‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 166 sur 276 · I 565 BRUCE — BRUCK · texte numérisé non relu

I 565 BRUCE — BRUCK

! trononiie, ef en médailles, ainsi qu'une belle bii Wiothèque ; l'Académie des sciences de Saint-Pé- • ♦ersbourg a fait l'acquisition de ces collections en i 1736. Comme il no laissa pas d'enfants, l'impépa- ' triée Annelvanovna, voulant bonorer la mémoire d'un homme qui avait rendu de si grands services à l'empire, conféra le titre de comte à l'un lie ses parents éloignés, Alexandre Rom\noviTCH, général major. Celui-ci eut un fils, le comte Jacques-A lexandrovitch Bruce, qui fut général en chef de l'infanterie, sénateur, gouverneur îîonéral de Moscou, et qui avait épousé une sœur du feld-maréchal Roumantsof, C'est cette comtesse Bruce qui fut dame d'honneur, et devint, selon Castéra, l'une des plus intimes confiili ntes de Catherine II.

Sc\\mtzleT, statistique de l'empire russe. —Castéra, fie de Catherine 11: 1798, 3 vol. in-8°.

BRUCE ( Jean ) , économiste et philosophe écossais, né en 1744, mort à Nuthil, dans le comté deFife, le 15 avril 1826. Après avoir été professeur de philosophie à l'université d'Edimbourg, il fut appelé à remplir des fonctions non moins lucratives qu'honorifiques, et devint membre de la chambre des communes pour llchester. Ses principaux ouvrages sont : First principles of philosophy; 1780, in-S"; — Eléments of the science of ethics ; 1786, in-8° ; — Anhistorical view of plans for the government of British India, and the régulation of the irade of the east Indies ; 1793, in-4°; — A report on the Renewal of the E. I. company's exclusive privilèges; 1794; — Annales of the E. I. Company , from their establishment in 1600 to the union of the Londmi and English ea.st India companies; 1707,1810, 3 vol. in-4".

Gentlman's Magazine.

BRUCE {Michel), poète anglais, né en 1746 à Kinnawood, en Ecosse; mort eh 1767. Il fut malheureux et souffrant ; aussi ses ouvrages portent-ils l'empreinte d'une profonde et touchante mélancolie. On croit entendre le dernier chant du cygne en lisant son élégie sur le printemps. John Logan a publié les vers de ce poète élégiaque ; Edimbourg, 1770.

Caaip])eU, Spécimen of British poëts. — Erscb et Gruber, Mlgemeine Encyclopxdie.

BRUCE {Pierre- H enri) , officier du génie, né en Westphalie, en 1692, d'une famille écossaise; mort en Ecosse en 1761. Il fut successivement au service du Brandebourg et de la Russie. En 1724, il revint en Ecosse, et, en 1740, le gouvernement anglais lui donna mission de se rendre en Amérique pour faire réparer les fortifications des places de guerre des colonies anglcdses. On a de lui un ouvrage posthume : Memoirs of P.-H. Bruce , containing an account of his travels in Germany, Russia, Tartary , Turkey, the New-Indies ; Londres, 1782; traduit en allemand , Leipzig, 1784, in-8°.

Bose, New Biographical Dictionary.

*BRUCHERou AUBRY OLIVIER, mécanicien français , vivait dans le milieu du seizième siècle.

Inventeur du monnayage au moulin , c'est-à-dire du balancier, il s'associa Rondel et Etienne Delaulne, graveurs célèbres, qui firent les poinçons et les carrés , et fut créé, par lettres de i 553, maître et conducteur de la monnaie au moulin. Ce procédé étant trop dispendieux, Henri III établit, en 1585, le monnayage au marteau. Ce fut seulement en 1645 que Louis XIV, sur les instances et d'après les perfectionnements du célèbre Varin, rétablit le monnayage au balancier.

Le Bas, Dict. encyc. de la France.

