‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 6 sur 276 · BOULLONGNE — BOULOGNE · texte numérisé non relu

BOULLONGNE — BOULOGNE

qu'aux grandes machines. Ses dessins sont à la pierre noire, relevée de blanc, sur du papier bleu ou gris , avec quelques hachures légères ; dans quelques-uns les traits sont fort arrêtés et les ombres estompées. Louis BouUongne a peint à Paris , pour Notre-Dame , deux tableaux : le Centenier et la Samaritaine ; Ams le chœur, la Purification et la Fuite en Egypte; — aux Invalides, une chapelle représentant la Vie de saint Augustin- en six tableaux; plus, la coupole; dans les embrasures des fenêtres du sanctuaire , des Concerts d'Anges ; — aux Char^ treux, V Hémoroïsse ; — aux Religieuses de la Conception, Sainte Geneviève; — aux Petits- Pères, dans le réfectoire, la Vierge, saint Jean; le Baptême de saint Augustin, son Ordination; — à l'hôtel de ville, Louis XIV accordant des lettres de noblesse à la ville;

— à Versailles , toute la chapelle de la Vierge et six apôtres ; — dans les appartements , Apollon et lafille de Glaucus, deux Muses, Jupiter en taureau, l'enlèvement d'Europe; — dans le gi'and salon de Marly, Gérés et ses enfants, Vénus et Adonis, Vénus et l'Hymen ; — à Trianon , Apollon et Hyacinthe; — à la Ménagerie, deux ovales , Vénus faisant forger les armes d'Énée, Vénus donnant des armes à Énée;

— à Meudon , deux ovales, Abigaïl devant David, la Reine de Saba; — à Fontainebleau, dans le salon des réformés , Flore et Zéphyre , Minerve et le buste de François F'. Il a peint, en outre, plusieurs plafonds dans différentes maisons de Paris. Louis BouUongne a gravé luimême six sujets de sainteté, et une Charité romaine. Desplaces, Dupuis, Drevet le fils, Poiily, Baudet, etc., ont reproduit ses œuvres par la gravure.

rv et V. BouLLONGNE {Gcncvièvc et Madeleine), sœurs des précédents, nées à Paris, Geneviève en 1645, morte à Aix en 1708 ; Madeleine en 1646 , morte à Paris le 30 janvier 1710. Élèves de leur père, elles furent reçues toutes deux à l'Académie de peinture en 1699, et Tirent conjointement, pour leur morceau de réception, un tableau représentant un groupe de figures et de dessins faits d'après le modèle , avec un fond d'architecture et des trophées de musique. Perette agravé, d'après ces deux sœurs,Ze Temple de Flore, peinture qui existait autrefois dans l'orangerie de Saint-Cloud. Elles ont, en outre, laissé un grand nombre de poilraits fort estimés. Paul Chékon.

Félibien. Entretien sur les Peintres. — D'Argenville, Abréyé de la Vie des Peintres. — Fontenai, Dictionnaire des Artistes. — Heinecken, Dictionnaire des Artistes. — Huber et Rost, Manuel des Amateurs de l'art.

— Watelet, Dictionnaire de Peinture. — Robert-Du- «nesnll, le Peintre-Graveur français.

BorcocKE {Etienne-Antoine de), célèbre prélat français, né à Avignon le 26 décembre 1 747 , mort le 13 mai 1825 à Paris. Issu d'une famille modeste , il commença ses études chez les frères delà Doctrine chrétienne. Il se mit ensuite à ap-

