AGÉSILAS
encore la gauche. Cet acte d'Intrépidité inspii tant de crainte à Xerxès, qu'il défendit de le faii mourir.
Hérodote. — Plutarque.
AGÉSILAS, nom de deux rois de Sparte. - Agésilas F'' fut le septième loi de Sparte, en con prenant dans cette liste Aristodème. On ne sa nen de sa vie , si ce n'est que son règne coii clda avec la législation de Lycurgue, vers 81 avant J.-C. Suivant Pausaiiias, Agésilas 1" r régna pas longtemps; tandis que, suivant Apolii dore, il régna quarante-quatre ans. Il était de famille des Agides. Le plus célèbre des deu Agésilas est le suivant.
Pausaiiias, III, 9, 4. — Clinton, Fast. Hellen., I, 143.
AGÉSILAS II, roi de Sparte, né en 445 a\ai J.-C, mort en 361. Il succéda, en 399, à sr père Archidamas, au préjudice de LéotyclH(l( déclaré illégitime, comme fils naturel d'A cibiade, et en dépit d'un oracle qui menaça Sparte des plus grands malheurs lorsqu'on verrait un règne boiteux. Lysandre, tout-pui: sant à Sparte, tourna contre Léotychide le .sei de l'oracle. Il prétendit qu'il ne s'agissait p; du roi, mais du règne, qui serait boiteux l'un des deux rois n'était pas légitime. Agésil; aurait cependant eu beaucoup de peine à réussi si ses prétentions n'avaient pas été appuyées p; Lysandre, qui espérait régner sous son non Sparte était alors dans toute sa gloire; Atlièm sa rivale, après avoir vu sa puissance n; vale anéantie par la bataille d'/Egos-Potamo; avait été obligée de laisser abattre ses mur Les Lacédémoniens dominaient donc sur presqi toute la Grèce et sur une partie de l'Asie M , neure, objet de litige entre eiiv et le roi f Perse Artaxerxès-Mnémon, qui cherchait à lei susciter des ennemis parmi les autres Grecs.
Agésilas résolut, par le conseil de Lysandrt de pousser la guerre contre eux plus vivemei qu'on ne l'avait fait jusqu'alors ; et, à l'exempi d'Agamemnon , il s'embarqua à Aulis , et pas.'^ en Asie avec huit mille hommes en 395 avai J.-C, soixante ans avant l'expédition d'Alexai dre. Le crédit dont jouissait Ly.sandre en Asi parut d'abord éclipser l'autorité d'Agésilas , qi affecta de l'humiher en lui donnant dans l'ai mée le soin des vivres. Lysaiidre sentit cepcîii dant qu'il fallait céder ; et , par cette conduit adroite et modeste, il obtint bientôt d'Agési las la dignité d'ambassadeur près des allii! de Sparte , sur les côtes de l'Hellespont. Ayai réuni ses troupes avec celles qui y étaient dtij; Agésilas se rendit on peu de temj)s maître d la plus grande partie de l'Asie Mineure. Il e? difficile de prévoir oîi il se serait ari-êté, si Ar taxerxès n'avait pas trouvé le moyen, en répan dant de l'argent dans la Grèce , ^'y former un ligue contre les Lacédémoniens , ce qiu le obligea de rappeler Agésilas environ deux an après son départ. Il ne quitta pas sans regret l'Asie, dont la conquête lui paraissait si facile
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il passa par la Macédoine, où l'on n'osa pas >^ l'attaquer, et par la Thessalie, où il trouva une nombreuse cavalerie qui voulut s'opposer à son passage, et qu'il défit. Il entra ensuite dans la Béotie, où il reçut quelques renforts, et défit, près de Coronée, l'armée combinée des Béotiens , des Argiens , des Athéniens , de leurs alliés , et donna , quoiqu'il eût été blessé grièvement dans le combat, un grand exemple de modération , en épargnant ceux qui s'étaient réfugiés dans le temple de Minerve. H ramena son amîée victorieuse dans le Péloponnèse, où venait d'éclater la guerre de Corinthe, remporta plusieurs avantages sur les alliés, et fit même célébrer les jeux Isthmiques , malgré les Corinthiens. C'est dans ce temps-là qu'il fut obligé (le laisser paitir pour la Laconie le bataillon des Amycléens, qui formait \me portion considérable de son armée, pour célébrer à Amyclée les Hyacintliies , fêtes en l'honneur d'Apollon. Ce bataillon fut attaqué en route par Iplùcrate, général athénien, qui le tailla en pièces. Agésilas marcha ensuite au secours des Étoliens , qui se trouvaient vivement pressés par les Acariianieus, et força ces derniers à faire la paix.
