BRUNE — BRUNEAU
des Vosges , un Paysage composé, et une Vue d'Alsace; — en 1824, ua JE ff et de brouillard, un Effet du matin, un Effet du soir. Danse de paysans ; — en 1 827, Souvenir des Pyrénées (aquarelle) ; Site des Alpes, pris à Voreppe; — en 1831, deux paysages à l'huile, Ruines dans les Alpes et Site des Pyrénées. Dans les années suivantes, il exposa diverses Vues, notamment, en 1839, une Vue prise sur la route de Luz à Pierre-Fitte (Pyrénées), et une seconde prise à Sèvres; — en 1840, une Vue de Nemours et un Site des Alpes; — en 1841, trois paysages pris sur les bords de la Seine au parc de Saint-Cloud, etc., et un tableau remarquable entre tous. Saint Bruno dans le Tyrol, d'une harmonie de tons, d'une science et d'une exécution au-dessus de tout éloge; — en 1842, quatre Vues des environs de Besançon , de Nemours , du Dauphiné , et des Alpes ; — en 1843, une Vue du département du Loiret (effet du soir) ; — en 1844, un paysage. Souvenir d'Automne (Dauphiné); — en 1846, trois œuvres nouvelles, dont une étude, etc. J. F. D.
* BRUNE (M"'), épouse du précédent, née Aimée Pages , peintre d'histoire et de genre , élève de Meynier, débuta très-jeune|, à l'exposition de 1822, par une œuvre ayant pour sujet Psyché enlevée par Zéphire, et un portrait de femme. — En 1824, elle exposa deux tableaux de chevalet, Daphnis et Chloé, Clotilde etAtirélien, et des portraits. En 1826, elle exécuta divers tableaux pour la maison du roi et pour le ministère de l'intérieur. — En 1827, son nom reparut au salon avec une Étude de femme et d'enfant, grands comme nature, et des portraits ; et , dans la même année, elle fournit son contingent de talent à la galerie Lebrun , pour l'extinction de la mendicité , en exposant deux tableaux de chevalet : la Pauvre fille, d'après une élégie de Soumet, et la Grand' mère, d'après une ballade de Victor Hugo. — En 1841, le Sommeil, le Réveil, Ondine et VEnlèvement valurent à leur auteur, qui était encore M"" Aimée Pages, une médaille d'or de deuxième classe. — En 1834, M"" Brune exposa une œuvre d'un sentiment exquis ayant pour sujet la Jeune Femme qui vient d'apprendre la mort de son mari; — en i83à,Silvio Pellicoà Veniseet l'Aumône de l'Invalide; — en 1841, 3Ioïse sauvé des eaux, tableau de genre historique, d'une composition savante et gracieuse, acheté pour le muséedeBordeaux; — en 1842, la Fille de Zaïre et la Grand'mère, précédemment citée à propos de la galerie Lebrun; — en 1844, un portrait d'homme seulement; — en 1846, la Fille de Jephté. J. F. Destigny (de Caen).
Salons de 1824 et années suiv.
BRUNEAU (j4n<oi?ze), jurisconsulte français, iiéà Chevrouse le 10 avril 1640, mort à Paris vers 1 720. « Sorti, pour mon entrée dans le monde, de parents fort semblables, pour les biens, à ceux de Socrate... ., j'ai été réduit pour tout partage à
un petit fonds d'esprit que j'ai cultivé par la mi séricorde du Seigneur. » C'est Bruneaului-mêm qui nous fait connaître cette particularité dans I. préface d'un de ses ouvrages. Il vint de bonn heure à Paris pour se créer un état; il suivi l'École de droit, ûéquenta le palais, et fini par se faire recevoir avocat au parlement. I y a lieu de croire que l'exercice de cette proies sion eut pour lui des résultats avantageux. L barreau lui dut la publication de plusieurs ou vrages qui jouirent autrefois de quelque estiint; Le premier qui le fit connaître est un Nouvea, Traitédes Crises; Paris, Guignard, 1676, in-J2 2" édition, 1685. Cette matière délicate futtraité par lui avec une précision et une netteté qu'o: ne retrouve plus dans une prétendue suite qu'i lit paraître sous le titre de Supplément au Non veau Traité des Criées, « contenant en abrég, l'institution et fondation des vingt universités d France, les noms des sections les plus connuedans le droit civil et canonique, ensemble le ca talogue des commentateurs de coutumes, la tabli des arrestographes, et le tableau des avocats di parlement; » Paris, I686,in-12. Si les praticien avaient accueilli la première partie, les amateur de miscellanées judiciaires recherchèrent la se conde, qui est devenue rare, mais qui a si pei de rapport à