BOURGOING
in-8°; — Homélies chrétiennes sur les Évangiles des Dimanches et Fêtes principales; Paris, 1642, in-8°; — Homélies des saints sur le Martyrologe romain, 1651 , 3 vol. in-8°. Le P. Boiirgoing édita conjointement avec le P. Gibieuf, en 1044, les œuvres du cardinal de Bérulle, qu'il fit précéder d'une préface et d'une épltre dédicatoire. lia publié en outre une D^c/ara^iow présentée à la reine régente par le R. P. Genval, de l'Oratoire, aie nom de la congrégation, sur quelques points touchant le sacrement de pénitence. Les doctrines insérées dans cet écrit n'ayant point été approuvées dans une assemblée générale de l'ordre, le P. Bourgoing fut contraint de le désavouer. B.
Bossuet, Oraison funèbre du P. Bourgoing, — Richard et Giraud, Bibliothèque sacrée. — Quérard, la France liltêraire. ..
rv. BOURGOING {Jean- François , baron de), écrivain et célèbre diplomate, né à Nevers le 20 novembre 1748, mort le 20 juillet 1811. Les dispositions qu'il montra pour l'étude à l'École militaire de Paris, où il était élève, le firent remarquer. Dès l'âge de seize ans il fut envoyé à l'université de Strasbourg, où se formaient pour l'étude du droit public les jeunes gens destinés à la carrière diplomatique. Au sortir de cette école célèbre, il fut nommé officier au régiment d'Auvergne, et attaché comme secrétaire à la légation de France près la diète de Ratisbonne; devenu secrétaire de l'ambassade d'Espagne, il resta sept ans dans ce pays (1777-1785), et y recueillit les matériaux de son Tableaxi de V Espagne moderne. En 1787, il fut appelé au poste de ministre du roi Louis XVI près le cercle de basse Saxe. Il résida à Hambourg jusqu'en 1791, époque à laquelle il devint ministre plénipotentiaire près la cour de Madrid. Revenu dans sa patrie lors de la rupture de la France et de l'Espagne, il passa dans la retraite le temps de la terreur. Après la mort de Robespierre, quand le gouvernement républicain conçut l'espoir de traiter avec l'Espagne, Bourgoing fut jugé plus capable que personne de remplir cette mission délicate. Il partit donc pour le quartier général de l'armée des Pyrénées-Orientales, et y entama les négociations qui se terminèrent par le traité de paix signé à Bâle (1795). Cette mission remplie, Bourgoing rentra dans la vie privée, et se consacra à des travaux littéraires jusqu'à l'époque où le premier consul fit appel au concours de tous les hommes honorables et expérimentés. Bourgoing fut alors désigné pour le poste de Copenhague, d'où il passa bientôt à celui de Stockholm. Ayant eu, dans un discours public, l'imprudence de faire une allusion prématurée à la transformation de la république en monarchie, il fut rappelé en 1803. Sa disgrâce fut courte : son fils aîné ayant fixé l'attention de l'empereur par une action d'éclat, et demandé pour toute récompense la mise en activité de son père , Napoléon confia à Bourgoing la légation
de Saxe. En cette qualité , il assista au congrès d'Erfurt, et accompagna plusieurs fois le roi Frédéric-Auguste dans les voyages qu'il fit en Pologne comme grand-duc de Varsovie. Bourgoing mourut aux eaux de Carlsbad. Il était correspondant de l'Institut, et a pubUé les écrits suivants : Tableau de l'Espagne moderne, ouvrage justement estimé, et traduit en anglais, en danois et en allemand. 11 a eu quatre éditions , toutes en 3 vol. in-8° ( 1789, 1797, 1803, 1807); les deux premières portent le titre de Nouveau voyage en Espagne, ou Tableau actuel de cette monarchie; — Mémoires historiques et philosophiques sur Pie VI et son pontificat, jusqu'à sa retraite en Toscane : cet ouvrage eut deux éditions, toutes deux en deux volumes in-8° (1798 et 1800); — Histoire des Flibustiers, traduite de l'allemand de M. d'Archenholtz, avec avant-propos et notes du traducteur, in-8°, 1805; — Histoire de l'empereur Charlemagne, traduction libre de l'allemand du prof. Hegewisch, avec avant-propos et notes du traducteur, 1805, in-8°; — Correspondance d'un jeune militaire , ou Mémoires du ntarquis de Lusigny et d'Hortense de Saint-Just, 1778, 2 vol. in-12 : oe roman a eu deux éditions; — Voyage du duc du Châtelet en Portugal, 2 vol. in-8", 1808. Il a en outre édité la correspondance du cardinal de Bernis avec Voltaire, et quelques autres opuscules d'une moindre importance. La veuve de Bourgoing, Marie-Benoîte-Joséphine de Prévôt de Lacroix, née à Neules en 1759, fut appelée en 1820 à la surintendance de la maison royale de Saint-Denis, qu'elle dirigea pendant dix-sept ans, et où elle a laissé les plus honorables souvenirs. Elle est morte le 11 février 1838.
