ADOLPHE
forçant à leui' abandonner des portions de territoii-e et des villes qui ne lui appartenaient pas. Le comte Adolphe, qui se sentait faible, les accepta toutes. L'empereur Adolphe , qui se Crut puissant, n'en voulut tenir aucune. De là ses revers. Décoré de la couronne impériale, ce prince se trouva dénué même de l'argent nécessaire aux frais du couronnement. Il essaya de i'extorquer aux juifs de Francfort, qui lui résistèrent avec succès. L'électeur de Mayence, son cousin germain , Gérard d'Eppeustein , lui prêta les sommes indispensables; mais les emhaiTas du monarque ne cessèrent pas après qu'il eut été couronné. Cherchant partout des ressources , il se mit d'abord à la solde de l'AngleteiT8 contre Philippe le Bel, et se fit payer par Edouard F'" 100,000 liv. sterl., soname énorme pour le temps ; mais l'Allemagne , qui rougissait de vob' son chef au rang des mercenaires, se révolta contre lui. Boniface VHI , qui n'était pas encore l'ennemi de Phihppe , défendit à Adolphe de prendre les armes. Celui-ci, payé d'avance des efforts qu'il devait faire, ne demanda pas mieux que d'obéir au pape ; et , licenciant deux mille cavaliers qu'il avait rassemblés pour le service d'Edouard , il ne garda , du traité conclu entre eux, que les subsides. L'électeur de Mayence saisit ce moment pour lui demander la restitution des avances qu'il lui avait faites. Adolphe crut plus utile d'acquérir des États que de satisfaire à des engagements dont il avait déjà reçu le prix ; il profita de l'aversion d'Albert le Dénaturé , landgrave de Thuringe , contre ses fils légitimes, pour acheter de lui sa principauté. Par cette transaction doublement injuste, Adolphe se fit un ennemi mortel de l'archevêque auquel il devait son trône, et souleva contre lui l'Allemagne entière, qui ne vit plus dans son taonarque qu'un vil spoliateur. La Thuringe se déclara pour les prmces dépouillés. Adolphe se vit engagé dans une guerre qui dura cinq ans ; il ne parvint jamais à soumettre les peuples, qu'il prétendait avoir achetés; et, contraint de tolérer les excès de ses troupes , qui ne le servaient qu'à regret et dont il fallait vaincre la répugnance par le pillage , il acheva de s'aliéner tous ses partisans.
Albert d'Autriche , qui , depuis l'élection d'Adolphe, épiait l'instant favorable pour ressaisir le= sceptre que son père avait porté, se réunit à l'électeur Gérard, dont les intrigues disposaient du, plus grand nombre de ses collègues. La majorité des électeurs , après avoir cité Adolphe à comparaître devant le collège électoral , le condamna par contumace. On lui reprochait de s'être vendu à un prince étranger , d'avoir usurpé des États qui n'avaient pu lui être cédés ; et chacun joignait à ces griefs généraux des griefs particuliers. Adolphe enfm fut déposé le 23 juin 1289. Ses torts étaient avérés , mais sa déposition était illégale. Trois beaux-frères d'Albert avaient siégé parmi les juges; l'injustice qu'Adolphe éprouvait
affaiblit le souvenir de celles qu'il avait commises. L'Allemagne se divisa ; Adolphe parvùit à réunir une armée supérieure à celle de son compétiteur, et le parti d'Albert senablait avoir tout à craindre , lorsque ce dernier, ti'ompant son ennemi par de faux rapports, l'enveloppa près de Gelheim, dans les environs de Worms, et, le tuant de sa propre main , devint ainsi , de rebelle , souverain légitime. Adolphe périt en combattant avec tant de bravoure, que l'auteur de sa perte, l'arciievêque de Mayence, ne put s'empêcher de s'écrier, en voyant son corps : <^ L'Allemagne a « perdu en ce jour le plus brave chevalier de son « siècle. »
Adolphe fut enterré d'abord à Rosenthal, près du champ de bataille; mais une destinée singulière mêla ensuite ses cendres à celles de son ennemi : Albert et Adolphe, transportés à Spire et placés d'abord dans deux cercueils séparés , reposent ensemble confondus, depuis la destruction de la cathédrale de cette ville. Adolphe avait essayé , dans les ])remier? moments de son règne , de marcher sur les traces de Rodolphe de Habsbourg. Il avait tenté de se créer des appuis par des alliances et des mariages , et il avait rappelé dans une diète les ordonnances de Rodolphe sur la paix publique. Il voyageait fréquemment, pour juger par lui-même de l'état de l'Empire. Ses premières fautes ne vinrent peut-être que de la disproportion qui existait entre sa situation et ses moyens. Il appela au secours de sa faiblesse la duplicité et l'injustice. Engagé dans cette route , il ne put s'arrêter ; il alla d'erreurs en erreurs, de crimes en crhnes; il en fut sévèrement puni; ses peuples, qu'Albert n'opprima pas moins que lui, ne gagnèrent rien à sa punition.
Benjaruin Constant, dans la Biogr. universelle.— Uislor. Mogunt. chron. A. C. 1294. — J. G. Sclierz, Disserlutio deimperatoris Adolphi Nassovii depositione ; Argent., 1711, in-4° ; Lips., 1749. — H. W. Guendcrode , Geschiclite des rômischen Eœuigs yidolph von Nassau; Franckf., 1770, in-8», ibid., 1779, in-8-. — J. P. Wagner, Scfiediasmata II l de vita Adolphi Nassoviensis, régis Romanorum; Wisbad., 1773-80, in-4'>. — J. G. Leuchs, Adolpli der Nassauer, Kaiser iind Konig der Dentschen ; Augsb., 1798, in-8°. — Aiiriani, Huide aan'de nagedaehlenis van Graaf. Adolf van Nassau; Groning., 1827, In-S".
ADOLPHE {Jean), duc de Saxe, né le 4 se[> tembre 1685, mort le 16 mai 1744. Il servit d'abord comme général des troupes hessoises. En 1710 il entra au service d'Auguste n, électeur de Saxe et roi de Pologne , et se distingua , en 1718, contre les Turcs. En 1736, la mort de son frère Clnùstian le rendit souverain du pays de Weissenfels , où il mourut âgé de cinquante-neuf ans.
Merkwûrdiges Leben und Tkatcn Ilerzogs Johann! Adolpk's ZM Sachsen ,• Francfort et Leipsick, 1744, in-S", — Clirist. Ernest Wcisse, Gesckichte der Chursœchsis'^. chen Staaten; Leipzig, 1802-12, t, VI, p. 74, 192 et suiV^
ADOLPHE vm , duc de Schleswir/, mor| en 1459, fils de Gérard, comte de Holstein. ît fut élevé à la cour de l'empereur Sigismond , et, reçut, en 1440, du roi de Danemark l'investi- i