R. DE C
Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France. — Quérard , la France littéraire.
*BOUBG {Antoine Dv), cliancelier de France, né à la Seille en Auvergne, mort en 1538. Il fut successivement avocat au parlement de Paris, lieutenant civil au Châtelet, président du conseil de la régente mère du roi en 1531, maître des requêtes en 1532. En 1534, il présida les grands jours de Moulins; et, le 9 décembre de la même année, il fut reçu président au parlement de Paris. Le G juillet 1535 , il fut élevé à la dignité de chancelier de France, et en cette qualité il assista au lit de justice tenu au mois de janvier 1536. H mourut à la suite d'une chute de cheval, lors de son voyage à Laon avec le roi François V. Il était oncle d'Anne du Bourg.
Mézeray, Histoire de France. — Gaillard, Histoire de François I"'.
BOURG {Anne du) , magistrat français, conseiller clerc au parlement de Paris , neveu d'Antoine du Bourg, naquit en 1521 à Riom en Auvergne, et mourut à Paris le 20 décembre 1559. Destiné d'abord à l'Église , et ayant même pris les ordres , il quitta la carrière ecclésiastique pour celle du barreau. La distinction avec laquelle il enseigna le droit à Orléans fixa l'attention sur lui, et, en 1557, il fut reçu conseiller clerc au parlement de Paris; mais, ayant adopté les opinions de Calvin , il ne tarda pas à être victime de son zèle pour la réforme , qui , depuis François I^"", était alternativement la cause ou le prétexte de grandes agitations dans le sein de la France. A l'exemple de son père, Henri II se montra hostile aux protestants français, tout en recherchant l'alliance de ceux du dehors. En 1559, un jour destiné aux séances mercuriales, ce prince se rendit au parlement, auquel il ordonna de délibérer sur le genre de peine à infliger aux novateurs religieux. Il ne trouva pas chez tous les membres de ce corps politique la docilité qu'il espérait : plusieurs, au lieu d'élever la voix contre les réformistes, firent une critique chaleureuse des mœurs corrompues de l'Église romaine. Louis Dufaur osa dire en face à Henri U : « Craignez qu'on ne vous dise , comme autrefois « Élie à Achab : C'est vous qui, troublez Israël ! » Anne du Bourg alla encore plus loin -. il lui dit
que les hommes commettaient contre les lois plusieurs crimes dignes de mort, tels que les blasphèmes réitérés, les adultères, les débauches, et que ces crimes restaient impunis , tandis qu'on demandait des supplices contre des gens à qui on ne pouvait reprocher aucun crime. « Car « enfin, ajouta-t-il, peut-on imputer le crime de « lèse-majesté à des hommes qtii ne font mention « des princes que dans leurs prières? Ce qui fait « qu'on les regarde comme séditieux, c'est parce « qu'ils ont révélé, à la faveur de l'Écriture, la tur- « pitude de la puissance romaine qui penche vers « sa ruine , et qu'ils demandent une salutaire ré- « formation. » Le roi répondit à ces remontrances en ordonnant au connétablede Montmorency d'arrêter Dufaur et du Bourg, qui furent en effet conduits à la Bastille. L'évêque de Paris déclara Anne du Bourg hérétique, le dégrada du sacerdoce dont il était revêtu , et le livra au bras séculier, c'est-à-dire au juge royal, pour être puni. Du Bourg appela de cette sentence à l'archevêque de Sens, métropolitain de Paris. Sur ces entrefaites, Henri II mourut; mais les Guises, qui gouvernaient laFrance sous le nom de François II, et qui étaient gouvernés eux-mêmes par l'influence ultramontaine , montrèrent encore plus d'acharnement contre les opinions nouvelles : le procès d'Anne du Bourg fut continué. Toutefois l'électeur palatin, dans l'intention d'attirer près de lui un homme aussi savant , et de le mettre à la tête de son université de Heidelberg, demanda par lettre sa grâce à François H. Malheureusement, un événement funeste rendit son salut impossible : ce fut l'assassinat de Minard, un de ses juges tes plus hostiles. Anne du Bourg l'avait d'abord inutilement récusé; on prétendait même qu'il lui avait dit avec menace : « Dieu saura t'y forcer. » Minard, l'homme de confiance du cardinal de Lorraine, fut assassiné à six heures du soir, en sortant du palais. Telle fut l'occasion qui fit rendre Yo7-donnance minarde, par laquelle la fin de l'audience de relevée fut fixée à quatre heures du soir, depuis la Saint-Martin jusqu'à Pâques. Trois jours après, Anne du Bourg fut condamné à mort. I! Ait pendu en place de Grève, et son corps fut brûlé le 20 décembre 1559. Il mourut avec un grand courage, à peine âgé de trente-huit ans. Loin de se montrer effrayés de sa mort, les protestants redoublèrent d'audace, et ils rangèrent Anne du Bourg au nombre de leurs martyrs.
