BOURGUIGNON - BOURRE
Il ne songea plus dès lors qu'aux graves études du barreau et à l'accomplissement des devoirs sévères qui lui étaient imposés. Pendant les Cent- Jours, il fut pourvu de la place d'avocat général à la cour royale de Paris ; mais la seconde restauration l'obligea de reprendre les fonctions de substitut, n remplit cette charge avec le même dévouement qu'il y avait déjà apporté, et signala sa modération et son talent dans le procès de la Société des Amis de la liberté de la presse et dans le procès du nommé Feldmann , prévenu d'avoir assassiné sa propre fille : ces deux plaidoyers ont été insérés dans le Barreau moderne, ou collection des chefs-d'œuvre de l'éloquence judiciaire en France, par MM. Clair et Clapier, 2^ série, t. Il, 1822, p. 285-313, et t. VI, 1824, p. 264-308. On a encore de Frédéric Bourguignon : Jean-Baptiste Rousseau, ouïe Retour de la Piété filiale, comédie mêlée de couplets (en société avec E. de Clouard), 1803; — la Métempsycose , comédie; 1805; — VInvalide marié , scène comique , insérée dans le Chansonnier du Vaudeville pour l'année 1806 ; — Résumé et conclusions dans l'affaire de M. F. Didot contre MM. Boileau , Duplat , etc.; Paris, 1818, in-8°.
Biographie des Contemporains. — Quérard, la France littéraire.
BOURiGNON ( Antoinette ) , femme visionnaire, née à Lille le 13 janvier 1616, morte à Franeker le 30 octobre 1680. Elle se rendit célèbre par ses nombreux ouvrages, par ses voyages, par ses innovations religieuses, et par les persécutions qu'elle essuya. Malgré sa laideur, elle fut souvent recherchée en mariage ; mais elle se voua au célibat et à une chasteté inviolable. Au moment où ses parents se disposaient à célébrer son union avec une personne choisie par eux, elle s'enfuit, et se plaça sous la protection du clergé, envers lequel toutefois elle ne se montra guère plus docile. A Amsterdam elle abjura le catholicisme, et prêcha la réforme : suivant elle, la Bible n'était pas une source suffisante de foi et de religion ; l'inspiration dont Dieu favorisait ses élus devait y suppléer. C'est à Amsterdam qu'elle imprima ses ouvi-ages dans son imprimerie particulière ; mais elle fut obligée de quitter cette ville; et, accusée de sorcellerie, maltraitée par la populace , elle erra à travers la Hollande et le nord de l'Allemagne jusqu'à Hambourg. On lui leproche de graves supercheries, une piété trop intéressée pour inspirer la confiance. Bayle ne borne pas là ses accusations contre elle. Les œuvres de cette illuminée , réunies par Poiret , forment 21 volumes in-8'' (Amsterdam, 1679-1684). [Enc.desg.dum.]
f^ie d'yintoinette Dourignon, entête àe ses œuvres. — Bayle, Dict. cril.
BOUKKiNON ou plutôt BOURGUIGNON
{François-Marie), antiquaire, botaniste et littérateur français, né à Saintes en 1753, mort en i796. 11 mérite d'être cité pour quelques ouvi'a-
ges sur les antiquités nationales, entre autres pour ses Recherches topographiques sur les antiquités gauloises et romaines de la Saintonge et de l'Angoumois ; 1789 , in-8°. Oa a également de lui des Observations sur quelques antiquités romaines déterrées au Palais- Royal; 1789, in-8"'. Le goût de l'archéologie lui vint d'une façon singulière : des enfants ayant découvert en jouant une urne remplie d'objets précieux, quelques-unes des médailles qu'elle contenait tombèrent dans les mains de Bourignon encore jeune , qui éprouva un vif désir de le? examiner et de les expliquer. Après ce premier essai , qui fut heureux , il se mit à étudier les nombreuses ruines qui existent à Saintes , sa ville natale. Bientôt il fit dans cette étude des progrès exti-aordinaires pour son âge; mais le manque de fortune ne lui permettant pas de se livrer exclusivement à sa vocation naturelle, il embrassa la carrière médicale. Esprit vif et brillant , mais mobile et un peu superficiel, il rechercha aussi les succès littéraires, publia quelques petites pièces de théâtre, et rédigea, sous le titre de Journal de Saintonge, une feuille hebdomadaire, à laquelle il sut donner de l'intérêt. Emporté vers les idées nouvelles, Bourignon épousa avec ardeur la cause de la révolution. Non content de la défendre par ses écrits , il voulut en prêcher de vive voix les principes dans les campagnes; mais il fut maltraité dans un village, et mourut des suites de cette scène violente.
Kaxnguet , Biographie Saintongeaise ; Saintes, 1852, in-8°. — Le Bas , Dictionnaire encyclopédique de la France.
* BOURJON (François), jurisconsulte français, vivait dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. On a de lui : Droit commun de la France, et la coutume de Paris réduite en principes tirés des ordonnances , des arrêts, des lois civiles et des auteurs; Paris, 1747.
Journal des Savants , 1747.
*BOURJOT SAïNT-HiLAiRE (...), médecin et naturaliste français, né à Paris en 1801. Professeur d'histoire naturelle et d'anatomie comparée, il a établi chez lui un dispensaire gratuit pour les indigents affectés des maladies des yeux. M. Bouijot Saint-Hilaire a épousé la fille unique du célèbre naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire. On a de lui : Collection de perroquets pour faire suite à la i^ublication de Levaillant, oiivrage contenant les espèces laissées inédites par cet auteur ou récemment découvertes , etc. ; Strasbourg et Paris , 1835, in-4''; — Lettre à un médecin de province sur les établissements médicaux, et particulièrement sur les dispensaires philanthropiques de Londres; Paris, 1836.
Les Médecins de Paris. — Quc'rard, suppl. « la France littéraire.
