AGASSIZ
et que l'auteur a fait tirer à part pour ses amis. La Métamorphose des algues ( Metamorphosis algarum ) est un ouvrage dans lequel M. Agardh a émis des idées nouvelles sur la transformation mutuelle des êtres organiques les plus simples, et j)ar conséquent les plus voisins à la fois des végétaux et des animaux. Les autres travaux de M. Agardh ont pour titre : Dïsposïtio àlgarum Scandinavie, d'après le système de Linné ; Synopsis algarum Scandinaviae (Lund, 1817); Species algarunt ( t. I et II, Lund, 1820-1828 ) ; Icônes algarum (Lund, 1820-1823); Systema algarum (Lund, 1824 ). Dans ce dernier ouvrage, vraiment classique sur cette matière, l'auteur a réuni à ses observations celles de ses prédécesseurs , et notamment celles du botaniste danois Lyngbye. A ces ouvrages il faut encore ajouter : Icônes algarum curopsearum (4 livr. ; Leipzig, 1828- 1835); Essai de réduire la physiologie végétale à des principes fondamentaux ( Lund, 1828); Essai sur le développement intérieur des plantes (Lund, 1829); Lârobok i botaniken ( Manuel de botanique ; , 2 vol. , Malmoe, 1830-1831, dont le 1"="" vol. fut traduit en allemand sous le titre : Organographie der Pjlanzen, par L. de Meyer ( Copenhague, 1831), et le 2"-', sous le titre : Allgemeine Biologie der Pflanzen , par Crepelin ( Greifswalde, 1832 ). Il a aussi publié une vie de Linné, et plusieurs articles sur les mathématiques , la théologie et l'économie politique. En 1817, 1823, 1824 et en 1839-1840, il fut nommé député de son district, et se fit remarquer par ses idées libérales. M. Agardh a parcouru l'Europe à trois reprises différentes. — Son fils, Jacques-George Agardh, paraît suivi'e dignement les traces de son père ; il a déjà pubUé : Synopsis gêner is Lupini, Lund, 1835, et Recensio specierum generis Pteridis; ibid., Conversations-Lexicon, crlit. de 1831.
AGASîAS, sculpteur d'Éphèse, est l'auteur de la belle statue antique , nommée le Gladiateur Porghèse ou Gladiateur combattant. Ce chefd'œuvre antique fut découvert, au commencement du treizième siècle , à Antium , dans les mêmes ruines où, un siècle auparavant, on avait trouvé l'Apollon du Belvédère. « Le Gladiateur, dit Winckelmann , est un assemblage des beautés mâles de la nature dans un âge parfait, sans aucune addition de l'imagination. »
AG.iSiCLÈs ou HÉGSîSiCLKS, roi de Lacédémone vers l'cin 580 avant J.-C. On cite de lui la réponse qu'il fit à quelqu'un qui lui demandait comment un roi pouvait vivre tranquille : « C'est en traitant ses sujets comme un père traite ses enfants. »
Vausanias, irt iaeon. — rlutaniiic , Jpophthegmes laconicns, c. iv, 8.
"AGASSIZ {Louis), naturaliste suisse, naquit en 1807 à Orbe (canton de Vaud ), où son père
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était pasteur protestant. Il étudia les sciences médicales à Zurich, à Heidelberg et à Munich. En 1826, il fut chargé par Martius de la description des cent seize espèces de poissons que Spix avait rapportées du Brésil. Ce travail parut sous le titre : Pisces, etc, quos collegit et pinguendos curavit Spix, descripsit A.; Munich, 1829 à 1831 , in-fol., avec 91 planches iithogi'aphiées. Cet ouvrage, où l'auteur fait pour la première fois valoir ses idées sur les classifications ichthyologiques , fut suivi de V Histoire naturelle des poissons d'eau douce de l'Europe centrale, annoncée dès 1831, et publiée en 1839 par livraisons, dont la première comprend les sal- •monés (truites) (Neufchâtel, 1839, texte allemand, français et anglais, avec 34 planches ) ; la deuxième contient Yembrijoloyie des salmones, par C. Vogt (1 vol. de texte et 14 planches) ; et la troisième, VAnafomie des salmones, par Agassiz et Vogt (1 vol. de texte et 14 planches), dans le tome in des Mémoires de la Société des sciences ■naturelles de Neufchâtel, 1845. La suite de cet ouvrage fut interrompue par les Recherches sur les poissons fossiles (14 livi-aisons, in-fol., Neufchâtel, 1832 à 1842, avec 311 planches lithographiées), résultat de l'examen de plusieurs collections importantes, particulièi-ement de celles du Muséum d'histoire naturelle à Paris. Kommé professeur de zoologie à Neufchâtel, M. Agassiz s'adjoignit comme collaborateurs deux jeunes savants, MM. E. Desor et Charles Vogt, et avec leur concours il termina, en 1842, son ouvrage sur les poissons fossiles. Il séjourna ensuite quelcpie temps en France et en Angleterre; enfin,, en 1846, il partit pour les États- Unis, où il obtint une place de professeur à New-Cambridge , près de Boston. Il y continue ses travaux paléontologiques.
Outre les ouvrages cités, on a de lui : 1° Description des échinodermes fossiles delà Siiisse; Neufchâtel, 1839 à 1842, 3 livr. avec 35 planches lith.; — 2° Monographie d'échinodermes vivants et fossiles; Ma ^ 1838 à 1842, 4 livr. avec 62 planches lithogr. : la troisième livraison, comprenant les genres galerites et dysaster, est de Desor, et la quatrième ( anatomie de l'échinoderme), du professeur Valentin, à Berne; — 3" Études critiques sur les mollusques fossiles ;^e.uSchà.tei , 1840, 1 livr. avec 11 planches iithogr.; — 4° Sur les poissons fossiles cbi vieux grès rouge du Devonshire ; Neufchâtel et Soleure , texte in-4'', avec 42 planches in-fol. ; — 5° Études sur les gr^cciers; Neufchâtel, 1840, avec 32 pi. lithogi-., in-fol.; ibid., en allemand , 1841. Cet ouvrage capital , qui fait le plus grand honneur à l'esprit d'observation de M. Agassiz, renferme des idées tout à fait neuves sur la formation, le développement, la marche et l'action des glaciers. H fut suivi d'un travail plus détaillé, sous le titre : Système glaciaire, ou recherches sur les glaciers , par L. Agassiz, A. Guyotet E. Desor; Paris, 1847, avec atlas, —
AGATH ARQUE 364
M. Agassiz est un des naturalistes les plus zélés pour la science. F. H.
*AGATHANGELUS, historien d'Arméuic , secrétaire de Tiridate , premier roi chrétien de ce pays , florissait vers l'an 320. Moyse de Khorène, et d'autres écrivains arméniens , en parlent avec beaucoup d'éloge; ils louent surtout la pureté de son style. Nous avons de lui une Histoire de l'introduction du christianisme en Arménie, avec la vie du roi Tiridate : on trouve dans cet ouvrage de grands détails sur l'ancienne religion des Arméniens; il a été traduit en grec. Le texte fut imprimé à Constantinople , 1709, vol. in-4° de 428 pages.