De Thou , Histoire. — La Croix du Maine, Biblioth. — Slsniondi, Histoire des Français. ■.— Le Bas, Dictionn. encyclop. de la France.
BOUBG {Etienne rfe), jurisconsulte français, natif de Lyon, vivait dans la première moitié du seizième siècle. Il' a laissé un livre sur l'Autorité du parlement de Paris, et a dédié cet ouvrage, suivant l'abbé Pernetti, au chancelier Olivier, probablement François Olivier de Lenville, qui occupa cette charge de 1544 à 1560.
Pernetti, Recherches sur les Lyonnais dignes de tintmoire, 1. 1", p. 281.
BOURG — BOUEGELAT
îîOURG (Laurent de), poëte français, fils ri'Étienne, vécut dans la dernière moitié du seizième siècle , et publia une Élégie contenant les misères et calamités advenues à la cité de Lyon durant les guerres civiles ; Paris, 1560.
Lelong, Bibl. hist. de la France.
BODRG-LAPBADE ( A'.... . . ), homme politique
français , mort à Meilhan ( Lot-et-Garonne ) en décembre 1816. Trésorier de France avant la révolution, il entra, au mois de mars 1797, au conseil des cinq-cents, et, après la révolution du 18 brumaire, fut envoyé au corps législatif, qu'il présidait à l'époque de l'attentat contre le premier consul. 11 le félicita, au nom de ce corps politique, d'avoir échappé à ce péril. Le collège électoral de Lot-et-Garonne, en octobre 1803, l'élut candidat au sénat conservateur.
Moniteur universel.
*;BOVRGXDE (François), missionnaire apostolique , naquit en 1806 à Ganjou (Gers). Après avoir fait sa théologie au grand séminaire d'Auch, il fut ordonné prêtre en 1832. Entraîné par sa vocation, l'abbé Bourgade sollicita du gouvernement l'autorisation d'accompagaer en 1832 la seconde expédition à Constantine. Les refus qu'il éprouva n'affaiblirent point son zèle; et enfin, en 1838, il obtint de Rome le pouvoir d'exercer le saint ministère dans toutes les possessions françaises de l'Algérie. Le premier il ne craignit pas d'aller, malgré le danger qu'on courait alors, visiter et administrer la population et les hôpitaux de Danaouda et de Boufarick. Puis, étant allé à Tunis, il fonda dans cette ville un hôpital pour les femmes pauvres , une salle d'asile et des écoles pour les jeunes filles. L'abbé Bourgade mit à profit ses fréquents rapports avec les indigènes. Sa coimaissance approfondie de l'arabe rend sa mission beaucoup plus fructueuse, et déjà il peut s'applaudir des heureux résultats qu'il a obtenus. Il a publié récemment (1852), sous le titre de Toison d'or de la langue phénicienne , un ouvi'age important, où l'on trouve un grand nombre d'inscriptions puniques. On a encore de l'abbé Bourgade : Soirées de Garthage , ou Dialogues entre un prêtre catholique , un muphti et un cadi, 1 vol. in-8°; Paris (Didot), 1852; — la Clef du Coran, faisant suite au précédent, 1 vol. in-8°; Paris, 1852; — Mémoire sur trois tombeaux trouvés à Tunis; ibid., 1852. A. Rispal.