BOURKE {Edmond, comte be ), diplomate danois, né à Sainte-Croix, une des Antilles, le 2 novembre 1761 ; mort aux eaux de Yichy le
BOURKE — BOURLIER
12 août 1821. D appartenait à une famille irlandaise qui, restée fidèle à la religion catholique, fut réduite à se réfugier en Danemark. Après avoir voyagé avec son père et l'avoir perdu à Londres , Bourke retourna à Copenhague , où le comte de BemstorCf, ministre des affaires étrangères, lui proposa une place de chargé d'afitoes en Pologne. Bourke se rendit à son poste le 24 juillet 1789, et mérita l'amitié du roi Stanislas Poniatowski. Au mois de mai 1792, il alla représenter son souverain près la cour de Naples, où il demeura jusqu'en 1797. Rappelé à la demande de la reine Caroline , il passa à la courdeStockhohn; et, en 1801, il fut chargé de l'ambassade de Madrid. Il y resta jusqu'en 1811, et, durant cette période, protégea un grand nombre de Français, auxquels il donna asile dans sa demeure. Pendant un séjour de trois ans qu'il fit à Piaris , il consacra ses loisirs à la culture des lettres. En 1814, il fut rappelé dans le Danemark par la situation politique de l'Europe, et s'occupa activement des relations diplomatiques de son pays avec les cours étrangères. A Kiel, le 14 janvier 1814, il négocia et signa le ti-aité qui céda la Norvège à la Suède; il conclut à Hanovi'e, le 8 février 1814, un autre traité avec la Russie , et, le 7 avril de la même année, un troisième avec la Grande-Bretagne. L'habileté qu'il montra en ces diverses circonstances lui mérita la reconnaissance de son souverain , qui le nomma son ambassadeur en Angleterre ; il signa , dans ce pays , un traité avec l'Espagne. Après un voyage qu'il fit à Naples en 1819, il obtint, en 1820, l'ambassade de Paris. On a du comte de Bourke : Notice sur les ruines les plus remarquables de Naples et de ses environs, rédigée en 1795, etc.; Paris, 1823, in-S", porlr. et fig.; ouvrage publié par la veuve de ce diplomate.
BOURKHARD. Voy. ViCHMANN.
BOCRLÉ {Jacques ), théologien français, natif de Longménil, diocèse de Beauvais, vivait dans la dernière moitié du seizième siècle. 11 fut docteur de Sorbonne et curé de la paroisse de Saint-Germain-le-Viel , de Paris. Ses principaux ouvrages sont : Congratulation au roi pour l'édit de Janvier rompu; — Adhoriation au peuple de France de se tenir sur ses gardes; — Prières à Jésus-Christ sur le mariage de Charles IX; — la Messe de Saint-Demjs ; — Regrets sur la mort hastive de Charles IX, roi de France; Paris, 1574, in-8° ; — Discours sur laprise de Mendepar les hérétiques (en 1563); Paris, 1580, m-8°. — La Croix du Maine attribue encore à Bourlé une traduction des six comédies de Térence, vers par vers; mais, au moment où il écrivait (en 1584), cette traduction n'était pas encore publiée.
Duverdier et La Croix du Maine , Biblioth. franc. BOCBLET DE VAUXCELLES. Voy. Vaux- GELLES.
NOUV. 6I0GR. UNIVERS. — T. VII
BOURLiE {Antoine dé Gdiscard, abbé de la), homme politique français, né le 27 décembre 1658 , mort en Angleterre le 28 mars 1711. Il entra d'abord dans l'état ecclésiastique, et fut pourvu de riches bénéfices ; mais une faute, demeurée inconnue , l'ayant forcé à se retirer en Hollande, il conçut la pensée de seconder l'insurrection des protestantsdesCévennes contre le gouvernement de Louis XIV, et U exécuta cette résolution en fournissant aux religionnaires de ce pays des armes et de l'argent : il voulut même leur assurer le concoiu"s des habitants du Rouergue. Ses tentatives étant restées sans résultat, et Villars ayant pacifié les Cévennes, l'abbé de la Bourlie se réfugia de nouveau en Hollande. Il alla ensuite en Angleterre, et il publia un écrit intitulé Mémoires du marquis de Guiscard, dans lesquels sont contenues les entreprises qu'il a faites dans le royaume et hors du royaume de France, pour le recouvrement de la liberté de sa patrie; Delft, 1705, in-12. Accueilli par le ministère anglais et présenté à la reine Anne, la Bourlie obtint de cette princesse une pension considérable ; mais il fut bientôt soupçonné d'mtelligence avec le ministère français; ses papiers furent saisis, et donnèrent la preuve de sa trahison. La Bourlie, arrêté et convaincu par ses propres lettres, porta deux coups de canif au chancelier qui l'interrogeait, et ensuite au duc de Buckingham. Blessé de deux coups d'épée par ce seigneur, il fut conduit dans les prise ^s de Newgate , où il mourut, suivant les uns , des suites de ses blessures ; selon d'autres, d'un poison qu'il aurait avalé.
Bayle , Dictionnaire critique.
BOURLIER {Jean-Baptiste , comte), théologien français, né à Dijon le i*"" février 1731, mort à Évreux le 30 octobre 1821. Il entra dans l'état ecclésiastique, et perdit, à la révolution de 1789, les bénéfices dont il était pourvu, ce qui ne l'empêcha point de se déclarer en faveur des idées nouvelles. H prêta serment à la constitution civile du clergé, et, après quelques persécutions subies pendant la terreur, il fut sacré évêque d'Évi-euxle 23 avril 1802. Il fut successivement membre du consefl des hospices de sa ville épiscopale , baron et ensuite comte de l'empire ; président du collège électoral d'Évreuxle 14 mai 1806; candidat au corps législatif dans le mois de novembre de la même année; réélu le 6 janvier 1812, et, le 17 février suivant, porté au nontibre des candidats à la présidence ; enfin , le 6 avril de la même année , il obtint la dignité de sénateur. Après le divorce de l'ii^pératrice Joséphine, qui s'était retirée à Navarre, dans le diocèse d'Évreux, Bourlier devint le distributeur des aumônes de cette princesse. Malgi-é son attachement à Napoléon, il se soumit en 1814 au gouvernement de Louis XVin, qui, le 4 juin de cette année, le nomma pair de France. N'ayant accepté aucune fonction politique pendant les Cent- Jours, il fut
BOURLÏER — BOURMONT
maintenu dans la pairie au mois d'août 1815. Biographie nouvelle des Contemporains. — Biographie portative des Contemporains.