Bourgoing a laissé trois fils : Armand, qui a fait les guerres de l'empire et est mort officier supérieur d'état-major en 1839 ; Paul, dont l'article suit ; et Honoré, actuellement colonel, commandant la place de Lorient. Sa fille Ernestine a épousé le maréchal duc de Tarente. B.
Documents inédits. — biographie des Contemporains.
tKOi]RGOiXG(Charles-Paiil-Amable,haron DE ), diplomate et sénateur, fils du précédent, né à Hambourg le 19 décembre 1791. Il entra au service militaire en 1811, fit dans la jeune garde les campagnes de 1812 et 1813, et, comme aide de camp du maréchal Mortier, celle de 1814. Il entra dans la carrière diplomatique lors du retour des Bourbons , et fut successivement secrétaire de légation à Berlin, à Munich et à Copenhague. Il venait d'être nommé premier secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg, lorsque éclata la guerre entre la Turquie et la Russie. En cette qualité , il se rendit au quartier général de l'empereur Nicolas, et, se souvenant de son ancien métier, prit une part active à la campagne. Il se signala en particuUer au siège de Silistria. 11 était chargé d'affaires à Pétersbourg, lorsqu'jr
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ariiva la nouvelle de la révolution de 1830. La bonne attitude qu'il sut conserver dans ce moment critique contribua puissamment à calmer la première irritation que causait au czar la cliute de son allié Charles X, et à empêcher une rupture qui eût été le signal d'une guerre générale. Ministre plénipotentiaire en Saxe (1832), puis en Bavière ( 1835 ), M. de Bourgoing fut élevé à la pairie en décembre 1841. Démissionnaire lors de la révolution de 1 848, il fut, à la fin de 1 849, appelé à l'ambassade d'Espagne, qu'il occupa jusqu'à septembre 1851. M. de Bourgoing siège au sénat depuis le mois de janvier 1853. Il est l'auteur du Tableau de l'état actuel des inogrès probables des chemiîis de fer de l'Allemagne et du continent exiropéen; Paris, 1842, grand in-8° ; — les Guerres d'idiomes et de nationalités ; Paris, 1849, grand in-8°.
Documents inédits.
BOURGOING DE VILLEFORE. Voy. VlLLE- FORE.
* EOUUGON {Jean-Ignace-J oseph) ,h\stovien français, né à Pontarlier en 1797. Professeur d'histoire à la faculté des lettres de Besançon, il a publié : Polybe considéré comme historien romain, ou, etc.; Strasbourg, Silbermann^ 1829 ; — Abrégé d'histoire universelle ; première partie : Histoire ancienne; Besançon, 1834 ; — deuxième partie; Histoire des Romains : Besançon, 1836; — Abrégé de l'Histoire de France jusqu'à nos jours; ibid., 1835; — Abrégé de l'Histoire de l'empire romain, depuis sa fondation jttsq-u'à la prise de Constantinople; ibid., 1838; — Recherches historiques sur la ville et l'arrondissement de Pontarlier; Pontarlier, 1840.
