XXI. BRUNSWICK - LiJNEBOURG - ZELLE
{Geor(/e-Guillaume,(lmoiE.),nélQ: lejanvier 1624,
mort le 28 août 1705. Des contestations au suji des droits de succession de son pèr.e le du George, et de son frère aine le duc Christian-Loui s'élevèrent entre lui et son troisième frère le di Jean-Frédéric. Un traité conclu à Hildesheim t 1666 les réconcilia. George-Guillaume prit pa ensuite aux diverses guerres extérieures qui < faisaient alors. En 166811 seconda le prince d'( range dans sa descente en Angleterre, et reçu en récompense, l'ordre de la Jarretière. A la mo du dernier duc de Saxe-Liinebourg en 1680, s'empara d'abord des États de ce prince; puis se confirma dans cette possession par un payi ment de 1,100,000 écus ; seulement il fut stipu qu'en cas de décès sans héritiers mâles, les Éta cédés reviendraient à la maison électoi-ale (. Saxe; ce qui eut lieu en effet. Il épousa ur protestante française, M"^ d'Olbreuse, et obtii pour elle, de l'empereur, le titre de princesse ( Harbourg. Elle fut renommée pour son espi et ses talents, et attira à la cour ducale plusieui de ses compatriotes.
XXU.BRïTNSWICR-WOLFENBÙTTEL(C/?fl
^o^^eDE),femraed'Alexis, fils de Pierre le Grani morte le 2 novembre 1715. Alexis, envoyée Allemagne par son père, y épousa, par ordre d Pierre , la princesse Charlotte, qu'il outragea t lui préférant une paysanne finnoise, et qui moi rut en couches en 1715. Une version plus rom; nesque présente autrement les choses : d'apri cette version , le prince Alexis , ayant maltrai sa femme pendant qu'elle était grosse, se sera immédiatement retiré à la campagne; et, toi chées de pitié , les personnes de l'entourage c la princesse l'auraient fait évader pendant qv l'on annonçait sa mort, et auraient fait enterre une bûche à sa place. Charlotte serait alors pa; sée en France , d'où elle se serait rendue à ] Louisiane, où elle aurait épousé un gentilhomn français, nommé d'Aubant. Revenue en Franct elle y aui'ait été reconnue, dans le jardin dt Tuileries, par le maréchal de Saxe. Après d nouveaux voyages, elle aurait épousé en troi sièmes noces un M. de Moldack, et, devenue un dernière fois veuve, elle serait venue linir se jouis à Vitry-le-Français. Voltaire révoque c doute toute cette odyssée, et il le fait dans c style incisif et persifleur qui le caractérise « Une Polonaise, en 1722 , vint à Paris, dit-ii et se logea à quelques pas de la maison que j'o( cupais ; elle avait quelques traits de ressemblanc avec l'épouse du czarowicli. Un officier fran çais, normné d'Aubant, qui avait servi en Rus sie, fut frappé de la ressemblance. Cette nié prise donna envie à la dame d'être princesse Elle avoua ingénument à l'officier qu'elle étai la veuve de l'héritier de la Russie ; qu'elle aval fait enterrer une bûche à sa place pour se sau ver de son mari. D'Aubant fut amoureux d'ell et de sa principauté ; d'Aubant, nommé gouver neur dans une partie de la Louisiane, mena s princesse en Amérique. Le bon homme est mori
BRUNSWICK
hroyant fermement avoir eu pour femme une pelle-fille d'un empereur de Russie ; ses enfants [e croient aussi, et ses petits-enftmts n'en douferont pas. » (Lettre de Voltaire, insérée dans i Journal de Paris du 19 février 1782 ).
XXIII. BRUNSWICK (Ferdinand, duc de), Is cadet de Ferdinand-Albert, duc de Brunswick-
:;| VolfenbiJttel, naquit le il janvier 1721, et mouut dans son château de Vechette en 1792. Il ; } ntra de bonne heure au service de la Prusse, qui, il n 1739, lui confia un régiment. Dès le commen- Ijenient de la guerre de sept ans, il se distingua à ^|i bataille de Prague; et bientôt après, en 1757, reçut de Frédéric II le commandement en chef y e l'armée de "Westphalie. Dans cette guerre il agna les batailles de Crefeld et de Minden. Une lésintelligence qui s'éleva entre lui et le roi le écida à prendre son congé après la paix; et epiiis il vécut dans son pays, faisant du bien à i classe indigente, favorisant l'instruction popujre, et prenant plaisir à protéger les beaux-arts , irtout la musique et la peinture.
XXIV. BRCNSwiCR-LÙiVEBOUBG (Cliarles- ■uillaume-Ferdinand, duc de), neveu du pré-
( 5dent, homme d'un rare mérite, mais, vers la fin 'une vie agitée, l'un des plus malheureux prin- 23 des temps modernes, naquit le 9 oct. 1735, et f>iourut le 10 novembre 1806. Il était fils aîné du tfiuc Charles de Brunswick, alors régnant, et d'une lœur de Frédéric le Grand. Il fut mis, à l'âge lie sept ans, entre les mains du célèbre Jérusa- )\im, alors prédicateur aulique, et fréquenta de- 4'Uis sa douzième année, sous la direction de son jiouverneur, le collegium Carolinum de sa ville jatale, nouvellement fondé. L'amour de la gloire jerraa de bonne heure dans son âme, que les jixploits de Frédéric H achevèrent d'enflammer. U guerre de sept ans lui fournit la première iiccasion de déployer ses talents : il conduisit au -amp des alliés les troupes de Brunswick, et, de avis même de Frédéric, il prouva, dans la malleureuse bataille de Hastenbeck, en reprenant m- les Français une batterie dont ils s'étaient mparés au centre de l'armée alliée, que la nalure l'avait destiné à devenir un héros. Le 23 juin 758, il décida la victoire de Crefeld, remportée par son oncle. Après la guerre de sept ans, il j:pousa la princesse Auguste de Galles. Entïë au fcrvice de Prusse en 1773 avec le rang de général d'infanterie, Foccasion lui manqua de perfectionner ses talents militaires. A la mort de son bère (1780), il prit les rênes du gouvernement : il'abord il s'occupa de l'amélioration,' devenue irgente, des finances; il réduisit l'état de sa ^naison, diminua les charges publiques, encoura- [iea l'agriculture, et favorisa la liberté du eomjinerce. Malgré ses bonnes intentions, il eut nécmfooins le malheur de manquer souvent son but •u de ne l'atteindre qu'à demi, surtout lorsque, •our l'amélioration de l'instruction publique et j^e l'éducation , il attira à grands frais dans ses ^tats des savants qui, entravés par les nombreux
obstacles qu'ils rencontrèrent, ne furent d'aucune utilité au pays, pour lequel leurs traitements élevés devinrent une chai'ge onéreuse.