BOURAION (André), mathématicien français, vivait dans la première moitié du dix-huitième siècle j et a publié : Arithmétique pratique appliquée au commerce, aux finances, à la banque , au palais , à l'art militaire ; Paris , 1710,in-12.
D. Clément, Bibliothèque curieuse.
BOURMONT (Louis- Auguste-Victor, comte de Ghaisne de), maréchal de France, né au château de Bourmont (Maine-et-Loire) le 2 septem bre 1 7 73, moi-t au même heu le 27 octobre 1846. Officier aux gardes françaises à seize ans, licencié par la révolution, il suivit son père, aide de camp du prince de Condé, le perdit à Turin, revint dans sa famille , puis alla rejoindre à Coblentz le comte d'Artois à la fin de 1791. Il fit la campagne de 1792 jusqu'au licenciement de l'armée des princes, vint à Paris, rejoignit l'armée de Condé, y servit un an dans la cavalerie comme simple soldat, et se jeta dans la Vendée au mois d'octobre 1794. Devenu commandant en second des troupes de Scépaux, il se fit remarquer tour à tour dans les combats et dans les négociations près des princes réfugiés. Après la pacification de 1796 , il fut déporté en Suisse , revint en France agiter le département de l'Eure, etaUa, après le 18 fructidor, rendre compte des événements à Monsieur, en Angleterre. L'insurrection de 17991e reconnut pour un de ses chefs : il vainquit à Louverné , s'empara du Mans le 15 octobre, et, après les revers de son parti, fut le dernier à poser les armes. La nouvelle pacification amena plusieurs chefs vendéens à Paris. Le comte de Bourmont y résista aux sollicitations du premier consul, qui lui offrait le grade de général de division. Ses refus blessèrent Bonaparte, qui , après l'explosion de la machine infernale , le fit jeter comme suspect dans la prison du Temple et transférer dans la citadelle de Besançon. Vers la lin de 1804, le captif perça un mur de sa chambre, franchit les remparts à l'aide d'une corde, et se réfugia en Portugal. Bientôt cette contrée fut occupée par nos troupes ; le comte de Bourmont y vécut tranquille jusqu'au jour oîi vme armée anglaise vint attaquer les débris de l'armée française , incapable de résister. « M. de Bourmont, dit M""" d'Abrantès dans ses Mémoires, était du nombre des Français réfugiés : il pouvait dès lors passer aux Anglais ou aux insurgés ; il ne fit ni l'un ni l'autre. Il vint trouver Junot, et, comme un Français parlant à un Français, il lui dit : « Monsieur le duc, je n'ai pas renié ma patrie, je suis Français ; vous êtes attaqué ; un homme résolu et deux bras de plus peuvent vous être utiles, je viens vous les offrir : voulez-vous ra'attacher à votre état-major ?» — Junot, de tous les hommes de l'armée , était celui sur qui une semblable conduite devait faire la plus profonde impression; il s'approcha de M. de Bourmont,
lui prit la main, la lui serra, et lui dit d'une voix émue, car lui-même l'était beaucoup : « Monsieui de Bourmont, non-seulement j'accepte vos services, mais je vous engage ma parole que votre rentrée en France ne souffrira aucune difficulté ; je vous en donne ma parole d'honneur, et je n'y manque jamais. »
Junot le chargea des fonctions de chef d'étatmajor de la division commandée par le général Loison , et, après la convention de Cintra, toute la famille Bourmont s'embarqua pour la France. A son arrivée, le comte fut jeté dans une prison de Nantes. Junot l'en fit sortir ; mais il fallut bientôt choisir entre l'exil ou un brevet d'adjudant commandant à l'armée d'Italie. Boui'mont accepta cette fois, et, bientôt remarqué à l'affaire de Eagnara, il fut attaché à l'état-major du prince Eugène, et se distingua pendant toute la campagne de Russie. Épuisé par les fatigues et ses blessures , il tomba entre les mains des Russes , leur échappa, et, placé dans le onzième corps, contribua beaucoup à la victoire de Lut/en. Blessé à la journée de Rottnottsitz, il fut nommé général de brigade. Avant Leipzig et pendant toute la retraite , il ne montra pas moins d'habileté pour la tactique que de bravoure dans les combats. Pendant la campagne de France , il se distingua par une défense héroïque à Nogent : Napoléon le fit lieutenant général. A la chute de l'empire, le comte de Bourmont alla soigner ses blessures en Anjou, revint à Paris, et fut nommé commandant de la sixième division militaire. A la nouvelle du débarquement de l'empereur, il fut chargé de réunir les forces à la tête desquelles devait se mettre le maréchal Ney. Le comte de Bourmont, voyant les troupes entraînées par le magique souvenir de celui qui les avait habituées à la victoire, courut à Paris demander des oiMkes. Louis XVni se préparait à partir la nuit suivante. Le général Dessoles rapporta au comte de Bourmont ce que le roi lui avait dit : « Il est probable que les alliés vont prendre les armes, et cette fois peut-être feront-ils la guerre pour leur propre compte : s'il en était ainsi, agissez dans l'intérêt de la patrie. « — « Je suivrai le roi jusqu'à la frontière, ajouta Dessoles, parce que je suis ministre d'État; mais la partie est perdue, on ne se battra pas. Quant à vous, mon cher général, vous pouvez faire ce que vous voudrez. »
Les alliés marchèrent bientôt sur la France. Tandis que leur diplomatie déclarait qu'ils n'entendaient pas lui imposer un gouvernement particulier, J. Gruner, gouverneur général des provinces rhénanes disait dans une proclamation : « Ce n'est plus pour rendre à ce pays ( la France ) des princes dont il ne veut pas , ce n'est plus seulement pour chasser encore ce guerrier dangereux qui s'est mis à leur place , que nous armons aujourd'hui : c'est pour diviser cette terre impie, que la politique des princes ne peut plus laisser subsister; c'est pour nous indemniser, ,par un juste partage de ses provinces , de tous
lot BOURMONT
les sacrifices que nous avons faits depuis ^^ingtcinq ans. » Le comte de Bourmont, voyant ainsi menacée l'indépendance de sa patrie, reprit un commandement. Les événements se succédaient avec rapidité. L'acte additionnel vint à paraître : il proscrivait les Bourbons ; le comte de Bour*mont n'y put souscrire, et en refusant il brisait tout lien avec le gouvernement impérial (1). Wellington , d'ailleurs , ayant proclamé les coalisés alliés du roi de France, on n'eut plus à craindre un démembrement du territoire. Dans ces cir constances, le comte de Bourmont remit ses troupes et ses instructions au général Hulot , et se réfugia près de Louis XVIII (2).