Quérard, supplément à la France littéraire. EOURGiTESL (N...), vaudevilliste français, né à Paris en 1763, mort dans la même ville le 8 juin 1802. Ses ouvrages les plus remarquables sont : le Pour et le Contre, en un acte; Paris, 1801, in-8°; — Gessner, en deux actes, avec Barré, Radet et Desfontaines; ibid., 1800, in-S"; — Monsieur Guillaume, ou le Voyageur inconnu, en deux actes, avec les mêmes ; ibid., 1800, in-8°; — le Mur mitoyen, ou le Divorce manqué, en un acte, avec Barré; ibid., 1802, în-8" ; — quelques chansons dans le recueil des Dîners du Vaudeville.
Quérard, la France littéraire.
BOïTRCUET {Louis), naturaliste et archéologue français, né à Nîmes le 23 avril 1678, et mort à Neufchâtel le 31 décembre 1742. Jeune encore, il fut amené en Suisse, où sa famille, exilée de France par la révocation de l'édit de Nantes, établit des manufactures d'étoffes de soie. Dans l'espace de vingt ans, de 1697 à 1717, il parcourut six fois l'Italie, et il en rapporta chaque fois de riches collections de médailles, de fragments antiques, de coquillages, de fossiles et de livres. S'étant marié en i72o avec la fille de Claude Jourdan, Français réfugié
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à Neufchâtel, il s'établit dans cette ville, où il ne se fixa cependant qu'en 1717, et où on créa pour lui une chaire de philosophie et de mathématiques. L'histoire naturelle lui doit des observations précieuses et des aperçus ingénieux qui ont été utiles à ses progrès. Il n'y avait pas longtemps encore qu'on avait cessé de regarder les fossiles comme les produits d'esprits architcctoniques, de vertus secrètes et formatrices qui leur avaient donné, en se jouant, des formes analogues à celles d'êtres vivants ; et on commençait à voir dans les \)\&v\'ei figurées , comme on les appelait encore, soit des dépouilles de plantes et d'animaux , soit des dépôts recueillis dans le creux des coquilles. Cette opinion, qui s'arrêtait cependant indécise devant ceux des fossiles dont on ne trouvait pas des analogues parmi les êtres connus, Bourguet travailla à l'asseoir sur des preuves positives, et à la répandre dans le monde savant. C'est ce qu'il fit, entre autres, dans une Dissertation sur les pierres figurées , 1715, et dans unTraité des Pétrifications ; Paris, 1762, in-4° avec pi. Dans ces deux écrits, et surtout dans ses Lettres philosophiques sur la formation des sels et des cristaux, et sur la génération et le mécanisme organique des pilantes et des animaux , Am?,\çx&àxn, 1729, in-12, avec fig., il essaya de montrer que la cristallisation est le résultat d'un mécanisme géométrique, comme la conception et la production des êtres organisés est un développement opéré par un mécanisme organique. Il expliqua la manière dont se forment sous nos yeux certaines espèces de roches, et il tira de là quelques conjectures sur la manière dont ont dû se produire les roches anciennes et les fossiles. Ces considérations le conduisirent à lier l'étude des fossiles à celle de la théorie de la terre. On trouve sur ce point, dans ses ouvrages, quelques observations exactes : c'est ainsi qu'un des premiers il fit remarquer la correspondance des angles saillants et des angles rentrants dans les chaînes de montagnes.
