BOUVIER ~ BOUVILLE
taché , en qualité de médecin , au service des épidémies. Pendant la révolution, il quitta Versailles qu'il avait habité jusqu'alors, et vint s'établir à Paris. Sous l'empire, il fut médecin de Madame mère et décoré de la Légion d'honneur. A l'époque de !a restauration, il fut médecin consultant de la maison de Saint-Denis et médecin honoraire du garde-meuble. Les dernières années de sa vie s'écoulèrent au milieu des expériences agronomiques auxquelles il se livrait dans un jardin qu'il possédait à Vaugirard. Il laissa à la ville de Dôle sa bibliothèque , ses tableaux , et les bustes de Corvisart, Lépreux, Percy et Desessarts, qui avaient été ses amis. Il était âgé de quatre-vingt-un ans, lorsque, se trouvant seul dans sa chambre, le dos tourné vers sa cheminée, le feu prit à ses vêtements ; il mourut peu de temps après, des suites de cet accident. Bouvier a laissé : Expériences et observations sur la culture et Vusage de la Spergale; Paris, 1798, iii.l2 ; — De l'Éducation des Dindons; \h\A., 1798, in-12; — Quelques Notions sur la race des bœufs sans cornes; ibid., 1799, in-12; — Mémoire sur cette question : « JEst-il vrai que le médecin puisse rester étranger à toutes les sciences et à tous les arts qui n'ont pas pour but d'éclairer la pratique ? « ibid., 1807, in-S" ; — Extrait d'un mémoire sur VHydropisie aiguë des ventricules du cerveau; Ibid., 1807, in-8°.
Biographie des Contemporains. — Callisen, i^fedtcênisches Schriftsteller-Lexicon.
BOUVIER. Voy. Lyonnois et Lebouvier.
BOUVIER (GiZZes le), dit Berry, chroniqueur français, vivait dans la première moitié du quinzième siècle. Premier héraut d'armes du roi de France Charles Vil, il a laissé une Chronique et Histoire de Charles VII, depuis ii02 jusqu'en 1455 , insérée en partie dans l'Histoire de Charles VI, 16.53, in-fol. ; et en partie dans V Histoire de Charles VII, 1661, in-fol.; — une Description de la France , insérée dans l'Abrégé royal de l'Alliance chronologique, par le P. Labbe, 1651 , in-4°.
Lelong, Bibliothèque historique de la France.
* BOUVIER {Jean- Baptiste), évêque du Mans (Sarthe), né le 17 janvier 1783 à Saint- Charles-la-Forêt (Mayenne). Avant son élévation en 1834 sur le siège épiscopal qu'il occupe encore aujourd'hui, MS" Bouvier avait été vicaire général du Mans et supérieur du grand séminaire. Pendant toute la durée de l'empire et luie partie de la restauration, les études ecclésiastiques étaient fort négligées. Par ses ouvrages, qui jouissent d'une grande autorité , MS' Bouvier donna une forte impulsion à l'enseignement, dans les séminaires , de la plùlosophie et de la théologie. Les Institutionestheologica; elles Institutiones philosophicas , émanées de la plume de ce savant prélat, ont été adoptées dans un grand nombre d'établissements ecclésiastiques en France , ainsi que dans plusieurs établissements semblables en
Savoie, en Belgique, etc. Elles ont même franchi l'Atlantique, etsont allées jusque dans laNouvelle- Grenade , à Mechoacan , instruire et former des ouvriers évangéliques. Le premier de ces ouvrages renferme treize traités , parmi lesquels on remarque ceux qui sontrelatifs au mariage, kl3.justice et aux contrats. La pensée de mettre ces traités en rapport avec le code civil fut une innovation heureuse. Le Cours de philosophie de MS"" Bouvier a beaucoup d'analogie avec ce qu'on appelle la Philosophie de Lyon : c'est le même plan , mais les questions ont reçu de plus grands développements, et plusieurs questions nouvelles y sont traitées sous la forme de dissertations. En 1844, MS'' Bouvier fut attaqué à la chambre des députés comme trop enclin à donner son approbation aux actes du gouvernement de Juillet; il avait cependant, trois ans auparavant, adressé au ministre de l'instruction publique, alors M. Villemain , une longue lettre dans laquelle ce prélat revendiquait la liberté de l'enseignement. Ce document, rendu public, fut vivement discuté par la presse parisienne. La liturgie romaine, depuis longtemps abandonnée dans le diocèse du Mans, vient d'y être rétablie par M§'" Bouvier. Outre les ouvrages précités , cet évêque a publié : Dissertatio in sextum Decalogi prseceptum, et Supplementum ad Tractatum de Matrimonio ; Cenomani, 1827, un vol. in-12; 12^^ édit., Paris, 1 850 ; — Traité des Indulgences, des Confréries et du Jubilé, à l'usage des ecclésiastiques; l'^édit., le Mans, 1826; 9^ édit., Paris, 1850; le même ouvrage, à l'usage des fidèles , le Mans, 1826, 1" édit., in-18; Abrégé de cet ouvrage , sous le titi-e de Petites instructions et prières pour le Jubilé; 1826 , le Mans; — Histoire abrégée de la philosophie , à l'usage des séminaires et des écoles, 2 vol. in-8°; le Mans, 1841 ; — Catéchisme à l'usage du diocèse du Mans ;leMaa&, 1838, in-12; — Statuta diœcesis Cenomanensis, promulgata in synodo habita anno Domini 1851; Cenomani, 1852, in-8° ; — Précis historique et canonique sur les jugements ecclésiastiques , ce qu'ils ont été autrefois et ce qu'ils peuvent être de nos jou7-s;le Mans, 1852, in-S". On lui attribue également divers opuscules de polémique ; — le Mémorial catholique, l'Ami de la religion , les Annales de philosophie chrétienne, ont reçu divers travaux de ce prélat. A. Rispal.