En 1787, il fut appelé à se mettre à la tête d'une armée prussienne'jipour soutenir les droits du stathouder; entreprise dans laquelle il réussit. Lors de la révolution française, le duc prit le commandement général des années autrichienne et prussienne, et publia le 15 juillet 1792, à Coblentz, son fameux manifeste. Le plan du duc était de marcher par la Lorraine sur Paris, et, en coupant les commiuiications à cette ville, de la forcer par la famine à se rendre. Maîtresse de Longwy (le 23 août 1792) et de Verdun (le 2 septembre), l'armée des alliés se vit arrêtée dans la Champagne, où d'étroits passages et les forêts de l'Argonne rendaient extrêmement difficile l'arrivée de ses convois. Dumouriez {voy. ce nom) se renfermait dans son camp près de Sainte-Menehould ; chaque jour, les deux armées en venaient aux mains pour mesurer leurs forces; mais le général français eut la prudence d'éviter une bataille décisive, dans lacfuelle il eût risqué le sort de la France, prévoyant bien d'ailleurs que la disette et les maladies forceraient tôt ou tard les Allemands à la retraite. Ces redoutables auxiliaires des Français ne tardèrent pas, en effet, à se faire sentir dans l'armée du duc : alors Charles-Guillaume-Ferdinand , pour forcer Dumouriez à une bataille, attaqua le 20 septembre, à Valmy, le corps sous les ordres de Kellermann ; mais les Français conservèrent leur position, et les alliés se virent contraints, deux jours après, de conclure un armistice, et d'évacuer la Champagne le 29 septembre. Pendant cette retraite, le général de Cus4! tine s'empara des villes de Spire, de Worms, de Mayence le 21 octobre, et bientôt après de Francfort, qui ne tarda pas cependant à être reprise par les Prussiens et les Hessois. Uni aux Autrichien,s , le duc ouvrit en 1793 la campagne sur le haut Rhin , prit la forteresse de Kœnigstein le 7 mars, et s'empara de nouveau de Mayence le 22 juillet. Les Français, de leur côté, entreprirent, le 14 septem.bre, une attaque générale, depuis Strasbourg jusqu'à Saarbruck, contre le général "Wurmser et le duc de Brunswick, qui, ce même jour, livrait près de Pirmasens (grand-duché de Darmstadt) une bataille sanglante au général Moreau : les Français furent repoussés de leur camp près Hornbach jusqu'aux bords de la Saar. Un mois après, le 1 3 octobre, le duc, conjointement avec le général Wurmser, réussit à rompre les lignes de Wissembourg et à s'approcher ainsi de Landau. Pour s'assurer un nouveau point d'appui, il tenta, dans la nuit du 16 au 17 octobre, un assaut infructueux contre le fort de Bitche, qui est la clef des Vosges, et où convergent les routes de Landau, de Pirmasens, de Wissembourg et de Strasbourg. Cependant il défit une division de l'armée de la Moselle, qui, sous les ordres du gé^
BRUNSWICK
néral Hoche, s'avançait pour délivrer Landau. Néanmoins les coalisés se trouvèrent dans la nécessité de repasser le Rhin, pour se soustraire aux nombreuses attaques que les généraux Hoche et Pichegru dirigèrent contre eux ; les lignes autrichiennes furent même forcées par Pichegru, le 22 décembre, près de Froschweiler. Bientôt après, des difficultés s'étant élevées entre la Prusse et l'Autriche, le duc se démit, au commencement de 1794, du commandement en chef, qui fut remis au général Mœllendorf.
Rendu à son pays, il lui consacra tout son temps, et travailla sans relâche à son bonheur, jusqu'à l'année 1806, si malheureuse pour la Prusse, pour son duché, et pour lui. Quoique déjà avancé en âge, il exécuta des travaux étendus, et rendit un édit très-remarquable sur les dettes. Au commencement de 1806, il fit, par ordre du roi de Prusse et dans la prévision de la guerre qui devait éclater, un voyage à Saint-Pétersbourg; puis de retour, lorsque la guerre fut commencée, il se mit à la tête de l'armée prussienne en qualité de généralissime; mais ses forces physiques et morales n'étaient plus à la hauteur d'une telle mission, ainsi qu'on put s'en apercevoir dans les batailles d'Iéna et d'Auerstaedt. Mortellement blessé, le duc de Brunswick termina ses jours à Ottensee, près d' Alloua. Le gouvernement de ce prince, qui sans doute présumait trop de ses forces , mais dont l'héroïsme mérite des hommages, fut un des plus heureux pour son pays. [Enc. des g. du m.]