II. - Quérard, la France littéraire
uUDO^us (Augustin), médadn allemand, ; H' à Anclam le 7 août 1695, mort le 25 décera-
iirc 1753. Il exerça la médecine et professa l'a-
lalomie à Berlin. On a de lui : Disput. inaug.
Il' musculorum actione et antagonismo ;
L( vde, 1721 , in-4°. Il a encore inséré quelques
lissertations dans les Msceitenea.Bero^i?îeMsm. iHst. de VJcadémie de Berlin, 1753. — Biblioth. nou- ; '-iile germanique.
i BCDD.ECS ( Charles-François ) , philosophe
I l't homme d'État allemand , fils du précédent),
I lié à Halle en 1695, mort à Gotha le 5 juillet
1753. Il fut conseiller aulique et vice-chanceher
lu prince de Saxe-Gotha. Au retour d'une mis-
I >iou qu'il eut à remplir à Vienne, il occupa des
[lostes importants à la cour de Weimar etàcelle
le Gotha. Ses principaux ouvrages sont : Unter-
•iiichung von der Meimmg vicier Griechischen
I l'IiUosophen , dass die Seele sich nicht von
\sich selbst bewege (Examen d'une opinion de
1 plusieurs philosophes grecs sur la non-spon-
I tauéité du mouvement de l'âme), dans les Acta
eruditoruni, t. Y.; — Untersuchung des wa-
I liren Grundes,atis welchem die Gewalt eines
Fûrsfen in der Kirche herzuleiten (Essai sur
le [irincipe d'où découle l'autorité du prince sur
l'Église) ; Halle, 1719, in-8° ; — Schreiben an
seine Kinder von seinem Leben (des Mémou-es
sur la vie , à l'usage de ses enfants ) ; Gotha,
I 1748, in-4°.
.Scl.mersahl, Neue NachricMen von jiinyst verstorhencn Gelehrten ; Leipzig, 1733, in-S». — Jugler, Bei- ■ trùqe zur juristichen Biographie ; Leipzig, 1773.
BUDD^cs (Jean- François), théologien lu- ' tliérien allemand, né à Anclam, en Poméranie, le V-> juin 1667 ; mort le 29 novembre 1729. Il prolessa la philosophie à Halle , puis la théologie à léna. Penseur éclairé, modeste et plein de me- : suie dans ses écrits , Buddaeus est auteur d'un '< '^rmxà nombre d'ouvrages très-estimables , surtout sur la philosophie morale. Les principaux sont : de Peregrinutionibus Pythagorsc; léna, ' 1692, in-4''; — Historia juris naturse, et sy- ' nopsis juris naturae et gentium, jiixta disci-, pVmam Hebrœorum; léna, 1695; — Disserta- ! tiones academicœ de prsecipuis stoicorum inphilosophiamoralt erroribus ; léna, 1696;
— Elementa philosophisô practicae ; — Halle, 1697; — Introductio ad historiam philosopliix Hebreeorum ; ibid., 1702, 1720, in-8°; —
— Qusestio politica : An alchemistae sint in republica tolerandi, 1702 , in-4'', avec fig. ; — Elementa philosophiai instrumentalis , 3 vol.
î iu-8°; ibid., 1703, 1727; — Selecta juris na-
turse et gentium; ibid., 1704, in-S"; — 7n.<ititutiones theologix moralis; Leipzig, 1711, in-4° ; — Historia ecclesiastica Veteris Testamenti; Halle, 1709, 4 vol. in-4°; et 1729, 2 vol. in-4° ; — Thèses theologicx de atheismo et superstitione; léna, 1716,in-8° ; — Institutiones theologicae dogmaticx ; Leipzig, 1723, 1724, 1726, in-4° ; — Historia criticatheologias dogmaticœ et moraZis ; Francfort, 1725, in-4''; — Compendium historiae philosophicx ; Halle, 1731, in-8°. — Buddaeus a contribué aux Acta eruditorum de Leipzig, et au %vànA Dictionnaire historique impiimé à Leipzig, 1709,in-fol. Les dissertations qu'il a publiées pour défendre les prétentions de la maison d'Autriche sur le royaume d'Espagne ont été réunies sous le titre de Jus Austriacum.
Brunckeri Histor.crit.philosoph., t. V. — Catal. Bibt. Bunav., t. ^1, voL II, p. 1117. — Programma academicum in funere Joan. -Franc. Buddœi; len., 172S, foL — Buddaeus , Notitia dissertationum aliorumque scriptorum a se, autsuis auspiciis,.editorum.; len.", 1724. — Nicéron, Mémoires, l. XXI.