Dès que la France fut ouverte aux armées coalisées, le comte de Bourmont travailla pour la cause royale, souleva en faveur de cette cause les populations de la Flandre, s'empara de dix-sept villes, Lille, Dunkerque, Arras, etc., en ferma les portes aux étrangers, préserva de l'occupation deux provinces, et conserva à la France 4,000 canons, 40,000 fusils et 6 millions de francs. Nommé, après la seconde restauration , commandant delà 2^ division d'infanterie de la garde royale, il fit la guerre d'Espagne , prit une part active aux plus importantes opérations de cette campagne, et reçut le commandement en chef de l'armée quand le duc d'Angoulême s'en éloigna. A son retour, le comte de Bourmont fut nommé pair de France, et, l'année suivante, gentilhomme de la chambre du roi. Au mois d'août 1829, il fut appelé au ministère de la guerre , et, l'année suivante, il obtint le commandement en chef de l'armée qui fit la conquête de l'Algérie.
Après avoir pourvu avec habileté à tous les besoins de l'entreprise, il débarqua, le 14 juin, avec ses quatre fils, vit, le 24, tomber l'un d'eux à ses côtés, redoubla d'énergie, et entra dans Alger le 5 juillet 1830. Le 22, il fut créé maréchal de France ; et bientôt la révolution le remplaça par le général Clausel. Il s'embarqua le 3 septembre, n'emportant de la terre d'Afrique que la gloire d'avoir conquis à la France un vaste territoire. Comme il avait refusé le serment au roi Louis- Philippe, il fut déclaré démissionnaire en 1832, reparut en Vendée avec la duchesse de Berry, alla soutenir en Portugal la cause de don Miguel, revint à Rome, et profita de l'amnistie de 1840 pour rentrer en France. Il fut mal accueilli par la population de Marseille : des émeutiers poursui-
(i) C'est un fait acquis à Thistoire que l'acte additionnel avait déjà paru depuis près de deux mois ( voy. le Moniteur, nsftW 1815), lorsque le géoérnl de Bourmont, qui avait sollicité et obtenu un commandement, se décida à rejoindre Louis XV 111. ( Note du Directeur.)
(2) Ces circonstances, quelque atténuantes qu'elles puissent paraître, ne détruisent pas le fait ainsi énoncé dans une dépêche du Moniteur {,\% juin 1815) : « Churleroi, le 15 juin 1815, au soir : Le général Gérard, commandant le 4» corps, a rendu compte que le lieutenant général Bourmont , le colonel Clouet et le chef d'escadron Villontreys , ont passé à Vennemi. »
La bataille de Ligny-sous-Fleurus fut livrée le 16 juin, et le surlendemain eutlteu la défaite de Waterloo. {,Note ûv Directeur. )
— BOURNÈ 102
virent sa voiture , un de ses fils fut blessé à ses côtés , et il eut de la peine à s'embarquer pour Cette. Une réception si inattendue hâta la mort de M""" de Bourmont; elle n'y survécut que trois mois. Le maréchal mourut au lieu de sa naissance six ans après. Julien Travers.
Merson, Notice biographique sur le maréchal de Bourmont,- Nantes, 1846, br. in-S». — Biographie des Hommes du jour, par MM. G. .Sarrut et Saint-Edme.
liOVRN (Samuel), théologien anglais, mort à Norwicli en 1796. Il fut l'un des pasteurs des congrégations réunies des dissidents à Birmingham et à Coseley. Il composa des sermons estimés, et des mémoires publiés, en 1808, sous ce titre : Mémoires du révérend Samuel Boum, etc., avec un appendice par Josué Toulmin , 1 vol. in-S".
Biographia Britannica.
BOURN/^ Fiwcew/), poète anglais, mort le 2 ■^ décembre 1747. H fut associé du collège de la Trinité à Cambridge, et composa de petites pièces en vers latins , tantôt badines, tantôt sérieuses, qui parurent d'abord en un vol. in-12, et qu'on réimprima in-4'' en 1772.
Clialmers, Biographical Dictionary.
BOURNE [Hugh], fondateur de la secte chrétienne des méthodistes primitifs , né le 3 avril 1772 à Fordhays, près Stoke, sur la Trent ( Staffordshire) , en Angleterre, mort à Bemersley, même comté , le 11 octobre 1852. La vie de cet homme religieux et populaire offre le tableau du zèle des missionnaires anglais , et est une preuve de la grande liberté dont- jouit la prédication évangéliquedans la Grande-Bretagne. C'est un hommage à la liberté des cultes, dont il n'existe d'exemple qu'aux États-Unis de l'Amérique du Nord et dans l'ancienne Judée, du temps des prophètes et de Jésus-Christ. Le 12 juillet 1801, Bourne, parvenu à l'âge de vingtneuf ans , et attaché à une chapelle des wesleyens, secte dissidente de l'Église épiscopale d'Angleterre , commença un service en plein air, à Mow-Cop , dans le comté de Stafford. Il continua de procéder ainsi , en attirant de plus en plus des auditeurs sans obstacle 'usqu'en 1807, où il tint, le 31 mai , une asscL.jlée publique en plein champ, qui eut un grand succès. Les wesleyens combattirent par leurs missionnaires la grande assemblée annoncée pour le 19 juillet, et leur comité central publia une résolution portant que, dans leur opinion, de telles assemblées, en les supposant autorisées par les mœurs américaines, ne pouvaient, en Angleterre, produire qu'un très-grand mal. Il n'en aurait pas tant fallu en France, où l'on se vante de jouir de la liberté des cultes , pour que le gouvernement intervînt dans le débat , et interdit absolument des réunions semblables. On sait quelle agitation ont produite sous la restauration, de 1820 à 1830, les prédications des missionnaires. H est vrai que ceuvciagissaientsousla protection d'une religion d'État, et ne permettaient pas aux protestants de jouir de la même liberté. Quoi
BOURNE — BOURNON
qu'il en soit, c'est une opinion très-répandue que chaque secte doit se renfermer dans ses temples ou chapelles, et laisser libres la voie publique et les lieux accessibles à tous.