BRUCiOLi ou BBUCCion {Antoine), traducteur et littérateur italien, natif de Florence, vivait dans la première moitié du seizième siècle. Il entra dans la conspiration formée en 1523 contre le cardinal Jules de Médicis. Obligé (Je s'expatrier, il vint chercher un asile en France; mais les Médicis ayant été chassés de Florence en 1527, il rentra dans sa patrie, où il ne resta pas longtemps dans im état de tranquillité. La liberté avec laquelle il parlait contre les moines et les prêtres le fit soupçonner d'être attaché aux opinions, alors nouvelles , des réformateurs. H fut emprisonné, et n'échappa au dernier supplice que par le crédit de quelques amis, qui firent commuer la peine en deux années d'exil. Il se retira alors à Venise avec ses frères, qui étaient imprimeurs et libraires, et publia des ouvrages, dont les principaux sont : Biblia tradotta in lingua toscana; 1532, in-fol., avec de longs commentaires ; Venise, 1544-1548, 3 vol. in-fol. : cette traduction, que Brucioli, peu versé dans l'hébreu , avait faite sur la version latine du P. Santés Pagnini, fut mise au nombre des livres hérétiques de première classe; — traduction italienne de la Politique d'Aristote; Venise, 1547, in-8"; — traduction de la Physique du mème;ibid., 1551,in-8°; — traduction du traité du Ciel et de la terre du même; ibid., 1556, in-8°; — trad. de la Rhétorique de Cicéron ; ibid,, 1538 et 1542; — une édition de Pétrarque; ibid., 1548, in-8''; — trad. de Boccace; ibid., 1538, in-4°; — i Dialoghi délia morale Filosofia;Mdi., 1528, in-8°; — i Dialoghi faceti ; ibid., 1535, in-4°.

Tiraboschi, Storia délia Lett. ital. — Richard Simon, Hist. critique du Vieux Testament et Hist, critique des versions du Nouveau Testament.

^BRUCR {Charles- Louis de), homme d'État allemand, né à Elberfeld le 18 octobre 1798. Issu d'une honnête famille bourgeoise , il apprit et pratiqua d'abord le commerce à Bonn, où, après avoir fait aussi son service militaire, il suivit les cours d'économie politique de l'université. De Bonn il se rendit et se fixa à Trieste, où il épousa la fille du riche négociant Buscheck. Devenu directeur du Lloyd , il donna à cette institution la vigoureuse direction qui lui a assigné dans le commerce un rang si important. En 1848, de Bruck fut appelé à représenter ses concitoyens de Trieste à l'assemblée nationale de Francfort ; et le gouvernement autrichien fit de lui son ministre auprès du lieutenant général de l'Empire.

BRUCK — BRUCKMAWN

Après la révolution qui éclata à Vienne en octobre 1848, il fut chargé, dans le ministère Stadion- Schwarzenberg , du portefeuille du commerce et des travaux publics , prit part à tous les actes ipaportants de ce cabinet, concourut à la constitution du 4 mars 1849, négocia la paix avec le Piémont, et organisa son propre département sur un plan nouveau qui obtint la sanction de l'empereur. On lui doit d'utiles innovations : la création de chambres de commerce, de lignes télégraphiques; l'amélioration du système postal, des chemins de fer; la cessation de nombreuses entraves douanières , et les premières bases d'un droit maritime autrichien. 11 travailla surtout avec activité à l'adoption d'un projet d'union commerciale entre son gouvernement et le reste de l'Allemagne: c'est à ce point de vue qu'il adressa aux puissances allemandes deux Mémoires, l'un à la date de février 1849, l'autre du mois de mai 1850. En mai 1851 il se démit de ses fonctions, par suite, dit-on, d'un dissentiment avec ses collègues sur les moyens de rétablir l'équilibre dans les finances autrichiennes.

Convers.-Lexicon. — Gazette d'^ugsbourg, 1848-1851.

BRiTCKER (Jean-Henri), historien et philologue suisse, né à Bâle en 1725, mort dans la même ville en 1754. Il professa l'histoire à l'université de sa ville natale. Ses principaux ouvrages sont : Observationes philologicse circa causas obscuritatis in scriptoribus graecis; Bâle, 1744, in-4° ; — Scriptores rerumBasileensium minores, t. F''; Ma., 1752, in-8". Cette collection n'a pas été continuée.