Documents communiqués.
*BO€RGDîEU {Charles Valon), médecin français, natif de Bordeaux, vivait dans la premère moitié du dix-septième siècle. Il laissa : Commentariide Peste et de Exanthematibus ; Rome, 1656; — Aphorismi prognostici Hippocratis in febribus acutis, commentants illustrati; ibid, 1659.
Carrèrc, Bibliothèque litt. 4e la Médecine.
BOCRGEAT ( Louis - Alexandre - Marguerite), littérateur français, né à Grenoble en 1747, mort le 14 septembre 1814. Il se fit rece-
, voir avocat; et, forcé de renoncer au barreau par la faiblesse de sa santé , il s'appliqua à la culture des lettres et des sciences. Il accompagna Millin dans son voyage en Dauphiné. 11 ^^nt ensuite à Paris , où il s'associa à la rédaction de quelques écrits périodiques, et s'occupa à traduire le Saggio istorico su gli Scaldi, antichi poeti scandinavi, de Graberg de Hemso. Afin de sonder le goût public pour cette publication, il publia, dans le 7^ n° du Mercure étranger, l'imitation du Chant de mort du roi Ragnar- Lodbrok, pièce que le Moniteur reproduisit quelques jours après. Bourgeat obtint, le 30 août
1813, le prix qu'avait proposé l'Académie de Grenoble pour une Histoire des Allobroges et des Voconces prouvée par les monuments. En
1814, il publia, dans le Moniteur, une lettre qui restitue à d'Alembert le Discours préliminaire de V Encyclopédie, que Tabaraud lui avait contesté d'après le témoignage de Chardon delà Rochette. Bourgeat était membre de la Société philotechnique et de l'Académie des antiquaires. Son éloge funèbre fut composé par Saint-Martin, qui représente ce jeune littérateur mourant dans la misère et le désespoir.
Saint-Martin, Élo(je de Bourgeat; Paris, 1814.
BOURGELAT ( Claude), fondateur des écoles vétérinaires et créateur de l'hippiatrique en France,naquit à Lyon en 1712, et mouruten 1799. Après des études soignées, il avait d'aboi'd embrassé la carrière du barreau, lorscju'un scrupule honorable la lui fit abandonner pour l'état militaire, où, servant dans la cavalerie, il sentit se ranimer son goût pour les chevaux comme écuyer,etacquit une habileté extraordinaire. Alors, en France, la médecine vétérinaire n'existait pas comme science ; cultivée seulement par des maréchaux ferrants, elle ne présentait qu'un amas informe de pratiques bizarres et superstitieuses. Bourgelat vit qu'il y avait un vaste champ d'ol)servations à explorer, et il y entra courageusement. Tout y était à refaire, l'anatomie, la physiologie, la pathologie, l'hygiène, furent l'objet de ses études, dans lesquelles il fut encouragé par le célèbre chirurgien Ponteau. C'est avec ces éléments de succès et avec l'appui de l'autorité locale qu'il ouvrit en 1772 l'École vétérinaire de Lyon, qui prit , deux ans après , le titre d'École royale. Ce n'était pas tout d'avoir fondé un enseignement théorique et pratique, il fallait encore des livres de tout genre pour les élèves. {Voyez la liste de ses écrits. ) Il correspondait avec les notabilités scientifiques de son époque , et ses lettres renferment de précieuses observations. Bourgelat fut membre de l'Académie des sciences de Paris et de Berlin.
On a de lui : Nouveau Newkastle, ou Traité de cavalerie; Lausanne, 1747,in-12, ouvrage traduit en anglais; — Éléments d'hippiatrique, ou Nouveaux principes sur la connaissance et sur la médecine des chevaux ;h^ on, 1750, 1751, 1753, 3 volumes in-8''; — Élé-