‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 56 sur 276 · BRACTON — BRADLEY · texte numérisé non relu

BRACTON — BRADLEY

primé pour la première fois en 1569in-fol., et une 2'^ en 1640, in-4'', par un jurisconsulte inconnu, T. N. , qui l'a collationné soigneusement sur une foule de manuscrits , dont le principal a péri le 23 octobre 1731 , dans l'incendie de la Cotton-Library. Il est étonnant que les Anglais, qui ont fait réimprimer avec tant de luxe le Do- »»esda?/-^ooA:, lequel, après tout, n'est qu'un cadastre de la conquête de Guillaume , n'aient pas fait réimprimer, sans abréviation, leur premier jurisconsulte, qui contient tant de décisions relatives aux familles et aux institutions de l'Angleterre, en l'accompagnant des éclaircissements nécessaires.

Lors du procès de Charles I®', en 1649, on invoqua l'eutorité de ; Bracton pour autoriser le jugement du roi. Ce jurisconsulte, il est vrai, développant les devoirs des rois , dit qu'il faut des barrières à leur puissance si elle devient effrénée, et que la loi leur est supérieure (1). Mais il déclare ailleurs que le roi n'a pas d'égal ; qu'il est la source de toutes les grâces et immunités (2) : nulle part il ne soulève la question d'un conflit entre le parlement et le prince, nulle part celle du jugement du roi par une haute cour, comme fut celui de Charles I*^"". Cependant Bracton écrivait sous un prince faible , qui fut obligé de souscrire aux statuts d'Oxford, proposés par les barons , et que saint Louis annula par sa sentence arbitrale de 1255.

Au reste, quoique l'éditeur anglais reproche à Bracton ses concessions à la puissance ecclésiastique et au pape , tout en les attribuant à l'ignorance des temps , on voit cependant que Bracton soutient ouvertement la puissance temporelle des empereurs, rois et princes (3) : et certes il y avait du mérite à soutenir ce principe , quand on voit, dans Rymer, la papauté intervenir si fréquemment dans les affaires intérieures de l'Angleterre, et quand on pense au conflit qui s'éleva un demi-siècle plus tard entre Boniface VIII et Edouard F"", ainsi qu'avec Philippe le Bel et les auti-es princes de l'Europe. Bracton paraît donc l'un des hommes les plus éminents du treizième siècle, et qui a rendu à l'Angleterre le plus grand des services en lui donnant un corps de droit écrit , à la place des coutumes qui, depuis la conquête, réunissaient les personnes et les propriétés , et qui se sont perpétuées jusqu'à nos jours, sans que ce grand pays ait encore obtenu le bienfait d' un code-civil , comme la plupart des royaumes de l'Europe.

ISAMBERT

Reevcrs, History oftke English Law. — Prince, Worf/iies 0/ Devin.- Blooke, Bibl. leg.. Il, 60.- Biographia Britannica. — Baie , Pits , De scriptor. Angl. — Tanner, Biblioth. - Chalraers, BiOQr. dict. - lîeugnot, Introd. 'tiix coutumes du Beauvoisis, par Bcaumanoir.

KRADFOKD (Jean), théologien protestant

(1) roy. llv. m, ch. IX.

(2) Ibld., I, 8; 11,2*.

(3) Ibid., i, 8, 2.

anglais , né à Manchester au commencement du règne de Henri VIII, mort le 1^" juillet 1565. D'abord commis chez sir John Harring, payeur général des armées anglaises, il se rendit coupable d'une infidélité dans ses comptes. Touché de repentir, il vendit tout ce qu'il possédait pour restituer la somme qu'il avait soustraite, et embrassa l'état ecclésiastique. Il se livra ayec succès à la prédication, et devint successivement chapelain de l'évêque de Londres, chanoine de Saint-Paul, et chapelain d'Edouard VT. Après la mort de ce prince, il continua de prêcher la religion réformée. Sous le règne de Marie, accusé d'avoir fomenté une émeute , à laquelle un sermon prononcé contre le catholicisme par le docteur Bourne avait donné occasion , il fut arrêté et condamné à mort. On lui offrit le pardon, à condition de ne plus prêcher la religion protestante. H le refusa, et fut exécuté à Smitlifield. On a de lui: deux sermons, l'un sur le Repentir, l'autre sur la Cène de Notre-Seigneur ; 1574, in-8"; — un recueil de lettres et de discours adressés pendant sa détention à un grand nombre de personnes, 1553 ; — des méditations, des prières, et un traité du Repentir, dans la collection de l'évêque Goverdale ; 1552, in-8°.