Fabricius , Bibliotfieca grœca , t. X, p. 232 ; XI, Soi.
AGATHAKCUIDES ('AYaôapxîô-^;), géograplie et historien grec , natif de Gnide , vivait vers 1 1 0 avant J.-C. 11 fut attaché à la doctrine des péripatéticiens. Parmi ses nombreux ouvrages, relatifs à l'histoire et à la géographie , les anciens nous en font connaître trois : 1° dé Mari Rubro, en cinq livres ; c'était un périple du golfe Arabique , contenant en même temps des détails curieux sur les Sabéens et autres peuples de l'Arabie heureuse; les fragments conservés par Diodore et Photius ont été imprimés par H. Estienne, 1557, în-8°, et recueillis plus complètement par Hudson dans les Geographi minores , vol. F'". Gosselin l'a commenté dans ses Recherches sur la géographie. Dans cet ouvrage il est, pour la première fois, question de la maladie singulière appelée dragonneau , espèce de vers qui s'engendrent sous la peau, quelquefois longs de plus d'un pied; maladie que l'auteur dit être endémique chez les peuples de la mer Rouge ; — 2" de Asia, ouwage en dix livres, cité par Diodore, Plilégon, Lucien, Athénée, Photius, et qui pa rait aussi avoir été connu de Pline, qui cite Agatharchides au sujet des Macrobiens de l'Inde; — 3° Europiaca, grand ouvrage dont Athénée cite les liv. XXVIII, XXXIV et XXXVIH. II paraît encore, d'après Pline, qu'Agatharchidcs avait écrit sur les fameux Psylles de la Libye. La perte de tant d'ouvrages précieux doit donc exciter les plus vifs regrets. On ignore si cet historien est le même qu'Agatharchidcs de Samos, auquel sont attribués les Phrygiaca, ou Traité des choses mémorables de la Phrygie, cité dans le Traité des fleuves , ouvrage faussement attribué à Plutarque, et dont l'autorité n'est pas d'un grand poids , ainsi que les Persica, cités dans le même ouvrage, dans Diodore , Josèphe et Photius. On peut croire que VAgathyrsides de Samos, auquel Stobée (Serm. 7) attribue une Histoire de la Perse, est le même que ce dernier Agatharchides ; la ressemblance des noms a pu causer une erreur de copiste,
niolms , Myriabibl., cod. 213, 230. — Fabricius, Bibl. grœc, TU, 32. — Clinlon, Fasti Hellenici. — Strabon, iiv. XIV. — Diodore de Sicile, liv. III. — Plino, Lucien, Josèphe, Hist. des Juifs, liv. XII, et Contre Apion. ~ Malte-Brun , dans la Bioijraphie universelle.
AGATHARQUE ('AYaQapxo;), peintre de Samos,
3oo AGATHARQUE
fils d'Eudémus, vivait vers 480 avant J.-C. H appliqua la perspective aux décorations tliéàti'ales. Ce fut, dit-on, le poète Eschyle qui l'engagea à travailler pour la scène. Argatharque exposa, dans un savant commentaire, les principes de son art. Un autre peintre du même nom fut contemporain d'AIcibiade.
Plutarquc, dans Periclès et Mcibiade. — Vilruve, De archilectura. Pra.'/., Mb. Vil, p. 698, édit. Bentley. — Andocides , Orat. in Alcib., c. vu.
AGATHE (sainte), vierge de Palerme,' mourut en prison le 5 févi-ier 251 , après avoir souffert divers tourments pour n'avoir pas voulu se livrer à Quintianus, gouverneur de Sicile. Les habitants de Catane l'invoquent particulièrement dans les éruptions du mont Etna. H existe deux panégyriques de sainte Agathe : l'un , écrit au septième siècle par saint Adelme d'Angleterre; l'autre, au neuvième siècle, par saint Methodius , patriarche de Constantinople.
Thomas Fasèle, Histoire de Sicile. — Les Bollandistes. — Tillemont, t. 111.
AGATHÉMÈRE ('AyaO^Epoç), géographe grec, vivait probablement dans ta seconde moitié du deuxième ou au commencement du troisième siècle de l'ère chrétienne ; car il parle du mur qui fut construit , sous le règne de Septime Sévère (mort en 211 de J.-C), et qui traversait le nord de la Grande-Bretagne. Il nous reste de lui un abrégé de géographie, intitulé Ttûmtu- Ttwfft; Tvj; YewYpa^îaç Èv invio^r^ , dédié à Philon son disciple , et divisé en deux livres. Cet opuscule est tiré en grande partie de Claude Ptolémée et de Strabon. On y trouve cependant quelques renseignements que l'on chercherait en vain ailleurs. Ce petit ouvrage a été publié séparément par Sam. Tennulius, sous le titre : Agathemeris conipendiarix geographise expositionum libri II, grxce, cum interpretatione latina et notis; Amsterdam, in-8°, 1671, d'après le manuscrit de Jean-Jacques Chiflet. Il se trouve aussi avec les remarques de Gronovius et la tiaduction latine de Tennulius , dans le recueil des géographes anciens de Jac. Gronovius; Leyde, 1697 et 1700, in-4°, et dans la Geographi minores d'Hudson , vol. II.
Fabricius, Bibliotheca (jrœca, t. IV, p. 615.
AGATUIAS (AyaOtaç), écrivain byzantin, surnommé le Scolastique , natif de Myrine dans l'Asie Mineure, vivait vers le commencement du sixième siècle. Il étudia à Alexandrie , exerça la profession d'avocat à Srnyrne , et vint en 554 à Constantinople, où il se fit connaître comme poète et comme historien. Les fragments de sa poésie et épigrammes se trouvent dans le troisième volume des Ânalecta de Brunck et dans le t. IV de VAnthologia grecca de Jacobs. Sa collection ou KuxXô; des poètes des six premiers siècles de notre ère ne nous est pas parvenue. Mais nous avons complète son Histoire du règne de Justinien (llepl -crjç 'louffTiviavoy paatXeîaç), en cinq livres (depuis l'an 532 jusqu'en 559 ) : elle commence à la vingt-sixième année de ce règne ,
où finit riustoire de Procope, et s'étend jusqu'à l'époque de la fuite de Khosroës le Jeune chez les Romains , et de son rétablissement par Mauritius. Cette histoire fait partie de la collection dite Byzantine. On l'a séparément, sous le titi'e Agathice scolastici de rébus gestis imper. Justiniani, lib. V, gr. etlat., cum interp. et notis Bonav. Fw^ca/iii; Leyde, 1594, in-fol. ; et Paris, 1670, in-fol. La meilleure édition est celle de Niebuhr; Bonn, 1828, in-8°. Cet ouvrage a été traduit en français par le président Cousin. Le style d'Agathias est incorrect et ampoulé.
Suidas , in Agathia. — Vossius , Histoire grecque , 1. II. c. 22. — La Motlie le Vayer, Jug. des liist. — Niebuhr, De vita Agathiœ, en tète de l'édition de Bonn.