BUDÉ ( Guillaume Budeds ou Bud^us ), le plus savant homme de France au commencement du seizième siècle, n'était pas seulement un érudit; il fut le restaurateur des lettres grecques, le conseiller fondateur du collège de France et de la bibliothèque du Roi, par sa fortune et par son crédit le protecteur des lettres et des lettrés. Il naquit à Paris en 1467, sous Louis XI, la même année qu'Érasme, son ami et son émule, à Rotterdam, et mourut le 23 août 1540. Ce n'est pas aux rangs de la bourgeoisie seulement qu'il appartenait par sa naissance, parce que son aïeul Dïeux-Budé avait été prévôt des marchands en 1452, comme 0 l'a été lui-même plus tard, mais à la noblesse ou au moins aux possessem's de fiefs ayant charge à la cour. II comptait pauni ses ancêtres un conseiller du roi, maître des requêtes ; et son père, homme opulent, était l'un des quatre grands audienciers de France (premiers officiers delà chancellerie). On lui donna un précepteur qui lui enseigna assez mal le mauvais latin qui régnait alors, et on l'envoya ensuite étudier pendant trois ans le droit à Orléans. Soit que les goûts de son âge fussent cause de ses distractions, soit qu'il manquât de l'instruction plus avancée qu'il eût trouvée dans l'université de Paris, il avoua lui-même plus tard en avoir peu profité, et s'être Uvré, à son retour, aux plaisirs de l'équitation et de la chasse avec ardeur. Mais, à l'âge de vingt-trois ou vingt-quatre ans ( 1491 ), il conçut tout à coup un vif amour pour l'étude. Son père aimait les lettres, et surtout les livres, libroriim emacissimus : Budé en profita pour remplir les lacunes de sa première éducation, et il alla plus loin : il recueillit dans sa maison un des Grecs réfugiés par suite de la prise de Constantinople, G. Hermotyme, de Sparte, et s'attacha à une langue alors presque inconnue en France. Quoique ce maître fût peu habile dans le grec ancien, il put cependant avec lui apprendre à Ure
Homère dans sa langue; et il le goûta tellement, qu'après sa mort on trouva l'édition princeps de Florence de 1488 annotée de sa main, et qu'on attacha du prix à la posséder, quoique ses notes soient d'une écriture difficile. Ses succès dans la langue grecque furent singulièrement favorisés par Jean Lascaris, autre Grec plus illustre, venu en France à la suite de l'expédition de Charles Vin en 1494. Lascaris lui donna une vingtaine de leçons. En congédiant Hermotyme, Budé le gratifia déplus de 500 écus d'or (5720 fr.), somme alors considérable. Son père, qui voulait lui faire obtenir une charge de conseiller au parlement, et qui craignait pour sa vie, à cause d'une maladie grave dont il fut affecté, le dirigeait vers l'étude du droit coutumier et du droit romain. Guillaume préféra se livrer à l'étude approfondie du grec. Son père mourut en 1500; et quoiqu'il laissât douze enfants, dont Guillaume n'était pas l'aîné, son once ou douzième lui constitua un patrimoine^indépendant, qui lui permit de décliner la charge de conseiller au parlement. Il fit d'ailleurs, vers cette époque, un mariage avantageux dans la personne de R. Lelyeur, fille d'un possesseur de fief, et femme éclairée, qui plus tard, en lui donnant à lui-même beaucoup d'enfants, l'aida dans ses travaux littéraires, et le soulagea de toute l'administration de sa maison. Le jour de ce mariage , il consacra trois heures entières à ses études ordinaires, et n'en aima pas moins sa femme, qui, comme il l'a dit lui-même, n'eut pas d'autre rivale que la philologie.
Le mérite de Budé, dû à ces fortes études, avait transpiré. Le chancelier Guy de Rochefort le présenta au roi Charles Vm, et ce prince le nomma à une des charges de secrétaire (1) en 1497.
Huit mois après la mort de ce prince, il pensa que les devoirs actifs de cette charge l'occupaient trop ; et , profitant de la tolérance qui permettait de les laisser à d'autres, obligés d'accompagner le roi dans ses voyages , il se retira de la cour, mais en conservant son titre. Car il avoue y être retourné quelquefois ; et, dans les opuscules qu'il a publiés de 1502 à 1522, il n'a cessé de le prendre. Ses premiers ouvrages furent des traductions du grec en latin, et principalement de Plutarque, 1502 et 1503. Budé publia à Rome son troisième opuscule, sur le traité de Plutarque de Tranquillitate animée, cal. de mars 1505. Il avait été nommé par Louis XH l'un des membres de la nombreuse légation qui fut envoyée à Rome, à l'avènement du pape Jules H (2). Cette légation a duré deux ans , ainsi qu'on le voit
(1) Quum sub' mortera suam, Carolus in aulam me evocasset, jam tuiu studil litteraril coramendatione innotescentem, in quibus nonnihil profecerana, jam In ore praecipue liominum esse cœperara, ob grxcœ linguse studiiiin, quara sine rivali tura araabam. Jam enim régis non a secretis,sedsecrctariuserara.(/>ettre à Rich. Pace, première du Recueil de la correspondance latine de Budé, mai luis. )
(2) Quum dudum ad te legatus, Jull secunde, cum allis Claris vlris , a rege ciiristlanissimo. P'oy, aussi la lettre (le Budé à R. Pace, de 1513.
par la préface dédiée à ce pontife, dont les pa sions guerrières ont fait tort à la papauté. Bu( ne lui 'aurait pas rendu cet hommage, s'il avi connu à quels excès il se porterait un jour, l'outrage qu'il ferait à sa nation en faisant fra per une médaille dans laquelle il était repr sente, le fouet à la main , chassant les Francs d'Italie, et foulant aux pieds leur écusson.