Verheiden, Elogia prœstantiorum, aliquorum theologorum. — Rapin , Histoire d'Angleterre. — Richard et Giraud, Bibliothèque sacrée. — iRose, IVeio Biographical Dictionary.

SRADi {Agathe-Pauline, comtesse de), femme auteur, née à Paris le 1" mai 1782. Elle a écrit dans plusieurs journaux, écrits périodiques et recueils, tels que le Dictionnaire de la Conversation, le Livre des Cent-et-Un, etc. ; elle a en outre pubUé: une Nouvelle par mois, ou Lecture pour la jeunesse, depuis l'âge de dix à seize ans; Paris, 1827; — avec M. Genevay : Galerie Biographique ; — Colonna, ou le Beau Seigneur, histoire corse du dixième siècle; Paris, 1825; — l'Héritière Corse; Paris, 1823 et 1825, sous ce titre modifié: Vannina d'Ornano, ou V Héritière Corse; Paris, 1825; — Jeanne d'4rc(envers) , 1825; — Lettre d'une dame grecque, écrite de Vile de Corse, 1'^ partie; Paris, 1815;— le Secrétaire du dix-neuvième siècle, faisant suite au Savoirvivre en France; Paris, 1844.

Quérard, la France littéraire, et supplément au inCrac ouvrage. — Bibliographie de la France.

bràdley (Jacques), célèbre astronome anglais, né à Sherboura (Glocestershire) en mars 1692, mort à Chalford le 13 juillet 1762. Fils de Guillaume Bradiey et de Jeanne Pound , sœui" de Jacques Pound , connu par ses observations de la comète de 1 680, et correspondant deNewton, il fut de bonne heure initié à la science qu'il devait illustrer un jour. H fit ses premières études au collège Balliol à Oxford, prit en 1717 legrade de maître es arts, et fut reçu, déjà en 1718, membre '. de la Société royale de Londres. Il avait à peine vingt-quatre ans lorsque son oncle Ponnd le re- i commanda à Halley comme un excellent obser-l

ai7

BRABLEY

vateur; et eneffet, dès 1718 et 1719, on trouve du jeune Bradley quelques observations d'étoiles doubles (Castor et y de la Vierge ) , dont John Herschel fltusage pour déterminer les orbites queces étoiles décrivent en tournant l'une autour de l'autre, (Voy. Mém. de la Soc. astroti., t. V, p. 195 et 202 ). Ce fut vers la même époque qu'il observa les mouvements des satellites de Jupiter, et qu'il découvrit la plupart des inégalités qui furent (dus tard discutées par Bailly (1).

A l'instigation de quelques amis, parents de sa fomille , Bradley abandonna un moment l'astro- Bomie pour la théologie : il fut ordonné prêtre (anglican), devint, en 1719, chapelain de l'évêque deHereford, puis vicaire de Bridstow, dans l'Herefordshire ; enfin recteur (curé) à Landwy-Welfry, dans le Pembrokeshire. Mais, dès 1720, il résigna ses fonctions pastorales pour se livrer exclusivement à sa science favorite , où il fut encouragé par le chancelier Macclesfield, Newton, Halley ; et, l'année suivante, il succéda au professeur Keil dans la chaire d'astronomie à l'université d'Oxford.

Dès ce moment il s'engagea dans une série d'observations intéressantes, qu'il fit avec le long télescope de Huyghens, alors nouvellement adopté par les astronomes. Ce fut avec un de ces instruments, d'une longueur focale de 212 pieds, qu'il mesura, en 1722, le diamètre de Vénus. "Trois ans après, il fut mis sur la voie de l'une des plus grandes découvertes astronomiques, et qui a, la première, fourni la démonsti-ation complète du mouvement de translation de la terre autour du soleil : nous voulons parler du phénomène connu sous le nom d'aberration de la lumière. Pour en faire comprendre toute la portée , quelques détaUs scientifiques sont nécessaires.