Athense Rauricse.

BRrcRER(Jean-/acg'Mes),historienallemand, né à Augsbourg le 22 janvier 1696, mort dans la m<;me ville en 1770. 11 fut en quelque sorte le père de l'histoire de la philosophie. Avant son Mstoria critica philosophise (5 vol., Leipzig, 1741 et suiv. ), nous n'avions en ce genre que des compilations faites sans choix , sans esprit philosophique, assemblages incohérents de notices biographiques et de citations partielles , incomplètes, souvent inintelligibles. Bayle, en traitant des points particuliers de la philosophie ancienne avec cette sévérité de critique qui le distingue, pouvait bien déjà, sous ce rapport, fournir à Brucker un excellent modèle; mais personne encore n'avait songé à présenter dans un vaste ensemble tous les systèmes enfantés par la philosophie depuis sa naissance. C'est la gloire de Brucker de l'avoir fait. Son ouvrage est le premier qui soit complet, et qui offre un plan et une méthode. Il a sans doute plusieurs défauts qu'on ne retrouve pas dans les écrits postérieurs du même genre ; néanmoins, encore aujourd'hui , il est précieux à plus d'un titre. Ce qui le distingue par-dessus tout , c'est sa vaste et consciencieuse érudition. Pour la biographie des philosophes en particulier, il est généralement plus complet qu'aucun autre. Il a, de plus, le très-grand mérite de l'indépendance et d'une entière impartia-

lité. Outre l'ouvrage cité , on doit à Brucker : Tentamen introductionis in kistoriam doctrinse de ideis;\éxv&, 1719, in-4°; — Historia pkilosophica doctrinae de ideis; Augsbourg, 1723, in-8°; — Otium vindelicum, seu Meletematum historico-philosophicoriim Triga; ibid., 1729, in-8''; — Instïtutiones historix philosophicse ;'Lfi\çii^, 1747, 1756, in-S», édition augmentée, donnée par Frédéric Born; ibid., 1790, in-8°; — Biss. epist. de vita Hier. Wolfii; ibid., 1739, in-4°; — Pinacotheca scriptorum nostra œtate litteris illustrium; Augsbourg, 1741-1755, in-fol.; — Ehrentempel der deutschen Gelehrsamkeit , in welchen die Bildnisse geleJirter Mànner unter den Deutschen aus dem 15 ten, 16 ien und 17 ten Jahrhunderte aufgestelU werden (Monument élevé à l'honneur de l'érudition allemande, ou Vies des savants allemands des quinzième, seizième et dix-septième siècles ) ; ibid., 1747, in-4° ; — Miscellanea historicapkilosophicss litterarix criticœ olim sparsim édita, nunc unofasce collecta; ibid., 1748, in-8°; — Die heil. Schri/t altes und neues Testamentes, nebst einer Erklàruny aus den Anmerkungen englàndischer Schriftsteller (l'Ancien etleNouvcau Testament, avec une explication tirée des théologiens anglais ); Leipzig, 1758-1770, in-fol.; — Disputatio de comparatione philosophise gentilis cum Scriptura; léna, 1720,in-4°; — Kurze Fragen aus derphilosophischen Historié vom An/ange der Weltbisauf die Geburt Ghristi (Questions sur l'histoire de la philosophie depuis le commencement du monde jusqu'à la naissance de J.-C); Ulm, 1731-1736, 7 voL in-12.

Gôlte, Jetzt lebendes Europa. — Moser, LexiconJetzt lebender Theologen. — Hambergcr, l'Allemagne savante (en allemand),

BRVCK.V.K {Philippe-Ada7n), théologien protestant suisse, né à Kilchberg, près de Bâle, le 20 juin 1676; mort en mars 1751. Ses principaux ouvrages sont : De quarto imperio a Daniele descripto; Bâle, 1692, in-4° ; — Pensées sur la réunion des églises protestantes ; Heidelberg, 1723, in-4''.