prendre la langue latine, et au bout d'un an ses progi'ès furent tels qu'il put, au moyen de quelques livres et par ses propres forces , aborder les matières qui forment l'enseignement de la rhétorique. Sa philosophie et sa théologie terminées, il fut en 1771 ordonné prêtre en vertu d'une dispense, attendu qu'il lui manquait dix mois pour avoir atteint l'âge requis par les canons. L'Académie de Besançon ayant mis au concours un prix d'éloquence sur la religion, considérée comme la meillem'e garantie de la propriété, MS"^ de Boulogne fut proclamé le vainqueur de ce tournoi oratoire. Après avoir prêché à Avignon, à Tarascon, à Villeneuve, il vint à Paris en 1774. Privé de ressources suffisantes pour se livrer entièrement dans cette ville à sa vocation pour la chaire, il se fit attacher au clergé de Sainte-Marguerite et à celui de Saint- Germain-l'Auxerrois. On l'entendit en 1777 dans l'église des Récollets, honorée de la pi'ésence de Mesdames, tantes du roi. Par suite de renseignements inexacts, MS"^ de Beaiunont, archevêque de Paris, lança contre lui l'interdiction ; et cette sentence le priva du prix fondé par une société d'Amis de la religion et des lettres pour l'éloge du Dauphin (mort en 1765), dont il avait été jugé digne. Cette interdiction fut levée plus tard. La réputation de MS"^ de Boulogne s'accrut par la publication de son panégyrique de saint Louis , qu'il avait prononcé devant deux Académies (celles des sciences et des inscriptions). Choisi par Mo"" de Clermont-Tonnerre pour être attaché à son évêché de Châlons-sur -Marne en qualité de vicaire général , il ne remplit pas longtemps ces fonctions, et revint à Paris, où il prêcha pour la première fois à la cour en 1783. A cette époque, une pension de 2,000 francs lui fut accordée sur l'archevêché d'Auch. En 1784, l'évêque de Châlons le nomma archidiacre et chanoine de sa cathédrale. Dans la réunion de l'assemblée piovinciale de la Champagne qui eut lieu en 1 788, MS'" de Boulogne prononça le discours d'ouverture, qui lui valut de M. de Talleyrand, président, des recommandations pour l'évêque d'Autun. Ce prélat le nomma à l'abbaye de Tonnay-Charente. Élu en 1789 député ecclésiastique de la pai'oisse de Saint-Sulpice à l'assemblée bailliagère de Paris, il fut en même temps commissaire pour travailler à la rédaction des cahiers destinés aux états généraux. MS*" de Boulogne refusa le serment imposé aux ecclésiastiques d'après la constitution civile du clergé. Resté à Paris pendant la terreur, il fut arrêté trois fois; puis, condamné, au 18 fructidor, à la peine de la dépoi'tation, pour avoir répondu à des attaques du fameux théophilanthrope Larevellière-Lépeaux contre le christianisme, il se cacha, et parvint à se soustraire aux recherches de la police. Sans ' emploi lors du concordat , l'évêque de Versailles lui donna un canonicat dans sa cathédrale, et le nomma ensuite grand- vicaire. Promu en 1807 au siège d'Acqui, après avoir été un des chapelains

BOULOGNE — BOULTON

de l'empereur, il refusa ces fonctions épiscopales, par la raison que, ne sachant pas l'italien, il lui serait impossible de les accomplir convenablement. Mais le siège de Troyes étant venu à valucr la même année , MS' de Boulogne en fut lourvu.