*AGATH!NiTS ('Ayàôivoç), médecin, vivait vers la fin du premier siècle de J.-C. Galien, Cœlius Aurelianus et Aëtius en font mention, n était natif de Sparte, et l'élève d'Athénée, le fondateur de la secte des pneumatistes. Cependant il n'adopta pas les doctrines de son maître, et fonda lui-même une sorte d'école éclectique, la secte des épisynthétiques. Cependant les fragments d'Agathinus, conservés par Galien, Oribase, Aëtius, etc., et qui traitent de l'ellébore, du pouls, etc., sont conçus selon les principes dé la secte pneumatique; et, au rapport de Suidas, il a enseigné les mêmes principes à Archigène, qui exerçait la médecine à Rome sous l'empire de Trajan.
Fabricius, Bibl. Crssca, t. XIII. — Sprengel, Hist. de la med., t. II. — G. Kiihn , Additam. ad Elcnchun med. vet. a t'abricio exhibit. — Orihase, éd. de M. Uaremberg.
AGATHOCLE ( 'AyaeoxXriç ) , tyran de Sicile, né à Rhegium vers 361 avant J.-C, mort en 289, Voici un de ces grands hommes qui, suivant le mot de Solon, sont la perte d'un État : leur politique astucieuse et cruelle, violant toutes les lois de la morale, contribue à pervertir le genre humain. Agathocle était fils de Carcinus , potier de terre (figulus) , qui, exilé de sa patrie, était venu s'établir à Thermes en Sicile , vÙIe soumise aux Carthaginois. H devint orphelin de bonne heure, et continua, pour vivi-e , le métier de son père. Un jour il fut aperçu par Damas , riche général syracusain, qui se l'attacha, et lui fit donner une éducation soignée. Agathocle embrassa le métier des armes, et se distingua par son courage autant que par sa beauté physique. Peu de temps après, son protecteur lui confia le commandement d'un corps de mille hommes dans une expédition contre Agrigente. Damas mom'ut, et Agathocle ayant épousé sa veuve, devint le plus riche habitant de Syracuse. Mais , par suite de son opposition à Sosistrate, qui venait de se proclamer souverain ou tyran , Agathocle fut contraint de s'enfuir en Italie. Là il se mit à la tête des mécontents réfugiés à Crotone et à Tarente, et se porta au secours des Rhégiens, qui étaient en guerre avec le tyran. Quelque temps après, les Syracusains le rappelèrent, et le nommèrent leur chef contre Sosistrate , dont ils venaient de secouer
le joug, mais qui, appuyé des Carthaginois, les menaçait de nouveau. Agathocle, par sa bravoure et son habileté, les sauva du danger.
Les Syracusains, se défiant de ce nouveau chef, nommèrent au commandement de leurs troupes Acestoride le Corinthien, qui n'imagine rien de mieux que de faire assassiner Agathocle. Ce dernier évita le danger en envoyant, à l'endroit où les émissaires d' Acestoride devaient le surprendre, im domestique qui lui ressemblait, et qui fut tué à sa place. Personne ne doutait de sa mort, lorsque tout à coup il reparut devant Syracuse avec une armée formidable. Onlui promit sonrappel et la restitution de ses biens, ce qui l'engagea k licencier ses troupes. Conduit dans le temple de Cérès , il jura solennellement, devant les citoyens assemblés, qu'il n'entreprendrait jamais rien contre le gouvernement démocratique. « Il feignit, ditDiodore, d'être partisan zélé de la démocratie ; et, affichant dans ses discours des sentiments populaires, il fut nommé chef de l'armée et gardien de la paix, jusqu'à ce que la concorde fût parfaitement rétablie entre ceux qui avaient été rappelés â Syracuse; car il existait alors des factions nombreuses, qui toutes se faisaient la guerre entre elles. Le conseil des six cents , voulant établir le gouvernement oligarchique, faisait la plus vive opposition aux partisans d'Agathocle. Les citoyens les plus riches et les plus illustres étaient membres de cette assemblée politique (1). »
Agathocle offrit au peuple de le protéger contre le conseil des cinq cents ; le peuple, à son tour, le fit nommer général en chef de l'armée qu'on venait de lever contre la ville d'Erbita , qui s'était soustraite à la domination des Syracusains. Lemoment était venu de s'emparer du pouvoir suprême.
« Sous le prétexte de l'expédition contre Erbita, Agathocle fit, ajoute Diodore, enrégimenter les Slorgantins, les habitants d'auti'cs ■cilles de l'intérieui-, et tous ceux qui avaient antérieurement servi sous ses ordres contre les Carthaginois. Tous ces hommes lui étaient dé- Toués, en raison des nombreux bienfaits qu'il leur avait accordés pendant leur service militaire; ils s'étaient d'ailleurs toujours montrés ennemis de la faction oligarchique des six cents, et n'obéissaient que forcément au peuple, qu'ils haïssaient. Leur nombre s'élevait à trois mille , disposés au renversement de la démocratie. A ce nombre il ajouta tous ceux qui , en raison de leur pauvreté , étaient jaloux des citoyens les plus influents de Syi'acuse. Tout étant ainsi disposé, Agathocle ordonna à ses soldats de se réunir, à la pointe du jour, au Timoléontium. II invita également à ce rendez-vous Pisarque et Déclès, réputés les chefs du conseil des six cents , pour délibérer avec eux sur les affaires de l'État. Ils s'y rendirent, accompagnés de quarante de leurs amis. Agathocle, feignant d'être
(l) Diodore de Sicile, t. |V, p. 8, de la tiatl, de M. Iloefcr.
l'objet d'un attentat , les fit tous arrêter ; il les accusa devant les troupes, disant que les sixcents avaient voulu le traîner au supplice, <\ cause de son affection pour le peuple , et il se mit à se lamenter sur son sort. Excitée par ses plaintes, lamultitude demanda à grands cris qu'on exécutât les coupables sur-le-champ. Agathocle ordonna alors aux trompettes de donner le signal, et aux soldats de mettre à mort les coupables, de piller les biens des six cents et de leurs partisans. La ville fut aussitôt saccagée et plongée dans de grands malheurs. Les citoyens les phis considérables, ignorant le péril qui les menaçait , sortirent précipitamment de leurs maisons dans les rues , pour connaître la cause de ce tumulte. Les soldats, exaspérés par la colère, tuèrent ces citoyens inoffensifs, qui ignoraient encore le motif réel de ces troubles. Toutes les issues étaient occupées par les soldats. Les uns massacraient les habitants dans les rues , les autres dans les maisons. Beaucoup d'innocents périssaient ainsi, en demandant pourquoi on les tuait... Toute la ville offrit ainsi le spectacle d'horribles massacres et des excès les plus déplorables. D'anciennes haines se ranimaient ; les uns brisaient les portes des vestibules, les autres montaient avec des échelles sur les toits des maisons , et se battaient contre les habitants qui faisaient de la résistance. Les temples mêmes n'offraient plus de sécurité à ceux qui y cherchaient un asile; la férocité l'emporta sur la piété. Et tous ces excès étaient commis en pleine paix ; des Grecs déchiraient des Grecs (l) au sein de la patrie; des parents s'amiaicnt contre des parents, sans respecter ni la nature ni les dieux. Toutes les portes de la ville ayant été fermées, plus de quatre mille citoyens , qui n'avaient d'autres torts que d'être plus influents que les autres, périrent ainsi. Ceux qui cherchaient à gagner les portes furent saisis ; d'autres, se précipitant du haut des murailles, paivinrcnt à se sauver dans les villes voisines; quelques-uns , troublés par la frayeur, se jetèrent dans des précipices. Plus de six mille citoyens , expulsés de leur patrie , se réfugièrent pour la plupart à Agrigente , où ils obtinrent les soins convenables.