En 387 avant J.-C. , les Lacédémoniens conclurent avec le roi de Perse, par l'entremise d'Antalcidas, un traité de paix dans lequel furent compris tous les Grecs , mais qui ne tarda pas à être rompu. L'an 382 avant J.-C, Phœbidas, Spartiate, conduisant des troupes dans la Thrace, et passant par la Béotie , s'empara par trahison , et contre la foi des traités, de la Cadmée, citadelle de Thèbes : s'étant ainsi rendu maître de la ville, il y établit un gouvernement, et fit exiler tous ceux qui lui faisaient ombrage. Les Lacédémoniens eurent l'air de désapprouver Phœbidas, et le rappelèrent pour le faire juger; mais Agésilas , ayant pris son parti , assura son impunité, et les Lacédémoniens gardèrent la citadelle. Elle fut reprise trois ans après par Pélopidas ; ce qui amena une guerre ouverte entre les deux peuples. Peu de temps après, Sphodrias, Spartiate, qui était resté avec une année dans la Béotie, fit une tentative pour s'emparer par trahison du Pirée, quoiqu'on fût en paix avec les Athéniens. On le rappela pour le faire juger; Agésilas le sauva encore, en disant ouvertement qu'il désapprouvait cette action, mais que Sphodrias était un excellent soldat, dont la république avait besom. Il fit ensuite quelques incursions dans la Béotie , et harcela les Thébains par différents petits combats, dans lesquels il fut tantôt vainqueur, tantôt vaincu ; il fut môme blessé dans une de ces escarmouches, H ce fut à ce sujet qu'Antalcidas lui reprocha d'avoir formé les Thébains à l'art militaire, en les forçant à se battre.
Agésilas ne prit aucune part à la bataille de Leuctres, livrée en 371 avant J.-C. La ville de Sparte , consternée à la nouvelle de cette défaite , s'attendait à chaque instant à voir l'ennemi à ses
portes; d'un autre côté, on était fort embarrassé sur la conduite à tenir envers ceux qui avaient pris la fuite : les lois les déclaraient infâmes; mais ils étaient si nombreux, qu'il était dangereux de les pousser au désespoir, et impolitique de se priver de leur secours. On prit le parti de décerner à Agésilas le pouvoir législatif, et il ordonna que les lois fussent suspendues pour un jour seulement. On profita de cet intervaUe pour rétablir les citoyens dans tous leurs anciens droits, et les lois reprirent leur cours le lendemain. Agésilas alla aussitôt faire des incursions dans l'Arcadie, où il prit une petite ville des Mantinéens , ce qui rendit un peu de courage aux Lacédémoniens ; mais cette joie fut bientôt interrompue par l'arrivée d'Épaminondas, dont l'armée victorieuse ravageait la Laconie et vint assiéger la ville de Sparte. Agésilas n'exposa point ses troupes à un combat dont la perte eût entraîné des maux irrémédiables ; il se contenta de défendre la ville, et obligea Épaminondas à se retirer. Les Thébains ayant offert la paix , Agésilas la refusa, et peu s'en fallut que la prise de Sparte ne fût la suite de ce refus : il parvint cependant à sauver encore une fois sa patrie des armes d'Épaminondas. Ce général ayant été tué quelques jours après à la bataille de Mantinée, qu'il gagna sur Agésilas et les alliés de Sparte, les Thébains et les autres peuples de la Grèce firent la paix. Agésilas empêcha encore les Lacédémoniens d'y accéder. Il paraît cependant qu'il y eut au moins une suspension d'armes ; car, quelque temps après, Agésilas passa en Egypte pour prendre le commandement des troupes de Taches, qui s'était révolté contre le roi de Perse ; il l'abandonna peu de temps après, pour se mettre au service de Nectanébus, cousin de Tachos, et son compétiteur. Agésilas lui fit remporter deux victoires signalées, qui furent entièrement dues à son génie ; et lorsqu'il l'eut affermi sur le trône, il retourna à Sparte avec des trésors considérables, qu'il avait reçus pour prix de ses services. Pendant la traversée, il tomba malade , et fut obligé de relâcher a un petit port de l'Afrique nommé le port de Ménélas, où il mourut à l'âge de quatre-vingtquatre ans.
On cite d'Agésilas un assez grand nombre de bons mots. On lui demandait quelle vertu méritait la préférence , de la valeur ou de la justice : il répondit que si tout ie monde était juste, la valeiu' serait inutile. Lorsqu'il fut obligé de revenir de l'Asie , il dit qu'il en était chassé par trente mille archers du roi de Perse : c'était effectivement avec des pièces de monnaie qui portaient l'effigie d'un archer, que le roi do Perse avait corrompu les principaux citoyens de Thèbes et d'Athènes, pour faire déclarer la guerre aux Lacédémoniens. Agésilas eut pour historien Xénophon, son ami, qui, en cette qualité, a quelquefois un peu déguisé la vérité. On voit avec peine que sa partialité pour le roi de