Lorsqu'on observe pendant un an, par exemple, la même étoile, on remarque qu'elle éprouve des osci Hâtions exti-aordinaires . Si cette étoile est située dans le plan de l'écliptique, on la verra pendant six mois faire un tout petit mouvement d'occident en orient : elle se déplacera ainsi d'environ 20" en décrivant une ligne di'oite, c'est-à-dire que la place apparente del'étoile diffère de la place réelle moins de la quatre-vingt-dixième partie du diamètre apparent du soleU (2); puis, pendant l'autre moitié de l'année , on la verra se mouvoir , en sens inverse, d'orient en occident, en se déplaçant de la même quantité, et en ligne droite. Si l'on braque la lunette sur les étoiles intermédiaires entre le pôle et l'écliptique, on les verra décrire de petites ellipses d'autant plus aplaties qu'elles se rapprocheront davantage du plan de l'écliptique.

Tel est le fait général qui fut pour la première fois nettement observé par Bradley, Mais quelle

(1) Les tables de ces satellites, dressées d'après les observations de Bradley, ont été publiées dans la collection de Halley, Londres, 1749, et dans le t. XXX des PMlosoph. Transactions,

(2) Il n'est pas étonnant qu'un déplacement si petit ait pu échapper aux astronomes antérieurs à Bndlev. '

est la cause de ces mouvements singuliers, et comment pourrait-on les rattacher au mouvement de la terre?

Bradley fit les premières observations, qui le conduisirent à sa découverte de l'aberration, dans la maison de Molyneux à Kew, qui fut démolie il y a une vingtaine d'années , et dont le souvenir a été perpétué par une inscription du roi Guillaume IV. Associé dans ses ti'avaux à Molyneux, il découvrit en 1727 le mouvement particulier, jusqu'alors inexpliqué, de l'étoile y dans la constellation du Dragon, et en établit appioximativement la loi à l'aide d'un secteur zénithal, élevé à Wanstead (1).

L'instrument dont il se servit à Wanstead était plus puissant que celui qu'il avait employé à Kew : il pouvait embrasser une plus grande portion du ciel.

Le fait général était, pour le répéter, nettement constaté ; mais il restait encore à en trouver la cause ; et ce que de longues méditations furent impuissantes à lui donner, le hasard le lui fournit. Le grand astronome , pour se délasser, se promenait un jour sur la Tamise : le bateau à voile qu'il montait glissait rapidement à la surface du fleuve, lorsque tout à coup ses yeux se fixèrent sur un phénomène qui aurait semblé vulgaire à tout autre qu'à Bradley : chaque fois que le bateau tournait pour s'approcher ou s'éloigner du rivage, la petite girouette au sommet du mât se mettait à osciller, comme s'il y avait eu un changement dans la direction du vent. Bradley vit d'abord, sans rien dire, ce phénomène se répéter trois ou quatre fois. Enfin, il romjj»it le si- Ci) On conserve encore ( au British Muséum ) la minute de cette observation, écrite (sur un chiffon de papier déchiré ) de la main même du célèbre astronome. Voici la reproduction fidèle (avec les abréviations, la disposition des lignes, etc. ) de cette minute (en anglais ), telle que la donne le Penny Cyclopœdia ; elle est du plus haut intérêt pour l'histoire de la science, et montrera en même temps cette précision qui peut servir encore de modèle :

Dec 21 st Tuesday s^ 4,o' sider. time Adjusted y« mark to y« Plumbline et then ye Index stood at 8 5I» 48' 22" ye star entred 49 52 1- star at y* Cross 5i 24 star went out s could

At soon as I let go y^ course screw I perceived ye star too Much to ye right hand et so it continued ttU it passed yB Cross thread and witbin a quarter

was of a minute after it bad passed

graduât I torned y^ fine screw till I san ye light of ye star perfectly

bissected, an after ye obser vation I fouod ye index at II â. so that by tbis.

observation ye mark is a bout 3" | too mucb south.

but adjusting

ye mark and pumblinf >l found ye index at S -.

Page 1