BROOKE
Proper, qui avait d'abord paru favorable aux nouveaux venus, s'alarma bientôt de leur puissance, massacra Muda-Hassim avec les principaux membres du parti anglais, dont il était le chef, et tenta d'infliger le même traitement à Brooke et à see compagnons. Aidé puissamment par une escadre anglaise sous les ordres de sir Cochrane Brooke menaça de bombarder Bornéo, terrifie le sultan, et le réduisit à céder aux Anglais l'île ai Laboan , point intermédiaire entre Hong-Kong e Singapore. L'Ile de Laboan est un admirable por de refuge sur cette périlleuse mer de Chine, qu( traverse chaque anuée un commerce évalué i plus de quatre millions de livres sterling. Commi position commerciale, elle est appelée à deveni un entrepôt de premier ordj'e entre la Chine les Indes et l'île de Bornéo. Séparée par un bra de mer de cette île, la seconde du globe en éten due, Laboan est pour l'Angleterre .la clef de c
beau pays, et sa possession lui assure la domi nation exclusive de l'Océanie. A ce point de vu l'œuvre de James Brooke a une véritable impoitance historique , et ses compatriotes ne s'y soD' pas trompés. Les honneurs les plus grands dan une visite à Singapore, le titre de gouverneur d Laboan, trois expéditions successives qui soj' venues lui donner dans le pays une immens. force morale, témoignent que l'Angleterre a comi plétemeut apprécié la grandeur de ses services' A l'exception du courage dont il a fait preavau plus haut degré, Brooke n'a, du reste, aucun des qualités que l'imagination prête aux héros d ces aventures extraordinaires. C'est un véritai Me Anglais positif et flegmatique, et se préoccu pant beaucoup plus de la partie utile que du côl brillant de son enti-eprise; il n'en a pas moÎDi déployé des facultés remarquables, une suite < une force de volonté et une habileté très-rares il faut reconnaîti-e de plus que, s'il y a beaucoup du trafiquant chez lui, Brooke comprend cepeji dant d'une manière très-élevée la mission civ lisatrice qu'il s'est donnée. Rien n'était plui misérable que l'état de ces magnifiques contrée! où la présence de quelques comptoirs hoUai dais n'avait rien fait pour l'amélioration df idées morales. L'administration ferme et éclairt' de Brooke a changé complètement la face d Saravack. L'antliropophagie a été détruite k notions de morale et de religion répandues : ti puissant parti organisé est définitivement acqui ) à l'influence européenne. Brooke poursuit activ* ment et avec succès sa lutte à mort contre 1« pirates, qu'il a détruits en grande partie. Le cent' merce se développe sur les côtes avec une n marquable vigueur, et promet de les conquér à la civilisation avec plus de certitude et de R pidité que ne le pourraient faire les armées 1< plus considérables. Si un jour cette grande œi' vre de moralisation s'accomplit dans ce paj immense, l'histoire dira qu'elle fut due à l'ai dacieuse initiative de l'homme dont nous venoi d'esquisser la vie. T. D.
BROOKE — BROOME
Koppel Expédition to Uor- Mundy, Jlornco and Celebes;
Dncumcnti inédifs. ■ruo, etc.; Lond., 1847. - Lond,, 18*8, î vol. ln-8°.
BROOKKS {Richard ) , médecin anglais, vivait à Londres dans la première moitié du dixhuitièrac siècle. Il a laissé entre autres : Nattiral history of chocolaté; Londres, 1730, in-S"; — An introduction to physic and siirgery; ibid., 1754, in-S"; — Histoire de la Chine, de la Tartarie chinoise, de la Corée et du Tfiibet, d'après les PP. du Halde et Lecomte; Londres, 1741, 4 vol. in-4", fig. ; — A New and accurate systema of natural history ; ibid., 1763, in-19.; — Art of angling-rod and seafishing, T édit. ; Londres, 1743, petit in-12, 133 fig.: ce dernier ouvrage est attribué à Brookes par Bôhraer.