Lors de l'ouverture du concile qui eut lieu à 'aris en 1811, M»"" de Boulogne prononça un discours dans lequel il exposa l'influence de la religion catholique sur l'ordre social et sur le bonheur des empires. L'empereur en ressentit une vive irritation. Pour le dédommager de cette disgrâce , les évoques de cette assemblée le nommèrent un des quatre secrétaires du concile, et membre de la commission chargée de répondre au message de Napoléon. Le concile ayant été cassé par l'empereur, parce qu'il s'était déclaré incompétent pour prononcer sur l'institution des évêques sans l'intervention du saint-siége, MS'' de Boulogne fut arrêté, conduit à Vinceimes, et mis au secret. Sa sortie de prison lui ayant été proposée au prix d'une démission, il crut devoir la donner ; et on l'exila à Falaise. Mais cette démission ayant soulevé des difficultés assez graves, le pape ne l'admit point, et les droits du titulaire furent maintenus. Sa soumission au jugement du saint-siége le fit incarcérer de nouveau à Yincennes en 1813. Les événements de l'année suivante le ramenèrent à son évêché, où on le reçut avec de vifs témoignages de joie. Le 21 janvier 1815, il prononça à Saint-Denis l'oraison funèbre de l'infortuné Louis XVL Pendant les Cent-Jours MS' de Boulogne se retira à Vaugirard, près de Paris. Nommé en 1817 à l'archevêché de Vienne, les circonstances rendirent sans effet la translation de ce siège. Bien qu'il ne se fût pas présenté comme candidat pour occuper le fauteuil de l'Académie laissé libre par la mort de M. de Boquelaure, plusieurs voix lui furent données au premier scrutin. Une ordonnance royale du 31 octobre 1822 éleva Mp" de Boulogne à la dignité de pair de France. Léon xn autorisa ce prélat, en 1825, à porter le titre d'archevêque et à se revêtir du pallium, qu'il avait reçu en 1817, après sa promotion au siège de Vienne. Frappé d'une attaque d'apoplexie cérébrale dans la nuit du 10 au 11 mai 1825, il mourut le surlendemain. Ses restes furent déposés au mont Valèrien ; mais les travaux de fortification de Paris ayant nécessité la destruction de ce cimetière, les chanoines de Troyes réclamèrent son corps, qui fut exhumé le 11 mai 1842, et transporté dans cette dernière ville. Ses œuvres complètes , composées d'écrits divers, et publiés à Paris en 1827 et années suivantes , forment 8 vol. ; on les a rangées sous les trois catégories suivantes : Sermons et Discours inédits, avec la notice de M. Picot, 4 vol. in-8";

— Mandements et Instructions pastorales, suivis de divers morceaux oratoires, 1vol. in-8°;

— Mélanges de religion, de critique et de littérature, précédés d'un précis historique sur l'Église constitutionnelle par M. Picot, 3 vol.

in-8». En outre, on a publié en 1830 un vol. in-12, sous le titre de Panégyriques, Oraisons funèbres et autres Discours. MS"^ de Boulogne a été l'un des principaux rédacteurs des Annales catholiques, continuées sous le titre i' Annales philosophiques, morales et littéraires, et ensuite sous celui de Mélanges de Philosophie. Ge prélat a aussi prêté sa plume au Mémorial catholique, à V Encyclopédie des gens du mande, à la Quotidienne, à la Gazette de France, à la France littéraire, au Journal des Débats.

A. EiSPAL.

^mi de la Religion. — Moniteur universel. — Querard, la France littéraire, supplément.

BOULTER (Hugues), prélat anglican, né à Londres, ou aux environs de cette ville, le 4 janvier 1671, mort à Londres en 1742. D'abord élève du coUége du Christ à Oxford, puis boursier agrégé du collège de la Madeleine, il obtint, en 1700, la cure de Saint-Olave et l'archidiaconat de Surrey. Devenu chapelain de George l^"", il l'accompagna en Hanovre en cette qualité. George I*'' le fit précepteur du prince Frédéric, et lui donna pour récompense le doyenné de l'église du Christ et l'évêché de Bristol. Alarmé de la situation de l'Irlande , et convaincu que Boulter était seul capable d'y ramener la tranquillité, il le nomma, en 1723, archevêque d'Armagh. Boulter refusa d'abord, et ne se rendit qu'à un ordre absolu du roi. Il s'occupa dès lors du bonheur de l'Irlande avec un zèle et une charité sans bornes. On ne peut citer ici que les principaux actes de sa charité. Il trouva moyen, par son économie, de suppléer à la rareté excessive des monnaies, et soulagea Dublin dans les horreurs de la famine. Il entretint à ses frais à l'université plusieurs enfants de pauvres ecclésiastiques. Il bâtit et dota des hospices . Boulter avait de grandes connaissances ; néanmoins il a laissé peu de titres à la réputation littéraire. On a de lui : quelques Sermons; — des Lettres pastorales; Oxford, 1769, 2 vol. in-8°.

Rose, Neio Biographical Dictionary.