Athenœ Rauricse, appcnd.

BRUCKMANN (François-Ei'nest) , médecin et naturaliste allemand, né à Marienthal, près de Helmstaedt, le 27 septembre 1697; mort à Wolfenbuttel le 21 mars 1753. Il pratiqua la médecine à Helmstaedt et à Brunswick , parcourut en 1723 presque toute l'Allemagne, recueillant des plantes, des pierres et des échantillons de minéraux, dont il forma une riche collection, et revint exercer son art à W^olfenbiittel. Ses principaux ouvrages sont: Spécimen botanicum, exhibens fungos subterraneos, v'ulgo tuberaterree dictos ; Helmstœdt, 1720, in-4''; — Spécimen physicum, exhibens h'istoriam naturalem Oolithi; ibid., 1721, in-4°; — Diss. medica de avellana mexicana vulgo cacao dicta; ibid., 1721 ; Brunswick, 1728, in-4°; — Relatio historico-physico-medica de cerevi'

BRUCKMANN — BRUE

sia Regio-Lothariensi vulgo'Duckstein dicta; Helmstœdt, 1722, in-4''; — Catalogus exhibens appellationes et denominationes omnium potKS generum qux olim in usu fuerunt et adhuc sunt per totum terrarum orbem; ibid., 1722, in-4°; — Historia naturalis curiosa lapidis Toû àffêéffTou, ejusque prwparatorum, chartse Uni lintei et ellychniorum incombustibilium; Brunswick et Leipzig, 1727, in-4''; — Thèses physicae ex historia lapidis toû âffêéffTou, ejusque prœparatorum adsumptœ; ibid., 1727, in-4°; — Bibliotheca numismatica; "Wolfenbiittel, 1729, in-8°; supplément 1 et 2, 1732-1741, 2 vol. in-8°; — Bibliotheca animalis ; ibid., 1743, 1747, in-8° ; — Magnolia Dei in lacis subterraneis, l" partie; Helmstaedt, 1727-1730, 2 vol. in-fol.; supplément, Wolfenbiittel, 1734, in-fol.; — Epistolx ïtmerarix centuria prima ;i\i\A.., il kl, in-4°;

— Centuria secundo ; ibid., 1749; — Centuria ^er^ia; ibid., 1750. On doit encore à cet auteur des traductions latines d'ouvrages italiens, et un grand nombre de dissertations insérées dans différents recueils. Selon la remarque de Brackman, les plantes transsudent par l'extrémité de leurs racines une matière comparable aux excréments des animaux, et nuisibie aux autres végétaux.

Borner, Ictzt lebende Aerzte. — Gôtte, Gelehrtés Europa. — Brucker, Ehrentempel der Deutschen Gelehrsamkeit. — Meusel, Dict. des écrivains allemands morts (telSSOfk 1800(eDallein.}.

BRVCKNER OU BRURNER {Isaac), géomètre et mécanicien suisse, né à Bâle en 1686, mort dans la même ville en 1762. Il vint perfectionner ses connaissances à Paris, où il demeura plusieurs années ; fut seize ans mécanicien de l'Académie de Saint-Pétersbourg, visita la Hollande et l'Angleterre , revint en 1750 à Paris, où il exécuta une machine pour déterminer les longitudes, et en 1752 à Bâle, où il donna des cours publics de géographie. Ses principaux ouvrages sont : BerichtUberden nûtzlichen Gebrauchund ailes dos, was anzumerken auf dem Globo terrestri , dessen Diameter einen halben Schuh haltet;Biie, 1722,in-16; — Beschreibung einer Vniversai-sonnenuhr (Description d'un cadran solaire universel) ;Pétersbourg, 1735, in-4''; — Nouvel Atlas de marine; Berlin, 1749, in-fol.;

— Table de longitudes et latitudes des principaux lieux marqués sur le grand globe de cuivre doré construit en 1752 ; — Carte générale du globe terrestre; Bâle, 1765, in-fol.