« Après que ces massacres eurent duré pendant deux jours, Agathocle rassembla les prisonniers , et fit relâcher Dinocrate , en considération d'une ancienne amitié. Quant aux autres, qu'il regardait comme ses ennemis déclarés , il les fit mettre à mort ou envoyer en exil. Il convoqua ensuite une assemblée générale, dans laqueUe il accusa les six cents d'avoir favorisé l'oligarchie; et il ajouta que, la ville étant désormais purgée de ceux qui prétendaient à l'usurpation du pouvoir, le peuple avait recomTé son indépendance absolue (2). »
(r) On se rappelle i Dlei)t le nom de Gran
D la Sit -Gièce,
lie et l'Italie inférieure i>or>
(2) Piodnre, t, IV, p. 8 et siiiv.
« Maintenant, dit-il, je vais rétablir le gouvernement populaire, et vivre en homme privé, sur le pied d'une parfaite égalité. » A ces mots, il jette ' sa clilamyde, revêt la tunique commune, et se confond dans la foule comme un simple citoyen. Mais il savait bien que le suprême pouvoir ne lui échapperait pas, parce que tous ceux qui auraient pu le lui disputer, et qui avaient le talent de régner, n'existaient plus. 11 vit d'ailleurs que ceux qui, par ses ordres, avaient massacré et spolié leurs concitoyens, seraient obligés de le nommer leur chef pour rester impunis. Aussi, à peine eut-il fini sa harangue, que d'un commun accord tous lui offrirent le pouvoir suprême et une autorité sans bornes. Ces choses se passèrent dans la quatrième année de la cent quinzième olympiade (en ai7 avant J.-C).
Agathocle commença par régner avec modération. 11 ordonna l'abohlion des dettes, et le partage égal des terres entre les riches et les pauvi'es. Par là il gagna l'affection du peuple , qui se vit ainsi l'égal du petit nombre des nobles échappés au carnage, et qu' Agathocle voulait affaiblir. 11 écouta les plaintes du moindre de ses sujets, et jugea avec bonté et affabilité leurs différends , pour s'en faire aimer. Voulant se soumettre toute la Sicile , il projeta de s'emparer des autres villes de l'île. Son ardeur d'envahissement ne tarda pas à le mettre aux prises avec les Carthaginois, maîtres de Sélinonte, d'Héraclée, d'Himère, et de plusieurs auti-es places fortes de la Sicile. Mais après quelques tentatives de soulèvements, il fut battu par Amilcar à Himéra l'an 311 avant J.-C.
Après cet échec, Agathocle se renferma d'abord à Gela , puis à Syracuse , et se vit bientôt abandonné de tous ses alliés. Dans cette situation critique, il fit un effort suprême pour sauver son autorité et sa vie.
« Au moment où tout le monde s'imaginait le voir reculer devant la puissance des Carthaginois , Agathocle conçut le dessein de laisser Syracuse sous bonne garde , de faire des levées de troupes , et de pa,sser avec une armée en Libye ; car il se flattait qu'il trouverait Carthage plongée dans toutes les jouissances de la vie, fruits d'une longue paix , et qu'avec des soldats habitués aux fatigues de la guerre il viendrait facilement à bout d'une population incapable d'affronter les périls des combats ; il espérait en môme temps que les alliés libyens , gémissant depuis bien longtemps sous un joug pesant , saisiraient l'occasion de se soulever; en outre, ce qu'il y avait de plus important , il pensait qu'en apparaissant soudain , il lui serait facile de livrer au pillage un pays qui n'avait pas encore été ravagé par l'ennemi , et où les Carthaginois avaient accumulé toute sorte de richesses. Knfin, d'après ce plan, il devait délivrer sa patrie et toute la Sicile du joug des barbares , et transporter en Libye tout le théâtre de la guerre. C'est ce qui arriva en effet.
« Agathocle , sans communiquer ce plan à aucun de ses amis, confia à son frère Antandre le gouvernement de Syracuse, avec une forte garnison. En même temps il fit de grandes levées de troupes, et ordonna aux fantassins de se tenir sous les armes , et aux cavaliers de se munir, indépendamment d'une armure complète , de selles et de brides , afin qu'ils fussent prêts à monter les chevaux dont ils pourraient s'emparer; car, dans sa dernière défaite, la plus grande partie de l'infanterie avait péri , et presque tous les cavaliers étaient parvenus à se sauver; mais ils ne pouvaient pas emmener avec eux leurs chevaux en Libye. Agathocle songea alors au moyen d'empêcher les Syracusains de faire, après son départ, quelque tentative d'insurrection. Dans ce but, il rompit toutes les relations de famille ; il sépara les frères de leurs frères , enleva aux pères leurs enfants , en laissant les uns dans la vUle et emmenant les autres avec lui. Il était donc évident que si ceux qui restaient à Syracuse étaient mécontents du tyran, ils n'oseraient rien tenter, retenus par l'affection pour des fils ou des parents emmenés en Libye. Comme Agathocle avait besoin d'argent , il enleva aux tuteurs les biens des mineurs , alléguant qu'il administrerait mieux , et qu'à la majorité des enfants il en rendrait plus fidèlement compte. Il fit en outre des emprunts aux marchands, enleva des temples plusieurs riches offrandes , et se fit même livrer les bijoux des femmes. S'apercevant ensuite que les citoyens les plus opulents étaient mécontents de ces actes et mal disposés pour lui, il convoqua une assemblée, où il déplora sur un ton lamentable les revers qu'il venait d'essuyer, et les malheurs qui l'attendaient. « Pour nnoi, disait-il, habitué à tous les maux, je supporterai bien facilement les fatigues d'un siège; mais ce qui m'attendrit, c'est le sort des citoyens qui , renfermés dans leur île , seront exposés à tant de misères. « En prononçant ces paroles, il engagea les habitants à se sauver avec tous leurs biens , pour ne pas endui-er les calamités qui les menaçaient. Les citoyens les plus riches et les plus hostiles au tyran se retirèrent ainsi de la ville; mais à peine en furent-ils sortis , qu 'Agathocle envoya à leur poursuite un détachement de mercenaires, les fit tous égorger, et confisqua leurs biens. Ainsi , par ce seul crime , Agathocle se procura des richesses , et il purgea la ville de ses ennemis. Il donna ensuite la liberté à tous les esclaves en état de porter les armes.
<c Tous les préparatifs terminés , Agathocle fit embarquer ses troupes sur soixante bâtiments, et attendit un moment favorable pour mettre à la voile. Comme il n'avait communiqué son projet à personne, quelques-uns conjecturaient qu'il méditait une expédition en Italie ; d'autres, qu'il allait ravager le territoire de la Sicile, soumis à la domination des Carthagi-
nois; mais tous étaient d'accord pour désespérer du salut des hommes qui faisaient partie de cette expédition, et pour accuser de folie le tyran.