M. Saint-Marc Girardin reproche à Louis X d'avoir négligé Budé , parce qu'il n'aurait p été aussi favorable aux lettres que Charles VIII François T"" ; mais c'est à tort ; car Budé ( que c'est par sa propre volonté qu'il s'éloigne de la cour pour se livrer à ses études; Louis Xn a laissé un monument remarquât de ses lumières dans son édit de 1513, en favei de l'université de Paris; on y lit un éloge » l'imprimerie, que repoussent aujourd'hui bien d esprits chagrins : « Pour le grand bien qui e « advenu en notre royaume au moyen de l'art « science d'impression , l'invention de laquel « semble être plus divine qu'humaine ; laquell « grâce à Dieu , a été inventée et trouvée < «■ notre temps par le moyen et industrie di « libraires ; par laquelle notre sainte foi catlv « lique a été grandement augmentée et coiTob( « rée , la justice mieux entendue et administré( « et au moyen de quoi tant de bonnes et sak « taires doctrines ont été manifestées , commi « niquées et publiées à tout chacun ; noti « royaume précède tous autres, et autres inni « mérables biens qui en sont procédés et proc( « dent encore chacun jour.... »
La rédaction de cet édit est due à un évêqir Et. Poncher, garde des sceaux en 1512. Il est vr cependant que, sur la fin de son traité de l'A dans lequel il célèbre les dispositions libérales d nouveau chancelier de France Duprat, Budé s plaint du délaissement des gens de lettres, i loue François I^" de l'aurore qui s'élève, et qi la fin du règne effaça, s'il est vrai qu'en 154 un édit, que ne donnent pas les collections oi dinaires, ait flétri l'imprimerie comme une institi tion dangereuse. ïf-^
Budé, en 1508, dédia au chancelier de Gana ses Annotations sur les vingt-quatre premiei livres des Pandectes , qu'il amélioi-a plus tard d'après les conseils du savant italien Alciat. 1 avait visité à Aix ce savant, qui était alors pro fesseur dedroit à Avignon; il y ajouta les Forch sia, ou Questions de droit. Mais ce n'est pas comni jurisconsulte queBudé a brillé; il aseulementou vert une nouvelle voie à cette étude, en com battant la méthode d'Accurse et en envisageât) le 1 droit romain sous le rapport histoiique ce qui le rend un des précurseurs de l'école à Cujas. Budé ne fut jamais magistrat de profes sion,et son nom n'apparaît pas même sur la list des avocats de son époque.
Mais l'ouvrage capital de Budé est son traiti de Asse, qu'il publia en 1514, à l'âge de qua rante et un ans : ce fut le fondement de sa repu
tation à l'étranger. H mit quinze mois à le composer (l), mais il usa de toute l'érudition qu'il avait acquise depuis plus de vingt ans. Le sujet était neuf; il s'agissait d'expliquer, outre la division de l'unité romaine ou as, le système mouétaire tout entier, comparé à la monnaie des autres pays et au système français. Cet ouvrage est divisé en cinq livres, et surchargé de digressions ; la latinité en est obscure , et le style recherché. Érasme l'a reproché avec raison à l'auteur, son ami. Budé a corrigé beaucoup de textes : il estarrivé du premier coup à une appréciation exacte de la livre romaine , en l'évaluant aux deux tiers de la livre française de 1 6 onces (326 gram. 6144 grains environ), puisque les recherches multipliées des érudits , depuis trois siècles, tournent autour de ce chiffre. Il n'a pas cherché à y mettre une précision absolue, et il a même confondu le denier romain et la drachme attique , la livre des Romains et la mine grecque. On remarque dans ses digressions un Jugement sur Tacite qui prouve que Budé n'avait pas le goût sûr, et ne comprenait même pas les grandes qualités de l'historien. Il a avoué luimême être doué de plus de mémoire ou d'aptitude pour les langues que pour les hautes conceptions, quoique ses apologistes lui donnent un style énergique et plein d'idées : il dit donc de Tacite (2), auquel il reproche d'avoir été un des fonctionnaires de Domitien, comme si lui Budé n'avait pas été le protégé de Poyet, chancelier prévaricateur : Sceleratiore historiée stylo, toxico mendacii oblito , repetere institit , vecordium omnium scriptorum perditissimus , si recte verba ejus œstimentur ; et il résume sa pensée en le qualiflant de sceleratissimus scriptor. Sans doute Tacite a porté des jugements sévères sur les Césars de Rome , et il a assez maltraité les chrétiens du temps de Néron; mais, avec un peu de critique, Budé aurait vu qu'il s'agissait plutôt des juifs que des chrétiens ; et il était lui-même assez dégoûté du despotisme qui régnait à la cour , dont il se vante tant d'être resté dix-huit ans éloigné, pour pardonner à celui qui faisait l'histoire de princes aussi méprisables que la plupart des Césars.
Quoi qu'il en soit , le traité de Asse obtint un succès qui, malgré son mérite réel, ne peut être expliqué que par le goût universel que la renaissance des lettres avait fait naître en Europe pour l'érudition. Cet ouvrage, traduit en italien par Gualaudi (Florence, 1562, in-8°), a été réimprimé en France en 1522, en 1541, 1555, 1 695. Un exemplaire sur velin a été vendu dernièrement jusqu'à 1500 francs (vente Maccarty). Den existe de nombreux abrégés, 1522, 1529, 1538, 1551, 1558, 1568, 1585, et les digressions qu'il renferme les ont rendus nécessaires. Au reste jamais livre d'érudition n'a eu un succès aussi étendu et aussi soutenu. Il mit Budé en rap-
(1) Ch. 46 de son Traité de l'Institution du prince. (ï) Liv. IV, p. SOI, éd. de Grype, 1551. ,
port avec tous les hommes éminents 'de l'étranger : en Angleterre, avec le chancelier de Henri A'III, Th. Morus, auteur de V Utopie, qui eut le mérite de résigner sa charge quand ce prince changea de religion ; avec l'ex-secrétaire d'État du même prince, R. Pace; avec Érasme, alors professeur de grec à Oxford et à Cambridge ; avec l'Espagnol Vives , instituteur de la fille du même prince ; avec Bembo et Sadolet , secrétaires des brefs à Rome ; et avec bien d'autres savants hommes. Il entretint désormais aveceux une correspondance latine et grecque, qui a son prix. Léonard Portius, eu Italie, et Agricola, en Allemagne, voulurent lui disputer la priorité et le mérite du résultat de ses recherches. Budé, qui s'était vanté d'avoir composé son ouvrage pour lever le voile qui pesait sur l'antiquité et pour honorer sa patrie, s'en montra très-irrité ; mais Lascaris apaisa cette querelle, et en remit le jugement à la postérité, qui a oublié l'ouvrage de Portius, et qui, dans l'écrit d'ailleurs postérieur d' Agricola {voy. ce mot) , n'a trouvé que la substance de l'œuvre de Budé.