Carrère, Bibliothèque historique de la Médecine. BROOKES ( François ) , marin anglais , natif de Bristol, vivait dans la dernière moitié du dix-septième siècle. Parti de Marseille pour se rendre dans sa patrie , il fut pris par un corsaire de Tanger, qui le conduisit successivement à Salé et à Miquenez; Brookes trouva dans cette dernière ville plusieurs de ses compatriotes, et fut sur le point d'être délivré avec eux par un agent de Charles II , roi d'Angleterre ; mais des juifs comptèrent à Muley-Ismaël, empereur de Maroc, une somme égale à celle que donnait l'agent de Charles II, et par là retinrent dans les fers les captifs anglais , qu'ils employèrent à bâtir un de leurs villages. Brookes retomba ainsi dans l'esclavage, et n'en sortit, avec deux de ses compatriotes, que par les secours d'im More qui, après un long voyage, des souffrances inouïes et de nombreux périls, le conduisit à la colonie portugaise de Mazagam. Brookes s'y embarqua pour Lisbonne, fut présenté au roi de Portugal, et revint dans sa patrie, où il publia : Navigation en Barbarie ; VtvecM, 1757, in-12 (ouvrage assez l'are ).
Iiulleti7i de la Soc. ycoijr. de Londres. BROOKES (Josué), anatomiste anglais, ne le 24 novembre 1761, mort le 10 janvier 1833. D se destina de bonne heure à professer l'anatomie, et, après avoir obtenu le diplôme de chirurgien, il voyagea sur le continent pour se perfectionner dans son art. Plusieurs belles collections anatomiques, entre autres celle de Hunter, qu'il eut l'occasion d'admirer, lui inspirèrent le désir d'en former une semblable. Il y travailla durant quarante années , et il y réussit à l'aide de ses relations , qui, de tous les points du globe , lui faisaient parvemr des objets. Il dut aussi à de puissants protecteurs et à la bienveillance du roi plusieurs des morceaux rares qui enrichiient son muséum , pour lequel il dépensa d'ailleurs jusqu'à 75,000 francs. Les expériences chimiques auxquelles il s'était livré pour assurer la conservation de ses pièces anatomiques avaient contribué à la salubrité de ses salles de cours. On a conservé durant quatre mois à l'amphithéâtre,
des cadavres soumis à son procédé antiseptique, sans qu'on y aperçût le moindre symptôme de décomposition ; et aucun de ses auditeurs ne fut jamais atteint des affections causées par des miasmes putrides, quoiqu'il ait professé pendant quarante ans et formé plus de sept mille élèves. Il cessa volontairement ses leçons en 1827, et fut forcé, en 1828, par des embarras financiers, à vendre son cabinet d'anatomie. Plus tard, il brigua inutilement la chaire d'anatomie de l'Académie royale, et une place de chirurgien à l'hôpital de Middlesex. Il a laissé, entre autres : Mémoire sur l'ostéologie, et particulièrement sur la dentition dii genre lagostomus (dans les Transactions de laSociété linnéenne, 1829 ) ; — Lettre sur un remède à faire en cas d'empoisonnement par l'acide oxalique (dans la Lancette).
Rose, Neio Biographical Dictionary.
BROoniAN (Louis), jurisconsulte et musicien flamand, né à Bruxelles en 1527, mort dans la même ville le 8 janvier 1597. Il naquit aveugle , et ne laissa pas d'acquéi-ir les grades de maître es arts et de licencié en droit; il se fit surtout une réputation par son talent musical. Voici l'épitaphe que composa pour Brooman Jean Bochius, secrétaire de la ville d'Anvers :
Luiriinis experteai genUrix perduxit in aaras;
Major et ingenio lux fuit orta tuo.
Junonem natura, Jovera se prsestitit auctor
lUius, et varia damna levavit ope.
De grege Tiresias vatiim fuit unns ; at alter
Haud tibi par docta muslcus arte fuit.
Son petit-fils ioi<i5 Brooman, poète latin et flamand, né à Bruxelles au commencement du dix-septième siècle, mort en 1667, voyagea dans sa jeunesse , et, de retour dans sa patrie, se voua à la culture des lettres. On a de lui : un poème intitulé Serenissimo principi Ferdinando Austriaco, S. R. E. cardinali, felicissimum in aulam oppidumque Bruxellense ingressam adgratulatw L. Broomannus; Bruxelles, 1635, in-4° ; — les Héroïdes d'Ovide, traduites en vers flamands, avec des explications par J. B.
Paquet, Mémoires. — Sweert, Monum sepulchr., p. 294 et 295.
