‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 35 sur 276 · BOUSSARD — BOUSSINGAULT · texte numérisé non relu

BOUSSARD — BOUSSINGAULT

ment en fuite : sept mille prisonniers, cinq cent mille cartouches, des canons, des étendards, an drapeau, lurent les résultats de cette affaire, où Boussard se montra général de cavalerie du premier ordre. Il repoussa à Vinaroz, près d'Uldecona , l'attaque des corps francs de Valence , commandés par Bassecourt, et les poursuivit jusqu'à Benicarlos. A la bataille de Sagonte (181 1), il sauva l'artillerie française, mit l'ennemi en fuite, et lui prit six pièces de canon. Près de Torrente, Boussard chargea avec un seul escadron vingt escadi'ons ennemis : cette fois tout son courage ne l'eût pas sauvé de la mort, si le général Delort ne fût survenu, et ne l'eût arraché des mains de l'ennemi culbuté. Le maréchal Suchet demanda pour Boussard le grade de général de division : il lui fut accordé en 1812; mais, criblé de blessures, Boussard momut un an après, lorsqu'il cherchait à rétablir sa santé.

Brevets militaires, — Ue Courcelles, Dictionnaire des généraux français. — Biographie des Contemporains.

BOUSSARD ( Geoffroy ), théologien français, né au Mans en 1439, mort dans la même ville vers l'an 1522. Il fut, en 1487, recteur de l'université, et chancelier de l'Éghse de Paris. Voyageant en Itahe, et se trouvant à Bologne en 1504, il prêcha en présence de Jules II. Il fut nommé scolastique de la cathédrale du Mans par le cardinal de Luxembourg, qui lui confia en partie l'administration de ce diocèse. Le concile de Pise ayant été transféré à Milan, Boussard y fut député, en 1511, par l'université. Il a laissé : vme édit. de l'Histoire ecclésiastique de Ruffin, revue d'après les manuscrits , et plus correcte qneles précédentes; Paris, 1497, 10-4°; — une édit. du commentaire du diacre Florus sur saint Paul; Paris, 1499, in-foL; — De Continentia sacerdotum ; ibid., 1505; — Oratio habita Bononix coram Julio II, 1507; — De Sacrificio Missœ;'ûÀà., 1511, 1529; Lyon, 1525, in-4°; — Interpretatio in septem Psalmos pœnitentiales; Paris, 1519, 1521, in-S". Cet ouvrage lui valut un procès intenté par l'archevêque de Sens et l'évêque de Paris, qui prétendaient que, dans la préface de ce livre , ils étaient censurés comme possédant un grand nombre de bénéfices.

Duverdicr et La Croix du Maine , Biblioth. franc. — Hauréau, Hist. litt. du îllans.

*BocssARD (/ean), marin français, né en 1733 au bourg d'Eaux, près d'Eu, en Normandie, etmort àDieppeen 1795, a rendu son nom célèbre vers la fin du dix-huitième siècle , par un trait d'héroïsme qui lui mérita le titre de Sauveur de Vhumanité. Le 30 août 1777, un navire venant de la Rochelle, et portant huit hommes d'équipage et deux passagers, ne put entrer dans le port de Dieppe à cause de l'agitation de la mer, et fut jeté à la côte. Ceux qui montaient le bâtiment allaient périr, lorsque Boussard, n'écoutant que le cri de l'humanité, se fit ceindre d'une corde dont l'un des bouts fut attaché sur le rivage, et se précipita au milieu des flots, pour porter jusqu'au

navire un cordage avec lequel on pût amener l'équipage à terre. Vingt fois repoussé parles flots, et couvert des débris du navire, il n'en persista pas moins dans sa périlleuse entreprise, et parvint successivement à sauver huit hommes sur dix. Les détails de cette belle action, extraits d'une lettre deM. de Crosne, intendantde Rouen, furent insérés dans les gazettes de l'époque. Ils excitèrent un enthousiasme général ; M. Necker écrivit de sa main à Boussard une lettre dans laquelle il lui annonça, de la part du roi, une gratification de 1000 livres et une pension annuelle de 300 livres. Leôjanvier 1778, Boussard vint à Versailles, où il fut présenté au roi, qui s'écria en le voyant : « Ah ! voilà donc le brave homme ! » La ville de Dieppe^ lui fit bâtir une maison , et l'exempta de tout impôt. Il ne concevait pas qu'on pût récompenser par de l'admiration ou des grâces pécuniaires une action qui lui paraissait toute simple. Le portrait de Boussard a été gravé par plusieurs artistes ( de la Fosse et Benoît) et peint par Greuze. J. Lamoureux.

Mémoires secrets de la République des lettres, t. X et XI. — Gazette de France, 1777.