L'avènement de François I*"^ date du 1*' janvier 1514, et le traité de Asse n'a paru que quelques mois après. On remarque qu'il y est fait allusion aux espérances que le nouveau règne donnait pour l'accroissement des lettres. Cette circonstance peut faire penser que Budé sortit un moment de la retraite de ses livres. Un de ses biographes dit, en effet, qu'en 1515 François I"^ lui aurait donné un mandat auprès de Léon X, nouveau pontife, protecteur des lettres, pomnégocier avec ce pape une alliance offensive contre César (Charles-Quint) et les Helvétiens (1) ; son témoignage est confirmé par l'autorité peu importante de Varillas (2). On ajoute que le pape reçut Budé avec honneur, pour la renommée de son savoir, mais qu'il le trompa dans la négociation ; ce qui, au reste, n'aurait fait que confirmer Budé dans le jugement qu'il portait sur la cour de Rome. Budé, dans sa correspondance postérieure, ne parle point de cette nouvelle ambassade , soit à cause de cet insucces, soit plutôt parce qu il n'était qu'adjoint à la légation dévolue à de plus grands personnages (proceres), comme le dit le même biographe; soit enfin parce que ce dernier a confondu cette légation avec celle que remplit Budé auprès de Jules U, de 1503 à 1505, dont Sainte-Marthe ne parle pas. J. Sainte-Marthe-Pictau, oncle du précédent, et Leroy, autres biographes de Budé, ne mentionnent pas la seconde ambassade.
Quoi qu'il en soit, il resta éloigné de la cour pendant cette partie du règne de François I*"", puisque, dans sa correspondance de 1518, il fait remonter à dix-huit ans son éloignement des affaires. A cette époque il avait déjà sept enfants, quoique sa femme n'eût que trente et un ans, et il était parvenu à l'âge de cinquante et un ans ;
(1) Scévole de Sainte-Marthe, Élogia, 1698.
(2) Histoire de France, publiée sou» Louis XIV, 1683»
il se plaint de maladies fréquentes, surtout à la tête, qu'il faisait remonter à la première atteinte qu'il en avait eue pendant l'ardeur de ses premières études. Il passait avec sa famille la belle saison à Marly-le-Bourg, dont il était seigneur {viens meus ) ; il faisait bâth- sa maison de la rue Saint-Maiiin, quartier alors retiré, et il fréquentait aussi Saint-Maur, abbaye près de laquelle il possédait une seconde seigneurie , celle de Villeneuve. En 1519, François F'' paraît l'avoir appelé auprès de lui ; et il obéit, malgré sa répugnance pour les devoirs de cour. En 1520, on le voit au camp du Drap d'or , à l'entrevue de François I" et de Henri VIII, et il en décrit la magnificence. Le 16 août 1522, il est élu par la corporation municipale de Paris à la dignité de prévôt des marchands, qu'il occupadeuxans, suivant l'usage. La ville de Paris a conservé ce souvenir; et son conseil municipal, en 1842, a consacré la statue de Budé parmi celles de ses premiers magistrats. François T*^ le nomma hii-même, le 22 du même mois, maître des requêtes ; charge alors considérable , car il n'y avait pas d'autres conseillers d'État en titre, et ils n'étaient que huit. Dans le cours de ces années, on voit, par sa correspondance, qu'il accompagnait le prince dans ses voyages, excepté à l'armée. Il était maître de la librairie ; et si ce titre ne veut dire que bibliothécaire du roi , il est certain qu'il en profita pour faire transférer la bibliothèque naissante de Blois à Fontainebleau , et qu'il l'enrichit beaucoup de livres imprimés et de manuscrits grecs. Lascaris a dit, au sujet de ce fait littéraire :
Augusti ut Varro, Francise! bibliothecam Auget Budaeus, PaUadis auspiciis.
Il fut ainsi l'un des fondateurs de la bibUothèque impériale de France, ti-ansférée en 1595 de Fontainebleau à Paris, et depuis devenue l'une des premières du monde. Il publia en 1526 ses traductions des traités d'Aristote et dePhilon, de Mundo. Ce n'est que plus tard, et au retour de la captivité de François I", qu'il aurait, avec Jean du Bellay, alors évêque de Narbonne, mais personnage très-lettré, obtenu de François FH'érection , en dehors de l'université de Paris , de trois chaires libres de grec , d'hébreu , et de haute latinité ; l'une des épitaphes pubhées à la mort de Budé par Richer semble même lui en attribuer tout l'honneur :
Per te, rex Unguis prœiriia certa dedil.
Cette fondation a eu lieu, dit-on, de 1528 à 1530, mais n'a été réalisée que plus tard ; c'est le noyau de l'institution si importante du collège de France, ([ui fait tant d'honneur à la France par ses émiuents professeurs.
On a mêlé, en 1529, le nom de Budé à la condamnation du seigneur de Berquin, ami d'Érasme , à la peine du feu pour crime d'hérésie , sentence qui fut exécutée. Nous avons expliqué (voy. Berquin ) comment Budé, s'il fut un de ses juges ( ce que l'arrêt non retrouvé aux ar-
chives judiciaires pourrait seul prouver), fut au contrake le constant défenseur de ce savant et courageux gentilhomme en 1523 et en 1526 : il ne tint pas à lui qu'il n'échappât à cette exécution déplorable. Aussi jamais le parti protestant n'en a fait un reproche à la mémoire de Budé, qui fut le constant protecteur des gens de lettres. Ceux-ci, surtout les hellénistes, étaient vivement attaqués par les fanatiques de cette époque, comme propagateurs de l'hérésie de Luther et de celle que Calvin méditait en France, et qu'il réaUsa bientôt à Genève.