Athense Rauricx. — Ersch et Gruber, Allgem. encycl.

— Qnérard, la France littéraire.

BRUCKNER (^Daniel), historien suisse, neveu du précédent, mort en 1785. Il fut l'un des rédacteurs de la Statistique du canton de Bâle (en allemand); continua la chronique bâloise de Wursteisen, de 1580 à 1620 , Bâle, 1765-1779, 3 vol. in-fol., et laissa en manuscrit des travaux importants sur la ville de Bâle.

Athènes Rauricx

BRCCRNER (Jérôme), voyageur allemand, vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. On trouve dans le Nouveau Magasin géographique de Fabri des extraits des relations qu'il publia sur ses voyages à Genève en 1668, et sur les voyages du prince H. Albert de Saxe- Gotha en Danemark et en Suède, en 1670.

FabrI, Nouveau Magasin géographique. — JOcher, Allgem. (Jel.-Lex..

BRUDO (Abraham), commentateur juif, mort à Jérusalem en 17 10. D fut rabbin à Constantinople. On a de M: Bircad i4vraam (Bénédiction d'Abraham) ; Venise, 1696.

Wolf, Biblioth.Hebr. — Rossl,' Diiion. de' Ebrei, etc.

BRUE (4wrfrd), administrateur français, vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. Il contribua puissamment à la prospérité du commerce français dans le Sénégal, où il fut envoyé en qualité de directeur et de commandant général pour la compagnie du Sénégal et d'Afrique. Les voyages qu'il fit dans toute l'étendue des possessions de la compagnie lui avaient permis d'acquérir des renseignements exacts sur leurs gouvernements et sur les peuples qui les habitent. C'est presque entièrement sur ses mémoires qu'a été composée la Nouvelle relation de l'Afrique occidentale, publiée en 1729 par le P. Labat, qui avait beaucoup voyagé dans le nouveau monde, mais n'avait jamais été en Afrique.

Par suite des changements fréquents qui avaient eu lieu dans l'administration, le commerce du Sénégal était dans un fort mauvais état, lorsque la compagnie d'Afrique, établie le 23 janvier 1696, y envoya André Brue avec de grands pouvoirs. Cet administrateur avait tout le talent nécessaire pour relever cet établissement. Il n'est personne qui ne connaisse l'importance de la colonie du Sénégal : quant à son ancienneté, si elle ne remonte pas aussi haut que le croit le P. Labat, qui mentionne une compagnie de Normands de Rouen et de Dieppe possédant, de temps immémorial, un comptoir dans la rivière de Sénégambie, nous avons du moins la série des gouverneurs qui furent chargés des affaires d'une compagnie de négociants de ces deux villes, depuis 1626 jusqu'en 1664. A cette époque, cette compagnie céda son commerce et vendit ses établissements à la compagnie des Indes occidentales. Celle-ci, par ses fautes, obligea le gouvernement à lui retirer son privilège, et elle fut remplacée successivement par trois autres compagnies. C'était par la dernière qu'André Brue avait été envoyé au Sénégal, avec mission de régir les établissements des deux rivières du Sénégal et de Gambie, qui étaient comprises dans la concession.

Le Sénégal fixa principalement l'attention du nouveau directeur, qui visita tous les comptoirs, mit im terme à de grands abus qui s'étaient glissés dans l'administration, traita avec tous les princes dont le ten-itoire était traversé par le

