‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 242 sur 276 · BURCKHARDT · texte numérisé non relu

BURCKHARDT

Cksttingue, où son ardeur pour la science, son application, ses talents ot l 'aimable vivacité de son esprit lui méritèrent l'attachement de tous ceux qui le connaissaient. Ses études finies, il revint en 1805 à Bàle, où il demeura pendant quelque temps au mUieu de sa famille. Sans tenir compte d'une proposition qui lui avait été faite d'entrer dans la carrière diplomatique , il fit, dans le mois de juin de l'année suivante, un voyagea Londres. Une lettre de recommandation que lui avait donnée le célèbre Blumenbach pour sir Joseph Banks l'introduisit chez ce savant Anglais, qui a rendu de si grands services aux sciences naturelles et géologiques , et chez Hamilton , le trésorier et le secrétaire de la Société africaine. Comme cette société se proposait d'envoyer un second voyageur dans l'intérieur de l'Afrique par la route qu'avait antérieurement suivie Horneman (voy. ce nom), on accepta, en 1806, l'offre que fit Burckhardt d'entreprendre ce voyage. Après s'y être préalablement préparé au moral comme au physique , il reçut en 1809 sa procuration et ses dernières instructions. Endurci par toutes sortes d'épreuves (il s'était soumis, au milieu des jouissances de la vie, à des jeûnes volontaires, au tourment de la soif, et avait passé des nuits entières sur le pavé des rues), familier avec la langue arabe, qu'il avait étudiée avec soin à Cambridge, il s'embarqua le 14 juillet pour Malte , où, s'étant laissé pousser la barbe, il adopta le costume oriental. Sous le nom de cheik Ibrahim,il partit pour se rendi-e en Syrie, afin d'y étudier les mœurs et les langues de l'Orient à l'école d'Alep. Après un séjour de deux années , il parlait la langue vulgaire avec une telle facilité, qu'il put fort bien se faire passer pour un marchand indien ou arabe. Il visita alors Palmyre , Damas , le mont Liban et d'autres contrées , et se rendit au Caire pour y attendre la caravane avec laquelle il pourrait partir pour le Fezzan. Dans un voyage qu'il entreprit encore (1812), il remonta le Nil jusqu'en Nubie, et pénétra jusqu'à Dongola. Il parcourut ensuite en 1814, sous le costume d'un simple marchand turc ou syrien , tout le désert nubien qu'avait déjà visité Bruce, et pénétra, après d'innombrables difficultés , par Berber et Suakin , jusqu'à la mer Rouge , et de là , par Djedda , jusqu'à la Mecque. Son but principal était d'étudier l'islamisme à sa source, afin de devenir de plus en plus capable d'exécuter son grand plan de voyage. Après avoir passé quatre mois à la Mecque , il se joignit à une troupe de plusieurs milliers de pèlerins qui se rendaient au saint pèlerinage du mont Ararath, et prit dès lors le titre, si vénéré dans l'Orient, de hadji, qui veut dire pèlerin. Il était alors si bien initié à la langue et aux coutumes reUgieuses des musulmans, qu'un doute s'étant un jour élevé au suj et de sa croyance religieuse , deux ulémas lui firent [subir un examen sévère, tant sur la partie théorique que sur la partie pratique du Coran ; et qu'après cette

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