la matière des Criées, qu'on avait pi l'annexer sous son titre de Supplément à tou autre recueil jurisprudentiel. C'est ainsi qu M. Dupin ( Bibliothèque du droit de Camus n" 19) le cite comme un supplément à la Bi bliothèque historique des auteurs de droit par Simon. Ce supplément a été refondu dans Ii S*^ édition du Traité des Criées, publiée à Paris 1704, in-4°. Le manuscrit de la quatrième, toU' entier de la main de l'auteur, se trouvait entri les mains de l'abbé Goujet, et fut remis, à ce qu'i' parait, à M. d'Héricourt, qui, au lieu delà fain paraître après l'avoir revisée, préféra compose) un nouvel ouvrage sur la même matière, et pu-i blia en 1727 son Traité de la Vente des immeubles par décret. Dans celui de Bruneau, l( ~ sujet principal n'occupe que la moindre place Cédant à l'envie d'étaler son petit fonds d'esprit l'auteur se livre à des digressions sur toutes sortes d'objets; il s'amuse, par exemple, à re chercher l'origine des moulins à vent et celle des chapeaux, etc., avec grand l'enfort de citations, Les formes bizarres du style ajoutent à la singularité de l'œuvre, que cette bizarrerie pourrait seule faire rechercher aujourd'hui. 11 paraît que Bruneau était doué d'un caractère fort original ; il avait fait graver son portrait en l'accompagnant de cette devise : Non sum sicut casteri hominum. Il s'était attaché particulièrement à l'étude du droit criminel , et avait été assidu aux audiences de la Tournelle, ce qui le mit en état de recueillir un grand nombre d'arrêts qui n'avaient pas encore été publiés. Il \ les fit entrer, comme élément principal, dans les Observations et Maximes sur les matières
BRUNEA.U — BRUNEHAUT
(;v;(ii«e//es; Paris, Cavallicr, 1715, in-'i°; mais, selon son habitude, il se livre à de longues et licfiuentes digressions hors de son sujet, et almse jusqu'à satiété de la manie des citations. Il ilicrchc à s'excuser sur ce dernier point par ItAoniplc de saint Jérôme et de Justinien, d'où il (onclut que ses témérités en ce genre étaient uiccssaires. Notre auteur infatigable avait cntrc- |iiis un travail qui aurait eu pour nous plus (u'un intérêt de curiosité. Depuis l'aimée 1061 , il rédigeait une sorte de journal de ce qui s'était (iassé,de son temps, de plus remarquable au palais, ctdes faits singuliers arrivés à Paris. Il avait 1 onsigné le résultat de ses informations sur des leuillets blancs intercalés dans YAlmanach his- U)nal qui s'imprimait à Paris et à Troyes, in-S". Cl travail s'était continué jusqu'en 1703; c'est 1 itié savant bibliographe M. Brunet qui nous a ait connaître cette particularité (1). Les almalaeliR ainsi annotés sont aujourd'hui perdus; liais M. Brunet en possédait un, extiait de la nain de Mercier de Saint-Léger. 11 en a détaché leux. anecdotes très-curieuses qui concernent leux pauvres garçons, l'un imprimeur, l'autre relieur, qui furent condamnés par M. de la Reynie i é/re pendus à la Grève, et appliqués préalablement à la question ordinaire et extraordinaire, pour avoir imprimé , relié, vendu et iléhité des libelles contre le roi et M™^ de Mainlenon. Un second jugement sembla-ble fut rendu contre un nommé Chavane, garçon libraire; I mais, au moment de l'exécution, un ordre d'y [surseoir intervint, parce que Chavane était, •dit-on, parent du P. la Chaise. Il y avait des lacunes de quelques années dans la série des almanachs ainsi annotés; néanmoins M. Brunet «pense que la série était complète, ce qui aurait ! formé une suite de Nouvelles à la main pen- [dant un demi-siècle. Leur perte est d'autant plus f regrettable qu'on y aurait indubitablement trouvé |(les particularités qu'on chercherait vainement [ailleurs. J. Lamoureux.
i Dictionnaire de Moréri ( édition de 1739). — Biblio- [thèque dé droit de Camus, nouvelle édition donnée par M. Oiipin. — Leiong, Biblioth. hist. de la France. I BRCNEAV (François), biographe français, [connu par une Vie de saint Phalier, patron [de Saint-Cabry en Berri; Paris, 1643, in-8°. I Deux autres Bkuneau ont écrit, l'un, un État {présent des affaires d'Allemagne; Paris, Co- |logne; 1675, anonyme; l'autre, une Historia [rerum Andegavensium , citée par Ménage.
