BUCH
tier de cordonnier. Le jeune Riich, à dix-sept ans, alla travailler de ville en ville , suivant l'usage des compagnons , et parcourut ainsi l'Allemagne rhénane et l'est de la France. La douceur de ses mœurs et son empressement à obliger ses camarades le firent surnommer le bon Henri. Tout dévoué à ses camarades les compagnons cordonniers, et persuadé qu'ils pouvaient se rendre, sinon heureux, au moins tranquilles dans leur position, il s'efforçait de leur inspirer des idées de travail , d'économie, d'ordre , ot de leur inculquer la pratique de la religion. Il était convaincu que le bonheur de la vie dépend de nous en partie. Aux conseils et aux encouragements il joignait, autant que possible, les services d'argent. Il s'imposait pour cela l'économie la plus sévère et les plus dures privations : souvent il lui arrivait de donner jusqu'à ses habits. L'idée d'organiser les ouvriers en associations volontaires lui vint pendant son séjour à Metz. A partir de ce moment , elle ne le quitta plus , et il en fit, en quel que sorte, le sujet de toutes ses études et de toutes ses observations. Il y avait vingt-cinq ans que Michel Buch habitait Paris, lorsqu'il put enfin réaliser son projet le 2 févriet 1645. L archevêque de Paris , François de Gonni , approuva et confirma les statuts de l'association cordon ■ nière, et M. de Mesme, président à mortier au parlement de Paris, s'en déclara le protecteur. Le directeur de la société était élu , à la majorité des voix, par les sociétaires, qu! nommèrent, en cette qualité, le bon Henri. L'association avait pris , sans aucun doute, le caractère religieux du dix-septième siècle; mais elle n'en restait pas moins une œuvre remarquable pour l'époque, œuvre que l'on devait uniquement à la persévérance, aux efforts et à l'influence de Michel Buch. En 1647, il parvint à constituer une association de compagnons tailleurs Ces ouvriers associés mangeaient à la même table, disaient la prière en commun, se couchaiem à neuf heure? du soir, se levaient à cinq heures du matn, assis talent aux offices les dimanches et leô fêtes , et portaient le même costume. Ils avaient une nourriture simple, mais saine, substantielle, et buvaient du vin aux deux repa; pnncipaux, le dîner et le souper. Chacun contribuai' dans une proportion égale aux dépenses de loyer, d'entretien et de nourriture. Si un sociétaire venait à se retirer, soit pour se marier, soit pour retourner dans son pays, le directeur faisait son décompte en lui remettant ce qui lui revenait, déduction faite de sa part dans les frais. Tous les trois mois, le directeur lendait compte de l'état de la société, et tous les ans il y avait une réunion générale présidée par M. de Mesme.
Ces deux associations attirèrent l'attention publique. Le baron de Renty, officier de mérite et possesseur d'une fortune considérable, conçut une idée avantageuse de Michel Buch, chercha à se lier avec lui , et, après l'avoir apprécié , il résolut de s'associer à son œuvre intéressante. Le
baron de Renty avait le grade de ma»échal de camp , et passait pour un officier supérieur trèscapable, quoiqu'il n'eût que trente et un ans; il envoya sa démission au roi. Cette démarche fit beaucoup de bruit; ce qui occupa la cour et la ville. Les uns en riaient, d'autres traitaient le baron de fou. Il n'en consacra pas moins tous ses moments à l'organisation des sociétés ouvrières jusqu'à sa mort, et il se lia d'une étroite amitié avec le bon Henri. Ces associations se répandirent à Soissons, à Metz , à Toul, à Nancj, dans plusieurs villes rhénanes, et dans presque tout le Languedoc.
Michel Buch s'exprimaii avec facilité; mais il n'a rien écrit. La famille de Renty possédait de lui quelques notes et des lettres trouvées dans les papiers du baron, lettres précieuses. On ignore ce qu'elles sont devenues. Les sociétés ouvrières que cet homme courageux avait formées existaient encore, mais avec des modifications, au moment de la révolution de 1789.
Benoist.
Le P. le Vacher, V Artisan chrétien. — Le P. Hélyot, Histoire désordre: religieux, t. VII!. — Le P. de Saiiit- Jure , ^ie du baron de Renty.
*BïrcH {Léopold de), célèbre géologue allemand, né le 25 avril 1774 à Stolpe, dans l'Uckermark; mort à Berlin le 4 mars 1853. En 1790, il fit ses études sous le célèbre Werner {voy. ce nom) à l'école des mines de Freiberg, où il eut pour condisciple Alex de Humboldt, de cinq ans plus âgé que lui. Dès l'âge de vingt-trois ans, il révéia une aptitude spéciale pour la science qu'il devait illustrer par la publication de son Versuc/i einer mineralogischcn Beschreibung von Landeck (Essai d'une description minéralogiquede Landeck), et de son Versuch einer geognostischen Beschi'eibung von Schlesie^i ( Essai d'une description géognostique de la Silésie), 1797, où sont consignes les résultats de ses observations géologiques sur les montagnes alors presque inexplorées de la Silésie. Partisan zélé de la théorie neptunienne de Werner, il y classe encore le basalte, le gneiss et le micascliiste parmi les formations aqueuses. En 1797, il retrouva son condisciple à Salzbourg; et, pendant qu'il parcourait la Styrie et les Alpes des environs, M. de Humboldt faisait d'importantes recherches météorologiques et eudiométriques. Au printemps de l'année suivante, Buch poussa ses excursions géologiques jusqu'en Italie. Ce voyage ébranla sa foi dans le neptunisme wernerien : déjà il commence à reconnaître aux roche; basaitiques, à la leucJte et an pyroxène, une origine volcanique, ignée. E.i février 1799, il vitpoi.r la prera-.è<efoisle Vésuve; puis une seconde fois , en compagnie de Humboldt et deGay-Lussac, le 12 août 1805, au moment de l'éruption de ce volcan. Dès 1802, il parcourut le midi de la France, et examina les volcans éteints de l'Auvergne. L'aspect du Puyde-Dôme, avec son cône de tiachyte ( roche que