Bourne dédaigna l'opposition de ses rivaux , et, grâce à la tolérance du gouvernement britannique, fit passer dans les mœurs de l'Angleterre ces réunions publiques religieuses. H les étendit au delà du comté de Stafford. Cependant , en 1808 , il fut rayé par la Société wesleyenne du nombre de ses membres. II n'en fut pas ébranlé; et , secondé par son frère James et d'autres , il tint une grande assemblée ( camp-meeting ), à Mow-Cop, le 17 juillet. C'est à dater de cette époque qu'il fut regardé comme le fondateur de la première et primitive Société des assemblées méthodistes. En mars 1810 , elle forma un comité de dix membres, qui se réunit à Standley. Elle se recruta d'un wesleyen zélé , M. Clowes, expulsé lui-même de la société à laquelle il appartenait , et qui a précédé Bourne d'un an, le 11 mars 1851, au tombeau. Bourne, en 1818, publia, dans le Primitive méthodiste magazine, le récit de ses travaux et de ceux de ses collaborateurs. 11 visita l'Ecosse et l'Irlande ; en 1844, il se rendit au Canada et aux États-Unis, où il obtint de grands succès par la prédication. Il avait une conduite très-honorable ; depuis sa jeunesse , il s'était abstenu de liqueurs foiies , et il combattait l'ivrognerie. Enfin c'était, dit-on, un prince et un grand homme en Israël. Sa secte s'est étendue non-seulement à toutes les parties du royaume-uni , mais à l'Australie , la Nouvelle-Zélande, au Canada, et aux États-Unis eux-mêmes. En juin 1852, dans l'assemblée de Sheffieldj à laquelle l'épuisement de ses forces ne lui permit pas d'assister, les membres de sa société s'élevaient à 109,984, celui de ses missionnaires à 560 , et ses écoliers du dimanche à 118,508. Un grand concours de peuple assista à ses funérailles, et voulut revoir les traits de celui qu'il appelait son père avant qu'on le mît dans son tombeau. Il avait la prétention d'imiter surtout les doctrines et la pratique du Nouveau Testament. Si on veut se faire une idée du travail des esprits sous le rapport des nouveautés religieuses parmi les populations de race anglo-saxonne, il faut lire l'histoire du wesleyasiisme, et surtout de la nouvelle secte des mormons. Voyez l'article Buigham.
ISAMBERT
Livre des Mormons, vol. in-12; Paris, Ducloux, 1852. ' *BorRNiER (Etienne), jurisconsulte et poète français, né à Moulins vers 1580 (1), et connu seulement par les deux ouvrages suivants : Hortulus Apollinis et Clementiœ latino-gallicus, Stephano Bournierio MoUncnsi authore. A Molins (sic), chez Pierre Vernois, marchand libraire , 1606, in-18; — le Jardin d'Apollon et de Clémence, divisé en deux U-
H) Ce poëte a été omis par tous les biographes.
vres par Estienne Bournier, MoUnoïs bourbonnois ; Molins, chez Pierre Vernois, 1606, in-18. L'auteur a traité le même sujet en vers latins et en vers français. Le passage suivant du dernier recueil prouve que Bournier n'était pas en faveur dans sa ville natale, et en même temps que les Molinois étaient ennemis des Muses. Aussi le pauvre poëte invoque-t-ii une des neuf déesses qui habitent le Parnasse.
L'auteur à sa muse.
Veux tu savoir pourquoy Molins ne faict compte de moy, Vide mon jardin de Clémence?
C'est un dire bien approuvé, Qu'un sainct n'est jamais relevé Au lieu où il a prins naiscence.
Les vers suivants méritent également d'être cités, à cause des nobles sentiments qu'on y trouve expiimés :
c'est bien assez, pour se lasser, Du jeu qui les esprits attire.
Trois fois neuf ans j'ai vu passer; il est temps que je me retire.
Aussi veux-je finir mes jours En mabourbonnoise province, Franc de cœur, des Muscs et d'Amours Serviteur, fidèle à mon prince.
Ce prince était probablement Henri IV, l'ouvragé ayant été imprimé en 1606, et ce roi ayant régné jusqu'en 1610.
Ripoud, Biographie (inédite) de l'allier.
BOuaNON { Jacques -Louis , comte de), minéralogiste français, né à Metz le 21 janvier 1751 , mort à Versailles le 24 août 1825. Il montra dès son enfance de grandes dispositions pour la minéralogie, qu'il étudia de bonne heure d'après une immense collection réunie dans le château de Fabert, propriété de son père. A l'époque de la révolution, il était lieutenant des maréchaux de Fi'ance; il émigra avec sa famille, et se rangea sous les drapeaux de Condé. Après la dissolution de cette armée, il passa en Angleterre , où il fut chargé de mettre en ordre les cabinets de minéralogie appartenant à lord Grauville et à sir Abraham Hume; et U en forma un troisième, qui est la propriété de sir Jola Saint-Aubin. Il fut admis à la Société royale de Londres et à la Société géologique. Dans le rapport que Cuvier présenta en 1808 à Napoléon, au nom de la première classe de l'Institut , ce savant cite Bournon comme l'un des hommes auxquels la minéialogie est redevable de plusieurs découvertes. Au retour des Bourbons, le comte de Bournon rentra en France, et fut nommé par Louis XVni directeur général de son cabinet de minéralogie. Le comte de Bournon a laissé : Essai sur la lithologie des environs de Saint-Étienne en Forez, et sur l'origine de ses charbons de pierre; Paris, 1785, in-12 ; — Traité complet de lachaicx carbonatée ; Londres, 1808, 3 vol. in-4°, dont un de planches ; — Catalogue de la collection minéralogique particulière du roi; Londres, 1815; Paris, 1818, in-8°; — Observations sur quelques-uns des minéraux rapportés par M. leschenault de la,Jour, soit
105 BOURNON — BOURRÉE
de Vile de Ceylan, soit de la côte de Coromandel; Paris, 1823, in-4''; — Quelques observations et réflexions sur le calorique de l'eau et le fluide de la lumière ; ibid., 1824, m-8°;
— Description du goniomètre perfectionné de M. Adelmann , aide minéralogiste de la collection particulière du roi ; ibid., 1824; in-8". Outre ces ouvrages, le comte de Bournon a composé un grand nombre de mémoires insérés dans le Journal des Mines, de 1796 à 1815.
Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France.— Quérard, la France littéraire.
BO VRNONS ( Rombaut ) , mathématicien flamand , natif de Malines , mort le 22 mars 1788. il servit en qualité d'officier du génie dans les armées autrichiennes , professa les mathématiques au collège Thérésien de Bruxelles , et fut admis, le 14 octobre 1776, à l'Académie de cette ville. On a de lui entre autres : Mémoire contenant la formation d'une formule générale pour Vintégration ou la sommation d'une suite de puissances quelconques , dont les racines forment une progression arithmétique à différences finies quelconques, dans le Recueil de l'Académie de Bruxelles, t. II, p. 323 ; — Mémoire sur le calcul des probabilités , lu à la séance de l'Académie de Bruxelles du 6 décembre 1783 ; — Éléments de mathématiques à l'usage des collèges des Pays-Bas , première partie , contenant les principes du calcul en nombres entiers; Bruxelles,1783, in-8° de 280 p.;
— Mémoire contenant un problème qui prouve l'abus de commencer l'étude des mathématiques par l'algèbre , avec la solution d'un nouveau problème déduit de ce premier, lu dans la séance du 6 féviier 1785 de l'Académie de Bruxelles ; — Mémoire pour prouver que la méthode des limites ri' est ni plus évidente ni plus rigoureuse que celle du calcul des infinis, traité selon Leibnitz, lu dans la séance du 8 avril 1785.
Biographie universelle ( édit. belge).
* BOURNONViLLE ( Antoim-Théodore ), célèbre chorégraphe, né à Lyon le 19 mai 1760, mort en 1843. Il étudia la pantomime et la danse sous le fameux Noverre, à Vieime en Autriche. Pendant les années 1780 et 1781, il fut attaché comme premier danseur au théâtre de l'Opéra de Paris. L'année suivante, il obtint de grands succès à Londres, et en 1784 il passa un engagement avec le théâtre royal de Stockholm , dont il resta le pensionnaire jusqu'à la mort de Gustave m (1792). A cette époque, il fut appelé par le roi de Danemark pour venir instituer auprès du théâtre de Copenhague un corps de ballet et une école de danse , à la tête de laquelle il fut placé comme directeur. Bournonville conserva cet emploi pendant trente-sept années, et il y fit constamment preuve d'une rare habileté. Son corps de ballet pouvait soutenir le parallèle avec ceux des premiers théâtres de l'Europe. D avait transporté sur la scène danoise les pro-
ductions chorégraphiques les plus remarquables des pays étrangers, et il a lui-même composé un grand nombre de ballets, dont plusieurs obtinrent beaucoup de succès en Allemagne , en Angleterre et en Italie. Vers les dernières années de sa vie, Bournonville s'était retiré dans l'île Séeland , oii il occupait une charmante retraite , qu'il devait à la munificence du feu roi Frédéric VI. C'est là qu'il est mort, à l'âge de quatrevingt-trois ans. E. DE Manne.
Documents inédits.
* BOURNONVILLE { Antoine- Augustc) , fils du précédent, maître de ballets au théâtre royal de Copenhague, né en la mêmevilleen 1805. Élève d'abord de son père, ensuite du célèbre Vestris, il débuta en 1826 à Paris , où il fut engagé comme premier sujet à l'Académie royale de musique. En 1830 il revint en sa patrie; il y fut nommé d'abord directeur de l'école de danse, puis en 1836 maître de ballets. Homme de talent et de goût, il s'est distingué à la fois comme compositeur de ballets et comme auteur. Parmi ses nombreux ballets nous citerons : Waldemar et Éric Menved, puis Faust , la Fête d'Albano, le Toréador, Napoli, Raphaël, la Kermesse de Bruges, le Conservatoire, les Noces à Hardanger en Norvège, etc. Il a publié : Nytaarsgave for Bandse-Yndere (Étrennes pour les amateurs de la danse); Copenhague, 1829; —Mit Theaterliv (Ma Carrière dramatique); Copenhague, 1848; — Det kongelige Theater som det er (le Théâtre royal tel qu'il est) ; Copenhague, 1849 ; — Vo7-t Theatervœsen (Notre Scène dramatique); Copenhague, 1850; — M nyt Skuespilhuvs (Un nouveau Théâtre); Copenhague, 1851.
Abrahams (de Copenhague).
Erslew, DansJc Forfatter-Lexicon.
BOUROTTE {François-Nicolas, à.om), historien français, né à Paris en 1710, mort dans la même ville le 12 juin 1784. Il entra dans l'ordre des Bénédictins de Saint-Maur, et acheva l'Histoire générale du Languedoc , dont il composa le 6^ volume sans avoir le temps de le publier. Il a laissé , outre cet ouvrage : Mémoire sur la description géographique et historique du Languedoc, 1759, in-4''; — Arrêts et Décisions qui établissent la possession de souveraineté et propriété de S. M. sur le fleuve du. Rhône d'un bord à l'autre; ibid., 1765, in-4"; — Recueil de lois et autres pièces relatives au droit public et particulier du Languedoc; Paris, 1765, in-4°; — Précis analytique du procès intenté à la province du Languedoc par les états de Provence, concernant le Rhône et ses dépendances; Paris, 1771, in-4''.
Quérard, la France littéraire.
BOURRÉE ( Edme-Bernard ), théologien français, né à Dijon le 15 février 1652, mort dans la même ville le 26 mai 1722. Le zèle avec lequel il se livra à tous les soins du saint ministère et à l'enseignement de la théologie, qu'il professa à Langres et à Chàlons-siijF^Saône , ne l'empêcha
BOURR£E — BOURRIËINNE
point de publier plus de 40 volumes, dont les principaux sont : Conférences ecclésiastiques du diocèse de Langres , 1684, 2 vol. in-12; 1693, 3 vol. in-12 ; — Manuel des Pécheurs,
1696, in-12; — Abrégé de la vie du P. François de Cluny, prêtre de l'Oratoire, 1698, in-12 ; — Explication des Épitres et Evangiles de tous les dimanches de l'année et de tous les mystères, à l'usage du diocèse de C hâtons,
1697, 5 vol. in-8°; — des sermons, dont la collection forme 17 volumes; — Homélies, 1703, 4 vol. in-12; — Panégijriques des principaux saints, 1702, 5 vol. in-12; — Nouveaux Panégijriques , avec quelques conférences ecclésiastiques, 1707, in-12; Lyon, 1713, in-12 : cet ouvrage avait pour but de justifier le P. de Cluny, accusé de quiétisme.