f Leiong, Bibliothèque hist. de la France, édition Fontelte. — Ménage, f^ita Pétri jEnodii, 1675, notes.— Barbier, Examen critique des Dictionnaires historiques.
f BRUN EAUX ( Jean-Édouard ) , auteur dramaj' tique, né au Havre le 27 décembre 1773 , mort
en 1819. H fit de bonnes études, entra dans le jconiraerce et continua de cultiver les lettres, pour I lesquelles il avait déjà témoigné beaucoup de
goût. On a de lui : Arioviste, roi des Celtes,
! (1) Bulletin du Bibliophile, publié par Techener : décembre 1836, p. 31.
tragédie en cinq actes ; Paris, 1 823 ; — Pyrame et Thisbé, tragédie en trois actes; Paris, 1823; — Z7iy.vse, tragédie en trois actes; Paris, 1823. Ces trois pièces sont posthumes, et n'ont pas été représentées.
Qiiérard, lu France littéraire.
uuuNEHAUT OU BRUNEHiLOE, fameuse reine d'Austrasie, née en 534, tuée en 614. Elle était fille d'Atlianagilde, roi des Wisigoths d'Espagne; épousa Sigebert, roi d'Austrasie (fifiS); abjura le schisme d'Arius, et se fit catholique. Fortunat, évêque de Poitiers, a célébré, dans un poëme, l'union de Brunehaut et de Sigebert, et ses vers; qui sont parvenus jusqu'à nous , font connaître le goût de l'époque (1). Chilpéric, roi de Neustrie, voulut alors suivre l'exemple de son frère, et s'allier à la puissante famille qui commandait en Espagne : il épousa Galswinth«, la plus jeune des filles d'Athanagilde. Mais bientôt il eut regret d'avoir contracté ce mariage ; et , à l'instigation de Frédégonde qu'il aimait , il fit périr Galswinthe. Brunehaut se sentit animée du désir de venger sa sœur, et engagea son mari à attaquer Chilpéric, qui d'ailleurs avait envahi une portion de l'Austrasie pendant que Sigebert repoussait les Saxons au delà du Rhin: il battit Chilpéric, le poursuivit, et l'assiégea dans Tournay, où il s'était réfugié. Déjà Brunehaut se préparait à tirer de Chilpéric et de Frédégonde une éclatante vengeance, lorsque des assassms, envoyés par la reine de Neustrie, vinrent tuer Sigebert au milieu de son camp. L'armée austrasienne se dissipa aussitôt , et Brunehaut tomba au pouvoir de Chilpéric ( Voy. Chilpéric ). Elle était prisonnière à Rouen lorsqu'elle séduisit Mérovée, l'un des fils du roi de Neusti-ie. Elle l'épousa, et, quelque temps après ce mariage, qui avait été favorisé par l'évêque de Rouen Prétextât, elle parvint à se sauver et à gagner l'Austrasie, où gouvernait son fils Childebert. Repoussée d'abord par les seigneurs
(1) Les personnages obligés de l'cpithalame , Vénus et Amour , paraissent avec leur attirail de flèches, de roses et de flambeaux. L'Amour tire une flèche droit au cœur du roi Sigebert, et va conter à sa mère ce grand exploit : «Ma mère dit-il , J'ai terminé le combat !» Alors la déesse et son fils volent à travers les airs jusqu'à la oité de Metz, entrent dans le palais, et vont orner de fleurs la chambre nuptiale. Là une dispute s'engage entre eux sur le mérite des deux époux ; TAmour tient pour Sigebert, qu'il appelle un nouvel Achille; mais Vénus préfère Brunehilde, dont elle trace ainsi le portrait :
(1 O vierge que j'admire et qu'adorera ton époux, Brunehilde, plus brillante , plus radieuse que la lampe éthérée, le feu des pierreries cède à l'éclat de ton visage; tu es une autre Vénus, et ta dot est l'empire de la beauté. Parmi les néréides qui nagent dans les mers d'Ibcrie, aux sources de l'Océan, aucune ne peut se dire ton égale; aucune napée n'est plus belle, et les nymphes des fleuves s'Inclinent devant toi ! La blancheur du lait et le rouge le plus vif sont les couleurs de ton teint; les lis mêlés aux roses, la pourpre tissue avec l'or, n'offrent rien qui lui soit comparable, et se retirent du combat. Le saphir, le diamant, le cristal, l'émeraude et le jaspe, sont vaincus ; l'Espagne a mis au monde une perle nouvelle (novam genuit Hispania gemmant) Voy. Augustin Thierry , Récits des temps mèroiHngiens ; Paris, IRAO, t. I, p. 337.