BRUE — BRUEGGEMANN

fleuve, et gagna leur amitié par ses prévenances, et leur respect par sa fermeté. Il essaya de pénétrer dans le lac Cayar, qui communique par un canal à la partie la plus septenti-ionaledu cours du fleuve, et qui avoisine les forêts où l'on recueille la gomme arabique; mais des bancs couverts de joncs impénétrables étaient un obstacle invincible à la navigation. Dans le but de se rapprocher des pays d'où l'on tire de l'or, il remonta le Sénégal, et atteignit deux fois le rocher Felou, près duquel se trouve un village où passent les caravanes qui viennent de Ten-Boktou (Tombouctou) avec de l'or et des esclaves. Il construisit un fort sur la rive sud du fleuve, à peu de distance de ce village, et à sept ou huit lieues du confluent de la rivière de Falemé, qui prend sa source près de la rivière de Gambie. Son but était de procurer ainsi à la France la plus grande partie des marchandises que les caravanes portaient aux Anglais établis sur cette dernière rivière. Il voulait surtout se rapprocher des mines du royaume de Bambouc, qu'il avait découvertes lui-même presque sur les bords de la rivière de Falemé; c'est ce qui le porta à faire construire le fort Saint-PieiTe sur cette rivière, et à concevoir de nouvelles enti-eprises que son rappel , motivé par le mauvais état des affaires de la compagnie, ne lui permit pas de réaliser. Appelé de nouveau, en 1714, à la direction du Sénégal pour le compte de la nouvelle compagnie des Indes, Brue donna cette fois ses principaux soins au commerce de la rivière de Gambie ; et c'est à lui que l'on doit le rétablissement du comptoir d'Albreda, situé sur la rive droite, vis-à-vis de James-Fort. Il alla jusqu'à Cachéo, qui appartient aux Portugais, contractant partout sur son passage des alliances avec^ les princes indigènes ; et il plaça un nouveau comptoir à la pointe nord-est de l'île Bissao. Brue retourna ensuite en France, après avoir rendu notre commerce dans ces contrées plus florissant que jamais. En 1723, il revint en Afrique, avec la qualité de commissaire de la compagnie, sur une escadre qui, ayant échoué dans une entreprise sm' l'île d'Argnin, s'empara de Portendic. — D'après le portrait qu'en a tracé le P. Labat, André Brue était plus qu'un administrateur distingué ; c'était un homme d'État, que la versatilité des différentes compagnies qu'il représenta a seule empêché de faire de plus grandes choses.

Le Bas, Dict. encycl. de la France. — Labat , Nouvelle relation de l'Afrique occidentale.

BRVÉ {Étienne-Rohert), géographe français, né à Paris le 20 mars 1786, mort à Sceaux le 16 juillet 1832. Il fut un des géographes les plus distingués de l'Europe. Il avait fait partie de l'expédition célèbre du capitaine Baudin. A son retour à Paris, il appliqua à la confection des cartes l'ingénieux procédé du dessin sur le cuivre, procédé qui assure plus d'exactitude, et permet de donner aux contours plus de finesse et

de netteté. Ce fut après le succès des première; cartes de ce genre qu'il conçut le plan'd'un Atla; universel , destiné à reproduire sans cesse lo; progrès de la géographie par le remplacemen successif des cartes, à mesure que de nouveaudocuments viendraient en morliiier le tracé. Ce atlas, qui a été publié aux frais de l'auteur en 1 8 1 G se compose aujourd'hui de soixante-cinq cartes, e forme un recueil vraiment classique pour l'ensei gnement de la géographie. On a également de lu un Atlas classique de trente-six cartes. Brué ve nait de terminer sa belle carte des États-Vn't de V Amérique du Nord lorsque le délabremen de sa santé, naturellement délicate, le conti'aigni à interrompre ses travaux. Il s'occupait aussi refaire, d'après de nouvelles découvertes, le deux Amériques, le Mexique, les Antilles, e d'autres cartes, qui ont été terminées depuis s mort. Pai'mi les ti'avaux qu'il projetait, il n faut pas oublier une grande carte d'Afrique enrichie de toutes les nouvelles découvertes. So Atlas universel essuya, de la part du baron d Zach, des critiques sans fondement. Malte-Brui jugea aussi la Carte de la dispersion des peu ■pies jusqu'à Moïse avec une très-grande sévé rite, ainsi que le prouva la réponse de Bru(î Voici, au reste, comment s'exprime un jug compétent, M. Eyriès , sur V Atlas universel à Brué : « On remarque dans cet atlas une grand supériorité sur celui qui l'avait précédé, un em ^i ploi judicieux de matériaux bien choisis, u: dessin pur et net, une manière très-heiireus d'indiquer les reliefs de terrain : s'il n'est pa l exempt de fautes dans l'orthographe des noms en revanche on ne peut qu'applaudir à sa saga cité. Un voyageur qui a récemment parcoun l'Amérique méridionale a jugé que la physio nomie du terrain est rendue plus fidèlemen dans l'atlas de Brué que sur la carte de plu grande dimension, pour laquelle il s'était ser\ de documents qui lui avaient été fournis par di vers observateurs. »

