste, vicechancelier et premier ministre de Maximilien 1*"^, électeur de Bavière. On a de lui : Annales Boïcœ gentis , part, m; Munich, 1662 et 1663, in-fol., publiées avec Brunneri Annal Boij., par Leibniz ; Francf., 1710 , in-foP. Cependant le véritable auteur des Annales Boicae gentis fut le P. Fervaux , jésuite lorrain ; Adlzreiter lui ca avait fourni les matéi'iaux, tirés des arcliivcs se- 1 crêtes de la Bavière.
Annales Eoicss gentis. — Erscli et Gruber, Allgem. Encyclop., I, 422. — Saxius, Onomast. lit., IV , 429.
ADMiRAL. (Henri l'), né en 1744 à Aujolct (Puy-de-Dôme), mort en 1794. Pendant le règne de la terreur, l'Admirai osa tenter d'abattre deux, têtes redoutables, celles de Robespierre et de CoUot d'Herbois. L'Admirai était chez le ministre Berlin en qualité de domestique , puis il avait dû à la faveur de son maître la direction de la loterie de Bruxelles ; mais la révolution venait de lui enlever ses moyens d'existence. C'est alors que , nourrissant rcs|)oir de venger ses intérêts et sa patrie, il s'attacha aux pas de Robespierre. N'ayant pu parvenir jusqu'à sa victime , il tourna sa vengeance contre Collot d'Herbois. La nuit du 1" prairial an II (22 mai 1 794 ), il lui tira , sans l'atteindre , deux coups de pistolet. Poursuivi par la garde dans une chambre où il s'était enfermé, il blessa d'un troisième coup le premier qui mit la maui sm- lui , et fut aussitôt jeté en prison. A la même époque, on avait arrêté une jeune fille de vingt ans, qui s'était présentée chez Robespierre pour voir, disait-elle , comment était fait un tyran. La convention attribua cette comcidence d'événements à une conspii-ation ourdie par l'étranger. En vain l'Admirai avait-il déclaré dans son interrogatoire qu'il n'avait pas de complices , en vain avait-ii pris seul toute la responsabilité d'un crime dont il se glorifiait : cinquante-deux victimes furent destinées à partager le sort de l'Admirai et de la fille Renaud. Conduit à la place du Trône, où l'échafaud était dressé, l'Admirai vit périr avant lui tous ses compagnons ; et, après trente-iuiit minutes d'un supplice plus cruel que la mort, il tendit sa tête au bourreau, en répétant : «■ J'ai conçu seul mon projet; je voulais servir ma patrie. » [Enc. des g. du in.]
ADOLPHE, nom de princes allemands, dont voici les principaux par ordre alphabétique de pays.
ADOLPHE i^"", comte de Clèves, fut élu évêque de Munster en 1357. 11 rétablit en 1380 l'ordre des Fous. Trente-cinq seigneurs ou gentilshommes entrèrent d'abord dans cette société, qui ne paraît avoir été formée que pour entretenir l'union entre les nobles du pays de Clèves. On reconnaissait les sociétaires à un fou d'argent en broderie qu'ils portaient sur leurs manteaux. Le dimanche après la fête de Saint-Michel, ils s'assemblaient tous à Clèves, et se régalaient à frais coirununs. La société s'appliquait ensuite à ter-
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miner les différends survenus entre les confrères. Cet ordre ne subsiste plus depuis longtemps.
Tescbenn.acLier, Annales Clivias, etc.; Francf., 1721, in-tol.
ADOLPHE II, comte de Clèves et de la Mardi,né en 1371 , mort le 19 septembre 1448. — Adolphe succéda dans le comté de la Marck à Thierri, sou frère, tué le 14 mars. Créé duc de Clèves par l'empereur Sigismond l'an 1417, au concile de Constance, il joignit le nom de la Marck à celui de Clèves, et conserva les armes de la Marck mi-parties avec celles de Clèves. L'an 1418, il propose aux états de ses pays de déférer, après sa mort, la souveraineté, au défaut de ses enfants mâles , à l'aînée de ses filles qui lui survivront. Cet arrangement indisposa tellement Gérard son frère, qu'ils en vinrent à une guerre ouverte. Elle cessa par un accommodement fait à la Toussaint 1421. Gérard, par lettres du vendredi avant les Rameaux 1431,
données à Nuremberg , reçut de l'empereur Sigismond l'investiture du comté de la Marck, lequel après la mort de Gérard , arrivée , sans qu'il laissât d'enfants, le 13 septembre 1461, retourna à la maison de Clèves. L'an 1435, Adolphe se trouva à la paix d'Arras avec son fils aîné. Ce prince eut souvent les armes à la main , tant en son nom que comme allié de ses voisins, et fit la guerre presque toujours avec avantage ; ce qui le fit nommer le Victorieux. 11 agrandit considérablement ses États par diverses acquisitions qu'il fit , pourvut à leur sûreté par les forteresses qu'il y fit élever sur les frontières , et par le soin qu'il eut de faire administrer exactement la justice.