« Cependant la station navale des ennemis, qui se composait d'un très-grand nombre de tiirèmes, força pendcuit quelques jours les troupes d'Agathocle à rester consignées sur leurs na^^res et, à demeurer dans le port. Bientôt après , des bâtiments de transport, chargés de vivres, s'approchèrent de Syracuse : les Carthaginois en ayant été avertis vinrent avec toute leur flotte attaqiier ces bâtiments. Agathocle, qui avait déjà désespéré de son entreprise, profita de ce moment pour sortir du port ainsi débloqué, et s'éloigna à force de rames. Les Carthaginois étaient près d'atteiQdi'e les bâtiments de transport, lorsqu'ils virent la flotte ennemie marcher à voUes déployées. Ils s'imaginèrent d'abord qu'Agathocle venait au secours des bâtiments de transport, et ils se rangèrent en ligne de bataille. Mais lorsqu'ils virent que la flotte ennemie continuait sa route en ligne droite, et qu'elle avait beaucoup d'avance sur eux , ils se portèrent à lui donner la chasse. Pendant que les deux flottes luttaient ainsi de vitesse, les navires de transport échappèrent inopinément au danger qui les menaçait, et ramenèrent beaucoup de vivres à Syracuse, qui commençait déjà à souffrir de la disette. Agathocle faiUit tomber au pouvoir des Carthaginois ; mais l'approche de la nuit lui apporta un moyen de salut inespéré. Le jour suivant, arriva une éclipse de soleil telle, que le jour semblait être changé en mut, et que les astres se voyaient partout au ciel ( 15 août 310 avant J.-C. ). Les troupes d'Agathocle, prenant ce phénomène pour un présage funeste de la Divinité, virent leurs inquiétudes pour l'avenir s'accroître de plus en plus.
« La flotte d'Agathocle était en mer depuis six jours et autant de nuits, lorsque, le septième jour au matin, ils eurent soudain en vue la flotte carthaginoise à peu de distance. Les deux flottes rivalisèrent d'efforts de rames. Les Carthaginois espéraient qu'une fois les vaisseaux d'Agathocle pris , ils soumettraient facilement Syracuse , et sauveraient leur patrie des dangers dont elle était menacée; les Grecs, de leur côté, redoutaient la vengeance à laquelle ils se voyaient exposés, ainsi que l'affreux esclavage de leurs parents laissés en Sicile. Cependant la côte de la Lil)ye se montrait au loin ; à cette vue , une nouvelle ardeur anima les équipages, et l'émulation fut portée à son comble; mais les barbares, faits depuis longtemps au métier de rameurs, marchèrent plus vite, et ne laissèrent que très-peu d'intervalle entre eux et les Grecs. Dans cette marche rapide, les deux flottes atteignirent presque en môme temps le rivage. L'arrière-garde d'Agathocle ne se trouva qu'à une portée de trait de l'avant-garde des Carthaginois. Un combat s'engagea entre les archers
' et les frondeurs; mais il ne dura pas longtempscar, comme les barbares avaient moins de bâtiments, Agathocle l'emporta par le nombre de ses soldats. Les Carthaginois se rembarquèrent donc sur leurs navires; et, la poupe en avant ils se retirèrent hors de la portée des flèches! Agathocle acheva de débarquer son armée à l'endroit de la côte qu'on appelle Latomies; il y éleva unretranchement dont les deux bouts touchaient à la mer, et vint s'y embosser avec ses bâtiments.
« Après cette hardie tentative, Agathocle en fit une autre bien plus hardie encore. Il appel* auprès de lui tous les chefs qu'il savait lui êtré^ dévoués ; et, après avoir offert im sacrifice k Cérès et à Proserpine, il convoqua une assemblée générale de l'armée. H s'avança vers latribune, la tête ornée d'une couronne, vêtu d'un habillement spïendide, et prononça un discours approprié à la circonstance. « Au moment, dit- « il, où nous étions poursuivis par les Carthagi- «nois, j'ai fait vœu à Cérès et à Proserpme^ « déesses protectrices de la Sicile, de faire de tous « nos bâtiments des torches allmnées en leur honte neur. Maintenant que nous sommes sauvés, je « dois remplir ce vœu. En échange de ces bâti- « ments, je promets de vous en donner un bien « plus grand nombre, si vous combattez vailiarn- « ment ; car les déesses nous aimoncent par les « victimes une victoire complète. « Pendant qu'il l)rononçait ces paroles, un de ses serviteurs lui apporta une torche allumée : il s'en saisit, et, après en avoir fait remettre une à chaque triérarque, il adressa une invocation aux déesses; puis, s'avançantle premier vers le vaisseau commandant, il se plaça debout sur la poupe, et ordonna aux triérarques d'en faire autant de leur côté. Tous mirent alors le feu aux bâtiments ; et pendant que la flamme s'élevait dans les airs, les trompettes sonnèrent la charge, l'armée poussa le cri de guerre, et tout le monde adressa aux déesses des prières, implorant un heureux re* tour. Agathocle avait pris cette mesure , d'abord pour enlever aux soldats tout moyen de fuite, et pour les forcer à chercher leur salut dans la victoire ; ensuite pour avoir sous sa main toutes ses forces, et n'être point obligé de les diviser en en laissant une partie pour la défense des navires, qui autrement seraient tombés au pouvoir des Carthaginois (1). »
Ces derniers furent consternés : leur armée, quoique trois fois plus nombreuse que celle de l'ennemi, ne résista point au choc désespéré des treize mille hommes d'Agathocle. Cette poignée de braves n'était pas môme suffisamment armée. « Quelques-uns, dit Diodore, n'avaient pas môme de boucliers ; pour y suppléer, Agathocle ordonna de distendre sur des baguettes les étuis des boucliers : ces étuis offraient au loin l'aspect de véritables boucliers. Cependant, voyant
(i) Diodore, t, IV, p. 114-118 de la trad, de M. Hnefer,
I que SCS soldats continuaient à s'effrayer des ■ forces des barbares , si supérieurs en cavalerie , I il fit lâcher, sur plusieurs points de la ligne, des I chouettes qu'il avait tenues prêtes d'avance, pour j ranimer le courage de ses troupes. En effet, ces 1 oiseaux, après avoir voltigé au-dessus de la phalange, vinrent s'abattre sur les boucliers et les casques des soldats, qui tirèrent un heureux augure de la présence de cet animal, consacré à Minerve.... Agathocle, victorieux contre toute attente, força les Carthaginois à se renfermer dans leurs murs : la fortune inconstante fît ainsi succéder le revers à la victoire. En Sicile , les Carthaginois avaient battu Agathocle et assiégé Syracuse. En Afrique , Agathocle en fit autant à l'égard des Carthaginois : battu chez lui, dans son île, il venait, avec les débris de son armée, battre sur le continent ses propres vainqueurs. »
Les Carthaginois demandèrent de prompts secours à Amilcar en Sicile, et y firent répandre le bruit qu'Agalhocle avait péri avec toute son armée. Aussitôt Syracuse se souleva, et chassa tous les amis du tyran ; et cet exemple entraîna plusieurs autres villes qui avaient recoimu l'autorité de Syracuse. Amilcar vint investir Syracuse ; et il était sur le point d'emporter la ville d'assaut, lorsqu'une barque, échappée à la sm-veillance des Carthaginois, apporta la nouvelle de la victoire africaine aux habitants, qui repoussèrent les assiégeants et tuèrent Amilcar. La tête (ie ce général fut envoyée à Agathocle, qui la montra aux Carthaginois épouvantés.
