BRÉARD — BREBEUF
l'honneur des vingt-deux girondins morts sur l'échafaud. Il entra , en l'an iv, au conseil des anciens , dont il fut secrétaire dès l'origine ; fit ensuite partie du nouveau corps législatif après le 18 brumaire, et se retira complètement de la scène politique dès 1803.
Le Bas, Dict. encyclop. de la France. — Arnault, etc. — Biographie nouvelle des Contemporains,
BRÉARD DÉ NEUVILLE, jurisconsulte français, né à Dijon en 1748', mort à Paris en 1818. Il fut conseiller-clerc au parlement de Dijon. On a de lui : Nécessité de se soumettre à la Convention entre PieVII et le gouvernement français; Paris, 1802, in-8°; — Question de droit très-importante; ibid., 1814; — Traduction des Pandectes de Justinien, mises dans un nouvel ordre par Pothier; ibid., 1818 à 1823, 24 vol. in-S" : l'entreprise fut interrompue et reprise par Moreau de Montalin et Borie ; — Dictionnaire latin et français de la langue des lois , tiré du cinquantième livre des Pandectes de Justinien, mises dans un nouvel ordre par Pothier; ibid., 1807, 2 vol. in-8".
Quérard , la France littéraire.
BREAUXÉ ( Pierre ), guerrier français, acquit, sous Henri IV, un genre de célébrité tout à fait exceptionnel. Il avait obtenu du roi la permission de mener en Hollande, au service du prince Maurice , une compagnie de cavaliers levée à ses frais. Étant revenu en France après la campagne de 1599, et ayant appris que, pendant son absence, son lieutenant s'était laissé prendre par la garnison de Bois-le-Duc, il lui écrivit une lettre violente, dans laquelle il disait que « les lâches seuls mettent bas les armes devant des ennemis, même supérieurs en nombre. i> Cette lettre fut interceptée par Grosbendonck , gouverneur de Bois-le-Duc, qui se répandit en invectives contre les Français et contre Breauté. Celui-ci se hâta de retourner en Hollande, pour demander raison de ces insolences à Grosbendonck, qui répondit d'abord à son cartel , et consentit à ce qu'on se présentât sur le champ de bataille vingt contre vingt. Mais lorsque le jour convenu fut arrivé, sous le prétexte qu'un gouverneur ne peut quitter une place dont la défense lui est confiée , il envoya à sa place Likerbiken , son lieutenant. Le duel , ou plutôt la bataille, n'en eut pas moins lieu. Les Français arrivèrent sur le terrain les premiers, attendirent pendant plus d'une heure les Espagnols, qui parurent enfin ; et, de part et d'autre, on prit l'engagement de ne se servir que de l'épée et du pistolet. Les Français avaient eu l'imprudence , pour aller au devant de l'ennemi , de s'avancer trop près des murs de la place; imprudence pardonnable, puisqu'ils croyaient avoir affaire à des hommes d'honneur. Ds ne tardèrent pas à s'apercevoir de leur trop grande confiance : au fort de la mêlée , lorsque Breauté avait déjà tué Likerbiken , et que les Espagnols commençaient à plier, Grosbendonck fit tirer, des murs de la place, deux coups de canon qui por-
tèrent le trouble dans les rangs des Français . dont le plus grand nombre se décida à la retraite! Breauté se défendit encore longtemps avec son page et son gentilhomme; mais enfin, renversa de son cheval, accablé par le nombre, il fut fail prisonnier. On le mena à Bois-le-Duc, où Grosbendonck, violant de nouveau la foi jurée, le fii massacrer entre les deux ponts. Telle fut l'issuf de ce combat, qui eut lieu le 5 février 1600 ; les Français eurent trois tués et deux blessés; di côté des Espagnols, il y eut sept hommes tués oi blessés.
De Thou , Hist. — Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France.
*BRÉBA!VT {Pierre de), dit Clignet, seigneur de Landreville, amiral de France, mor vers 1430. Chevalier, conseiller et chambellan di Jean H le Bon, lieutenant en Champagne, Bré bant servit le roi de France dans ses guerre: contre les Anglais. Il fut l'un des sept chevalier; français qui combattirent à outrance près de Bor deaux contre sept chevaliers anglais, le 19 ma 1402, pour l'honneur de la nation, et demeurèren victorieux. S'étant attaché à Louis de France duc d'Orléans, « il obtint, par sa faveur et à s; prière, « la charge d'amiral, dont il fut pourvu pa lettres du 1^'' avril 1405, à la place de Regnaul de Trie. Il en fut désappointé après la mort de ù prince, et en conserva toujours la qualité. Ayan tenu le parti d'Orléans contre celui de Bourgo gne, il soutint en 1411 le siège du château d( Moyni en Champagne, que les Bourguignons vin rent attaquer. « Au mois d'avril 1415, il fit ur combat particulier contre un chevalier de For tugal en la ville de Bar-le-Duc , en présence di duc, dont il sortit avec honneur ; fit, la môm année, de glorieux exploits contre les Anglai en Picardie, en la compagnie du maréchal d Boucicaut et Jdu bâtard de Bourbon. Ce fut li qui commença l'escarmouche à la bataille d'A zincourt, avec mille hommes d'armes bien mon tés. « A. S. ...y.