BOCLTOiv ( Mathieu ) , célèbre industriel anglais, né à Birmingham le 3 septembre 1728, mort à Soho le 17 août 1809. Ce nom se trouve naturellement associé à celui de James Watt, dont il encouragea les travaux, et se recommande au souvenir des hommes éclairés et philanthropes. Fils d'un manufacturier qui avait acquis dans l'industrie une fortune assez considérable, le jeune Boulton resta orphelin à dixsept ans, et continua la profession de son père, dans laquelle il obtint du succès. Un zèle et une activité infatigables se joignaient chez lui à des connaissances positives, à un esprit éclairé autant qu'inventif, et à un grand patriotisme. Travaillant avec des capitaux suffisants, il put se livrer à des recherches et à des essais qui enrichirent son pays, et faire les frais d'une école en faveur des ouATiers, dans laquelle ils trouvaient une instiuction utile à leur profession. Borné .

BOULTON

d'abord à la fabrication de la quincaillerie, il donna ensuite un plus grand développement à son commerce, qui s'étendit sur le continent, et se livra à des entreprises importantes en différents genres. H fit, entre autres, un balancier avec lequel un enfant peut frapper de 70 à 90 pièces par minute. En 1769, il prit avec le célèbre James Watt un brevet pour une machine à vapeur, et fonda une fabrique de ces machines, qui jouit pendant longtemps d'une gi'ande faveur dans toute la Grande-Bretagne. Il y joignit une fonderie pour les pièces de ces mêmes appareils, qu'il établit à Smetwick près de Soho, et qui devint bientôt célèbre par la perfection de ses produits. Boulton avait consacré sa vie tout entière aux arts industriels et mécaniques ; il leur avait rendu d'immenses services, tant par ses travaux personnels que par un patronage hbéral et véritablement éclairé. [-£"«0. des g. du m.]

Memoirs published at Birmingham. — Goiton , General Biograpkical Dictionartj. — Penny Cyclopiedia.

BorMA {Jean Acronius de), théologien protestant hollandais , mort au mois de septembre 1627. Il fut professeur de théologie à Franeker. On a de lui: Stjntagma theologias; Groningue, 1605, in-4°; — Elenchus orthodoxus pseudoreligionis romano-catholicse ; Deventer, 1615, in-4° ; — Problema theologicum de nomine EloMm; Groningue, 1616, in-4''; — Probuleuma de studio theologix recte privatim instituendo, etc.

Vrlemoet , Histoire de l'université de Franeker. — Bayle, Dict. hist. — André, Biblioth. Belgica.

BOUMÂ (Dominique Acronius de), publiciste hollandais, fils du précédent, mort le 15 mars 1656. Il fut professeur d'éloquence et d'histoire politique dans l'université de Franeker. On a de lui: Historia clvïtatis; Franeker, 1651, in-12. Vriemoet, Histoire de l'université de Franeker.

* BOUNAY (G^M^/ ),jurisconsulte et chroniqueur français, vivait probablement dans la première moitié du seizième siècle. On a de lui ; la Chronicque et Hystoire des coiiquestes du chevalier Mabrian, roy de Hierousalem, réduit du vieil langaige en bon français par Guy BounayetJoh. le C;<e«r; Paris, 1530, in-fol.

Catalogue de la Bibliothèque Impér. de Paris.

BOCNIEU (Michel-Honoré), peintre et graveur français, né à Marseille en 1740, mort en 1814. n quitta sa ville natale, et vint h Paris, où il entra dans l'atelier rie Pierre, premier peintre du roi. En 1775, il fut agréé à l'Académie royale de peinture. Avant la révolution de 1789, il professa vingt ans le dessin à l'École royale des ponts et chaussées. Ses principaux ouvrages sont : le Jugement de Midas ; — un Enfant endormi, .sous la garde d'un chien; — Naissance de Henri IV; — Retour de Henri IV de la batfiille d'Ivry; — le Supplice d'une Vestale; — Betzabée au bain; — Adam, et Eve chassés du Paradis terrestre; — le Déluge; — l'Amour conduisant la Folie; — Antiope; — Sainte Madeleine. Bounieu avait des connais-

Page 1