Le Bas , JSiciîionn. encycl. delà France.— Qiiérari la France littér. — Beuchot, Journal de la Librairie.

*BRUEGGEMANN {Charles- Henri), publi ciste aUemand, né à Hopsten le 29 août 1810. 1 reçut sa première instruction à Meppen et Mlinster, et se rendit de là à l'université d Bonn, où il s'appliqua aux études juridiques c administratives. Un penchant pour la discussioi des questions politiques le porta à s'afliiier à I. Burschenschaft de 1830. Comme tel, et comnv^ membre de l'Association de la presse, il se Irouv. | aux fêtes de Hambach et de \Villielmsba(i, et ; cette occasion il fut deux fois incarcéré, d'abon en mai, puis en juillet 1832. Une instniclioi ayant été commencée , il fut livré, en scijtembn

1832 à la Bavière, emprisonné jusqu'au 3 juii

1833 à Frank enthal, puis remis au gouvernemen prussien, et enfermé jusqu'en mars 183'i d'abon à Munster, ensuite, jusqu'en octobre 1835, < Berlin. Au commencement de 1837, il fut, lu

BRUEGGEMÀNN - BRUEYS

troisième, condamné au supplice de la roue ; mais la peine fut successivement commuée en détention perpétuelle dans une forteresse, en trente années de prison ; enfin il fut compris dans j'amnistie du mois d'août 1840. On a de lui : Kritische Beleuchtung Doctor Lisfs Nationalsysteins der politischen (Economie (Éclaircissement critique du système d'économie politique du docteur List ) ; Berlin, 1842; — Preussens Bervfin der Preussischen Staatsentwickelung (Du rôle que doit jouer la Prusse dans le développement de l'État prussien); Berlin, 1843; — Der Deutsche Zollverein und dasSchutzsystem ( l'Union douanière allemande et le système protecteur); Berlin, 1845.

Conversations-Lexicon.

BRCEIS. Voy. Brueys.

BRVEL (Joachim), en latin Brulius, théologien flamand de l'ordre des Augustins, né à Vorst, dans le Brabant; mort le 29 juin 1653. Après avoir professé la philosophie et la théologie, il fut élu deux fois provincial de son ordre en Flandre. On a de lui : Brèves resolutiones casimm apud regulares reservatorum ; Cologne, 1640 ; — les Confessions du bienheureux P. Alphonse d'Orasco, traduites de l'espagnol m français ; ibid., 1610, in-16 ; — Vita B. Joannis C/mii; Anvers, 1645, in-16; — Historise Peruanx ordinis Eremitarum S. P. Augustini libri octodecim ; ibid., 1651 , in-fol. ; — De Sequesfratione religiosorum , 1653; — Rerum morumque in regno Chinensi maxime notabilium historia, ex ipsis Chinensium libris, et religiosorum, qui in illoprimi fuerunt,litteris et relatione concinnata;item Patrum aiigustinïanorumet franciscanorum in illud ingressus, per J.-G. de Mendoza; ibid. , 1655, in-4°.

Jôcher, Allgem. Gelelirten-Lexicon.

BRUEL {Jean- Antoine), instituteur français, vivait à la fin du dix-huitième siècle. Il s'établit à Dresde , où il publia entre autres : Tableatix nouveaux et historiques ; 1781, in-8°; — Bibliothèque d'éducation et de langue française ; 1798-1800, 6 vol. in-8°; — Dictionnaire portatif des gallicismes et des germanismes ; 1806, in-8°; 2^ édit., 1810, in-S" ; — Panorama de la langue et de la littérature française; 1820, in-8°.