Budé composa en 1534 un écrit spécial, intitulé de Transitu ad Hellenismum , dans lequel il justifie les lettres grecques du reproche d'hérésie qu'on leur adressait sous ce nom dès le temps de Justinien, témoin l'écrit étrange de ce piince contre Origène, et qu'on leur fait encore aujourd'hui dans une polémique qui divise l'épiscopat français, mais que le pape actuel a su contenir en s'abstenant de condamner les études classiques. Cependant, dans la préface de cet écrit, développé en trois parties, que Budé adressa à François F', il loue ce prince avec exagération des garanties qu'il avait données à la foi catholique par la célèbre procession de 1528 ; et il s'exprime avec emportement contre les fauteurs de lanouvelle secte, qu'il appelle les i derniers des hommes. Érasme, qui avait été moine et s'était fait relever de ses vœux, a été plus modéré que lui. [
J. Tusan a publié, de 1526 à 1531 , cinq li- ! vi'es des lettres grecques de Budé : elles sont curieuses pour l'histoire littéraire de cette époque. On reproche avec raison à Téditeur, autorise par Budé, de n'avoir pas substitué, à ses noies grammaticales insignifiantes, des notes histori- | ques qui auraient éclairci les faits quelquefois I obscurs de la vie antérieure de son héros et des contemporains ses correspondants. On y aurait vu l'explication de ses démêlés et de quelque aigreur qui eut lieu entre Budé et Érasme, retiré depuis 1521 à Bâle.
Les lettres grecques de Budé sont au nombre de 56, et mériteraient d'être traduites en français, comme elles l'ont été en latin (Ponchon, 1574). Lascaris , accoutumé à flatter les princes et les hommes opulents, dit qu'elles avaient le sel attique ; plusieurs (6) lui sont adressées, 3 à Érasme, une à Rabelais ; la plupart le sont à G. Mainus , précepteur de ses enfants, pendant les voyages qu'il faisait à la suite de la cour. Les lettres latines ont le défaut de style reproché par Érasme à Budé, et sont pénibles à lire; i! y en a une qui contient des conseils à Dracon, son fils aîné. Elles sont adressées à Pace , à Morus , à P. Beinbo , à J. Sadolet, à Alciat, à Érasme, à Lascaris.
Les œuvres de Budé ont été i-ecueillies en 4 vol. in-fol. ; Bâk', 1557 : le tome ÏV c(mtient ses commentaires grecs. On n'y a pas com|)ri!5 l'ouvrage qu'il a pulilié en assez mauvais français vers 1535, et qu'il a adressé à François I", sur
BUDÉ — BUDER
l'Institution du piirice. U n'y a de remarquable que le chapitre où il parle assez modestement de son traité de Asse, et donne des conseils au roi sur la faveui* due aux gens de lettres, pour l'avantage de la France. Cet écrit a été imprimé par J. de Luxembourg, prince abbé d'Ivry, à l'Arrivour ( 1547 , petit in-fol. de 204 p.). Enliri Budé a laissé en manuscrit un lexique grec-latin, imprimé à Genève, 1554, in-fol., Baduel; et 1562, Crépin : ce qui a servi considérablement au Trésor de Henri Estienne.
On dit que le crédit de Budé auprès de François \" fit ombrage au cbancelier Duprat, qui causa sa disgrâce ; et qu'il ne fut rappelé à ia cour que par le chancelier Poyet, son ami, en 1538. Il est vrai qu'on ne trouve pas le nom de Budé parmi les huit maîtres des requêtes qui siégèrent aux lits de justice tenus de 1527 à 1528 pour l'enregistrement du traité de Madrid (Reglsties manuscrits du parlement). Mais comment Budé aurait-il été en 1529 l'un des douze commissaires nommés par le roi pour le procès de Berquin ? Comment, dans son traité de 1 534, Budé aurait-il parlé des entretiens qu'il avait avec le roi pendant ses repas sur les sujets littéraires? On voit seulement, dans son biographe Scévole de Sainte-Marthe, qu'il dut à Poyet la mission d'accompagner le roi en Normandie, et qu'il y gagna la fièvre, dont il mourut le 24 août 1540. Il défendit par son testament qu'on lui rendît aucuns honneurs, et il voulut être enterré de nuit à Saint- Nicolas-des-Champs, sa paroisse. Cette prescription le fit accuser de tendance aux opinions nouvelles répandues par Calvin, et on lui reprocha d'avoir empêché cette manifestation catholique, essentielle dans les circonstances où l'on se trouvait. La considération dont jouissait Budé , et son rang, rendaient le fait assez remarquable, et il l'est devenu encore davantage par l'abjuration ultérieure de sa veuve et de la plus grande partie de sa famille. Des nombreuses épitaphes qui lui ont été consacrées, nous ne citerons que celle-ci, due à la plume de Salmon, paraphrasée en huit vers français par Melin de Saint-Gelais :
Budxus voluit média de nocte sepulcro
Inferri, et nullas prorsus adesse faces ; Non factura ratione caret, clarissinia quando Ipse sibi lampas luxque curusca fuit.