Papillon, Bibliothèque des Auteurs de Bourgogne. — Moréri, Dictionnaire historique.
BOUBREiiiER (Nicolas), chroniqueur franccomtois, né à Besançon en 1630, mort vers la fin du dix-septième siècle. Quoique dans les ordres sacrés, il servit, comme soldat, dans l'armée espagnole qui, le 13 octobre 1652, enleva Barcelone aux Français, après un siège de quinze mois. A son retour dans son pays , Nicolas Bourrelier composa, sur les événements auxquels il avait assisté, un poème qu'il intitula Barcelone assiégée par mer et par terre, gémissante pro- 502>opée; Besançon, 1657, in-8°; ouvrage dédié à Juste de Rye, bailli de Dôle. A la fin de ce livre, Bourrelier en promettait un autre, dans une note ainsi conçue : « L'autheur, comme témoin (c oculaire de ce siège, en a descrit les principaux « succès, et divisé en prose françoise, avec le « plan de la ville, des forts d'Espagne et des « principales attaques de mer et de terre , qu'il <c fera part aux amis curieux. » Cet ouvrage est resté inédit.
Lelons, Bibliothèque historique de la France.
BOURRELIER DE MALPAS (iVïCoZas), jurisconsulte français, né à Dôle le 24 décembre 1606, mort dans la même ville en 1681. Il fit ses études à l'université de Louvain, où il eut pour professeur le célèbre Dupuy, plus connu sous le nom d'Erijcius Puteanus. Bourrelier de Malpas obtint la protection du pape Urbain Yin en lui dédiant un livre intitulé Thiara pontificalis. II prononça, en 1632, l'oraison funèbre de Cleriadus de Vergy, gouverneur de Franche- Comté, et fut reçu, en 1674, conseiller au parlement de cette province.
TaisaDd, Fies des Jurisconsultes.
BOCRRiENNE (Fauvelet de), diplomate français, né à Sens le 9 juillet 1769, mort à Caen le 7 février 1834. Élève à l'école de Brienne en même temps que Bonaparte, ils se lièrent d'amitié au milieu de leurs études. Lorsque Bonaparte, en 1785, quitta Brienne pour passer à l'École militaire de Paris, Bourrienne l'accompagna jusqu'au coche de Nogent-sur- Seine, oij ils se quittèrent avec un giand clia-
grin, pour ne plus se revoir qu'en 1792. En se séparant ils se promirent une amitié étemelle, et Bourrienne donna même sa parole à Bonapai'te de suivre la même carrière qu'il embrasserait. Sorti de cette école en 1787, et ne pouvant à dixneuf ans entrer dans l'artillerie, pour laquelle il avait une grande répugnance Bouri'ienne se transporta dans la capitale de TAutriche, oii il eut occasion de voir l'empereur Joseph II ; il se rendit ensuite dans une des universités d'Allemagne , pour étudier le droit public et quelques langues étrangères. A peine était-il arri vé à Leipzig, que la révolution française éclata, Il pai'courUt la Prusse, la Pologne avant de revenir à Paris en 1792. Il revit Bonaparte : leur amitié d'enfance se renouvela tout entière. Pendant le temps de la vie un peu vagabonde qu'ils menèrent dans la capitale, arriva le 20 juin, sombre prélude de l'événement du 10 août. Dès ce moment inscrit sur la liste des émigrés , Bourrienne en fur rayé sur les instances de Bonaparte, qui commençait à être compté pour quelque chose. Arrêté néanmoins comme émigré rentré, il fut bientôt rendu à sa famille, sous la responsabilité de deux amis recommandables. De Sens il revint à Paris après le 13 vendémiaire, oii il revit de loin en loin Bonaparte, alors commandant en second de la ville de Paris , sous le général Barras. Enfin Bonaparte, ayant été nommé général en chef de l'armée d'Italie après les revers du général Schérer, appela Bourrienne auprès de lui au moment où le traité de Campo-Formio était sur le point de se conclure : Bourrienne en rédigea le texte, de concert avec le général Clarke. C'est de cette époque , et après avoir été conseiller d'État de la république en l'an x, que commença la carrière politique de cet ancien ami de Bonaparte. Bourrienne le suivit en Egypte conune son secrétaire intime. Au retour de cette contrée, un gouvernement consulaire ayant été créé en France, il resta secrétaire du premier consul. Mais lorsqu'il s'éleva sur les débris de la république une nouvelle dynastie, Bourrienne fut nommé en 1804 , par l'empereur Napoléon, son ministre plénipotentiaire à Hambourg. Rentré en France à la fin de 1813, il fut nommé directeur des postes par le gouvernement provisoire, et en 1814 préfet de police. Ayant peut-être trop oublié son amitié et ses promesses de collège , il suivit non son ancien ami à Sainte-Hélène, mais Louis XVIII à Gand, et à son retour il fut nommé par le roi ministre d'État. Élu député en 1815 et depuis à plusieurs reprises, Bourrienne siégea au côté droit jusqu'en 1827. La révolution de juillet 1830 et la perte de sa fortune, qui, dit-on, en fut la suite, égarèrent sa raison. Transporté en Normandie, il a passé les deux dernières années de sa vie dans une maison de santé à Caen, où il mourut des suites d'une attaque d'apoplexie. Les Mémoires de M. de Bourrienne, écrits par lui-même , rédigés par M. de Villemarest, et publiés de 1829 à 1831, en 10 vol. in-S", ont fait
BOURRÏENNE — BOURRU
connaître un grand nombre de particularités intéressantes sur la jeunesse de Napoléon , sur ses apports avec Joséphine , sur le Directoire, le Consulat, etc. Malgré beaucoup de choses inutiles ou controuvées, ils offrent, dans plusieurs parties, un intérêt réel. Les erreurs qu'ils contienaént ont été relevées dans l'ouvrage intitulé Bourrientie et ses erreurs volontaires et involontaires; Paris, 1830, 2 volumes in-8°. On a encore de Bourrienne -. l'Inconnu, drame en trois actes et en prose, traduit de l'allemand ; Paris, 1792; — Observations sur le budget de 1816, et sur le rapport de M. le comte Garnier à la chambre des pairs; Paris, 1816, in-8°. On a faussement attribué au même écrivain : Histoire de Napoléon Bonaparte, par un homme qui ne l'a pas quitté depuis quinze ans. [Enc. des g. du m., avecadd. bibliogr.]