Quérard, la France littéraire.

BRUEl. (du). Voy. DOBRTJEL.

^BRCELLOW {Charles), peintre russe, né à Saint-Pétersbourg en 1800. Après avoir reçu sa première instruction à l'Académie de cette ville, il fit, en 1823, le voyage d'Italie aux frais d'une Société des amis des arts, et protégé par l'impératrice Elisabeth ; il y peignit d'excellentes copies de Raphaël, et acquit la célébrité par son tableau du Dernier jour de Pompeï , d'après le récit de Pline le Jeune. Cette œuvre remarquable, qui a une longueur de dix mètres, renferme vingt-trois figures principales de grandeur naturelle. A partir de ce moment, les honneurs

ne manquèrent pas à Bruellow ; il fut nommé peintre de. la cour et membre de plusieurs académies. A son retour en Russie, il peignit, pour la cathédrale de Kasan, une Ascension et plusieurs Saints. Son tableau du Siège [de Pskow témoigne que son talent est resté stationnaire. Il y a cependant de la vigueur dans le coloris de ses portraits, et ses tableaux de genre sont recherchés. Il a décoré aussi l'église nouvellement construite d'Isaac.

* BRUELLOW { Alexandre), architeclRTasse, frère du précédent, qu'il a accompagné en Italie, est venu aussi à Paris. Il a bâti l'église évangéliquc de Saint-Pierre, le théâtre de Michaïloff, l'Observatoire de l'Académie des sciences, et restauré avec Strassof le palais d'hiver.

Conversations-Lexicon.

BRVENiNG {George-Florian-Henri) , médecin allemand, né en 1734 à Essen, en Westphalie. Il enseigna l'anatomie et la chirurgie à Utrecht, et revint en 1761 dans sa ville natale, où il exerça la médecine. On a de lui : Constitutio epidemica Essendiensis,anni 1769-1770, sistens historiam febris scarlatino-miliaris anginosee, eique adhibitam medelam; accessit observationum medicarum hue pertinentium decas ; Leipzig, 1771, in-S"; — Tractatus deicterospasmodico infantum Essendise, anno 1772 epidemico; accessit historia icteri periodici lethalis ; ibid., 1773, in-8''.

Burmann, Trajectum eruditum.

BRUÈRE {Charles-Antoine Leclerc de l\).

Voy. Leclerc.

* BBrEYS ( Charles ), poète provençal, né à Aix, florissait au commencement du dix-septième siècle. On manque de renseignements bien précis sur sa carrière; mais on sait du moins qu'il est l'auteur d'un volume intéressant à plus d'un titre, et qui parut sous le titre de Jardin deys musos provensalos, divisât in quatre partidos ; Aix, 1628, 2 vol. in-16: cet ouvrage, divisé en quatre parties, contient cinq comédies; il est devenu rare, et s'est payé au delà de 1 00 fr. dans des ventes publiques. Quelques-unes de ces pièces ont reparu dans un autre Jardin deys musos, publié par Ch. Jean; Marseille, 1665. Un avocat distingué, M. Anselme Montreuil, en avait entrepris, il y a quelques années, une réimpression , exécutée avec beaucoup de soin et tirée à cent exemplaires seulement; il n'en a paru, à ce que nous croyons, que le premier volume. Il y a de la gaieté, du mouvement, de l'originalité dans les comédies de Brueys; les mœurs de la Provence au commencement du dixseptième siècle s'y montrent avec un laisser- aller remarquable. Bon nombre des plaisanteries qui se succèdent dans ces dialogues rapides et au milieu de ces folles intrigues sans art, choqueraient aujourd'hui les oreilles les moins scrupuleuses; mais alors surtout le patois avait tous les privilèges du latin. G. Brcnet.

Bibliothèque du Théâtre français, 1768, t. U, p. 19-S6,

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