Agathocle s'empara ensuite des principales \illes de la côte libyenne, telles que Tynès, Utique , Adrumète , Néapolis , sans réussir à prendre Carthage. La ville d'Utique avait chassé la garnison du vainqueur; or voici le moyen de vengeance imaginé par le tyran : <c II fit, dit Diodore , construire une macliine à laquelle il suspendit tous les prisonniers, et la fit approcher des murs de la ville. Les habitants d'Utique furent touchés de commisération à la vue de leurs Jiialheureux concitoyens; mais, préférant la liberté de tous à la conservation de quelques-uns, ils mirent les murs en état de défense, et soutinrent vaillamment le siège. Agathocle établit alors sur cette machine des frondeurs et des archers, d'où ils lancèrent des projectiles contre les assiégés, qu'ils remplirent des plus cruelles angoisses. Les défenseurs postés sur les murs hésitaient d'abord à se servir de leurs armes , qui auraient frappé leurs concitoyens, parmi lesquels s'en trouvaient quelques-uns de la plus haute distinction ; mais, de plus en plus vivement pressés par l'ennemi , ils se virent forcés de se défendre contre les assaillants. Cette nécessité causa aux habitants d'Utifjue la plus profonde aflliction, d'autant plus qu'elle était irrémédiable. En effet, les Grecs s'étant placés derrière les prisonniers d'Utique , il fallait ou, en épargnant des concitoyens, laisser tomber la patrie au pouvoir de l'ennemi, ou, en secourant la ville, tuer impi-
toyablement un grand nombre d'infortunés. C'est le dernier événement qui eut lieu. Les assiégés se servirent donc de leurs armes contre les ennemis, et, en frappant ceux-ci, ils frappèrent en même temps leurs concitoyens suspendus à la machme : quelques-uns de ces derniers y furent cloués par des tlèches, et subirent en quelque sorte le supplice delà croix ; et ce supplice cruel leur était infligé par les mains de leurs parents et de leurs amis ( 307 avant J.-C. ).
Ophellas, roi de Cyrène, vint au camp d'Agathocle, pour s'allier avec lui contre les Carthaginois. Le tyran l'ayant fait assassiner, on conçut une telle horreur pour lui , que presque tous l'abandonnèrent. Il retourna secrètement en Sicile; mais pendant son absence il éclata une révolte contre Archagatbe son fils, qu'il avait laissé à l'armée. Agathocle, revenu en Afrique, se vit bientôt contraint de fuir une seconde fois. Ses ti'oupes et ses enfants furent en partie tués et en partie faits esclaves par les Carthaginois et les Numides, qui demeurèrent vainqueurs.
Après ce retour honteux de l'Afrique, il tourna ensuite ses armes contre la ville d'Égeste, dont les habitants s'étaient révoltés parce qu'il leur avait demandé des contributions ; il prit la ville d'assaut, et fit massacrer tous les habitants en leur faisant souffrir les tourments les plus horribles (il leur faisait arracher l'os du talon, et poser violemment par terre). Bientôt Syracuse éprouva, à son tour, un sort analogue. H y fit massacrer par son frère Antandre tous les parents de ceux qui avaient fait périr ses fils eu Afrique : les enfants à la mamelle ne furent pas épargnés, et la mer même était rougie du sang des victimes jusqu'à une distance considérable de la ville. Ces cruautés le firent abhorrer. Un grand nombre de citoyens se hguèrent contre lui, avec Dinocrate qu'il avait exilé. Agathocle se vit bientôt tellement pressé , cpie , pour engager les Carthaginois à le secourir, il leur rendit toutes les villes qu'ils avaient possédées en Sicile, et offrit même à Dinocrate l'autorité suprême, à condition qu'il lui céderait deux places fortes pour la sûreté de sa personne. Mais lorsque Dinocrate, qui avait déjà rassemblé une armée de vingt mille hommes de pied et de trois mille cavaliers, eut rejeté ces propositions, Agathocle résolut de livrer bataille, attaqua l'ennemi dans son camp, et le battit complètement avec cinq mille hommes et huit cents cavaUers : le reste se rendit, à condition d'avoir la vie sauve. Dès que ses prisonniers furent désarmés, le vainqueur les fit tous massacrer. Il fit grâce au seul Dinocrate, et l'admit au nombre de ses plus intimes amis.
Dans l'espace de deux ans Agathocle reconquit toute la Sicile, à l'exception des villes cédées aux Carthaginois. Puis il passa en Italie, soumit les Bruttiens par la terreur seule de son nom , imposa aux habitants des îles Liparicnnes une contribution de cent talents d'or, ce qui les priva de toute leur fortune; enfin, il pilla les trésors de
leurs temples et de leui's autres lieux sacrés. H s'en retournait avec onze vaisseaux chargés d'or et de butin lorsque, assailli par une tempête, il fit naufrage. Cependant il échappa à la mort, et se sauva sur une trirème.
Agathocle, qui avait souillé son règne par des atrocités inouïes, fut entin empoisonné, l'an 289 avant l'ère chrétienne, à l'âge de soixante-douze ans, sur les instigations d'Archagathe son petitfils, par Médon, l'un des favoris du tyran. Médon avait trempé dans du poison le tuyau d'une plume dont Agathocle se servait pour nettoyer ses dents. Ses gencives et le reste du corps en furent aussitôt infectés, et les douleurs insupportables qu'il souffrit le déterminèrent à se faire brûler sur un bûcher, plutôt que d'expirer par l'effet du poison.
Agathocle est au nombre de ces hommes que la Providence envoie de temps à autre comme des fléaux. D'un caractère aussi dissimulé que cruel, il affectait de faire souvent placer sur sa table des vaisselles de terre ; et lorsqu'on lui en demandait la raison : « C'est, disait-il, pour me rappeler sans cesse ma naissance, et étouffer l'orgueil auquel pourrait m'entraîner l'éclat de la tlignité royale. »
Agathocle est le sujet de la dernière tragédie de Voltaire. Elle fut jouée le 31 mai 1779, jour de l'anniversaire de la mort de son auteur.
Diodore, liv. IX, XX, etc. — Justin, liv. XXII et XXIII.
AGATHOCLE, fils de Lyslmaque, l'un des lieutenants d'Alexandre le Grand. Il rebâtit la ville d'Éphèse, et périt dans une bataille qu'il livra à Séleucus.
Diodore de Sicile, liv. XVIII.
AGATHOCLE , historien grec, natif de Cyzique , vivait probablement dans le second siècle avant J.-C. Il avait composé une Histoire de Cyzique ( Flspl Ku^îxou ), dont Cicéron, Pline et Athénée font mention. E ne nous en reste qu'un petit nombre de fragments. — Il ne faut pas confondre cet Agathocle avec d'autres auteurs du même nom et dont l'un, natif de Chio, avait écrit sur l'agriculture ( Varron et Pline); un autre, natif de Milet, sur les fleuves (Plutarque); et un troisième , sur la pêche (Suidas).