ISAMBERT
y'ie de Budé, par L. Leroy (Regius), adressée au chane. Poyet, janvier lo41. — J. de Sainte-Martlie-Pictau. ISW.— Scévole de Sainte-Marthe neveu, Elngia, 1398.— Moréri. — Bayle, — Botvin jeune, y^ead, des inscrip. et bell. ■ let , V, 350. -SSl; 1723, 1729. — Saint-Marc Girardin, J. des Débats, 27 décembre 1833 — Guicticiion, Généal. de laBresse^ t«SO,S^ partie, p. 231. — Hist. des Maîtres des requêtes, par Blaiiciiard,1670, p. 171-230.— D'Hozier, Généulog. delà maison de Budé. — Chevillard, Des Prévôts de Paris, 1720. — NicéroD, t. VIll.
BUDÉ {Jean-Louis et Mathieu), fils du précédent, abjurèrent le catholicisme,«t se retirèrent en 1549, avec R. Lelyeur, leur mère, et avec leurs sœurs, à Genève, pour faire profession de la relii;ion réformée par Calvin.
Jean, 2* fils de Budé, fut un des premiers ma-
gistrats de la république de Genève , et envoyé en 1558, par les calvinistes, en députation auprès des princes d'Allemagne, pour cimenter l'alliance avec les luthériens de la confession d'Augsbourg. Il avait hérité de son père et de son aïeul la seigneurie de Vérace. Il fit bûtir un collège à Genève, et traduisit en français, avec Ch. de Joinvilliers, les Leçons de J. Calvin sur Daniel ; Genève, 1552, iu-fôl. Louis, son frère, y futprofesseur de langues orientales, et a publié à Genève en 1551, in-S", une Traduction des psaumes. Henri Estienne parle aussi de la science de Mathieu Budé dans la langue hébraïque.
La maison des Budé, l'une des plus distinguées de Genève, s'est maintenue jusqu'à nos jours , en contractant des alliances avec de nobles familles de France et de l'étranger ; tandis ([ue la brandie aînée, issue de Dracon et des autres fils restés en France, paraît s'être éteinte. Elle a possédé la seigneurie de Ferney, acquise par Voltaire en 1758.
ISAMBERT
Généalogie de la Bresse, par Guiclionon. - D'Hozier et Bayle. — Corresp. de P'oltaire, éd. Beuchot, t. LVII, p. 617 et suiv.
BUDÉE (....), médecin français, natif d'Orléans, vivait dans la première moitié du seizième siècle. On a de lui : De curandis articularibus morôis; Paris, 1539.
Kestner, Medicinisckes Gelehrten-Lexicon.
BVDÉË {Guillaume), médecin et historien allemand, natif d'Halberstadt, mort en 1625. U devint médecin du duc de Brunswick-Lunebourg, et s'occupa de recherches historiques. Ses principaux ouvrages sont : Chronicon quoddam Halberstad. episcoponim. ; — Vita Albertill, episcopi Halberstad. ; l"' partie, Halberstadt, 1624 , in-4''; la seconde partie n'a pas paru; — ©avaToXoyia, seu dynastai Jmjxis seculi; imprimé dans la Collectio scriptor. rerum germ/imcarumdeLeacMeld; Francfort, 1717, in-fol.; — Familia et patrinwnium B. Stephani Halberstad. ; 1615, in-4°; — Chronolorjiœ centuria prima; Séries imperatorum roman., etc.
Reinjan, De Libris yenealogicis.
BUDEL ou BUDELius (i?ene), jurisconsulte flamand, natif de Ruremonde , vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. Il fut directeur des monnaies du duc de Bavière et des électeui's ecclésiastiques. On a de lui : De Monetis et Re nummaria libri duo : his accesserunt tractatus varii atque utiles tam veterum quam neofericorum authorum\ Cologne, 1591, in-4°.
Valère .\ndré, Biblioth. belgica. — Sweert, Athenae belgicœ.
BVDER (Chrisiian-Gottlieb) , jurisconsulte et historien allemand, né à Kittlitz, dans la haute Lusace, le 29 octobre 1 693 ; mort le 9 novembre 1763. Il fut conseiller aulique, et professeur de droit à léna. Ses principaux ouvrages sont : Bibliotheca juris struviana adaucta ; léna, 1720, 1725, 1743, 1756, in-8'' ; la T édition, de 1743, contient des augmentations; — Vitœclarïssimorum jurisconsultorum selectx; ibid.,
BUDER — BUDGELL
1722, m-8°; — Kurzer Begriff der neuesten Reichs-Historie von 1714-1730 (Tableau abrégé de l'histoire moderne de l'Empire, depuis- 1714 jusqu'en 1730); ibid., 1730, 1731, 1740, 1748, in-8°; — Sammlung aller hand meistens ungedruckter Schriften, zur Erlàuterung des Natur-Volker und Deutschen Staatsrechtes (Recueil d'écrits non imprimés, de pièces justificatives, de documents, etc., relatifs à l'histoire du droit naturel et public de l'Allemagne); Francfort et Leipzig, 1735, in-8° ; — Bïbliotheca historica selecta, in suas classes distributa, cujus primas lineas duxit B.-G-Struvius, emendavit et copiose locupletavit C.-G. Buder, etc. ; Leipzig, 1740, !2 vol. in-8''; ouvrage refondu et complété par Meusel ; — Amœnitates juris feudalis, etc.; léna, 1741, in-4°; — Opuscula quitus selectiora juris publici, feudalis, ecclesiastici germanici et historiée patrise ac litterariae argumenta exhibentur ; ibid., 1743, in-8°; — Bïbliotheca Scriptorum rerum germanicarum, easdem universim illustrantium, placée en tête du Corpus historiée gentis German., deStruve; léna, 1730, 1753, in-fol. Buder a encore laissé un grand nombre de mémoires ou dissertations.
