BURIGNY — BURKE
dam, 1750 et 1754, 2 vol. in-12; Amsterdam, 1754, 1 vol. m-4''; — Vie d'Érasme, 1757, 2 vol. m-12; ouvrage très-instructif; — Vie de Bossuet; 1761 , in-12 ; — Vie du cardinal Duperron; 1768, in-12; — Lettre à. Mercier de Saint-Léger, sur les démêlés de Voltaire avec Saint-Hyacinthe; 1780, iii-8° : c'est le résultat de savantes recherches ; elle donne des renseignements très-curieux sur la vie des contemporains d'Érasme. Il conserva son esprit jusqu'à son dernier soupir, et l'on peut citer les paroles qu'il dit à ses amis quelques instants avant sa mort : « Si j'avais été assez malheareux pour « douter de l'immortalité de l'âme , l'état où je « suis me ferait bien revenir de mon erreur. « Mon corps est insensible et sans mouvement; « je ne sens plus mon existence ; cependant je « pense, je réfléchis, je veux, j'existe : la matière « mortenepcut produire de pareilles opérations. » On a attribué faussement à Burigny V Examen critique de la religion chrétienne; 1766, in-8°.
Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France.
— Quérard, la France littéraire, v Lévesque de Burigny. — Éloge de Burigny, par Dacier; Paris, 1786, io-S".
— Barbier, Dict. des Anonymes. — Walekenaer, Recueil de notices historiques ; Paris, 1850, p. 286.
*BCRiNi (Barbara), peintre, née à Bologne en 1700 , morte après 1750. EÛe fut élève de son père Antonio Burini, et se perfectionna dans son art par l'étude suivie des ouvrages des maîtres. Elle excella dans le portrait, et fit aussi quelques tableaux religieux, tels que les Stations de la via Grucis , à San Giovanni al Monte, près de Bologne. E. B — n.
Orlandi, Abbecedario. — Ticozzi, Dizionario.
* BURINI (Giovanni-Antonio) , peintre, né à îologne en 1660, mort vers 1730. Élève de Domenico Canuti, U imita le style de son maître; il fut, comme lui, bon coloriste et habile dessinateur. Il a beaucoup travaillé à l'huile et à fresque dans sa patrie. Son portrait fait partie de la collection iconographique de Florence.'^^Il fut le maître de sa fille Barbara. E. B — n.
Malvasia, Pitturi di Bologna. — Musée de Florence. BURKE (Edmond) , célèbre publiciste et orateur anglais, naquit à Dublin le 1"'' janvier 1730, et mourut le 8 juillet 1797. Son père était un notaire catholique qui', pour éviter les persécutions des prêtres anglicans et conserver sa charge , se vit obligé d'abjurer le catholicisme et d'élever son fils dans sa nouvelle religion. Le jeune Burke, après avoir terminé ses études, se destinaitlui-mêmeàrenselgnement;mais, n'ayant pu obtenir une chaire qu'il sollicitait à l'université de Glasgow, il vint à Londres étudier la 1 jurisprudence; en même temps il prenait part à la rédaction de plusieurs écrits périodiques de l'époque, écrivait une parodie d'un ouvrage de Bolingbroke (Vindication of natural society, 1756) (1), et se plaçait tout à coup au rang des
(«) « Cet ouvrage, dit M. Villemain, n'était qu'une parodie des pamplilets irréligieux de Boilngbroke, e» avait I pour objet de montrer que la forme d'argumer;? dont le
premiers écrivains de l'Angleterre par la publication de l'Essai du sublime et du beau ( Philosophical inquiry info the origin ofour ideas on the sublime and beautiful) : cet ouvrage acquit à son auteur une grande réputation auprès des littérateurs de son temps. L'Annual register, recueil périodique qu'il dirigea et rédigea avec un grand succès, devint la source de sa fortune politique. En 1761, il avait accompagné lord Halifax en Irlande; quatre ans après, le marquis de Rockinghami, parvenu au ministère, le choisit (pour son secrétaire particulier, et, sous ce haut patronage, il fut élu membre du parlement par le bourg de Wendover. C'était une époque de crise pour l'Angleterre : les colonies d'Amérique songeaient sérieusement à leur émancipation, et l'opposition dans le parlement faisait entendre contre le ministère une voix puissante qui pouvait ébranler le trône jusqu'en ses fondements. Burke, malgré ce qu'il devaitîde reconnaissance à Rockingham, et malgré les témoignages personnels d'attachement qu'il ne cessait de lui donner, se montra un des membres les plus véhéments de cette redoutable opposition ; son éloquence s'éleva avec une énergie et une chaleur presque inconnues jusqu'alors dans la défense des droits de l'Amérique anglaise, et dans la destruction des abus qui l'avaient poussée au désespou-, et qui devaient la porter à reconquérir violemment son indépendance. Il se signala aussi en plaidant la cause des nonconformistes et celle de Vilkes (voy. ce nom), que l'on voulait expulser de la chambre des communes. Lorsque le parlement fut dissous, Burke , réélu a la fois par le bourg de Malton et par la ville de Bristol , opta pour cette cité commerçaBte ; à cette dernière élection il avait prononcé l'un de ses discours les plus remarquables contre la guerre d'Amérique; mais tons ses efforts furent vains.
Cependant le marquis de Rockingham , rappelé au conseil (1782) après la chute du ministère de lord North, qui a coûté si cher à l'An gleterre, avait rattaché Burke à son administra tion, comme conseiller privé et payem- général des armées. Burke était l'àme de ce ministère , que la mort de Rockingham vint bientôt dissou dre ; le soin d'en ûirmer un nouveau fut confié à lord Shelburne, qui peu après fit place à Pitt. Après la mort de son ancien patron, Burke s'était retiré des affaires publiques ; sous Shelbm-ne, il avait essayé de réunir dans un ministère de coalition les partis divises. Pitt, qui renversa ce ministère, retrouva Burke au premier rang de ses adversaires. Burke fit aussi partie de cette opposition qui , en 1788 , avait voulu empêcher de limiter l'autorité du régent.
scepticisme se servait contre la religion détruisait également toutes les bases de la société civile ; mais celte intention Ironique échappa, dit-on, à beaucoup de lecteurs . et Burke fut plusieurs fols accusé dans la suite, pour cet ouvrage mal compris, s