Cicéron, De divinatione, 1, 24. — Pline, Hist. nat., IV. — Sclioliaste, Jd Apollonium Rhodium , IV, 7G1. — Scliol., ad Oesiod. Tlicog. 48d, — Fabricius, Bibliotheca grœca , t. III, p. 456, 459; t. VI, p. 3S4. — G. Millier, Histor. Grœc. fragm. ( édit. de jM. A. Didot).
AGATHOCLÉE, courtisaue d'Alexandrie, morte en 204 avant J.-C, fut aussi célèbre par sa beauté que par l'éclat de sa fortune et de ses crimes. Ptolémée PhUopator, roi d'Egypte, en devint tellement amoureux, que, pour l'épouser, il fit périr sa femme Arsinoé ou Cléopàtre. Agathoclée prit le plus grand ascendant sur l'esprit de Ptolémée , et ramassa d'immenses richesses. Ptolémée étant mort subitement , Agathoclée, aidée d'^nanthe, sa mère , voulut faire péiir le jeune Ptolémée Épiphane, âgé de cinq ans; mais l'enfaqt se sauva du palais et se jeta dans
les bras du peuple d'Alexandrie, qui prit sa d( fense, pénétra dansle palais, et massacra iEnantl et sa fille ( 204 ans avant J.-C. ).
Polybe, liv. XV. — Plutarque, In Cleom. — JustI liv. XXX et XXXI. — Athénée, liv. VI.
*AGATHOD^.MON, géographe d'Alexandri que l'on suppose avoir vécu peu de temj après Ptolémée, vers l'an 200 de J.-C. Il a lais; des tables géogi'apliiques flressées d'après cellt de Ptolémée. E. D.
Heeren , Commentatio de fontibus geograph. Pt lemœi tabularumqve Us annexarum, etc. — Fabricii BioUotk. grœc, V, 272.
*AGATHOMPHiLE, CJiâlonnois, nom su posé sous lequel on pubha en 1656, à Lyon, i petit volume intitulé la Porte française c vers burlesques, pour faciliter Ventrée à , langue latine , suivant l'ordre de toutes l reigles du Despautère latin, m-i2. E. D.
Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.
AGATKO» ( d'' Athènes ), poète dramatiqui contemporain d'Euripide, avec lequel il partag la faveur des Athéniens. Il se fit remarquer p sa beauté et ses mœurs efféminées. Platon Aristote parlent du talent de ce poète. Il ne no en reste que quelques vers, conservés dans Ari tote et Athénée, et pubhés par Grotius dans st Recueil de fragments des tragiques et corn ques grecs.
Il ne faut pas le confondre a.\ec Agafhon de S mos, historien, qui, selon Plutarque et Stobé avait écrit les Scythes et un traité des fleuve
Sclioell, hist. de la littérature grecque.
AGATHON, pape, Sicilien de naissance, f élu le 26 juin de Tan 679 ( 27 juin 678, selon P. Pagi ), et moui'ut le 10 janvier de l'an 68 Ce fut lui qui reçut la lettre que l'empereur V gonat avait écrite à son prédécesseur pour prier d'envoyer des hommes sages et instruit: afin de conférer avec les patriarches de Consfa tinople et d'Antioche toucliant les points litigici qui divisaient les églises d'Orient. Agathon lit pa des pieuses intentions de l'empereur aux évcqui d'Occident. Ceux d'Italie et des Gaules envoyc rent des députés à Rome, où le pape assembla i concile de cent vingt-cinq évêques pour nomiiK les légats qui devaient se rendre à Constant nople. Ils y arrivèrent au commencement de se| tembre de l'an 680. Ce qui ne devait être qu'ur conférence devint par l'événement un conci général, auquel ils présidèrent, et quel'on compi pour le sixième œcuménique. Agathon obtint d l'empereur que l'Église romaine serait décharge de la somme d'argent (trois mille soiidi d'or qui se payait à l'ordination de chaque pape, d'; près une coutume établie par les rois goths. Mai Constantin exigea que, suivant uneautrecoutuin plus ancienne, le pape nouvellement élu ne sera; consacré qu'après ({ue l'empereur aiu'ait continu son élection.
Kleury, Hist. cccles., I. 40. — Scliiavo ( Michèle ) , Pi.' sertazione storico-dogmatica Kulla patria, sanlita dottrina di san Jgatnne;ValcTmc, 1731, in-4°.
*AGATlîOJJ, diacre et bibliothécaire , protoaotaire patriarcal, second chancelier et secrétaire du sixième concile de Constantinople, tenu en 680 conti'e les monothélites , écrivit un récit îles actes de ce concile pour réfuter les erreurs ie ceux qui avaient osé le condamner dans une assemblée tenue à Constantinople en 712. Ce disjom's se trouve dans le supplément de la Bibliofhùquedcs Pères de l'Église et dans le tome VI ]e h Collection des conciles dwï'.Lahhe. E. D.
Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.
*AGATHOPOCLES, fut l'un de ceux qui as-
. listèrent à la mort de saint Ignace, martyr ; il a
! décrit la passion de ce saint. Ce récit a été publié
)ar Ussérius dans son Apjiendice aux lettres de
il 'in f Ignace; Londres, 1647, in-4°. E. D.
:: *AGATHUS (Pierre-Ange), médecin, disciple
leFallope, au seizième siècle. Il recueillit un
Ti-and nombre de recettes des auteurs anciens ,
I et en fit paraître une partie sous ce titre : Arca-
I norum liber primus, à la suite des Opuscules de
j Gabriel Fallope, qu'il publia à Padoue en 156G,
lin-4°. E. D.
Catalogue inédit de la Bibliotlièque nationale.
I *AGATio Di sOiMMA, savant italien du dixi septième siècle. Il nous a laissé un récit historijue des tremblements de terre de la Calabre, depuis l'année 1638 jusqu'à 1641. On lui doit aussi la vie du pape Pie V, traduite de l'italien par Félibien ; Paris, 1672, in-12. E. D.
AGAY {François-Marie-Brnno, comte d'), jurisconsulte français, né en 1722 à Besançon, mort à Paris le 5 décembre 1805. Il occupa successivement les places d'avocat général au parlement de Franche-Comté , de maître des recjuêtes , de conseiller d'État , et d'intendant de Bretagne et de Picardie. Gresset lui confia les derniers fruits de sa muse. En 1789, il chercha un asile à Paris, et s'y tint caché pendant toute la révolution. Étranger à tous les partis, il y vécut dans la retraite jusqu'à sa mort. Agay a publié : 1° Discours sur l'utilité des sciences et des arts ; krm&as,, illii, in-4°; — T Discours sur les avantages de la navigation intéieure, 1782, in-4'' : l'auteur y développe les avantages du prompt achèvement du canal de la Somme.
AGAY (d'). Voij. Daguet.