L'hypothèse de l'échelle des êtres, qui est en général attribuée à Ch.Bonnet, appartient à Bourguet, qui en puisa, sans aucun doute, l'idée dans les écrits de Leibnitz. Pendant que Woodward dressait une échelle analogue pour certains produits de la nature, Bourguet aussi composait de son côté un travail semblable, mais plus étendu, dont, en 1713, il communiqua le plan à Scheuchzer. Il essaya même de classer les fossiles d'après cette hypothèse dans son Échelle des fossiles , 1729.
L'archéologie lui doit aussi quelques découvertes importantes, entre autres l'explication de l'alphabet étrusque, dans lequel il reconnut un alphabet grec très-ancien. Il fut moins heureux pour les explications qu'il donna des inscriptions éti'usqucs ; cependant l'abbé Lanzi est d'avis que ses travaux n'ont pas été inutiles à cette partie de l'érudition philologique. Bourguet s'occupa aussi d'une histoire critique de l'alphabet et des
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lettres. Leibnitz l'encouragea à poursuivre cet ouvrage, qui n'a jamais été publié, mais qui semble avoir été achevé ; du moins Cuper, ami de l'auteur, en donne une analyse détaillée dans ses lettres.
Bourguet est itiOÎns connll comme philosophe; cependant Leibnitz faisait grand cas de ses connaissances en philosophie , et il entretint avec lui une correspondance suivie. Nous avons les lettres que lui écrivit Leibnitz (Leibnitu opéra, éd. Dutens., tom. 11, p. 324-328, et tom. VI, p. 202-220); celles de Bourguet n'ont pas été imprimées. Dutens nous apprend qu'elles se trouvaient , ainsi qu'une Défense des principes de Leibnitz due à sa plume , entre les mains de Lecot , qui se proposait de les publier ; ce projet n'a pas été exécuté. Les autres écrits de Bourguet sont : des Opusoiiles mathématiques contenant de nouvelles théories pour la résolution de deux, trois et quatre degrés; Leyde , 1794 , in-8° ; — quelques mémoires insérés dans le recueil de l'Académie des sciences de Paris ; — plusieurs articles dans le Mercure Suisse , et particulièrement dans la Bibliothèque italique, dont il fut, de 1728 à 1734, un des principaux l'édacteurs; — quelques opuscules publiés dans la Tempe Helvetica.
Michel Nicolas.
Mographie du département du Gard.
BOURGUET (du). Voy. DCBOURCUET.
boURgueville (Charles de), sieurdeBras, antiquaire français, né le 6 mars 1504, mort en 1593. 11 vécut à la cour de François F"", et il parcourut avec ce prince une partie de la France. Devenu lieutenant général de Caen , il se démit de ses fonctions en faveur de son gendre. On a de lui : les Recherches et antiquités de la province de Neustrie, à présent duché de Normandie, comme des villes remarquables d'icelle, et spécialement de la ville et université de Caën ; Caen, Lefèvre, 1588; et Rouen, 1705; publié aux fi-ais de plusieurs habitants de Caen ; Rouen, 1833. « Ce livre, tout défectueux qu'il est, dit Daniel Huet, est un trésor qui nous a conservé la connaissance d'une infinité de choses curieuses de ce pays , qui sans ce ti'avail seraient demeurées dans l'oubli. »
Daniel Huet, les Antiquités de Caen. — Lenglel-Du- Fresnoy, Méthode pour étudier l'histoire. — Lelong , édit. Fontette, Bibliothèque historique de la France, t. III. — Benchot, dans le supplément à la France littéraire âe Quérard.
BOURGUIGNON. Voy. Anville (d') et Gra.-
VELOT.
BOURGUIGNON. Voy. BOURIGNON.
BOURGUIGNON - DUMOLARD ( Claude-Sé-
bastien ) , jurisconsulte français, né à Yif, près de Grenoble, le 21 mars 1760; mort à Paris le 22 avril 1829. A l'époque de la révolution, dont il adopta les principes, il remplit quelques fonctions judiciaires et administratives. Après avoir participé à l'opposition départementale du 31 mai 1793, il fut arrêté par le parti vainqueur; et quand il eut