Ami de la Religion, — Correspondant. — Cotnmunications particulières.
BOUVILLE (iV..., marquis de), homme politique français, né vers 1760, mort en février 1833. Il était, avant la révolution, conseiller au parlement de Rouen. Député de la noblesse aux états généraux, il se montra, de 1789 à 1791, époque de son émigration, l'infatigable adversaire des idées nouvelles; il réclama, le 25 janvier 1790, la question préalable contre la motion de Robespierre en faveur de l'égalité politique, et fut l'un des principaux rédacteurs et signa-
BOUVILLE -- BOUZONIÉ
taire» de« protestations par lesquelles, le 11 et le 12 septembre 1791, la minorité de l'assemblée nationale repoussa les actes de la majorité. Il revint en France après le 18 brumaire , mais ne rentra qu'en 1815 dans la carrière politique. Dès lors jusqu'à la fin de 1816, et de 1820 à 1827, il siégea continuellement au côté droit de la chambre des députés , et prit la parole sur toutes les questions importantes qui y lurent agitées. Dans le débat soulevé par l'évasion de Lavalette , il accusa le gouvernement de l'avoir favorisée; au sujet de la loi d'amnistie , il approuva l'abstention dans laquelle la commission s'était renfermée; le 13 février 1816, à propos de la loi électorale, il réclama pour les opinions de la chambre la liberté sans limites; le 15 mars suivant, dans la discussion du budget, il s'opposa à l'aliénation des forêts de l'État; le 9 juin 1821, il demanda la suppression du traitement affecté au directeur générai de la police, et, quatre jours après, il demanda, pour les desservants , une augmentation de 175,000 fr. au budget du clergé ; en février et mars 1822, il prit part à la discussion soulevée par le déficit du caissier Matheo , et, plus tard , fut nommé candidat à la commission de surveillance de la caisse d'amortissement; dans la session de 1823, il fut l'un des commissaires chargés de vérifier les comptes antérieurs à 1822, et d'examiner la proposition de la Bourdonnaye, qui demandait l'expulsion de Manuel. Quelque temps après, dans la discussion du budget, il mit tout en œuvre pour prévenir les divisions qui commençaient à se manifester dans le parti royaliste. Le 24 décembre 1823, il présida le grand collège électoral de Rouen , qui le nomma député; le 28 avril 1824, il soutint la loi du remboursement des rentes ; le 8 juin, il demanda que la loi de septennalité ne fût exécutoire qu'après l'expiration des pouvoirs de la chambre quinquennale; le 22 mars 1825, il vota contre la conversion des rentes ; le 6 mai, il fut nommé de nouveau commissaire près de la caisse d'amortissement; le 10 mai 1826, il repoussa par son vote le projet de loi relatif aux sulistitutious ; le 25 du même mois, il demanda que le clergé inférieur profitât de l'augmentation de ciédit proposée pour le département des affaires ecclésiastiques; le 27 janvier 1827, il appuya une proposition qui avait pour but d'augmenter le crédit alloué pour le payementdes dettes contractées par la famille royale pendant son émigration ; et, en 1827, il chercha à modérer la rigueur du projet de loi de M. de Peyronnet sur la police de la presse. Après la dissolution de la chambre septennale, le marquis de Bouville cessa d'être réélu. ]U oniteur universel.— Biographie des Contemporains.
B©iTTOT(Jo6), jurisconsulte français, né à Châlons-sur-Saône en 1558, mort à Chàlons en 1636, étudia le droit sous le célèbre Cujas. Il a laissé : Recueil d'arrêts notables du parlement de Bourgogne; Cologne (Genève), 1623 et 1628, 2 Yol. in-4°; — Commentaire sur la
coutume de Bourgogne; Genève, 1632, in-4''. Ces deux ouvrages renferment plusieurs inexactitudes. Néanmoins Bouvot est cité avec assez d'éloge par Papillon.