*AGAZZARi (Agostino), musicien italien, né à Sienne vers 1578, mort en 1640. Il fut d'abord «lirectcur de musique de la chapelle Apollinaire à Rome, puis maître de chapelle de la cathédrale de Sienne. Il eut pour maître Viadana de Rome, et se livra particulièrement à la musique d'église. Outre un grand nombre de motets et de messes à plusieurs voix, on a de lui : 1° Madrigali a7-?noniori, a cinque e set voci ; Anvers, 1600, in-4°;
— 2° Madrigalia a cinque voci , con un dialogo a sel voci cd îin pastorale a otto voci;
— 3° la Musica, ecclestastica, dove si contiene la vera difinizione délia musica corne scienza,
- AGERIUS 378
non plu veduta, e sua nohilta; Sienne, 1638, in-4°. Les ouvrages d'Agazzari ont été publiés sous ce titre : Sertum Boseum ;\eïase, 1619.
Geiber, Lexicon der Tunliunster.
AGÉLADAS OU AGKLAS , sculpteur d'Argos, maître de Myron et de Polydète de Sicyone, construisit le char de Cléosthènes, vainqueur à la course, dans la 66« olympiade (516 ans avant l'ère chrétienne). Selon Pline, Agélas florissait dans la 87'' olympiade (432 ans avant J.-C. ) ; ce qui ne s'accorde pas tout à fait avec la date précédente. Agélas fit, dit-on, le premier ressortir avec art dans ses figures les muscles et les veines , et il mit un soin tout particuher à bien représenter les cheveux.
Pausanias, (V, 33; VI, 10; VII, 24; X, 10. - Pline, //««. natur., XXXIV, S.
AGELET {Joseph Le Faute d'), astronome français, né le 25 novembre 1751 à Thone-le- Long près de Montmédy, mort vers 1786, dans l'expédition de la Pérouse, dont il faisait partie. Il étudia l'astronomie sous Laiande. En 1773, il partit avec Kerguelin pour l'Austi-alie, et revint avec plus de seize cents observations astronomiques. Il a publié des mémoires sur l'aphélie de Vénus et la longueur de l'année.
Delambre, Histoire de l'astronomie moderne.
AGELLiou AGELLius (4H^oi?2e) , religieux italien, né à Sorrento en 1532, devint évéque d'Acerno en 1593, et mourut en 1608. Il se distingua par son érudition et ses connaissances des langues anciennes. Avant d'être évéque, il dirigea l'imprimerie du Vatican, où il surveilla la correction de la Vulgate et de la version latine des Septante. On a de lui : 1° Commentaire sur les Psaumes et les Cantiques; Home, in-fol., 1 606 ; — 2° Commentaire sur les Lamentations de Jérémie; Rome, 1589, in-4° ; — 3° Commentaire sur les Proverbes de Salomon, imprimé avec les opuscules d'Aloysius Novarini ; Vérone , 1649, in-fol.; — 4° Commentaire sur Habacuc; Anvers , 1597 , in-8° ; — 5" édition grecque avec version latine des cinq livres de saint Cyrille d' Alexandrie contre Nestorius ; Rome, 1607, in-fol.
Ughelli, Italia sacra.
AGELNOTH , plus counu SOUS le nom latinisé d'Achelnotus , prélat anglais , du onzième siècle.- En 102O, il fut nommé archevêque de Cantorbéry. Après la mort du roi Canut, il refusa obstinément de couronner Harold qui, en l'absence de Canut le Hardi, s'était emparé du royaume. On a de lui un Panégyricjue de la sainte Vierge, et des lettres à différentes personnes.
Godwin, De prxsulibus.
AGEiiius ou AGEii (Nicolas), professeui; de médecine et de botanique à Strasbourg vers la fin du seizième siècle et au commencement du dixsepficme. Contemporain et ami des deux IVères Bauhin, il leur a communiqué plusieurs plantes nouvelles qu'il avait observées. On a donné son nom à une espèce du genre pœderota, qu'il
AGERIUS
avait fait connaître le premier. Agerius avait anssi , sur la philosophie physique et sur l'histoire naturelle, des connaissances fort étendues. Oa a de lui : \° Disputatio de zoophyfAs ; Argentorati, 1G25, in-4°; — 2" De anima vecjetativa; kvgièvAovSiii, 1629, in-4°. Carrière lui attribue encore : Thèses med. phys. De homine sano, et De dysenteria /Argent, 1593, in-4° ; — De anfractihus Mesarssi; ibid., 1629, in-4°.
Dupetit Thouars , dans la Biographie univers.
AGÉSANDRE, scuIptcuT rhodien , fit, sous l'empereur Vespasien , avec deux autres sculpteurs, Polydore et Athénodore, le fameux groupe qui représente Laocoon et ses deux fils étranglés par des serpents. C'est un des plus beaux morceaux de l'antiquité , un chef-d'œuvre de composition et de travail. C'est à Pline que l'on doit la connaissance des trois sculpteui's habiles qui ont exécuté ce groupe inimitable. Il est composé de cinq blocs de marbre si habilement soudés, que cet auteur le crut formé d'un bloc unique. Il fut trouvé en 1506, sous le pontificat de Jules II, à Rome dans le palais de Titus, contigu à ses thermes, sur lemontEsquihn. Pline, qui en fait le plus grand éloge, l'avait vu dans cet endroit. Après être resté pendant trois siècles dans le palais de Farnèse , ce groupe devint pendant quelque temps l'ornement du musée de Paris, et fut, après 1815, rapporté en Italie. Winckelman place l'exécution du groupe de Laocoon dans la belle période de l'art grec, tandis que Lessing {Dissertation sur la peinture et la poésie) montre très-ingénieusement que ce chet-^d'œuvre est beaucoup moins ancien , et qu'il fut inspiré par les beaux vers de Virgile. Il y a plusieurs belles copies. Voyez Athénodore.
Pline, lib. XXXVI, c. 33.
AGliisiAS , philosophe platonicien de la ville de Cyrène en Afrique. Le roi Ptoléraée lui fit fermer l'école qu'il tenait à Alexandrie, parce que ce philosophe enseignait à ses disciples que l'âme était immortelle, et que plusieurs de ses disciples, pour s'assurer de la vérité de cette idée, s'étaient donné la mort. C'est ainsi qu'un Anglais, après avoir lu le traité de Sherlock sur l'immortalité de l'âme, écrivit ce vers en se poignardant :
.Sherlock, Je doute encore, et je vais m'éclaircir.
Diogène Laiirce, In Aristip., liv. II. — Cicéron. — Valère Maxime, lib. I, cap. ix, ex. 7.
*AGÉsiLAs ('ÂyYiçiXaoç), général athénien, frère de Thémistocle, vers l'an 480 avant J.-C. Il fut envoyé pour reconnaître l'ai-mée du roi Xei'xès. S'étant déguisé en Persan, il se mêla parmi les barbares, et tua Mardonius, capitaine des gardes du roi, qu'il avait pris pour ce prince. On l'arrêta sur-le-champ, et on le conduisit à Xerxès, qui le condamna à être immolé sur l'autel du Soleil. Agésilas, arrivé à l'autel, mit la main droite sur le bra- .sier, et la laissa brûler sans prononcer le moindre soupir, assurant que tous les Athéniens lui ressemblaient ; et que, s'il n'en était point cru sur sa parole, il était prêt, pour le prouver, d'y mettre