BocssEAU ( Jacques ), sculpteur français, né à Chavagné (Deux-Sèvres) en 1681 , mort à Madrid en 1740. Élève de Coustou, Bousseau travailla beaucoup avec ce maître, qui le fit recevoir de l'Académie et nommer professeur. Plus tard, le roi d'Espagne Philippe V l'ayant nommé son premier sculpteur, Bousseau quitta la France pour aller habiter Madrid, où il est mort, et où se trouve la plus grande partie de son œuvre. Il a fait, à Paris, Hercule tendant son arc , son morceau de réception à l'Académie; — deux statues. Saint Maurice et Saint Louis ; — et un bas-reUef, Jésus-Christ donnant à saint Pierre les clefs du Paradis, dans la chapelle de Noailles à Notre-Dame. Il avait travaillé avec Coustou au tombeau du cardinal Dubois , élevé dans l'église collégiale de Saint-Honoré.

P. Ch.

Watelet, Dictionnaire des Arts, tome V.

1 BOUSSINGAULT (Jean-Baptiste-Joscph- Dieudonné), chimiste français, né à Paris le 2 février 1802. Au sortir de l'école des mines de Saint-Étienne, il fut chargé par une compagnie anglaise de diriger l'exploitation de quelques mines dans l'Amtérique austiale, et il rapporta, de ses voyages sous les chmats tropicaux, plusieurs observations utiles à la science. Attaché à l'étatmajor de Bolivar, il parcourut la province de Venezuela et les contrées placées entre Carthagène et l'embouchure de l'Orénoque. A son retour en France, il fut nommé doyen de la faculté des sciences de Lyon; professeur de cliimie en 1839, il suppléa M. Dumas à la Sorbonne , et remplaça M. Husard à l'Académie des sciences. C'est à M. Boussingault que l'on doit en partie l'appréciation comparative des engrais par le dosage de l'azote. En collaboration avec M. Dumas , il a déterminé les proportions exactes des principes

123 BOUSSmGAULT

constitutifs de l'air atmosphérique , et il a fait d'utiles recherches sur les rôles des différents végétaux dans l'alimentation des herbivores ; enfin on lui est redevable d'une nouvelle méthode de préparation de l'oxygène par la baryte. Voici les titres de ses principaux mémoires et ouvrages : Rapport sur les moyens de constater la présence de l'arsenic dans l'emjmsonnement par ce toxique, au nom de l'Académie royale de médecine, suivi du Rapport fait à l'Académie des sciences sur le même sujet; Paris, 1841 ; — Économie rurale considérée dans ses rapports avec la chimie, la phtjsique et la météorologie; Paris, 1844, in-8° ; —avec M. Dumas : Essai de statistique chimique des êtres organisés; Paris, 1844, 3« éd.; — des notices hitéressantes dans les Annales de Chimie et de Physique et dans le recueil de l'Acadéinie des sciences.

Bibliographie de la France. — Quérard, supplément à la France litt. — Diet. de la Conversation.

BQUSSïON [Pierre), conventionnel, né en Suisse en 1753, mort à Liège au mois de mai 1828. 11 exerçait la médecine à Lausanne, et se rendit en France dès le commencement de la révolution. Élu par la sénéchaussée d'Agen député suppléant aux états généraux , il devint bientôt après membre de cette assemblée par la démission d'Escure-Péiuzat. En 1791, il s'opposa aux poursuites que M. de Montmorin voulait exercer contre le Moniteur, rempli de dénonciations contre les mesures que favorisait ce ministre. Boussion fit supprimer le traitement des ecclésiastiques qui se rétractaient après avoir prêté le serment. En septembre 1792, il fut nommé membre de la convention, où il vota la mort de Louis XVI sans appel et sans sursis. Il fit, en 1794, un rapport sur les papiers trouvés dans l'armoire de fer. Plus tard, il fut envoyé en mission dans les départements de Lot-et-Garonne, de la Dordogne et de la Gironde. Membre du conseil des anciens, il en sortit au mois de mai 1 790, et ne reparut plus sur la scène politique. Les événements de 1815 l'obligèrent de se retirer en Belgique.

ArnaïUt, etc., Biogr. nouvelle des Contemporains.

l BocssoN DE M wn-ET {Emmanuel), littérateur français contemporain. On a de lui : Cours élémentaire et abrégé de belles-lettres ; Paris, 1837, in-S" ; — Précis de belles-lettres, abrégé de l'ouvrage précédent; Paris, 1840,in-8''; — Appendice au même ouvrage ; Paris , 1842 , in-8" ; — Exercices de style et de littérature ; Lons-lc-Saulnier, 1841, in-8° ; — le Muséum littéraire, ou Chefs-d'œuvre de la littérature française depuis la renaissance ; ibid., 1841, in-8°

Bibliographie de la France. — Quérard, supplément à la France litt.

Bocssu {Gilles- Joseph de), littérateur et historien flamand, mort à Mons en 1755 , a publié : Ifedivige, reine de PoZoï/we, tragédie; Mons, 1713, in-8"; — Histoire de la ville de Mons, ancienne et moderne, contenant tout

Page 1