Taisand, yie des Jurisconsultes. — Papillon, Biblioth. de Bourg.
BOUX ( Guillaume le), théologien français, né dans l'Anjou en 1621, mort le 6 août 1693. Après avoir été successivement balayeur de collège, capucin, oratorien, curé, il professa la rhétorique à Riom , et, pendant la Ffonde , soutint par ses prédications l'autorité royale. Il fut nommé à l'évêché d'Apt en 1658, et ses amis, sollicitant en sa faveur l'évêché de Périgueux, qu'il obtint en 1667, disaient plaisamment que « Boux était né gueux , qu'il avait vécu gueux, « et qu'il voulait Périgueux ( périr gueux). » Pendant les trente-sept années qu'il occupa ce siège, G. le Boux employa son revenu à des fondations charitables. On a de lui : Recueil des conférences établies dans le diocèse de Périgueux, 3 vol. in-12; — Sermons; Rouen, 1766, 2 vol. in-12; — Dissertations ecclésiastiques sur le pouvoir des évêques , pour la diminution ou l'augmentation des fêtes ( en collaboration avec Laval-Bois-Dauphin, évêque de la Rochelle); Paris, 1691, in-8°.
Moréri, Dictionnaire historique.
* BOUYS ( André ) , peintre de portraits et graveur français, né à Hyères (Var) en 1657, mort à Paris le 8 mai 1740. Il était élève de de Troy. S'adonnant exclusivement au portrait, il acquit en ce genre quelque réputation, et fut reçu académicien le 27 novembre 1688. Edelinck, Flipart , Ferth , Van-Schuppen, ont reproduit ses portraits. U a gravé lui-même à la manière noire, d'après Castiglione , Coelemans , de Troy , etc. P. Ch.
Heineckeo, Dictionnaire des .artistes, t. III. - .archives de V Art français, t. I.
BOUTS ( Jean-Baptiste ), chroniqueur français, natif d'Arles, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. Il a laissé : la Roijale couronne d'Arles, ou Histoire de Vancien royaume d'Arles, enrichie de l'Histoire des empereurs romains, des rois goths et des rois de France qui ont résidé dans leur enclos; Xm^sn, 1641, 1644, in-4''.
Lelong, Bibliothèque historique de la France.
BOUZONIÉ { Jean ), théologien français, né à Bordeaux vers 1646, mort à Poitiers le 30 octobre 1726. Il entra chez les jésuites, professa les lettres pendant plusieurs années , et se livra ensuite à la prédication , à laquelle de précoces infirmités l'obligèrent de renoncer. On a de lui : Primitiae 3Iusarumserenissiino Delphino oblatae; Bordeaux, 1663; —Hijmni très saneti Thom^ de Villanova, insérés dans le Bréviaire des religieux augustins, 1670; — Carmina extemporanea de varlïs Argiimentis ; Bordeaux, 1672; — Cantiques sur la Naissance de Notre-Seigneur J^sus-Christ ; 1675, Poitiers; — Douze preuves pour la Conception immaculée de la
BOUZONIË — BOVES
sainte Vierge ; Poitiers (sans date) ; — Oraison funèbre de Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France; Poitiers, 1686; —Portrait de Louis le Grand,roi de France; Bordeaux, 1686, in-4° ;— Mausolée de M. Jean de Gourgue, président au parlement de Bordeaux ; Bordeaux ; — Science de la mort des Saints; Poitiers, 1692 ; — Entretien de Théotimeet de Philothée, sur la dévotion au sacré Cœur de Jésus ; Poitiers, 1697 ; — Histoire de l'ordre des religieuses filles de Notre-Dame; Poitiers, 1697, 2 vol. in-4°.
Moréri, Dictionnaire historique.
* BO VA ( Antonio ) , peintre , né à Messine en 1641, mort eu 1711. Élève et imitateur d'Andréa Suppa, il a peint un grand nombre de tableaux et de fresques à Naples et à Messine.
Lanzi, Storia pittorica.