Biographie des Contemporains.
novtiKVT (Marc-Théodore), naturaliste, né à Genève en 1735, mort près de cette ville, dans une maison de campagne, le 7 octobre 1815. II se fit de bonne heure une réputation par ses peintures en émail; mais ayant aperçu , du haut du Voiron, une partie des Alpes, il ne songea plus qu'à les visiter, à les décrire et à les peindre. Afin de se livrer à son goût avec plus de sécurité, il obtint une place de chantre de la cathédrale de Genève, et partagea désormais tout son temps entre les fonctions de cette place et ses excursions dans les Alpes. Il en reproduisit les sites les plus remarquables, en employant un lavis qui fait mieux ressortir les effets de lumière sur les glaces et sur les rochers. En 1774, il dédia sa Description des glaciers de Savoie au roi de Sardaigne Victor-Amédée , auquel il fut présenté, et qui lui adressa ces flatteuses paroles : « Vos « conquêtes dans les Alpes m'ontrendu plus grand « seigneur que je ne l'étais auparavant. »En 1781 il visita Paris, où il fut retenu par Buffon et présenté à Louis XVI, auquel il offrit sa Description des Alpes Pennines et Rhétiennes : il en fut récompensé par une pension sur la cassette de ce roi, qui lui acheta plusieurs tableaux. Après avoir tenté inutilement, en 1783 et 1785 (avec de Saussure), de gravir jusqu'au sommet du Mont-Blanc, il n'y réussit qu'en 1787. Pendant la révolution, il signala sa bienfaisance envers les exilés français , et il composa , en partie pour eux , l'Itinéraire de Genève à Chamouny. II ne montra pas moins de courage que d'humanité en se précipitant la nuit dans un torrent, d'où il tira le prince Galitzin, qu'il ne connaissait pas et qui était sur le point d'y périr. Au retour des Bourbons, Louis XVIII rendit au voyageur genevois la pension dont il avait joui sur la cassette de Louis XVI. OnadeBourrit: Description des Alpes Pennines et Rhétiennes ; Genève, 1781, 2 vol. in-8°; nouvelle édition, augmentée d'une Nouvelle description des glacières et glaciers de la Savoie, particulièrement de la vallée de Chamouny et du Mont-Blanc ; Genève, 1787, 3 vol. in-8°; —
Description des aspects du Mont-Blanc du côté du val d'Aoste, des glacières qui en deS' cendent, et de la découverte de la Mortine; Lausanne, 1776,in-8'' ; — Description des colset passages des Alpes ; Genève, 1803, 2 vol. in-18;
— Description des glacières, glaciers et amas déglace du duchéde Savoie; Genève, 1773, in-8°;
— Description des terres magellaniques et des pays adjacents, traduit de l'anglais de Falkner; — Itinéraire de Genève, Lausanne et Chamouny; Genève, 1791, in-8°; — Itinéraire de Genève, des glaciers de Chamouny, du Valais et du canton de Fomcî; Genève, 1808, in-8°;
— Observations faites sur les Pyrénées , pour servir de suite à des observations sur les Alpes; Genève, 1789, ^1-8°.
Bibliothèque universelle de Genève. — Quérard, la France littéraire.
BOURRU (Edme-Claude), médecin français, né à Paris en 1737, mort dans la même ville le 19 septembre 1823. Il fut reçu docteur en 1766, et nommé bibliothécaire de la Faculté en 1771. Dans cette place, qu'il occupa durant quatre ans, il classa les livres qui lui étaient confiés , et en dressa le catalogue. Chargé du cours de chirurgie en langue française, il le commença, le 6 février 1780, par un discours où il examinait : « A <( quels points doit s'arrêter le chirurgien dans « les différentes sciences dont l'étude lui est né- « cessaire. » En 1783, il fit le cours de pharmacie, et conserva la charge de doyen depuis 1787 jusqu'en 1793, époque où l'on supprima l'ancienne faculté de médecine. Le 16 avril de l'année précédente , il était allé , avec les docteurs Guillotin et Lezurier, réclamer, à la barre de la convention , contre l'assujettissement des médecins à la patente. En 1804, Bourru fut admis à l'Académie de médecine, qui venait d'être rétablie; en 1813, il en fut élu vice-président, et fut nommé, en 1821, membre honoraire de l'Académie royale. Ses ouvrages ont pour titre : Num chronicis aquse minérales vulgo de Merlanges, etc. ; Paris, 1765, in-4° ; — Observations et recherches médicales ,trad. de l'anglais, 1763- 1765, 2 vol. in-12; — l'Art de se traiter soimême dans les maladies vénériennes ; ibid., 1770, in-8° : il en a étépubhé deux contrefaçons in-12 ; — de l'Utilité des voyages stir mer pour la cure de différentes maladies, trad. de Gilchrist, en collaboration avec le docteur Guilbert, 1770, in-12; — des Moyens les plus propres à éteindre les maladies vénériennes ; Amsterdam (Paris), 1771,in-8°; — Recherches sur les remèdes capables de dissoudre la pierre et la gravelle, trad. -de l'anglais de Blakrie, 1775, in-8°;— Éloge du médecin Le Camus, en tête du t. n de la Médecine pratique de cet auteur; — Éloge funèbre de Guillotin, par un de ses condisciples et de ses amis; Paris, 1814, in-4° : il avait réuni dans cet ouvrage tous les jetons qui, de 1638 à 1793, avaient été frappés à l'effigie des doyens de la faculté de médecine