Pontanus, IJistoria Celrica, p. 395, 483 et 499.— N. Burgundas, Historia belgica, lib. II.
ADOLPHB, duc de Gueldre, né en 1438, mort en 1477. 11 fit, en 1464, déposer son père Arnold, qui fut mis en prison et délivré par Jean, duc de Clèves. Le père et le fils eurent , à Hesdin, une entrevue avec Charles, duc de Bourgogne, beau-frère d'Adolphe, et cherchèrent à se justifier. Adolphe , qui ne voulut entendre aucun accommodement, fut gardé au château de Vilvorden jusqu'à la mort de son père. Après plusieurs aventures , il périt à l'âge de trenteneuf ans , dans une escarmouche devant la ville
i de Doornick.
I Pontanus, Historia Celrica, p. SlO-577. — Commines,
! Mémoires, édit. 1785, UI, 223-229. — Sueyse, Annales
I de Flandre, II, 449-480.
j ADOLPHE-FRÉDÉRIC de Holsfein-Gotforp- \ Eutin. Ce prince, dans la personne duquel la ' maison de Holstein monta sm* le trône de Suède, naquit le 14 mai 1710, et mourut le 12 février , 1771. Après la mort de Charles liil eu 1718, les , Suédois, au préjudice du successeur légitime ! Charles-FréJéric , duc de Holstein, élurent pour ; reine Ulrique-Eléonore , sœur de Charles XiL \ Celle-ci mourut sans enfants en 1741, et son j mari le prince Frédéric de Hesse la suivit, dix l ans après, au tombeau. Le choi\ d'iau successeur
KOIJV. BIOGR. UNIVERS. — T. I.
tomba d'aliord sur Charles-Pierre Ulric, fils du duc, qui aurait dû succéder à Charles XII; mais ce prince, qui vivait à Saint-Pétersbourg, venait d'être adopté par l'ùnpératrice Elisabeth de Russie. Ce fut alors que les Suédois, aux termes du traité d'Abo conclu avec les Russes le 23 juin 1743, offru-ent la couronne à l'arrière-petit-fîls d'une fille du roi Charles IX, au prince Adolphe- Frédéric de Holstein-Gottorp , qui était , depuis 1727, évoque de Lubeck, en vei'tu de l'arrangement de 1647, qui stipulait que six princes de la maison de Holstein seraient successivement élus à cet évêché luthérien, auquel étaient attachés des droits de souveraineté. Adolphe choisit dès lors Eutin pour sa résidence., Quelque temps après , il fut nommé administrateur du duciiéde Holstein-Gottorp. Il céda, l'an 1750, l'évèchéde Lubeck à Frédéric-Auguste son frère, et succéda, le 6 avi'il de l'année suivante , à la couronne de Suède, après la mort de Frédéric de Hesse. 11 protégea les arts et les sciences, et fonda quelques institutions utiles. Il eut d'abord à lutter contre la faction aristocratique, dit le parti des chapeaux. Adolphe régna avec sagesse, mais il n'opposa pas assez de fermeté aux prétentions des grands, qui réduisirent à un vain simulacre le pouvoir souverain. Le comte de Brahé et le baron de Horn furent exécutés au milieu des troubles qu'ils avaient en partie excités. Après avoir pris une faible part à la guerre de sept ans , et combattu le roi de Prusse qui devait s'agrandir aux dépens de la Suède, Adolphe resta en butte aux nouvelles attaques des membres du conseil du royaume, et eut tant à souffrir de leur hauteur, qu'il finit par déposer une couronne qui n'était plus respectée. Les instances de la diète et quelques assurances de soumission la lui firent pourtant reprendre; mais son règne continua d'être des plus agités. Il mourut, laissant l'autorité suprême à son fils Gustave 111. \Enc. des g. du m., avec add.]
Silvcrstolpe, Z/<J?'o/;oS i Svenska Historien, p. 380, etc.; Sveriges Historia i Sammaitdrarj, p. 156, etc.
ADOLPHE de Nassau , élu empereur le I''"' mai 1292, couronné à Aix-la-Chapelle le 25 juin de la même année , et mort le 22 juillet 1298. Il n'était qu'un simple gentilhonmie , d'une famille illustre, à la vérité, et d'iuie bravoure éprouvée, mais sans autre patrimoine que son épée, sans influence, sans fortune , et n'ayant aucune des qualités morales qui avaient aidé Rodolphe de Habsbourg, son prédécesseur, né comme lui loin du trône , à y monter et à s'y maintenir. Adolphe dut son élection au désùqu'avaient les électeurs de se rendre indépendants du chef de l'Empire , à leur haine contre Albert, fils de Rodolphe, dont l'arrogance les avait blessés ; enfin, à des transactions honteuses et illégales avec les archevêques de Cologne et de Mayence.
Ces électeurs ecclésiastiques crurent l'occasion favorable pour imiter les papes. Us imposèrent à Adolphe les conditions les plus onéreuses le