BOVADiLLA (don François de), administrateur espagnol, mort le 29 juin 1502. Il était commandeur de l'ordre de Calatrava, et, en 1500, fut envoyé à Saint-Domingue par Ferdinand et Isabelle. Il devait examiner la conduite de Christophe Colomb, et, s'il le trouvait coupable, le dépouiller du commandement, afin de s'en emparer. Bovadilla accomplit d'abord la dernière partie de sa mission sans tenir compte de la première; dès son arrivée, il se saisit de l'autorité, fit mettre aux fers Christophe Colomb, et le renvoya en Espagne avec un acte d'accusation dont les éléments se composaient d'ignobles délations. L'imprudente conduite du nouveau gouverneur répondit à son injustice : pour se faire des créatures, il annula les règlements de son prédécesseur, toléra tous les excès, et plongea les Indiens dans la servitude. Heureusement pour la colonie, qui allait périr, Bovadilla fut remplacé par Nicolas Ovando , et Colomb rendu à la liberté et à sa glorieuse carrière. Le persécuteur de ce grand homme, embarqué sur la flotte espagnole, mit à la voile pour aller dans sa patrie rendre compte de sa conduite, et périt au milieu d'une tempête, avec la plupart des vaisseaux qui l'accompagnaient.
Charlevoix, Histoire de Saint-Domingue, t. I.
BOVERius ( Zacharie ) , théologien italien , né à Saluées en 1568, mort à Gênes le 31 mai 1638.11 entra chez les capucins en 1590, fut professeur de philosophie et de théologie, et devint définiteur général de son ordre. Il a laissé entre autres ouvrages : Demonstrationes Symbolorum verse et falsas religionis adversus prsecipuos et vigentes catholicœ religionis hostes, atheistas, judasos, hœreticos, preesertim lutheranos et calvinistas; Lyon, 1617, 2 vol. in-fol. ; — Demonstrationes undecim de vera hahitus forma, a seraphico P. N. S. Francisco instituta, etc.; Lyon, 1632, in-8" : l'auteur cherche à prouver dans ce livre que l'habit des capucins est le même que celui que portait saint François ; — Annales , se^i sacra historia ordinis minorum S. Francisci, qui
capuccini nuncupantur ihyon, 1632 et 1639, 2 vol. in-fol. : cet ouvrage fut supprimé d'abord par la congrégation de l'Index, en 1651 ; mais, l'année suivante, la même congrégation permit de le réimprimer , moyennant corrections ; — Orthodoxa consultatio de Ratione verxfidei et religionis amplectendse, etc. ; Madrid, 1623, in-4°. L'auteur, dans un voyage qu'il fit à Madrid avec le cardinal Fr. Barberin , composa cet ouvi'âgepour convertir au catholicisme le prince de Galles, depuis Charles H, qui s'était rendu en Espagne dans l'intention d'épouser la sœur du roi.
Nicéron, Mémoires, l. XXV. — Mazzachelli, Scrittori d'italia-
BOVES (Joseph-Thomas), fameux guerrier lîispano-américain, mort le 5 décembre 1814. Il était Castillan, et de la plus basse extraction. Sergent de marine en Amérique à l'âge de trente ans , il fut plus tard garde-côtes , se laissa corrompre dans l'exercice de cet emploi, et fut condamné et emprisonné comme prévaricateur. Au sortir de prison, il se fit porte-balle. C'est en 1810, à l'époque de la guerre de l'Indépendance, que sa vocation fut trouvée. Jeté fortuitement dans les troupes royales, il mit au service de cette cause son esprit d'aventures. Devenu capitaine de milice, il fit partie du corps de Cagigal, et commença de guerroyer pour son compte, lorsque, défait à Maturin, Cagigal annonça sa retraite sur la province de Guaiana. Boves s'établit à Calabozo ; et, avec cinq cents hommes environ, la plupart esclaves, il battit Marino, dictateur des provinces orientales. Dès lors, avec sa petite armée, grossie des vagabonds, repris de justice noirs, hommes de couleur, il commença une guerre de partisan qui rappelait les plus horribles dévastations du moyen âge. Les représailles ne se firent pas attendre, elles s'ouvrirent par regorgement de douze cents prisonniers ; et la guerre continua de cette manière entre la Division infernale de Boves (c'est le surnom qu'elle mérita ) et les indépendants. Leur avantgarde, que Boves surprend à Flores, est passée au fil de l'épée. De même à San-Juan-de-Los-Morros, où il tue les prisonniers qu'il a faits sur Campo-Elias. A son tour il est défait à Vittoria par Bivas, et ses prisonniers sont fusillés après l'action. Rivas n'ayant pas su profiter de sa victoire, Boves reprit l'offensive, et, le 19 février 1814, il battit à Saint-Matéo Bolivar lui-même. Il le battit encore le 14 juin : la lutte se prolongea avec ces alternatives de succès et de revers. Boves s'avança sur Valencia, où les indépendants s'étaient fortifiés ; pendant qu'il faisait bloquer la place par un coi'ps détaché , il fit lever le siège ' de Puerto-Cabello, et repoussa les indépendants vers Ocumare. Revenu à Valencia, il fit capituler la ville. Pour donner aux articles de la capitulation une plus solennelle sanction, on fit célébrer une messe entre les deux armées ; et, au moment de l'élévation, le géqéral royaliste promit une