BROOiME ( G'uillawne ) , littérateur anglais, mort à Bath en 1745. Il se fit d'abord connaître par une traduction de V Odyssée, dans laquelle il fut aidé par Ozell et Oldisworth. U fournit à Pope les extraits d'Eastathe, d'après lesquels ce poète rédigea les notes de sa traduction de VI- Uadc. Broome concourut aussi à la traduction de l'Odyssée entreprise par le même auteur; et, n'ayant reçu pour son travail que 500 livres sterling avec cent exemplaires de l'ouvrage, il éclata en reproches. Pope s'en vengea en citant avec mépris le nom de Broome dans la Dunciade et dans son tiaité des Baths. Outre les travaux ci-dessus mentionnés, Broome a laissé un recueil de poésies, et la traduction en vers anglais de quelques odes d'Anacréon, qu'il a publiée dans
503 BROOME —
le Gentlemari's Magazine, sous le pseudonyme
de Chester.
• Rose, New Biographical Dictionary.
BROQUARD OU BRONQCARD (JùCguCS),
théologien français, né à Thionville vers 1588, mort en 1660. En 1608 il entra dans la société de Jésus, et alla résider à Luxembourg. On a de lui : une traduction en latin du Pédagogue chrétien, du jésuite Philippe Oultremann de Valenciennes, ouvrage dont l'édition originale parut à Mons en 1641, in-8°, 3 vol. ; un 4' volume annoncé par l'auteur n'a point été publié; — une traduction mlatin de l'ouvrage intitulé Pense%y bien, on Moyen assuré de se sauver ; Rouen, 1648, in-18; — une traduction latine du Testament de l'homme chrétien, d'Antoine Sucquet; — une traduction de la Vraie philosophie du chrétien, de Charles Musart.
D. Calmet, Hist. de Lorraine. — Bégln, Biographie de la Moselle.
* BRORSON ( Hans-Adolphe ) , poëte danois, né en Jutland le 20 juin 1694, mort en 1764. Il fut curé en 1721, et en 1741 évêque à Ripe. Ses poésies religieuses sont d'une haute inspiration, et se ti'ouvent dans plusieurs recueils : Troens Klenodie (le Trésor de la foi); Copenh., 1730 et 1742, et Svanesang (Chant du Cygne ),ibid., 1765. P.-L. M.
Kraft et Nyerup, Dansh-Norsk Litteratur-Lexicon.
*BROSBÔLL ( Charles ) , romancier et auteur dramatique danois , né en Jutland le 7 août 1820. H entra àl'âge de quatorze ans à l'Académie des beaux-arts de Copenhague ; mais, orphelin et sans fortune, il quitta les arts, et se mit, pour gagner sa vie , à écrire dans les journaux et à composer des pièces pour les théâtres. On a de lui : De to Studenter (les Deux Étudiants), V Organiste de Jellinge; Copenhaque, 1838; — Slsegtskabet (le Parentage ); Smuglerens Son (le Fils du Contrebandier); ibid., 1839; — Hedemanden (l'Habitant des Laudes) , et Foldingbro; ibid., 1840; — Madsa- ZM«e;ibid., 1841; — Livets Conflicter (les Conflits de la vie); ibid., 1844; — Eiaghs Sonner ( les Fils d'Eiagh ) , drame en quatre actes ; ibid., 1845 ;—4«/eZZo; ibid., 1847 ; — Contes et légendes du Jutland; ibid., 1847 et 1848; — Jeanne Tuyon ; ibid., 1849; — Herregaards fortœllinger ( Récits de châteaux de campagne); ibid., 1853. La plupart de ses romans ont été en partie traduits en anglais , en allemand et en hollandais. P.-L. M.
BROSCUi (Charles). Foy. Farinelli.
BROSHAMER {Hans ou Jean), peintre, dessinateur et graveur allemand , né à Fulde vers 1506 , mort vers 1560. Il fut , à ce qu'il paraît , élève d'Aldegrever, dont il reproduisit la manière sèche et roide , quoique ses sujets ne manquent point de finesse. D imita aussi Burgmayr, dont le monogramme se rapproche assez du sien pour que sa signature soit nécessaire pour reconnaître ses œuvres. Il est rangé, à raison des