J. Chr Fischer, Memoria divis manibus C.-G. Buderi vindicata; léna; 1777, iii-8°. — Moser, Lexicon zetzt lebender Rechts-Gelehrten. — Weidlich, Geschichte der letzt lebenden Rechts-Gelehrten in Deutschland. — Mylius, Blûhendes léna. — Piitther, Litteratur des deutschen Staatsrechtes.
BUDES (Jean-Baptiste). Voyez Gcébrunt.
BtTDES (Sylvestre de), guerrier français, seigneur d'Uzel (Côtes-du-Nord), naquit vraisemblablement dans cette commune , • et mourut à Màcon en 1379. Parent de du Guesclin , il combattit à ses côtés à la bataille d'Auray en 1364, le suivit en Espagne, et porta sa bannière aux journées de Navarette et de Montiel. Revenu en France avec une grande réputation de bravoure, il s'ùnpatienta bientôt de la trêve qui avait été conclue ; et, voulant donner carrière à son humeur aventureuse , il alla offrir au pape Grégoire XI, alors résidant à Avignon, le secours de six mille Bretons, dont il partageait le commandement avec Jean de Malestroit , son frère d'armes , et qu'il voulait employer à rétablir l'ordre et l'autorité du pape dans l'Italie, en proie aux désordres les plus effrayants. Muni des instructions du souverain pontife , Budes franchit le Pas de Suze , pénétra dans le Piémont , puis dans la Lombardie, et fit éprouver des pertes considérables aux révoltés de Bologne et de Césène. Les habitants de cette dernière ville, qui avaient consenti à lui ouvrir leurs portes , ayant massacré une partie de ses troupes par trahison, il les fit presque tous passer au fil de l'épée. Après cette première expédition , il se rendit à Rome ( 1377), où Grégoire XI était revenu depuis l'année précédente; les deux mois qu'il y séjourna se passèrent en fêtes , qui ne turent qu'un instant interrompues par un combat achar-
né, renouvelé de celui des Trente, entre dix Bretons, champions de l'Église, et dix Allemands, qui soutenaient la cause des révoltés conti'e celle du pape. Cinq Allemands furent tués, et cinq autres grièvement blessés. Lors des compétitions suscitées par la mort de Grégoire XI en 1378, Budes se prononça en faveur de Clément YII , reconnu par la France , l'Espagne , la Sicile et l'Ecosse , et battit les troupes d'Urbain VI , que soutenait une partie de l'Italie. Ce fut très-probablement à cette époque qu'il fut nommé lieutenant général et gonfalonier des armées de l'Église. Ne tenant aucun compte de l'excommunication fulminée contre lui par Urbain VI , irrité de ce qu'il avait pris Viterbe et Anagni , il marcha sur Rome, et s'empara du faubourg Saint- Pierre ainsi que du château Saint-Ange, dont il confia la garde à cent cinquante de ses soldats. Cette petite garnison résista une année entière aux attaques réitérées des Romains , et ne capitula que quand elle fut à bout de vivres et de munitions. Budes guerroyait alors dans la campagne de Rome. Furieux de l'évacuation de Saint- Ange , il refusa de ratifier la capitulation ; et, informé que les notables de la ville devaient un jour s'assembler au Capitole , il revint en toute hâte à Rome par des chemins détournés, arriva devant le Capitole au moment où le conseil en sortait , massacra plus de deux cents des plus riches seigneurs ou bourgeois, et s'éloigna sans que personne songeât à l'inquiéter dans sa retraite.
A quelque temps de là, un capitaine anglais , nommé John Hawkvf ood , partisan non moins audacieux que Budes , résolut de délivrer la ville de San-Marino , assiégée par le capitaine breton, conjointement avec Bernard de la Salle et le comte de Montjoie. Ces derniers, prévenant Ha wkwood, marchèrent à sa rencontre, et lui livrèrent une sanglante bataille, dans laquelle ils perdirent cinq mille hommes et furent faits tous trois prisonniers. Conduit devant Urbain VT, Budes en reçut un accueil bienveillant; et le pape , soit admiration de sa valeur, soit désir de se l'attacher, lui accorda sa liberté moyennant une faible rançon. Cette indulgence fut funeste à Budes. Lorsqu'il vint à Avignon avec un gentilhommenommé Guillaume Boileau, Clément Vil l'accusa de s'être laissé gagner par son antagoniste , et , entretenu dans ses mauvaises dispositions par le cardinal d'Amiens , il lui fit trancher la tête à Mâcon, au mois de janvier 1379. P. Levot.
Histoires de France, de Bretagne et d'Italie. — Gestes des Bretons en Italie , sous le pape Grégoire XI , par Guillaume de la Pérenne, poGme d'environ 3,000 vers , Inséré dans les Preuves de l'histoire de Bretagne de dom Maurice, t. II, col. I34etsuiv., et dans le Thésaurus Anecdotorum de dom Martène, t. XIII, p. 1462 et suiv.
BUDGELL (Ëustache) , littérateur anglais , né vers 1685 à Saint-Thomas, près d'Exeter; mort en 1736. Écrivain peu profond, mais spirituel et élégant , il sut donner à la morale wn
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tour piquant. Addison , dont il fut le collaborateur dans la composition du Spectateur et des autres feuilles dont cet auteur enrichit «a patrie , le fit nommer contrôleur général des revenus (l'Irlande. Budgell, pour se venger d'un sujet (le mécontentement que lui avait donné le duc de IJolton , vice-roi d'Irlande , écrivit contre lui une violente satire, et perdit sa place. A ce malheur s'en joignit un autre : des revers de fortune le ruinèrent en 1720. Tindall, son ami, lui laissa :W00 livres sterling. Budgell avait assisté au testament; on l'accusa d'y avoir inséré cet article, et le legs fut annulé. Privé dès lors de toute ressource, il mit fin à ses jours en se noyant dans la Tamise. Ses principaux ouvrages sont : the Characters of Theophrastus, traduits du grec, 1714; — A Poem to the queen upon hisMajesty's journey to Cambridge, 1732; — A letter tohis excell. Vbrich, d'Ypres; poëme satirique , 1732 ; — Memoirs of the live and character qf the late earl ofOrrery; Londres,
Cibber, Lives of English. Poets. — Biographia Britannica. — Ersch et Gruber, Mlgemeine Encyclopàdie. — Rose , New Biographical Dictionary.
