‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 55 sur 276 · BRACTON · texte numérisé non relu

BRACTON

consulte de l'Angleterre, naquit vers le commencement du treizième siècle (1200), dans le comté de Devon; il étudia et prit le grade de docteur, à l'université d'Oxford, qu'on dit fondée parle roi Alfred, mais qui alors rivalisait avec celle de Paris, Elle avait pour dignitaire un chancelier, souvent délégué par le pape pour connaître des différends dans lesquels des ecclésiastiques se trouvaient mêlés (1). Dans l'ouvrage qu'il publia vers 1240 (2) sur les lois et coutumes de sa patrie, Bracton respecte la juridiction ecclésiastique, mais en fixe les limites avec soin. Il fut nommé, sans doute à cause du mérite éminentque révélaitcette production, par Henri \\\ , en 1244, juge itinérant (3) , c'est-à-dire l'un des grands juges d'Angleterre chaigés avec d'autres, tels que Martin de Pateshullc, j'abbé de Radinge, etc., de parcourir les comtés et de présider Yas.sise. Le jury ne paraît pas encore avoir été organisé à cette époque; aussi les décisions de ces magistrats, supérieurs aux baillis, en avaient d'autant plus d'importance. Bracton a soin de citer dans son livre celles de ses prédécesseurs. On ne sait à quelle époque est mort ce grand jurisconsulte.

Son ouvrage, qui a précédé celui de Beaumanoir et de P. de Fontaine, est un traité complet de législation et de jurisprudence : il est rédigé avec une clarté , une précision et une énergie admirables ; et on convient que son style ( en latin) est supérieur à celui de ses contemporains Hoivard , dans son Recueil des lois anglonormandes, lui reproche d'avoir sacrifié les coutumes nationales au droit romain ; mais de Bracton atteste, au contraire, qu'il a consulté fidèlement les lois et coutumes de sa patrie pour rédiger son traité. Que pouvait-il faire de mieux, en présence de la barbarie qui entourait la conquête des rois anglo-normands, que de les éclairer parla suprême équité des jurisconsultes romains, en empruntant ses principes généraux aux codes de Justinien, récemment découverts , peu connus, et surtout peu appliqués par les juges féodaux de son temps ? Au contraire , Bracton a rendu un immense service à son pays en remontant aux principes du droit et de la justice , et en puisant à cette source féconde ; et c'est ce qui fait que son ouvrage a été si souvent cité par Cocke, Blackstone et autres jurisconsultes postérieurs , et qu'il est supérieur à Beaumanoir et aux légistes de son siècle. II est remarquable aussi que ce traité soit si méthodique et si complet. Il se compose de cinqlivTes, et d'une infinité de ciiapitres plus ou moins courts, et de 444 feuillets in-4° ; mais en réalité il forme plus de 800 pages. Dans sa précision , il est plus détaillé peut-être que le grand commentaire de Blackstone ; il a été im-

(1) f-'oy. Rymer, 1243, Bulle du pape Innocent. (2; Il cite lui-même, p. 298 de son ouvrage, la 2t^ aanéc du règne de Henri 111 , dont l'avéneinenl est de I216, (3) De Itinere, fol. 269, 2S8-297, 298 , etc,

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