Histoire généalogique de la maison de Faudoas , e 1724 , p. 64-65. — Anselme, Hist. généal. et chronol, du grands officiers de la couronne, t. Vif, p. 8U.
BRÉBEUF ( Guillaume de),' poète français, n en 1618 à Thorigny, mort à Venoix, près de Caen en décembre 1661. Ce gentilhomme, d'une très noble famille de basse Normandie, se plaça, pa son érudition et par ses traductions en vers, ai nombre des auteurs en vogue sous la minorité d Louis XIV. Sa Pharsale, accueillie avec applau , dissements par ses contemporains , tomba dan i l'oubli à l'époque où le goût public s'éclaira e ! devint plus sévère. Le grand réformateur dij goût, Boileau, n'épargna pas la critique et Ij plaisanteriepour désabuser l'opinionsurlecorapt de Brébeuf. Il fit voir clairement tous les défaut de son langage emphatique, pédantesque, inégal Il le prit, dans ?,oïi> Art poétique, comme, le typ de l'enflure et de l'hyperbole exagérée. Il n'y ■ j point heu de chercher à réhabihter cette victim ^ du grand critique. On doit convenir que Brébeu j
a surchargé encore le mauvais goût de Lueain, et qu'il est trop souvent ridicule ou insipide. Du reste, il faut le dire, on trouve chez lui un grand nombre de beaux vers et d'expressions poétiques. S'il ne mérite point qu'on prenne sa défense contre les arrêts de Boileau, du moins il ne faut ■ pas le confondre avec la foule de plats rimeurs ' aussi dépourvus d'imagination que de talent que 1 3ette époque vit naître. Élevé à l'école de Ronj 5ard , mais ayant plus de précision et de net- [ été, Brébeuf offre souvent, dans des morceaux 1 l'un style ferme et correct, des images brillantes, I lardies , pittoresques. Boileau lui-même paraît l 'avoir senti ; et quand il dit, dans une épigramme ontre l'auteur du conte de Peau d'âne,
Malgré son fatras obscur.
Souvent Brébeuf étiacelie ,
1 semble autant reconnaître sérieusement un cer-
, lin mérite dans la Pharsale, que faire avec une
i itention maligne une concession qui met Per-
i ault encore plus bas. Quelquefois, en effet,
ans les morceaux descriptifs surtout, Brébeuf
encontre des traits étincelants. Il égale alors la
igueur fière et le coloris grandiose de Lueain.
lutte fort heureusement avec son modèle dans
i description de la forêt de Marseille, ce tableau
nposant et sombre, où Lueain déploie une ima-
i ination si originale et si énergique. Les derniers
I ers de la traduction de ce morceau soutiennent
ien la comparaison avec le texte.
Les voisins de ce bols si sauvage et si sombre Laissent à ses démons son horreur et son ombre ; ; Et le druide craint , en abordant ces lieux , ' D'y voir ce qu'il adore, et d'y trouver ses dieux.
: Brébeuf fut loin d'être dépourvu du sentiment 3étique. H trouve des alliances de mots hardies, lais faites pour plaire à l'imagination. Il a beau- )up de vers comme celui où il dit , en parlant es Alpes :
Ces rocbes de frimas et d'horreur couronnées. Tout cela n'empêche pas que la postérité ait il raison de croire Boileau sur parole. Seulement, pour être tout à fait juste envers Brébeuf,fautde placer au premier rang parmi ces écri- I lins qui ont fait de médiocres ouvrages avec de :!aux détails. Voici les titres des principaux i;rits de Brébeuf : Parodie du VIl^ livre de l'É- \Me; Paris, 1650, in-4°; — Lueain travesti; puenetParis, 1656, in-12; — Poésies diver- ' \s; Paris, 1658, in-4°; — Lettres; ibid., f'64, in-12.
IBaillet, Jugement des Savants. — Du Tlllet', Parnasse [inçais. — Charles Sorel, Bibliothèque française. — I, illaume du Hamel , Dissertation sur les ouvrages de '■^ébeuf. — Jean Chapelain, dans la préface de son fBme de la Pucelle. — René Du pin, Réflexions généraf, ou Première partie sur la poétique. — Guéret.dans \ Parnasse réformé.
[BRÉBEUF {Jean de), jésuite normand, né ' [ 1593, mort en 1649, fut un des premiers mis-
jinnaires qui se rendirent au Canada; il partit, ' I 1625 , sur le même bâtiment que Champlain.
I peine arrivé, il quitta Québec, qui n'était pas
core une ville, ni même un village, puisqu'on
KOUV. BIOGR. UNIVERS. — T, VU