BUDNÉE ou BUDNY (Simon ) , en latin Budnœus, théologien protestant polonais, né enMazovie , vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. Il fut ministre à Klécénie , puis à Lost. Disciple de Servet et chef d'une secte d'unitaires, il poussa la doctrine de Socin jusqu'à ses dernières conséquences. Il était doué du talent de la parole ; aussi fit-il de nombreux prosélytes dans la Lithuanie, dans la Prusse et ailleurs. Effrayé des suites que pouvait avoir l'excommunication prononcée contre lui , en 1582 , par le synode de Luclan, il devint plus circonspect, abjura ses principes, et se réunit aux pinezoviens, secte socinienne. Ses principaux ouvrages sont : Libellus de duabus naturis in Christo ; — ApologiaPolonica ; — une traduction polonaise (le l'Ancien et du Nouveau Testament; Zaslaw, 1572 , in-4''; le Nouveau Testament imprimé séparément, Leszko, 1574, in-8»; — Re/utatio argumentorum, etc., Ezecchevicii ;'Ltsiko, 1574.
Bock, Hist. antitrinitarum.
*BCDO (Antonio), sculpteur, travaillait à Venise à la fin du dix-septième siècle. Il fut un des artistes qui exécutèrent les nombreuses statues de la façade de l'église des Jésuites, triste témoignage du malheureux état de la sculpture à cette époque. E. B — n.
TIcozzi, Dizionario.
BUDOWEZ ou BUDOWA ( Venceslas ) , controversiste protestant allemand , né en Bohême en 1551, mort en 1621. Il quitta la cour, où il était conseiller, sous prétexte de suivre entièrement l'éducation de ses enfants ; mais dans le fond pour se livrer à la controverse , dont il avait puisé le goût parmi les théologiens de la secte des calvinistes , à laquelle il appartenait. Dénoncé aux magistrats comme se livrant à des déclamations qui pouvaient amener des troubles,
— BUENC
il fut arrêté, condamné à mort, et décapité. On a de lui : une traduction en langue bohémienne de VAnti-Alcoran de Bernard Perez de Chircone , prêtre espagnol ; — Circulus horologii lunaris ac solaris , seu de variùs Ecclesix et mundi mutationilnis ; Hanau , 1616 , in-4'*.
Historia persecutionum ecclesiœ Bohemiœ; l(i48, In-lS. — Kœnig, Biblioth. vêtus et nova. — Wltte, Diarium biographicum. — Clément , Bibliothèque curieuse. — Baumgarten , Nachrichten von merkwUrdigen Bilchern.
BUDRio (Giacom^ne nk) . Voy. Lirpi (Giacomo).
BVÉE (Adrien-Quentin), littérateur et mathématicien français, né à Paris en 1748, mort dans la même ville le 11 octobre 1826. Il entra de bonne heure dans l'état ecclésiastique, fut d'abord organiste de Saint-Martin de Tours, revint à Paris en 1786, émigra après la journée du 10 août, et, après un séjour de vingt et un ans en Angleterre, rentra en France , et devint chanoine honoraire de Paris. Les loisirs de l'abbé Buée furent toujours consacrés à l'étude des sciences exactes et de la musique. Outre un Dictionnaire des termes de la révolution, Paris, 1792, in-8°, on lui attribue quelques brochures qui ne sont que des facéties. Il a encore laissé un grand nombre de manuscrits, où sont traitées différentes questions de mathématiques.
Quérard, la France littéraire.
BUÉE ( Pierre- Louis ) , théologien français, frère du précédent, né le 5 septembre 1740, mort à Paris le 28 juin 1827. Comme son frère, il se réfugia en Angleterre pendant la révolution. A son retour en France en 1802, il devint chanoine de la métropole. On a de lui : Eulogie paschale ; Paris, 1792; — Obstacle à ma conversion constitutionnelle ; ibid., 1792.
BCELLIUS. Voy. BUIL.
*BUENO DA SYLVA (Bartholomcu) , surnommé Anhanguera ou le grand Diable, célèbre explorateur brésilien, né dans la première moitié du dix-septième siècle, mort dans la seconde. On attribue à cet intrépide Pauliste la découverte de la province de Goyaz, vaste région du Brésil, qui surpasse la France en étendue. Il paraît néanmoins certain qu'un autre Pauliste, nommé Manoel Correa , avait visité ces contrées aurifères dès l'année 1670. Ce dernier était d'une telle ignorance, que les manuscrits où il avait consigné ses découvertes ne purent être utilisés après sa mort. Bueno se mit en marche pour ses lointaines explorations vers l'année 1680, et, après d'indicibles fatigues, arriva dans l'endi'oit qu'habitait jadis la pacifique nation Goya. Pour subjuguer cette peuplade , il mit en usage un stratagème presque puéril, et qui devait d'autant moins manquer son effet qu'il réussit , employé plus tard dans l'Amérique du nord par M. Tissonet. 11 fit brûler un peu d'eau-de-vie dans un plat d'étaln, et déclara aux Goyaz que s'ils ne se soumettaient à l'instant, il embraserait aussitôt leurs lacs et leurs fleuves. Après avoir poursuivi le cours de